L’affiche du 20 novembre 2022 est un classico de la National League avec la rencontre opposant Lugano (12e) et Berne (6e) à la Cornèr Arena. Point commun entre les deux formations : elles ont opté pour un changement de coach en cours d’exercice pour tenter d’instiller un second souffle à leur saison.
Lugano : enclencher une série victorieuse
Malgré le congédiement de Chris McSorley (écarté avec l’ensemble de son staff après 8 rencontres) et son remplacement par le jeune et inexpérimenté Luca Gianinazzi, le HC Lugano continue jusqu’à présent de naviguer dans le fond du classement, à une position en inadéquation avec le talent (supposé) de son effectif. Le club tessinois souffre notamment des performances en deçà des attentes de certaines de ses stars. Ainsi, Marc Arcobello – dont il se dit qu’il est de ceux qui ont eu la tête de McSorley – ne compte que 5 buts, le buteur patenté Luca Fazzini semble à côté de ses patins (seulement 3 buts) ou encore Oliwer Kaski, muet depuis le début de la saison alors qu’il était le meilleur buteur parmi les défenseurs en KHL la saison passée. Comble de malchance pour le Finlandais, il souffre d’une commotion après un choc avec la bande lors du match de mardi dernier contre Lausanne.
Lugano pourra en revanche compter sur le retour de Daniel Carr, absent depuis près de 6 mois. Le Canadien s’est d’ailleurs épanché dans la presse pour critiquer le staff médical de son club, coupable selon lui d’une erreur de diagnostic qui aurait allongé la durée de sa convalescence (« Beaucoup de gens qui ont eu le COVID ont dû faire face au COVID long. (…) Je pense que le médecin a fait une grosse erreur en faisant mon diagnostic. L’année dernière, il m’a diagnostiqué une simple anxiété (…) À Zurich, j’ai reçu le traitement approprié. (…) Ils m’ont dit que si je les avais consultés six mois plus tôt, mon rétablissement aurait été beaucoup plus facile. »). Ambiance…
Signe que la situation s’améliore quand même pour les bianconeri, Lugano s’est imposé en costaud et en prolongation à Lausanne mardi, remportant pour la première fois de la saison deux victoires de rang (la précédente étant face à Bienne juste avant la trêve) et cherchera la passe de trois à domicile face à Berne.
SC Berne : Toni Söderholm arrive pour remplacer de Johan Lundskog derrière le banc bernois
Comme pour Chris McSorley à Lugano, on savait avant même le début de la saison de le poste de Johan Lundskog en tant que coach du CP Berne était précaire. Mais si le licenciement de l’Ontarien fut somme toute logique (absence de résultats et fronde dans le vestiaire), celui du coach suédois fut plus surprenant. Sur le fond d’abord, Lundskog a été débarqué dans la minute qui suivait une victoire face à Zurich. Apprécié de ses joueurs, sa mise à l’écart n’a pas été au goût de certains, comme le défenseur international Ramon Untersander : « Nous sommes sixièmes, à cinq points de la troisième place. Devrait-on être premier ? ». Ce qui est reproché à Lundskog par les dirigeants du club serait son incapacité à faire progresser l’équipe : « L’objectif n’est évidemment pas de terminer premier ou deuxième. Mais l’équipe doit se développer continuellement. » (Raeto Raffainer, CEO du club de la capitale fédérale). Le désormais ex-coach a également payé sa propension à surutiliser ses cadres (plus de 22’ de temps de jeu pour Chris DiDomenico ou encore 21’30’’ pour Oscar Lindberg) et à ne pas suffisamment intégrer les jeunes (moins de 6 minutes par match pour Fabian Ritzmann, 9 minutes pour Joshua Fahrni et Benjamin Baumgartner).
En début de semaine, le CP Berne a annoncé l’engagement de Toni Söderholm en tant qu’entraîneur principal. Le Finlandais est un ancien joueur du SCB (2 saisons entre 2005 et 2007) et officiait depuis 2018/19 en tant que sélectionneur de l’équipe nationale Allemande. Pour sa première rencontre avec son nouveau club, Söderholm a connu la défaite à domicile dans le derby des Zähringen face à Fribourg-Gottéron, ne confirmant pas le succès obtenu plus tôt dans la saison.
Berne doit toujours composer sans Dominik Kahun (touché à l’épaule), Eric Gélinas (blessé), Marco Lehmann (blessé) ainsi que son principal atout offensif Chris DiDomenico, suspendu 3 rencontres pour être rentré en collision avec un arbitre.
