Saku Mäenalanen brise la glace. Oublié dans l’enclave et très bien servi par Iiro Pakarinen après un jeu derrière le but, il fixe et bat David Kickert côté mitaine (1-0 à 02’51). Le rythme est soutenu et le jeu va d’une cage à l’autre, pour le plus grand plaisir des supporters finlandais, venus en nombre. Les cinq premières minutes sont largement à la faveur de leurs protégés qui mettent Kickert à contribution (01’55, 03’22 puis 04’58).
La première pause commerciale n’arrange rien aux affaires des Autrichiens. Acculés dans leur zone, ils peinent à trouver le geste juste et sont punis. Manuel Ganahl veut repartir de l’avant et récupère la rondelle devant l’enclave mais il est battu par le poke-check d’Oliver Kapanen qui se saisit du palet et bat Kickert, toujours côté mitaine (2-0 à 08’06). Les choses vont de mal en pis pour les aigles : dans la foulée, Paul Starfeldt est chassé pour accrocher (08’30). Confortablement installés en zone offensive, les Leijonat tournent et cherchent à creuser l’écart. Ils butent toutefois sur les jambières de Kickert et le jeu reprend à cinq contre cinq.
La première grosse alerte arrive au crépuscule du premier quart d’heure de jeu lorsque Peter Schneider voit son tir, adressé depuis le cercle droit, être repoussé difficilement de la mitaine par Harri Säteri (14’30). L’occasion réveille des Autrichiens qui mettent la pression sur la cage de Säteri, bien qu’ils n’aient cadré que 3 tirs en 17 minutes de jeu. Scène cocasse, Saku Mäenalanen, premier buteur de la journée, voit la tentative de Mikko Lehtonen heurter doucement son casque avant de terminer sa course… dans le chandail de celui-ci. Thomas Raffl tente d’alerter le gardien finlandais mais bute une fois de plus sur son plastron.
Les Autrichiens peuvent-ils renverser la rencontrer une deuxième fois en deux matchs ? Telle est la question alors que le palet est lâché pour débuter le tiers médian. Après un premier tir lointain, stoppé par le gardien finlandais, les Finlandais repartent pour siéger en zone offensive. À l’image du match face au Canada, il ne faut guère d’occasions aux Autrichiens pour convertir. Benjamin Nissner entame une percée dans le cœur du jeu, renverse à droite pour Thomas Raffl qui renverse de nouveau pour Mario Huber qui profite du retard de Säteri pour marquer (2-1 à 23’36). Malgré ce but, la physionomie reste la même : les Leijonat occupent la zone offensive adverse, les Autrichiens, eux, attendent la faille pour contre attaquer. Alors qu’on ne dispute que la 27e minute de jeu, le registre des lancers affiche déjà 20 à 6 en faveur des Finlandais, une nette domination sur laquelle ils ne parviennent pas à capitaliser, David Kickert fermant la porte sur chacune des tentatives adressées à son encontre.
Le rythme de la partie a diminué et les esprits commencent à s’échauffer. Après un palet capté en l’air par Säteri, une brasse collective s’amorce. Cela réveille un public bien calme en ce jeudi. Olivier Kapanen se rend coupable d’un cinglage sur un temps fort autrichien et les coéquipiers de Thomas Raffl ont une belle occasion d’égaliser les débats (34’29). Installés en zone offensive, les aigles mettent à mal le bloc défensif adverse mais butent sur Säteri. Alors que la première pénalité prend fin, une seconde est appelée contre Juuso Riikola pour cinglage (36’35). Imprécis dans l’avant-dernier geste, gênés par l’unité défensive, l’Autriche n’adresse qu’un seul tir à la cage sur la supériorité numérique (38’35). La fin de tiers demeure stérile.
Dans la dernière période, ce sont les Autrichiens qui prennent les choses en main et poussent les Finlandais à la faute, un cinglage de Patrik Puistola (42’34). Les Autrichiens pensent marquer en toute fin de supériorité numérique mais les arbitres refusent le but pour interférence sur le gardien. Les spectateurs conspuent la décision, tout comme Roger Bader qui hausse le ton et demande un challenge. Les arbitres consultent la vidéo, ne changent pas d’avis et l’Autriche est sanctionnée pour retard de jeu (44’21). Puistola sort de la boîte et la Finlande passe toute proche de creuser l’écart mais le bouclier de Kickert s’interpose (44’38). Malgré de grosses alertes, la défense autrichienne tient bon.
