La Suisse commence sa préparation sans ses demi-finalistes de son championnat. Elle ne compte pour l’instant que quatre vice-champions du monde dans ses rangs, Bader, Senteler, Simion et le gardien Leonardo Genoni. Elle a incorporé trois nouveaux, Mischa Ramel (qui n’entrera au jeu qu’au second match) et les défenseurs Ludvig Johnson (18 ans) et Rodwin Dionicio.
En face, la Slovaquie compte quatre débutants dans ses rangs : les défenseurs Matúš Hlaváč et Michal Laurenčík, les attaquants Andrej Krajčovič et Libor Nemec. Les trois premiers jouent pour le Dukla Trenčín, le quatrième en NCAA. Mais le débutant le plus important, c’est l’entraîneur de Banská Bystrica, Vladimír Országh, qui remplace le Canadien Craig Ramsay (74 ans) souffrant d’une pneumonie. Országh était l’ancien adjoint de Ramsay en équipe nationale jusqu’en 2018, les adjoints actuels Peter Frühauf et Ján Pardavý ne pouvaient pas assurer cet intérim car ils sont encore occupés en play-offs dans leurs clubs à ce moment. Un nouveau point médical sera fait dans deux semaines, Országh sera le plan B aux championnats du monde si Ramsay n’est pas rétabli.
Dans les rangs locaux, le joueur le plus observé est Rodwin Dionicio car ce fils de parents dominicains a le privilège de pouvoir débuter en équipe nationale dans la patinoire de son club formateur Herisau, dont il est parti à 14 ans. Vainqueur de la Coupe Memorial de champion canadien junior majeur l’an passé, Dionicio – sous contrat avec Anaheim – a commencé la saison en AHL et l’a finie à Bienne. Son retour à la maison démarre mal. Après un peu plus de trois minutes, sous le forechecking adverse, Rodwin Dionicio effectue une mauvaise passe interceptée par Robert Lantoši, qui centre alors pour l’ouverture du score Matej Kašlík.
Portée par son patinage, la Suisse domine la deuxième période. Marc Marchon – dernier arrivé au camp après des examens médicaux – égalise en déviant un tir de la bleue de Roger Karrer, mais ce dernier prend la première pénalité suisse, convertie dans les dernières secondes par Jakub Minárik dans le slot. La Nati réagit une belle passe de son benjamin Ludwig Johnson qui lance Marco Miranda en échappée. Le gardien Patrik Rybár remporte ce duel, mais il s’incline finalement sur un tir dans le trafic de Sven Senteler pendant une pénalité différée.
Les erreurs individuelles ne sont pas l’apanage des jeunes. La perte de palet de Marchon en zone neutre face à Michal Krištof permet à Kašlík de partir seul face à Genoni et de s’offrir un doublé. Mais les Suisses égalisent en un peu plus d’une minute par un tir du poignet de Dario Simion. Le jeu est équilibré, mais la Nati s’impose en prolongation à 3 contre 3 : Dario Rohrbach reçoit une bonne passe de Tyler Moy et marque dans le haut du filet (4-3).

On se retrouve au même endroit le lendemain et le MVP de la saison régulière suisse, le gardien Stéphane Charlin, connaît une entrée en matière compliquée. Après 42 secondes, Robert Lantoši entre en zone et le palet parvient dans la crosse du novice Matúš Hlaváč qui inscrit déjà le 0-1. Quatre minutes plus tard, un autre défenseur (Romaňák) semble inscrire le 0-2, mais il est annulé après un « coach challenge » en raison d’un contact avec le gardien. Peu après, l’obstruction de Martin Faško-Rudáš est exploitée en sept secondes par Dario Rohrbach, qui concrétise le service de Moy sur le jeu de puissance. Attilio Biasca inscrit son premier but international sur une superbe relance précise de Luca Fazzini et permet à la Suisse de faire enfin la course en tête (2-1), mais Faško-Rudáš remet les deux équipes à parité après un double ricochet sur le poteau et la botte du gardien.
La Suisse fait la différence en deuxième période en l’espace de sept minutes. Fabian Ritzmann convertit d’abord une passe de Thierry Bader puis, à 4 contre 5, les deux mêmes hommes s’échangent la pareille et Bader inscrit le 4-2 en échappée. Sauf que la crosse haute de Rohrbach sur Lantoši a valu 2’+2′. Il reste donc un second avantage numérique, et cette fois la Slovaquie l’utilise, par un troisième but en deux jours de Matej Kašlík, entre les jambières de Charlin. Sans avoir fait un grand match, le gardien des SCL Tigers tient néanmoins la victoire en troisième période, notamment par un double arrêt face à Patrik Hrehorčák en infériorité numérique. Fabian Ritzmann marque en cage vide en fin de match et s’offre un match à 3 points pour sa quatrième sélection alors que son compteur était encore vierge.

