Ligue Magnus J4 : Bordeaux bouscule Angers

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Après une campagne de matchs amicaux plutôt terne, les Boxers de Bordeaux ont mieux commencé la compétition officielle. Une défaite de peu à Rouen, et une victoire en prolongation face à Mulhouse, ont amené un peu plus de confiance à des Bordelais qui en avaient besoin. À l’heure de recevoir l’ogre angevin, on espérait prendre plus de points que de buts à domicile.

Recevoir Angers n’a récemment pas été une mince affaire, et ce ne sont pas les deux matchs amicaux, avec autant de défaites et 8 buts encaissés, qui vont contredire des Boxers de Bordeaux en quête de confiance. Les hommes d’Olivier Dimet souhaitent éviter de prendre une valise à domicile, et espèrent surtout remplir l’escarcelle de quelques points bienvenus en ce début de saison.

Toujours privés de leur recrue phare, Austin Fyten, dont l’indisponibilité devrait se poursuivre jusqu’au mois de décembre, les Girondins abordent ce match avec l’envie d’en découdre, et celle de se battre les uns pour les autres. Avec une équipe moins clinquante que certaines années, le discours est simple et clair : effort collectif, « peu d’espace, et pression constante ».

Bordeaux est dans le match

Et si le plan était clair, il semble se mettre en application d’entrée de jeu. Appliqués en défense, et dans les relances, les Boxers rentrent bien dans la partie. Maxime Legault s’illustre en premier en partant presque seul au but, mais accroché par son vis-à-vis, il ne parvient pas à se créer d’occasion.

Le match est plaisant et équilibré, et on sent des angevins sérieux mais prudents. Ils alertent malgré tout Gaétan Richard, portier du soir en remplacement d’un Clément Fouquerel présent lors des deux premières rencontres, mais que le staff bordelais a décidé de faire tourner pour donner du temps de jeu « mérité » à Richard, à qui il a été demandé de pousser « Fouquy » dans ses retranchements, chose confirmée après une excellente préparation de l’ex-Rouennais.

En face, c’est le nouveau venu Evan Cowley qui tient la baraque visiteuse, comme par exemple face à Kévin Spinozzi à la 8e minute, ou encore Maxime Legault par la suite. Entre temps, Enzo Carry avait trouvé d’un bon coup d’œil en retrait Maxime Moisand, qui s’est malgré tout fait contrer par la défense angevine.

Bordeaux continue de tenter des choses. Loïk Poudrier s’infiltre en zone offensive sur la gauche, allume Cowley qui fait la parade, mais laisse un rebond non exploité par Alexandre Mulle qui était parvenu à reprendre. Après un retard de jeu de Neil Manning, les Boxers, tout de gris vêtus, entament leur première supériorité numérique et ne mettent que peu de temps à trouver l’ouverture. Louis Vitou alerte Evan Cowley qui s’impose, mais Robin Lamboley, présent au rebond, ouvre son compteur, et celui de l’équipe, pour mener 1-0, un peu à la surprise générale, même si c’est assez mérité.

Les Ducs décident de réagir et inquiètent l’arrière-garde bordelaise, mais Maxime Moisand se jette sur un puck dangereux pour annihiler les velléités adverses. En contre, Alex Wideman renseigne déjà l’assistance de ses qualités techniques, avec un petit « spinorama » et une frappe bien contrée par le portier adverse.

Mais Louis Vitou et une charge à la crosse (qu’il estime peu évidente à ce moment du match) envoient les locaux en infériorité numérique, ce qui permet quelques banderilles des hommes d’Ethan Goldberg par l’intermédiaire notamment de Jerret Smith, ou Neil Manning hors du cadre de Gaëtan Richard. Bordeaux tient bon, et se procure même une occasion sur la sortie de prison de Louis Vitou qui récupère le palet et trouve le gardien adverse bien placé.

Le tiers s’achemine vers son terme, lorsque la patinoire Mériadeck se retrouve partiellement en panne de lumière, les arbitres décidant de renvoyer tout le monde aux vestiaires à 2’15 de la sirène, le temps que Féé Électricité ne se décide à revenir. Pause actée, et reprise prévue pour enchaîner ce qui reste et le second tiers dans la foulée.