À mi-tiers, l’Autriche refait le coup ! Sur une attaque placée, Thimo Nickl profite de l’écran de Mario Huber pour envoyer un tir laser qui heurte le poteau et la barre avant d’entrer (2-2 à 49’51). Un but qui rajoute de la superbe à une équipe d’Autriche qui, par deux fois en deux matchs, a effacé un déficit de plusieurs buts et qui anime des tribunes définitivement acquises à leur cause. Les minutes qui suivent voient les deux équipes se neutraliser tout en cherchant la faille pour l’emporter. Dans le money time, Bernd Wolf est sanctionné pour accrocher et la Finlande a une occasion en or de prendre une option sur la victoire (56’20). Valtteri Puustinen alerte par deux fois Kickert. Si la première est repoussée de la jambière, la deuxième voit le jeu interrompu puis le palet se diriger vers le but après un poke-check peu académique sur le gardien (57’15). Le public hue les Leijonat qui déroulent leur jeu de puissance, sans tromper la vigilance de Kickert. Ahti Oksanen s’essaie une dernière fois, mais la porte se referme in-extremis et Wolf sort du bois.
L’entraîneur finlandais change encore sa première ligne, en vain. Alors que les dernières secondes se disputent, le nouveau miracle se produit. Sur une contre-attaque, Säteri repousse le palet dans la difficulté et l’attaque continue. Lukas Haudum renverse pour Benjamin Baumgartner qui fusille Säteri et donne la victoire à l’Autriche alors que la sirène résonne. Les arbitres vérifient et, au moment où le palet franchit la ligne, il reste 0,2 au compteur, le but est donc valide et l’Autriche réédite la performance (en mieux !) pour prendre 3 précieux points face à la Finlande, qu’elle bat pour la première fois de son histoire.
Désignés joueurs du match : Iiro Pakarinen pour la Finlande et David Kickert pour l’Autriche.
Commentaires d’après-match :
Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « D’abord, nous avons dit avant le match que nous voulions gagner. Ce n’est pas comme si entrions dans un match contre une nation de haut niveau pour donner le match et économiser de l’énergie. Bien sûr, nous savions que c’était extrêmement difficile, qu’ils avaient une très grande qualité, ce qu’ils ont montré en première période. Mais nous avons ce esprit dans l’équipe que nous pouvons revenir même après des moments difficiles, ce n’est pas la première fois dans ce championnat du monde, c’est un bon signe de notre part. En première période, ils étaient bien meilleurs, notre approche tactique était bonne mais ils l’ont quand même emporté avec un meilleur ratio de tirs. Ensuite, nous avons ajusté deux ou trois petites choses et les avons mieux contrôlés. Plus le match avançait, plus nous nous créions des occasions, nous jouions très bien en infériorité numérique et avions un très bon gardien de but en David Kickert, tout s’est bien passé aujourd’hui ! Nous devons récupérer rapidement maintenant, nous avons déjà demain le prochain match à guichets fermés [contre les Tchèques] »
Benjamin Baumgartner (attaquant de l’Autriche) : « Nous avons beaucoup de potentiel en attaque, en défense, et nous avons des gardiens qui sauvent les matchs pour nous, David Madlener et David Kickert. Nous nous battons les uns pour les autres, nous mettons tout et cela finit par payer. Les Finlandais ont également tout donné, ils ont aussi très bien joué. La chance était de notre côté, nous avons essayé de tout bloquer, de jouer fort défensivement. Que ce but arrivé dans la dernière seconde, c’est chanceux une, mais on prend. Battre la Finlande aujourd’hui était un sentiment encore meilleur que de pousser le Canada en prolongation ! »
Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : « J’avais l’impression que oui, nous allions gagner ce match. Une douzaine de secondes avant la fin, le palet était encore à l’autre bout. Tout est possible, apparemment. Nous avons attendu un peu pour la prolongation, mais il y a eu un mauvais rebond et la rondelle a rebondi vers eux. Ensuite, ils ont pu attaquer. C’est parfois ainsi, le hockey sur glace. L’Autriche a une bonne équipe et a bien joué. Le jeu est toujours en relation avec l’adversaire et ils nous mettent dans une situation difficile. Ils défendent serré et se concentrent sur les contre-attaques. Ce n’est pas facile de jouer contre une équipe qui défend si patiemment et encombre le centre. À cinq contre cinq, il était difficile de créer des positions. On ne va pas commencer à pleurer ou à se plaindre. Nous devons réfléchir à la façon de procéder à partir de maintenant. Il y a quelques choses à régler. Si nous parlons des buts, ils auraient dû être mieux défendus. Bloquer les tirs, etc. Nous devons revoir la gestion de ces situations difficiles à l’avenir. Il n’y a pas de gros sujets structurels. Ce sont plus des décisions des joueurs. Parfois, nous jouons un peu bêtement quand nous avons plus d’enthousiasme que d’intelligence. Certaines choses ont été répétées maintenant, pour jouer plus intelligemment. Je pense que jamais tout n’allait bien après quatre matchs [aux Mondiaux]. Des ajustements ont toujours été nécessaires. Il y a le temps. »
Finlande – Autriche 2-3 (2-0, 0-1, 0-2)
Jeudi 16 mai 2024 à 16h20 à la O2 Arena de Prague. 15 387 spectateurs.
Arbitres : Tobias Bjork (SUE) et Michael Tscherrig (SUI) assistés de Tarrington Wyonzek (CAN) et Davis Zunde (LET).
Pénalités : Finlande 6′ (0′, 4′, 2′) ; Autriche 6′ (2′, 0′, 4′).
Tirs : Finlande 32 (14, 8, 10) ; Autriche 20 (4, 8, 8).
Évolution du score :
1-0 à 02’51 : Mäenalanen assisté de Pakarinen et Vittasmäki
2-0 à 08’06 : Kapanen assisté de Riikola et Kawski
2-1 à 23’36 : Huber assisté de Raffl et Nissner
2-2 à 49’51 : Nickl assisté de Nissner et Huber
2-3 à 59’59 : Baumgartner assisté de Haudum et Ganahl
Finlande
Attaquants :
Jere Innala – Mikael Granlund (C, -1) – Valtteri Puustinen
Ahti Oksanen – Oliver Kapanen (-1, 2′) – Jesse Puljujärvi
Patrik Puistola (-1, 2′) – Arttu Hyry (-1) – Juha Jääskä (-1)
Saku Mäenalanen (+1) – Hannes Björninen (+1) – Iiro Pakarinen
Défenseurs :
Olli Määttä (A) – Mikko Lehtonen (A, -1)
Rasmus Rissanen (-1) – Oliwer Kaski (-1)
Juuso Riikola (2′) – Vili Saarijärvi
Veli-Matti Vittasmäki – Jesper Mattila (+1)
Gardien :
Harri Säteri (17/20)
Remplaçant : Emil Larmi (G). En réserve : Lassi Lehtinen (G), Konsta Helenius (A), Pekka Jormakka (A).
Autriche (2′ pour retard de jeu)
Attaquants :
Thomas Raffl (C, +2) – Benjamin Nissner (+2) – Mario Huber (+2)
Dominic Zwerger – Marco Rossi – Peter Schneider
Manuel Ganahl (A) – Benjamin Baumgartner – Lukas Haudum
Paul Huber (-1) – Lucas Thaler (-1) – Vinzenz Rohrer (-1)
Défenseurs :
Thimo Nickl (+1) – Dominique Heinrich (A, +1)
Bernd Wolf (+1, 2′) – Clemens Unterweger (+2)
David Maier (-2) – Steven Strong (-2)
Paul Stapelfeldt (+1, 2′) – Kilian Zündel
Gardien :
David Kickert (30/32)
Remplaçant : Thomas Höneckl (G). Non équipés : David Madlener (G), Nico Brunner (D), Ali Wukovits (A).












































