Berlin – Wolfsburg (finale de DEL 2021, match 3)

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Cette soirée conclura, quoi qu’il arrive, ce championnat de DEL 2020/2021. Les deux équipes peuvent croire en leur chance : Wolfsburg a remporté les trois dernières confrontations à Berlin tandis que les Eisbären ont toujours conclu leurs séries de play-offs cette année par une victoire à domicile dans le match 3.

Wolfsburg commence avec vitesse et Järvinen s’approche de la cage, juste devant le portier Niederberger (0’15). Mais les Grizzlys sont mis à rude épreuve. Dès la première occasion, lors d’une mise au jeu en zone offensive, Kris Foucault exécute parfaitement une passe en pivot et offre le palet. C’est Mark Olver qui reprend au second poteau (1’49 : 1-0). Le match est sensationnel, car sur l’action suivante, une remontée de palet permet à Wolfsburg de créer le danger. Valentin Busch prend un bouchon mais parvient à laisser la rondelle disponible dans la zone offensive. Mathis Olimb en hérite et déborde la défense pour un beau tir croisé en pleine lucarne (2’14 : 1-1).

Mathis OlimbLes deux équipes sont en pleine intensité. Berlin dynamise son jeu et Wolfsburg accentue ses courses au palet en zone offensive. Les situations de danger se multiplient mais les gardiens font le job et gardent leur cage protégée. Malgré tout, la machine berlinoise commence à avoir des ratés. Les entrées en zone sont gâchées par plusieurs hors-jeu. Une pénalité adverse tombe à point nommé (14’08) mais les Grizzlys ne lâchent rien et restent dans la partie avec une belle agressivité défensive. Au retour à cinq, Jormakka se crée une belle opportunité sur un revers judicieux. Ryan McKiernan conclut cette première période par un puissant tir, bloqué au passage par Machacek. Les deux équipes ont été bien présentes et dynamiques mais leurs systèmes se sont interceptés, rendant la partie encore plus incertaine.

En deuxième période, ce sont encore les visiteurs qui attaquent en premier. Une belle action collective initiée par Anthony Rech permet de placer un bon shoot à la cage (20’36). Mais la partie commence à se « déliter » avec une succession d’arrêts de jeu et de coups de sifflets arbitraux. Le jeu perd de l’intensité et on compte plusieurs dégagements interdits et hors-jeu. C’est à ce moment, que la pression pèse en faveur de Berlin avec un harcèlement derrière la cage de Strahlmeier. Kai Wissmann récupère le puck, exécute un tour de cage rapide et délivre le puck que Leo Pföderl envoie dans les buts (23’19 : 2-1).

Wolfsburg ne désarme pas. Au passage, Armin Wurm n’hésite pas à placer des charges tous azimuts à chaque Berlinois de passage. C’est encore une fois Rech qui hérite du palet après une mise au jeu gagnée. Il reprend le puck juste devant le gardien mais récolte une crosse au visage qui engendre une pénalité contre McKiernan. La machine Eisbären reprend de la force et augmente son intensité. Les Grizzlys ne peuvent élaborer aucun jeu de puissance. La pression locale déstabilise les blanc et orange. Olimb en perd la rondelle, ce qui profite à White et Boychuk qui se ruent à l’attaque (31’10). Wolfsburg est dans le dur et perd une partie de son hockey. On perçoit des mauvais choix ou bien des ratés dans la transmission du palet, ce qui pénalise toute relance du jeu. Matt White crée le danger avec un tour de cage (34’33). Les ours berlinois accentuent leur harcèlement, ce qui provoque des sorties de zones rapides en possession du palet, à leur avantage. La toute fin de période est exclusivement jouée dans la zone des Grizzlys. Pour ne rien arranger Furchner écope d’une pénalité sur la sirène.

mckiernanryanWolfsburg repart, donc, en infériorité. White prend un bon shoot (40’29). Les Grizzlys ont tenu et c’est encore une fois Rech qui sonne la charge avec une belle remontée de palet et un tir à la cage en angle fermé, qui provoque un rebond non exploité (42’20). Le Français a de belles qualités pour construire des entrées de zone et offrir de bons palets. Ses coéquipiers sont plus agressifs mais cherchent encore à trouver la bonne combinaison devant. Le forechecking berlinois engendre une gêne permanente. Le contre de Lukas Reichel est magnifique avec un caviar qui lui est distribué et une percée entre deux joueurs adverses. Mais le jeune international termine sa course dans les cages de Strahlmeier (47’10).

Après la mi-tiers, le match gagne en combativité. C’est le tout pour le tout avec des batailles acharnées dans les bandes. Les conquêtes de palet sont intenables mais Berlin semble tenir encore son match. Wolfsburg obtient un temps fort mais beaucoup d’énergie est dépensée pour arriver en bonne position devant la cage. Une nouvelle fois Olimb est mis en difficulté, cette fois par Noebels qui part en contre. Mais le gardien Dustin Strahlmeier fait des merveilles et tient son équipe dans le match (55’59). Les minutes passent et Wolfsburg s’épuise sans trouver les occasions tranchantes. Il ne reste plus qu’à sortir le gardien (58’45). Le staff de Pat Cortina prend son temps mort mais le schéma prévu est gâché par trois hors-jeu successifs.