Le break bordelais

Une fois la lumière revenue, et le match reparti, Danick Bouchard se rend coupable d’un faire trébucher. C’est malgré tout Angers qui tire à la cage en premier. La fin du premier tiers est sonnée, et on rempile immédiatement sur la suite des festivités.

Marc-André Levesque trouve Evan Cowley, mais c’est bien Angers qui se montre plus incisif, et impose un double arrêt à un Gaétan Richard, qui se chauffe au fur et à mesure. À l’inverse, sur une phase de possession en zone offensive, Bordeaux trouve de nouveau l’ouverture après une passe lumineuse d’Alex Wideman sur la droite de l’attaque girondine vers l’opposée, et un Kévin Spinozzi qui arrive lancé, et trompe l’infortuné Cowley. 2-0 pour les Boxers et une deuxième période qui débute idéalement pour un public qui commence à y croire.

Gaétan Richard se montre encore une fois solide à l’aide de son poteau, tout comme face à Loïc Farnier d’ailleurs, alors que le gardien bordelais semblait masqué. Côté bordelais, François Paquin et Louis Bélisle ne trouvent pas le cadre coup sur coup.

Angers tente de réagir mais manque de précision dans l’avant-dernier geste. Bordeaux gagne en confiance à mesure que le match avance, et Alex Wideman continue son récital avec une jolie séquence de conservation du palet. Ses coéquipiers semblent vouloir se mettre au diapason. Julien Guillaume entre en zone offensive en contrôle, dribble son défenseur, mais bute sur le gardien. En contre, Tommy Giroux ne règle par la mire non plus.

Les Boxers continuent, dans une bonne période de leur part, mettant en place un pressing assez haut. Louis Vitou gêne fortement la relance adverse sur la gauche le long de la bande, trouve bien Enzo Carry qui maintient l’échec-avant, récupère la rondelle, et trouve Maxime Legault qui allume Evan Cowley.

Bastien Lemaître, lui aussi prometteur en défense, tente une ambitieuse frappe du revers près de la ligne bleue, sans plus de succès. Loin de se décourager, les Boxers continuent, et un joli une-deux entre le jeune Esteban Ragot et Julien Guillaume occasionne un cinglage de Kévin Dusseau. Deux minutes pour l’Angevin et nouveau jeu de puissance local.

Louis Bélisle perd momentanément le contrôle du puck, laissant le temps à Maurin Bouvet d’alerter Gaëtan Richard. Un jeu à trois donne de nouveau une chance à Bordeaux, avant que Kévin Spinozzi par deux fois, et Marc-André Levesque, n’artillent Evan Cowley qui tient bon malgré tout.

Angers se rebiffe et ce sont tour à tout Jerret Smith, Patrick Coulombe, et Danick Bouchard qui testent Gaétan Richard, bien en place. Bordeaux riposte par Enzo Carry et Maxime Legault après là encore, une bonne séquence de possession de puck.

Retour sur la cage de Richard, via cette fois une belle occasion pour Nicolas Ritz, esseulé dans l’axe, sur la botte droite, tout comme le très remuant Jerret Smith qui trouve le plastron du cerbère local. Smith aura encore une dernière occasion en haut de l’enclave, cette fois-ci au-dessus. Entre temps, Danick Bouchard et Bastien Lemaître s’étaient chamaillés, le jeune Bordelais ne s’échappant pas pour autant.

Angers réagit

Et comme a pu déclarer Olivier Dimet en après match, les Boxers pouvaient « s’attendre à ce qu’Angers revienne avec d’autres intentions. ». Pas manqué. Les Ducs, conscients de leur retard, mais manquant de tranchant, rentrent sur la glace plus incisifs.

Maurin Bouvet trouve tout d’abord Gaétan Richard, et en contre c’est Vince Tartari qui alerte François Paquin, en vain. Le salut angevin vient de Danick Bouchard qui trouve la lucarne de son adversaire, après une entrée zone dynamique et une passe en retrait de Cédric Di Dio Balsamo. Angers revit subitement, et pousse pour égaliser.

