Dix ans de hockey français : les moments forts

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À l’occasion de l’émission spéciale du Hockey Franco « 10 ans de hockey français », que vous pouvez voir ou revoir sur ce lien, voici mes dix moments marquants de la décennie écoulée.

N’hésitez pas vous aussi à partager vos souvenirs et vos 10 moments forts de la décennie, rendez-vous par exemple sur le forum

 

1/ France – Finlande à Bercy, 7 mai 2017. Le moment que l’on n’aurait cru ne jamais pouvoir vivre, une équipe de France qui domine une nation-référence dans un championnat du monde à Paris. Dans les tribunes, je me souviens des têtes d’enterrement entre les tiers-temps de deux anciens sélectionneurs finlandais des Bleus : le discret Heikki Leime, croisé par hasard dans les escaliers, et l’exubérant Juhani Tamminen, en pleine lumière face à une porte d’entrée vers les gradins, éclairé par un projecteur pour faire sa chronique en direct à la télévision finlandaise, dont je ne peux comprendre un traître mot mais dont j’imagine que ses propos sur ce qui se passe sur la glace en contrebas sont aussi colorés que ses costumes bariolés à la Don Cherry.

2/ Minsk 2014. L’équipe de France qui bouscule toutes les hiérarchies et récolte les compliments de toutes les nations, la ligne Da Costa – Bellemare – Roussel dominante et redoutée… Et ce petit regret sur ce dernier match de poule perdu en prolongation contre les Tchèques après avoir mené 3-0, alors qu’une victoire aurait permis d’affronter en quart de finale les Américains et non des Russes revanchards (voir ci-dessous), et qu’elle aurait aussi donné à cette équipe de France qui la méritait le meilleur classement de son histoire (sans doute 6e) et non une répétition de la huitième place déjà atteinte.

3/ France – Russie, le 9 mai 2013. Le « Jour de la Victoire » qui devient celui de la défaite humiliante et interdite pour l’équipe russe de Kovalchuk et Radulov. Des Français au sacrifice comme jamais, un Florian Hardy incroyable, et des Bleus qui changent de statut et de considération.

4/ Rouen – Donetsk, 15 janvier 2012. Le premier jour où l’impossible devient possible. Rouen doit gagner de trois buts contre l’armada ukrainienne pour remporter le seul trophée européen adjugé cette année-là. L’impossible devient possible. L’adversaire – avec ses supporters officiels bien rangés comme des petits soldats du parti – n’était pas encore en KHL ? Il le sera deux ans plus tard quand il perdra au même endroit face à des Dragons tout heureux d’offrir ainsi la victoire à Stavanger. Les tribunes de l’île Lacroix aiment choisir qui apprécier et qui conspuer, y compris chez les visiteurs. Fabrice Lhenry a vécu cette première Coupe Continentale comme gardien, il en remportera une seconde quatre ans plus tard après quatre mois d’expérience en tant que coach… Les succès ultérieurs des clubs français en CHL partent de là.

5/ Les play-offs de Ligue Magnus 2015. Rançon d’une petite nation qui tient par quelques places fortes, le hockey français est tellement dominé par deux géants que ça peut en devenir lassant. Ce printemps-là, les deux premiers de la saison régulière Rouen et Grenoble sont tombés dès les quarts de finale : les Brûleurs de Loups contre un Henri-Corentin Buysse devenu une cible même pour l’entraîneur québécois Richard Martel dans une et les Dragons contre un Épinal que Philippe Bozon emmènerait jusqu’en finale. Tout semblait réuni pour un champion inédit… C’est le seul club déjà titré qui s’est imposé (Gap) mais les play-offs n’ont jamais eu autant de saveur.

6/ Oslo, Norvège-France, qualification olympique, 4 septembre 2016. Dans le cadre un peu suranné et atypique d’un Jordal Amfi promis à la démolition avant reconstruction quelques mois plus tard, c’est toute une génération de l’équipe de France qui échouait de nouveau dans l’accès aux Jeux olympiques. Une génération qui a multiplié les exploits internationaux mais n’a pas connu cet évènement qui – que la NHL le comprenne ou non – reste une exposition inégalable pour n’importe quel sport et le moment idéal pour parler du hockey au grand public.

7/ France – Grande-Bretagne, 20 mai 2019. L’impossible devient possible… mais pour le pire cette fois. Košice, morne plaine… Le Waterloo du hockey français, le désastre aussi impensable que les exploits précédents. L’oubli des valeurs qui ont été à la source de la décennie dorée, du lent travail pour gravir les échelons très glissants du hockey mondial, où la France reste une petite chose.

8/ L’ouverture de l’Aren’Ice en 2016. Un centre fédéral pour le hockey français, c’est l’aboutissement d’un projet que visait la FFHG depuis longtemps. Mais que le club résident puisse la remplir, qu’un club de banlieue parisienne – Cergy-Pontoise – puisse attire plus de 2000 spectateurs en moyenne en D1, avec un public local fidélisé et pas uniquement ponctuellement, voilà qui change la perception sur le hockey français et sa capacité d’attraction. Comme quoi cette dernière dépend aussi des infrastructures et du travail de communication de terrain.

9/ Les adieux de Dave Henderson, 15 mai 2018. Si les Suisses se sont parfois montrés injustes et condescendants envers le hockey français, ce sont aussi eux qui ont rendu les plus vibrants hommages aux figures du hockey français. Ce fut le cas avec les fins de carrière de Philippe Bozon et Cristobal Huet, bien plus dignement saluées par les médias suisses que par les médias de l’hexagone ; il est vrai qu’ils jouaient sur place. Dave Henderson n’a aucun rapport avec la Suisse, mais c’est par une rare haie d’honneur des internationaux helvétiques qu’il a quitté la scène après un parcours exceptionnel depuis les Mondiaux de Qiqihar au fin fond de la Chine.

10 L’ouverture de l’Ice Park en septembre 2019. Les ouvertures de patinoires sont plutôt rares en France même si on sent un petit frémissement, alors il faut forcément saluer l’arrivée d’un outil moderne et parfaitement adapté à la possible transformation d’Angers en une nouvelle puissance du hockey français capable de faire vaciller les citadelles Rouen et Grenoble.

Finalement hors classement. 9 août 2010, Cristobal Huet amène la Coupe Stanley sur la Tour Eiffel (accessoirement le jour de mon anniversaire). Un moment ambivalent puisque Cristo a obtenu ce trophée mythique comme second gardien et que cette place de titulaire perdue met fin à sa carrière NHL ; le petit attroupement de passionnés prenant des photos au pied du grand monument et au milieu des touristes, petites fourmis à l’image du hockey français.

Que la décennie à venir nous procure autant de moments forts (sauf le 6 et le 7, ceux-là on veut bien les renverser dès 2020…) !

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