Cal Petersen ferme la porte

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Si les Américains sont déjà plus ou moins qualifiés pour les quarts – ils sont deuxièmes avec 12 pts en 5 matchs -, ce match revêt une importance bien plus grande pour l’Allemagne. Ses 9 pts la placent en effet à hauteur de la Lettonie et du Canada, avec le bénéfice d’avoir battu ces deux rivaux. Une victoire ce lundi leur offrirait un bon bol d’air.

Jack Capuano fait tourner son effectif. Cal Petersen remplace Jake Oettinger dans les cages, Chris Wideman et Sacha Chmelevski entrent à la place d’Adam Clendening et Matty Beniers. Toni Soderholm insère pour sa part le joker de NHL Dominik Kahun au centre et Dominik Bittner en défense. Il titularise dans les cages Felix Brückmann qui n’avait plus joué depuis le premier match contre l’Italie.

Les premières minutes ne proposent guère de jeu offensif. À la troisième, l’attaquant Max Kastner tourne derrière la cage et s’encastre dans le coude d’Hellickson, qui jouait le palet. Ce contact involontaire et malheureux sonne l’ailier allemand, qui rentre péniblement au banc.

Il faut attendre cinq minutes pour voir le premier tir, un lancer de Nowak contrôlé par Petersen. Peterka enchaîne sur la mise au jeu. La réplique est immédiate, avec le duo Donato-Thompson qui sort de derrière la cage et teste Brückmann de près.

Zac Jones s’infiltre ensuite et son lancer donne un rebond pris par Blackwell dans l’enclave : le portier allemand repousse en grand écart. La meilleure chance revient à Garland. Son tir est bloqué, mais il le reprend tel un joueur de base-ball et voit le palet échouer sur le dessus du but.

Les États-Unis mettent leur patte sur la rencontre. Labanc se signale avec un nouveau tir en haut des cercles, suivi de Thompson quelques minutes plus tard. Pour autant, l’Allemagne se réserve l’essentiel des tirs, cherchant très souvent des lancers de la bleue qui ne donnent pas grand chose.

La fin de tiers est moins active : les deux formations se neutralisent assez bien. Un tir de Holzer, après un beau mouvement technique, perturbe certes un peu la défense. Robertson est sanctionné pour avoir faire trébucher Loibl à 13 secondes de la pause.

Dominik Kahun
Dominik Kahun

À la reprise, Petersen sauve d’entrée sur une action de Kahun lors de l’engagement. La supériorité numérique revient très vite, lorsque les États-Unis sont sanctionnés pour un deuxième avertissement lors d’une mise au jeu défensive, une pénalité peu fréquente ! La défense américaine effectue un très bon travail pour récupérer cette erreur. Le retour au complet remet les joueurs de Capuano dans le bon sens. Garland s’illustre rapidement et son tir surprise lors d’une mise au jeu manque de tromper Brückmann.

Après un début de tiers favorable aux Allemands, la possession s’équilibre. Si les deux équipes s’efforcent de dénicher des angles de tirs, il faut donner du crédit aux deux défenses, habiles pour limiter les espaces et bloquer les lancers… Les Américains cadrent peu, voient leurs tirs bloqués, et finissent par laisser l’Allemagne venir.

À trois minutes de la pause, Abdelkader, déjà brièvement sorti un peu plus tôt, se lance dans une mise en échec sur Holzer au fond… mais se tord le genou en retombant. Le capitaine américain ne peut plus poser le pied par terre et rentre aux vestiaires avec l’aide de ses coéquipiers.

Un bon échec-avant de Jack Drury lui permet de voler un palet derrière la cage. Mis au sol, il récolte une supériorité numérique. L’équipe spéciale, patiente, s’installe bien, et n’est jamais renvoyée très loin dans la neutre, contraignant la défense à une très longue présence. Garland, à la mène, exploite l’écran de Donato pour tirer au but. Brückmann laisse un rebond et Robertson saute dessus dans les dernières secondes de l’avantage (1-0).

Un but précieux dans ce match assez fermé, car la pause survient peu après : 6 tirs à 3 pour l’Allemagne, les gardiens n’ont pas eu grand chose à faire…

Petersen repart fort au troisième tiers-temps avec un arrêt en deux temps, devançant Eisenschmid qui chassait un rebond. Puis, il s’impose à deux reprises à bout portant : déviation de Wagner d’un tir de Nowak, et rebond également.

L’Allemagne pousse, mais le gardien des Kings de Los Angeles reste serein et compte cinq arrêts en quelques minutes, portant son total à 24 en 45 minutes. Il n’y a quasiment plus aucune occasion américaine, et la partie se transforme en attaque-défense (11 tirs allemands à 2 à mi-période).

Une mise au jeu gagnée par Rooney, mais mal gérée par sa défense offre une immense occasion allemande : panique dans l’enclave, et Pföderl place le disque au ras du poteau ! Les États-Unis s’en sortent par miracle et frôlent le but du KO lorsque Thompson s’éclipse en échappée. Brückmann gagne son duel.