Ça flotte clairement pendant quelques instants côté bordelais, et Patrick Coulombe (à côté), Jerret Smith, Maurin Bouvet, et de nouveau Smith se heurtent à un Gaétan Richard qui commence sérieusement à être chaud. Le gardien girondin dévie de la crosse une très belle frappe de Vincent Llorca, et s’interpose solidement face à Connor Hardowa au pied de son poteau gauche.

Angers ressemble déjà beaucoup plus aux Ducs que l’on connaît, en favoris de cette Ligue Magnus. Ils enchainent les gains aux mises en jeu, et s’offrent de quoi continuer leur martelage sur Gaëtan Richard, toujours là, face à Tommy Giroux d’abord, puis encore Smith.

Dans tout ça, les Boxers font le dos rond, et souffrent. Mais ils souffrent ensemble, et dégagent une très belle envie de s’en sortir collectivement. La preuve est ce contre, à 14’13 du terme, du très bon (si ce n’est plus) Alex Wideman, qui nous ressort une magnifique passe de son chapeau, et trouve de nouveau Kévin Spinozzi qui marque la copie conforme du premier but (3-1). Mériadeck respire, et ses protégés refont le break, au meilleur moment, au creux de la vague, au moment où Angers dominait le plus.

Malgré tout, les Ducs repartent, et Zack Torquato envoie un missile en direction de la lucarne bordelaise, quand Gaëtan Richard la garde impeccablement dans son gant. Le gardien des Boxers devient de plus en plus décisif et se couche encore une fois sur un palet devant Maurin Bouvet.

Cela va maintenant d’un but à l’autre, et Louis Vitou alerte Cowley, puis Maxime Legault expédie une lourde frappe sur le gardien. Bordeaux tente de gagner du temps en restant en zone offensive, et sur un retour à la ligne bleue, Levesque cherche une déviation de Vitou en plein dans l’enclave, mais le jeune bordelais la met au-dessus. Cela sentait l’estocade pour Angers.

Esteban Ragot, U20 au demeurant, gagne des minutes de glace, et fait bonne impression, notamment sur ce retour défensif dans les patins, avant d’organiser une belle cession d’échec-avant avec Robin Lamboley.

Maurin Bouvet poursuit son excellent dernier tiers, se faufile dans le cœur de la défense bordelaise, trouve Gaëtan Richard, qui laisse malgré tout un rebond, et un but vide, mais c’est sans compter le sauvetage in extremis de Louis Bélisle qui se jette à plat ventre sur la glace. Les angevins semblent frustrés et sur une incursion de Riley Guenther qui prend le chemin le plus court vers la cage, il percute Gaëtan Richard. L’obstruction est avérée par les arbitres, et Bordeaux respire en supériorité numérique. Malgré un contre de Cédric Di Dio Balsamo obligeant Richard à un double arrêt, le jeu de puissance finit par s’installer et le palet circule même d’ailleurs plutôt bien.

Angers jette ses dernières forces dans la bataille, et Alex Wideman fait un tour sur le banc des pénalités. Angers en profite pour sortir son gardien pour une double supériorité. Bordeaux plie et Gaëtan Richard tient bon face à Riley Guenther. Il ne peut finalement rien contre Maurin Bouvet, omniprésent dans cette fin de match, qui ramène ses troupes à 2-3.

Commence alors une grosse fin de match des deux côtés, la fin mais aussi la faim, justifiant les moyens côté Bordeaux. Bouvet au-dessus, puis encore alertant un Richard héroïque. C’est globalement sauve-qui-peut à Bordeaux dans ces deux dernières minutes. Maxime Legault se jette sur une lourde frappe adverse, mais le palet ne sort pas de la zone bordelaise.