Le match met un peu de temps à s’emballer. Les tirs sont déclenchés loin de la cage et ne mettent pas en difficulté les deux gardiens. Une pénalité sifflée contre Riva donne la première vraie occasion aux visiteurs lorsque Sceviour remet à Ennis esseulé dans le du slot. Mais le palet roule sur la tranche et l’ancien des Sénateurs d’Ottawa tire hors cadre. Puis la défense luganaise est un peu passive sur Lindberg qui en profite pour s’avancer et ajuster le poteau depuis le point d’engagement. En fin de jeu de puissance, Baumgartner relaie avec Untersander à la pointe qui décale Bärtschy pour la reprise de volée victorieuse (0-1, 10’24’’). Après un début de saison poussif (1 but lors des 14 premiers matchs), Bärtschy commence à noircir la feuille de pointage (3 buts lors des 6 dernières rencontres).
Lugano ne laisse pas le doute s’installer. Moins de deux minutes après l’ouverture du score bernoise, Marco Müller intercepte une passe de Vermin pour Lindberg. Il transmet le disque à Fazzini qui contrôle et déclenche un tir des poignets que Wüthrich ne peut contrôler de la mitaine (1-1, 12’38’’). Le portier bernois se rattrape peu après en stoppant la tentative à bout portant de Zanetti qui a profité d’une mauvaise relance d’un joueur Bernois. À l’exception d’une occasion de Baumgartner qui ne parvient pas à rabattre un rebond accordé par Koskinen consécutif à un tir de Fuss, les Ours sont peu dangereux et Lugano en profite pour prendre les devants. Connolly et Arcobello s’échangent le palet. À la limite de la zone offensive, l’ancien vainqueur de la Coupe Stanley (en 2018 avec Washington) déclenche un tir précis qui trompe Wüthrich, masqué par l’imposant gabarit de Granlund (2-1, 18’51’’).
Le deuxième tiers-temps commence de la pire des manières pour les joueurs de la capitale. Depuis sa zone défensive, Loeffel tente une relance risquée par le centre de la glace. Alatalo intercepte le puck et remet à Connolly qui dévie. Le palet monte dans les airs, frappe Wüthrich qui ne peut contrôler le palet. Placé à l’embouchure du filet, Granlund saute sur le rebond (3-1, 20’16’’). Le début de la période ressemble à un monologue luganais. Il faut plus de sept minutes aux Bernois pour porter un tir sur la cage de Koskinen. Le Finlandais réalisera d’ailleurs le plus bel arrêt du match en stoppant une descente en infériorité numérique à 2 contre 1 orchestrée par Ennis et Bärtschy, du bout de la jambière face à la tentative du numéro 47 bernois.
Les visiteurs ont certainement laissé là leur chance de changer le scénario du match et ils vont le payer cash. Vingt-trois secondes après avoir manqué de recoller au score, Marco Müller profite du jeu de puissance pour s’enfoncer dans le territoire de Berne et trouver Morini, esseulé dans l’enclave. L’ailier Italien à licence suisse manque sa reprise mais trompe quand même Wüthrich décidemment pas à son affaire ce soir (4-1, 30’36’’). Lugano domine le tiers de la tête et des épaules (16 tirs à 7) et retourne aux vestiaires avec une avance de trois buts face à de pales Bernois – orphelins de DiDomenico et Kahun – qui n’arrivent pas à créer l’étincelle en attaque.
Maîtres de leur sujet, les Luganais attaquent fort le dernier tiers et mettent la pression sur la cage bernoise. Les Ours réagissent par Lindberg et Bärtschy mais Koskinen veille. Puis Lugano reprend sa domination, un puissant lancer lointain plein axe de Granlund vient s’écrase sur le montant de la cage de Wüthrich. Une rare punition sifflée contre le HCL pourrait donner un peu d’espoir au SCB. Moser reçoit le palet devant la cage, il se retourne mais ne parvient pas à déjouer Koskinen. Particulièrement en vue ce soir, Marco Müller intercepte au niveau de la ligne médiane une passe trop faiblement dosée de Scherwey pour Baumgartner pour aller affronter seul Wüthrich. D’un vif tir entre les jambes du gardien Bernois, l’attaquant champion avec Zoug remporte son duel et scelle définitivement (et en infériorité numérique) le score (5-1, 52’17’’). Lugano gère le score face à une équipe de Berne résignée et sans doute émoussée par les efforts de la veille contre Fribourg-Gottéron.