Rien n’y fait, Berlin a tenu son avance d’un but, démontré une puissance et une intensité foudroyante lui permettant de tenir face aux assauts adverses. Mathias Niederberger à fait le reste. Les Eisbären remporte leur 8e titre de leur histoire en DEL et font un beau champion d’Allemagne !

Les joueurs de Wolfsburg sont abattus à l’issue du match, à l’image de Max Görtz, entre autres, qui ne peut contenir ses larmes. Mais Wolfsburg a été un fantastique finaliste qui a tout donné, donné des sueurs froides aux favoris berlinois par moments. Cette campagne des play-offs a été un rude combat, pour eux, face aux trois plus fortes équipes du championnat.

Du côté des fans on ne peut que se réjouir d’avoir assisté à de telles batailles. Nous avons eu droit à des matchs à haute intensité, de très haut niveau technique et une émotion palpable ! La DEL a réussi son pari, ce fut un très beau championnat ! Mais une chose a manqué, tout de même, c’est la présence des kops de supporters !

Commentaires d’après-match :

Ryan McKiernan (défenseur de Berlin, MVP de la finale) : « On a pu avoir l’impression que nous devions perdre le premier match de chaque série et que nous avions besoin de cette pression. C’était peut-être le cas. Nous avons en tout cas changé notre système après avoir perdu le premier match de la finale. Ce fut payant et maintenant nous sommes champions. J’ai déjà plusieurs fois fêté un titre. C’est néanmoins toujours un sentiment nouveau et agréable. Quand j’ai signé à Berlin, je ne savais pas que Serge Aubin [avec qui il a été champion à Vienne] serait entraîneur. C’est un homme sympathique. Mais il montre son vrai visage quand ça ne va pas. »

Frank Hördler (défenseur de Berlin) : « Respect à Wolfsburg, ils ont très bien joué, ce fut une série très dure et serrée. Elle aurait pu aller dans une autre direction. Même aujourd’hui, ils ont encore mis une vraie pression sur la fin. Mais le caractère de notre équipe est indescriptible. Nous y avons toujours cru. C’était une saison particulièrement compliquée pour toute la ligue. Nous devons remercier tous ceux qui ont sauvé cette saison de pandémie exceptionnelle. À côté des responsables de la DEB et de la DEL, ce furent aussi les responsables de la glace qui, malgré le chômage partiel, ont toujours préparé au mieux la glace dans l’Arena et dans le Welli [le Wellblechpalast devenu patinoire d’entraînement] pour nous. »

Berlin – Wolfsburg 2-1 (1-1, 1-0, 0-0)
Vendredi 7 mai 2021 à 19h30 à la Mercedes Benz arena. Huis clos.
Arbitres : Marian Rohatsch et André Schrader.
Pénalités : Berlin 4′ (0’, 2’, 2’) ; Wolfsburg 4′ (2’, 2’, 0’).
Tirs cadrés : Berlin 26 ; Wolfsburg 19.

Évolution du score :
1-0 à 01’49 : Olver assisté de Foucault et Fiore
1-1 à 02’14 : Olimb assisté de Busch et Melchiori
2-1 à 23’19 : Pföderl assisté de Wissmann

Berlin

Attaquants :
Marcel Noebels (+1) – Lukas Reichel (+1) – Leonhard Pföderl (+1)
Zach Boychuk (2’) – Mark Zengerle – Matt White
Giovanni Fiore (+1) – Mark Olver (+1) – Kris Foucault (+1)
Pierre-Cédric Labrie (-1) – Sebastian Streu (-1) – Parker Tuomie (-1)

Défenseurs :
Jonas Müller – John Ramage
Simon Després (+1) – Ryan McKiernan (+1, 2’)
Frank Hördler – Kai Wissmann
Eric Mik

Gardien :
Matthias Niederberger

Remplaçant : Tobias Ancicka (G). Absents : Sean Backman (commotion cérébrale), Haakon Hänelt (épaule), Fabian Deutz

 

Attaquants :
Sebastien Furchner (2’) – Matti Järvinen – Max Görtz (+1)
Anthony Rech – Mathis Olimb (+1, 2’) – Spencer Machacek
Gerritt Fauser (-2) – Garrett Festerling (-1) – Pekka Jormakka (-2)
Phil Hungerecker – Steven Raabe – Valentin Busch

Défenseurs :
Julian Melchiori (+1) – Jeffrey Likens (+1)
Armin Wurm (-2) – Phillip Bruggisser (-2)
Janik Möser – Dominik Bittner
Maximilian Adam

Gardien :
Dustin Strahlmeier [sorti de 58’36 à 59’07 et de 59’23 à 60’00]

Remplaçant : Chet Pickard (G). Absents : Jordan Boucher (suspension interne), Ryan Button (fracture de la clavicule), Jan Nijenhuis (commotion cérébrale), Fabio Pfohl (opération de la main).

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