Après avoir connu 10 victoires d’affilée depuis la qualification olympique sous les ordres de Craig Ramsay, la Slovaquie a donc connu 2 défaites avec l’entraîneur au pied levé Vladimír Országh.
La Suisse prend pour sa part de la confiance avant de se rendre la semaine prochaine à Marseille. Elle ira en France dans la même composition, renforcée de deux cadres importants, le défenseur Romain Loeffel rétabli d’une légère blessure et l’attaquant Gregory Hofmann devenu papa cette semaine.
Commentaires d’après-match :
Vladimír Országh (entraîneur de la Slovaquie) : « Nous avons beaucoup de nouveaux qui sont encore en train de s’habituer au système. Le premier match était bon. Personnellement, je me suis senti bien, il y a toujours de la nervosité avant un match, mais quand le palet est jeté, elle part et on se concentre seulement sur le match. Dans le second match, nous étions en dessous dès le début. Nous avons perdu les batailles en zone défensive et en zone offensive, nous avons perdu les palets, nous avons fait des erreurs dans notre zone. J’attend plus d’effort et d’engagement de la part des joueurs. »

Match 1
Suisse – Slovaquie 4-3 après prolongation (0-1, 2-1, 1-1, 1-0)
Jeudi 10 avril 2025 à 19h45 au Sportzentrum de Herisau. 2056 spectateurs.
Arbitres : Stefan Hürlimann et Pascal Hungerbühler assistés d’Aurélien Urfer et Baptiste Humair.
Pénalités : Suisse 4’ (0’, 2’, 2’, 0’) ; Slovaquie 0’ (0’, 0’, 0’, 0’).
Tirs : Suisse 38 (15, 13, 9, 1) ; Slovaquie 31 (9, 8, 14, 0).
Évolution du score :
0-1 à 03’17” : Kašlík assisté de Lantoši
1-1 à 24’33” : Marchon assisté de Karrer et Moy
1-2 à 30’17” : Minárik assisté de Čajkovič et Kukuča (sup. num.)
2-2 à 36’21” : Senteler assisté de Karrer
2-3 à 45’52” : Kašlík assisté de Krištof
3-3 à 47’02” : Simion assisté de Senteler
4-3 à 62’18” : Rohrbach assisté de Moy et Chanton
Match 2
Suisse – Slovaquie 5-3 (2-2, 2-1, 1-0)
Vendredi 11 avril 2025 à 19h45 au Sportzentrum de Herisau. 2457 spectateurs.
Arbitres : Stefan Hürlimann et Loïc Ruprecht assistés d’Aurélien Urfer et Baptiste Humair.
Pénalités : Suisse 10’ (0’, 6’, 4’) ; Slovaquie 8’ (2’, 4’, 2’).
Tirs : Suisse 29 (10, 9, 10) ; Slovaquie 22 (9, 7, 6).
Évolution du score :
0-1 à 00’43” : Hlaváč assisté de Lantoši
1-1 à 06’36” : Rohrbach assisté de Biasca et Moy (sup. num.)
2-1 à 14’07” : Biasca assisté de Fazzini
2-2 à 16’30” : Faško-Rudáš assisté d’Ivan et Kašlík
3-2 à 26’13” : Ritzmann assisté de Bader et Ramel
4-2 à 33’10” : Bader assisté de Ritzmann (inf. num.)
4-3 à 35’19” : Kašlík assisté de Faško-Rudáš (sup. num.)
5-3 à 58’36” : Ritzmann assisté de Ramel et Taibel (cage vide)
Composition des équipes
Suisse (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Marco Lehmann – Sven Senteler (A) – Dario Simion (+1) puis au match 2 Axel Simic (-1, 2’)
Marc Marchon (-1) – Tyler Moy (+1) – Dario Rohrbach (+1, 4’)
Attilio Biasca – Thierry Bader (+3) – Luca Fazzini (A, +1)
Fabian Ritzmann (+3) – Jonas Taibel (+1, 2’) – Marco Miranda puis au match 2 Mischa Ramel (+2)
Défenseurs :
Tobias Geisser (-1) – Rodwin Dionicio (-1)
Tim Berni (C, +1, 2’) – Roger Karrer (+1, 2’)
Giancarlo Chanton (+3) – Iñaki Baragano (+2)
Ludvig Johnson (+1) – Dario Wüthrich (+1)
Gardien au match 1 :
Leonardo Genoni
Gardien au match 2 :
Stéphane Charlin
Remplaçant : Ludovic Waeber (G)
Slovaquie
Attaquants :
Matej Kašlík (-1) – Michal Krištof (+1) – Róbert Lantoši (+1)
Libor Nemec (-4) – Jakub Minárik (-1) – Maxim Čajkovič (-3, 2’)
Patrik Hrehorčák (-2) – Miloš Roman (-3) – Martin Faško-Rudáš (2’)
Andrej Krajčovič (-1) – Servác Petrovský [absent au match 2] – Andrej Kukuča (-1)
Défenseurs :
Michal Ivan (C, -1) – Adam Žiak (-2, 2’)
Matúš Hlaváč (+1) – Michal Laurenčík
Rayen Petrovický (-2) – Dávid Romaňák (-1)
Andrej Golian (-1) – Tomáš Královič (+1, 2’)
Gardien au match 1 :
Patrik Rybár
Gardien au match 2 :
Adam Húska [sorti de 57’28” à 58’36”]









































