Le temps des séries est arrivé… dans le cadre de la CHL. Les équipes de DEL ont eu des fortunes diverses avec Berlin, qui a sombré corps et âmes ne remportant qu’une seule victoire en saison régulière. Bremerhaven est passé, sur le fil, avec la seizième et dernière place qualificative. D’ailleurs, pour le premier match des seizièmes de finale, les Fischtown Penguins ont exécuté une belle prestation face au leader Ilves Tampere. Ils ont connu une défaite à domicile serrée (2-3), mais en subissant 48 tirs, protégés par leur gardien Leon Hungerecker.
Ce soir on s’intéresse à Ingolstadt qui a obtenu une belle quatrième place en saison et va affronter les « habitués des séries » de Salzbourg. Habitués, car les Autrichiens participent à leur dixième CHL consécutive et n’ont manqué qu’une seule fois les play-offs. Ce club a le don d’être toujours compétitif en CHL et a même atteint le stade des demi-finales en 2019. Le club est la base du système de formation Red Bull et propose un effectif très large, mais pour ce match surtout sur des cadres expérimentés. L’équipe comporte des joueurs de l’équipe nationale dont les deux gardiens Atte Tolvanen et David Kickert.
Les lignes offensives présentent de sacrés clients comme les internationaux Peter Schneider et Michael Raffl. Ce dernier a même joué neuf saisons NHL avec Philadelphie essentiellement. On retrouve également le Canadien Travis St Denis qui connait très bien l’Allemagne pour y avoir joué quatre saisons, une à Ingolstadt justement et trois à Straubing.
Mark French, entraîneur des Bavarois, est confiant en s’appuyant sur le rendement de son équipe avant la trêve : « Nous voulons saisir cette opportunité et retrouver rapidement, dès notre premier match, la forme et le niveau de jeu affichés ces dernières semaines. Salzbourg, même avec son nouvel entraîneur, conserve la même identité et la même structure que les années précédentes. Par conséquent, et parce que cela ressemble au style de Munich, nous savons à quoi nous attendre. »
Attention, car les Autrichiens ont déjà fait tomber cette saison les deux autres représentants de DEL à domicile, Berlin (4-1) et Bremerhaven (3-2). De plus, les séries sont une toute autre saison et le jeune attaquant autrichien Luca Auer précise que son équipe est prête : « Aujourd’hui, nous avons enfin pu nous entraîner à nouveau ensemble avec les joueurs de l’équipe nationale. Nous avons travaillé sur nos erreurs de la semaine dernière et nous avons encore renforcé nos liens. Nous avons analysé nos adversaires en détail, mais nous voulons nous concentrer sur notre propre jeu. C’est le premier match de séries éliminatoires de l’année et nous l’attendons avec impatience. Je ne connais aucune équipe mieux préparée que nous pour les séries. »
La partie débute à grande vitesse et sur la première échappée, Riley Sheen et Chris Jandric s’échappent en contre. Le tir de Jandric trouve le poteau (1’10). Vitesse, bataille de conquête et défense intense, les deux équipes sont au taquet dès le début. Ingolstadt parvient à se créer un temps fort et tourne en zone offensive. Riley Barber, depuis le cercle d’engagement de la zone, envoie un tir masqué qui fait mouche (1-0).
Les Red Bulls ne manquent pas d’énergie mais sont en difficulté face au jeu défensif des bleus. Il est difficile d’atteindre la zone du gardien. L’ERC Ingolstadt impose sa présence physique avec Sam Ruopp qui presse sur Luca Auer. Il prend de vitesse la défense et place un revers sur le gardien Nico Pertuch (13’30). Kraus et Agostino sont envoyés sur le banc des pénalités et dans cette phase de quatre contre quatre, la pression très haute des Autrichiens gêne une sortie de zone. Salzburg récupère la rondelle et Tyler Lewington tire de la bleue. Le palet percute le gardien et s’envole dans les airs pour retomber dans la cage (1-1). La pénalité se poursuit et les joueurs de Manny Viveiros sont très agressifs. Pourtant les bleus parviennent à prendre de la vitesse. Abbott Girduckis envoie un shoot/passe qui percute le corps de Phillip Krauss, placé à côté du gardien Atte Tolvanen (2-1).
La domination bavaroise continue et la pénalité de Lucas Thaler va peser lourd car à 4 contre 3, Riley Sheen tire à la cage et Myles Powell prend le rebond, au nez de Devante Stephens qui se rate pour dégager le puck (3-1). Ingolstadt a donc profité des pénalités, mais également dominé les débats. Alex Breton trouve une dernière occasion en entrée de zone avec un tir dévié « aérien », dégagé du gant par Connor Corcoran. Pour Stephens, solide, il envoie Abbandonato au sol et à la renverse. L’arbitre pénalise cette action dangereuse.
En deuxième période, on poursuit la pénalité, et Ingolstadt impose un énorme jeu à l’avant. Salzbourg réagit et exerce aussi un échec-avant intense. L’équipe autrichienne se procure également un temps fort. L’équipe de Mark French fait le dos rond et laisse passer l’orage. Par la suite le dispositif défensif allemand remonte et repousse le danger. Les Bavarois s’infiltrent dans la zone adverse avec Alex Breton et Austen Keating, tous deux accrochés. Dans le deuxième cas, l’arbitre siffle un tir de pénalité. Austen Keating s’avance, mais le portier dévie du bouclier (26’24). Le coach Manny Viveiros est direct et pousse ses joueurs à plus d’intensité. Oui, mais Edwin Tropmann subit une charge à la tête contre la bande, que les arbitres ne sanctionnent pas. C’est la bronca dans le kop des supporters de l’ERC. Edwin Tropmann rentre même prématurément au vestiaire.