Meilleure équipe sur la glace en ce dimanche, Lugano s’offre une victoire méritée et poursuit sa bonne série de 3 victoires de rang (et même 4 lors des 5 dernières rencontres). Les gros canons ont répondu présent (Connolly et Granlud ont scoré), Marco Müller a été précieux (1 but et 2 mentions d’assistance) et Koskinen a sorti les arrêts qu’il fallait au bon moment. Les Tessinois confirment leur regain de forme et peuvent ainsi rêver à une remontée au classement.
Toni Söderholm débute son aventure derrière le banc bernois par deux défaites. Les Ours ont semblé à cours de solutions voire complément à côté de leur sujet pour certains à l’image de Sceviour – transparent ce soir – ou de Vermin, présent sur les cinq buts luganais.
Illustrations de Pierre Maillard
Commentaires d’après-match :
Romain Loeffel (défenseur de Berne) : « Oui ça été difficile, nous n’avons jamais été vraiment dedans. Nous avons eu nos chances au premier tiers. En rentrant dans le deuxième tiers, je fais une grosse erreur qui nous a mis dans le trouble directement et nous n’avons pas su réagir. Lugano a profité des opportunités qu’on lui a laissées. Nous les avons laissés jouer ce soir, nous n’avons pas été assez agressifs et cela nous coûte le match. (…) Nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes de la manière dont nous avons joué. Nous n’étions pas assez constants sur nos prises de décisions, sur le forecheck, sur notre manière de jouer en zone défensive. Lugano a amplement mérité sa victoire. »
Lugano – Berne 5-1 (2-1, 2-0, 1-0)
>Dimanche 20 novembre 2022 à 20h00 à la Cornèr Arena. 4 609 spectateurs.
Arbitres : Miroslav Stolc (SVK) et Stefan Hürlimann assistés de Dario Fuchs et Sébastien Duc.
Pénalités : Lugano 8’ (2’, 4’, 2’) ; Berne 4’ (0, 4’, 0’)
Tirs : Lugano 43 (13, 16, 14) ; Berne 31 (11, 7, 13)
Évolution du score :
0-1 à 10’24’’ : Bärtschy assisté Vermin et Baumgartner (sup. num.)
1-1 à 12’38’’ : Fazzini assisté de Marco Müller
2-1 à 18’51’ : Connolly assisté d’Arcobello
3-1 à 20’16’’ : Granlund assisité d’Arcobello et Alatalo
4-1 à 30’36’’ : Morini assisté de Marco Müller et de Wolf
5-1 à 52’17’’ : Marco Müller (inf. num.)
HC Lugano
Attaquants :
Markus Granlund (+3) – Mark Arcobello (+2, 2’) – Brett Connolly (+2, 2’)
Daniel Carr – Calvin Thürkauf – Marco Zanetti
Marco Müller (+3) – Raphael Herburger (+1) – Luca Fazzini (+1)
Troy Josephs – Giovanni Morini (+1) – Jeremi Gerber
Défenseurs :
Mirco Müller (+3) – Santeri Alatalo (+3)
Elia Riva (2’) – Calle Andersson
Samuel Guerra (+2) – Bernd Wolf (+2)
Jari Näser
Gardien :
Mikko Koskinen (30/31, 2’)
Remplaçants : Niklas Schlegel (G), Yves Stoffel. Absents : Oliwer Kaski (commotion), Julian Walker (blessé), Stéphane Patry (blessé), Kris Bennett (prêt, Ticino Rockets), Loic Vedova (surnuméraire)
CP Berne
Attaquants :
Tyler Ennis (-3) – Oscar Lindberg (-3, 2’) – Joël Vermin (-5)
Simon Moser – Colton Sceviour – Joshua Farhni
Sven Bärtschi (-1) – Thierry Bader – Tristan Scherwey (-1)
Fabian Ritzmann – Benjamin Baumgartner (-1) – Noah Fuss
Défenseurs :
Jesse Zgraggen (-2) – Romain Loeffel (-3)
Colin Gerber – Ramón Untersander (-1)
Beat Gerber (-1, 2’) – Cody Goloubef (-2)
Christian Pinana
Gardien :
Philip Wüthrich (38/43)
Remplaçants : Daniel Manzato (G), Santiago Näf. Absents : Dominik Kahun (épaule), Marco Lehmann (blessé), Éric Gélinas (blessé), Vincent Ryser (blessé), Mika Henauer (blessé), Christopher DiDomenico (suspendu), Ronny Dähler (prêt, Bâle), Andri Henauer (prêt, Bâle).














