Il reste six minutes lorsque Jonas Müller est puni de quatre minutes. Au duel avec Boyle, il le touche au visage avec sa crosse de manière involontaire et laisse le vétéran en sang. Une aubaine pour les Américains, d’autant que Seider brise rapidement sa crosse. Les tirs s’enchainent, sans précision et ne profitent pas de la situation. Trois minutes filent, et Robertson se rend à son tour sur le banc des punis pour une obstruction en zone offensive. 2’11 à jouer, dont 54 secondes en supériorité pour l’Allemagne.

But de Colin Blackwell

Brückmann sort et il ne reste que Seider et cinq attaquants. Reichel lance un premier tir en sortant du banc, Noebels, Seider, Plachta s’y mettent et la défense se sacrifie au bloc, à l’image de Boyle. La pénalité est tuée et le disque reste en attaque. Robinson finit par intercepter et envoyer Blackwell vers la cage vide (2-0).

Petersen blanchit donc l’Allemagne à l’issue d’une rencontre plutôt fermée. Les États-Unis ont choisi de laisser leur adversaire faire le jeu et ont plutôt bien verrouillé l’accès à leur cage : peu de chances proviennent de l’enclave. La qualification en quarts est donc acquise avec un tournoi défensivement irréprochable.

L’Allemagne jouera sa place en quarts dans un duel épique contre la Lettonie. Les Américains, eux, pourraient finir premiers en battant l’Italie, si la Finlande ne prend pas trois points contre le Canada.

Désignés joueurs du match : Cal Petersen (États-Unis) et Markus Eisenschmid (Allemagne)

Commentaires d’après-match :

Jason Robertson (attaquant des États-Unis) : « Il y avait de la vitesse dans ce match. L’Allemagne a beaucoup de mérites, ils nous ont fait sortir de notre structure en attaque grâce à leur rapidité. Nous aurions dû nous adapter, mettre plus de pression. Heureusement notre jeu de puissance a été décisif et Cal Petersen très bon dans les buts. Nous avons fait le travail. »

Cal Petersen (gardien des États-Unis) : « C’est une équipe qui bouge bien le palet, qui met du trafic devant le but. Nous savions qu’ils voudraient contrôler le milieu, chercher des écrans et rebonds. Mes coéquipiers ont fait un très bon travail pour les en empêcher. J’ai pu voir la majorité des tirs, ce qui était très bien. Un effort collectif, pour les verrouiller et décrocher la victoire. »

Moritz Müller (capitaine de l’Allemagne) : « Notre équipe a fait un bon match. Nous avons vraiment fait reculer les Américains, malheureusement nous n’avons pas converti nos occasions. Sur le plan du jeu, c’était un bon match de notre part. Maintenant, tout repose sur le match de demain. Nous devrons y mettre la même intensité, la même qualité et je suis très optimiste. »

2021 05 31 all usa

États-Unis – Allemagne 2-0 (0-0, 1-0, 1-0)
Lundi 31 mai 2021, 16h15. Arena Riga, Lettonie. Huis clos.
Arbitres : Tobias Björk (SUE) et Mads Frandsen (DAN) assistés de Andreas Weise Kroyer (DAN) et Emil Yleryinen (SUE)
Pénalités : États-Unis 8′ (4′, 2′, 2′), Allemagne 8′ (2′, 2′, 4′)
Tirs : États-Unis 15 (6, 3, 6), Allemagne 33 (11, 6, 16)

Récapitulatif du score
1-0 à 38’56 : Robertson assisté de Donato et Garland (sup. num.)
2-0 à 59’33 : Blackwell assisté de Robinson (cage vide)

États-Unis

Attaquants :
Jason Robertson (+1) – Trevor Moore – Conor Garland (2′)
Ryan Donato – Jack Drury – Tage Thompson
Colin Blackwell (A, +1) – Justin Abdelkader (C) – Kevin Labanc
Eric Robinson (+1) – Kevin Rooney (2′) – Brian Boyle
Sasha Chmelevski

Défenseurs
Christian Wolanin – Matt Roy (A, +1)
Zac Jones – Matt Tennyson
Connor Mackey (+1) – Matt Hellickson
Chris Wideman

Gardien :
Cal Petersen

Remplaçant : Jake Oettinger (G). En réserve : Ryan Shea, Adam Clendening (D), Matty Beniers (A), Anthony Stolarz (G, blessé).

Allemagne

Attaquants :
Tom Kühnhackl – Nicolas Krämmer (2′) – Tobias Rieder
Lukas Reichel (-1) – Marcel Noebels (A, -1) – Leo Pföderl (-1)
Markus Eisenschmid – Dominik Kahun (-1) – Matthias Plachta (-1)
Lean Bergmann – Maximilian Kastner – Frederik Tiffels
Stefan Loibl

Défenseurs :
Moritz Müller (C) – Moritz Seider (-1)
Jonas Müller (4′) – Korbinian Holzer (A, 2′)
Fabio Wagner – Marco Nowak
Dominik Bittner – Leon Gawanke

Gardien :
Felix Brückmann [sorti à 58’40]

Remplaçant : Mathias Niederberger (G). En réserve : Niklas Treutle (G), Marcel Brandt (D).

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