À 6 contre 5, Angers tente le tout pour le tout, et percute de nouveau un portier bordelais au sol, et ça devient très long pour les Boxers à qui il tarde la sirène. Les deux derniers mots iront évidemment à Gaëtan Richard qui s’impose du gant par deux fois, et libère toute une équipe et une patinoire. Les Boxers l’emportent 3-2 face à l’un des grands favoris du championnat, et respire tant comptablement que dans l’esprit.

angers 2 é

Pour Olivier Dimet, « l’ouverture du score fait du bien, avec de belles séquences de jeu, de belles permutations en zone offensive donnant des opportunités de scorer. ». L’équipe a fait des « efforts dans les deux sens de la glace ». Avec comme objectif de faire de cet effectif une équipe combative, solidaire et valeureuse, qui met « du cœur à l’ouvrage ».

Et si l’heure est à la satisfaction du travail du soir accompli, il faut vite se remettre la tête à l’endroit et surtout « ne pas s’enflammer, et vite se remettre au travail » en vue du déplacement à Briançon qui sort d’une grosse performance en l’emportant à Mulhouse. Bordeaux ne souhaite donc pas se présenter là-bas « la fleur au fusil contre une équipe qui propose du jeu ».

Bordeaux va tenter d’enchaîner et de faire perdurer cet état d’esprit. Le projet demande une forte adhésion des joueurs, et peut être « ambitieux si les joueurs s’intègrent au projet, et aux valeurs que le staff veut transmettre. On les voit sur ces 3 premiers matchs, en espérant que cela soit encore dans la durée. »

La satisfaction du coach réside aussi dans la progression visible de la jeune garde, qui profite du temps de jeu qui leur est donné pour se montrer, « prendre de la confiance et valider un processus qui est là depuis le début de la reprise ». Il y a « encore beaucoup de choses à corriger et à gommer, mais ils ont la volonté de progresser, d’écouter, et d’apprendreOn ne veut pas s’enflammer, mais on veut continuer à grandir en équipe ».
Bordeaux – Angers (1-0, 1-0, 1-2)
Mardi 28 septembre à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 1350 personnes.
Arbitres : Alexandre Bourreau et Marie-Tjana Picavet assistés de Messieurs Jérémie Douchy et Guillaume Barthe.
Pénalités : Bordeaux 6 (2′, 2′, 2′), Angers 10 (4′, 4′, 2′).
Tirs : Bordeaux 26 (9, 12, 5), Angers 28 (6, 8, 14).

Évolution du score< :
1-0 à 13’03 : Lamboley assisté de Vitou et Levesque (sup. num.)
2-0 à 22’25 : Spinozzi assisté de Wideman et Mulle
2-1 à 42’52 : Bouchard assisté de Di Dio Balsamo et Coulombe
3-1 à 45’47 : Spinozzi assisté de Wideman et Mulle
3-2 à 57’24 : Bouvet assisté de Giroux (sup. num., cage vide)

Bordeaux

Attaquants :
Alexandre Mulle – Loïk Poudrier – Alex Wideman
Louis Vitou – Enzo Carry – Maxime Legault
Aina Rambelo – Julien Guillaume – Esteban Ragot
Vince Tartari – Robin Lamboley – François Paquin

Défenseurs :
Bastien Lemaitre – Kevin Spinozzi
Marc-André Levesque – Louis Belisle
Jules Boscq – Maxime Moisand

Gardien :
Gaëtan Richard

Remplaçant : Clément Fouquerel (G). Absent : Austin Fyten (genou).

Angers

Attaquants :
Robin Gaborit – Tommy Giroux – Nicolas Ritz
Danick Bouchard – Loic Farnier – Zack Torquato
Riley Guenther – Maurin Bouvet – Cédric Di Dio Balsamo
Baptiste Couturier – Marius Serer – Téo Sarlieve

Défenseurs :
Jerret Smith – Patrick Coulombe
Neil Manning – Vincent Llorca
Kevin Dusseau – Connor Hardowa

Gardien :
Evan Cowley [sorti de 56’58 à 57’24, de 57’35 à 58’27 et de 58’45 à 60’00]

Remplaçant : Julian Barrier (G). Absent : Philippe Halley.

 

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