Salzbourg ne parvient pas avec son impact physique sur l’homme à perturber la machine bien huilée d’Ingolstadt. D’ailleurs, on sent comme une perte de solution pour le Red Bull. On entre dans un moment de flottement avec de nombreux dégagements interdits et actions non abouties des deux côtés. Au minimum, Salzbourg envoie dans le fond pour évacuer la zone. Thomas Raffl est pénalisé après avoir frappé le visage de son adversaire avec sa crosse. La sanction est immédiate avec le top scorer Riley Barber qui entre dans le cercle d’engagement du camp adverse, ajuste et trouve une lucarne incroyable (4-1). En toute fin de période, un dernier contre des bleus échoue avec un arrêt de la mitaine d’Atte Tolvanen. La supériorité allemande a paru indéniable dans ce tiers et la réaction de début de période s’est émoussée au fur et à mesure, laissant place à de l’agressivité.
Troisième tiers. À nouveau, Salzbourg joue du gros jeu en zone offensive, mais concrétise cette fois avec une reprise de Lukas Daniel Hörl suite à un rebond de déviation du gardien Nico Pertuch (4-2). Il faut signaler, tout de même, que Mark French n’a pas hésité à placer devant les filets ce jeune gardien de vingt ans, formé à Landshut, pour ce match international. Sur ce but, Mark French demande une vérification suite à suspicion de hors-jeu. Les arbitres valident le but. Les bleus profitent de la vitesse avec Johannes Krauss qui s’échappe, mais qui est gêné par le retour de Lucas Auer lors de son revers (43’08). Mais c’est un autre Krauss qui s’illustre. C’est Phillip qui exécute la reprise sur un tir d’Austen Keating, à la bleue (5-2).
Lors d’une pénalité de Powell, Dennis Eamon Robertson tire de la bleue et provoque une faute de mitaine de Pertuch qui laisse retomber le puck. Sam Ruopp dégage la rondelle, d’un shoot puissant. C’est le seul danger véritable à enregistrer pour les Autrichiens. Au retour à cinq, Benjamin Nissner s’essaie de loin et cette fois la mitaine du portier est impeccable et impressionnante de vivacité. Mais l’erreur, c’est Daniel Schmölz qui l’a faite, à l’origine, en captant le palet du gant et en le renvoyant plein axe, profitant à l’adversaire.
La situation est favorable donc le coach canadien des Red Bulls scande sa volonté de pousser encore plus. On assiste alors à de nombreuses charges régulières mais quand même dangereuses. On comptabilise également plusieurs hors-jeu. Tout ceci ne fait donc pas avancer le problème de Salzbourg. C’est même Michael Raffl qui est envoyé en prison pour une crosse dans les patins, juste derrière la cage de Pertuch. Faute inutile qui provoque un jeu de puissance des bleus avec une belle reprise de Girduckis. C’est également le beau mouvement de Tolvanen, sur une glissade latérale, qui permet de repousser le tir (52’30). Et les pénalités continuent ! Salzbourg est maintenant en double infériorité. Riley Barber s’offre un coup du chapeau avec un tir précis (6-2). Décidément ce fantastique attaquant n’a pas volé sa réputation après ses deux saisons KHL à plus de 30 points.
Au final, Ingolstadt s’impose sans frémir et a totalement dominé les débats dans tous les compartiments du jeu. Les joueurs de Mark French ont profité des nombreuses pénalités sifflées. Le jeu proposé par Manny Viveiros – qui fut adjoint un an à Ingolstadt puis entraîneur-chef quelques mois avant de se faire virer il y a dix ans – semblait un peu « daté », en tout cas pas adapté pour faire chuter les Bavarois. La route pour les quarts de finale semble bien engagée, ce qui serait une première pour le club dans cette compétition.
ERC Ingolstadt – EC Red Bull Salzbourg 6-2 (3-1, 1-0, 2-1)
Mercredi 12 septembre 2025 à 19h30 à la Saturn Arena. 2751 spectateurs.
Arbitres : Jan Hribik (TCH) et Emīls Druseik (LET) assistés de Joshua Römer et Yannik Koziol (ALL)
Pénalités : Ingolstadt 4’ (2’, 0’, 2’) ; Salzbourg 14’ (6’, 2’, 6’).
Tirs : Ingolstadt 38 (16, 8, 14) ; Salzbourg 20 (5, 4, 11)
Évolution du score :
1-0 à 05’38” : Barber assisté d’Abbandonato et Breton
1-1 à 13’31” : Lewington assisté de Nissner
2-1 à 14’31” : P. Krauß assisté de Girduckis et Spornberger
3-1 à 15’07” : Powell assisté de Sheen et Barber
4-1 à 34’51” : Barber assisté de Schmölz et Jandric (sup. num.)
4-2 à 42’34” : Hörl assisté de T. Raffl
5-2 à 43’28” : P. Krauß assisté de Keating
6-2 à 53’21” : Barber assisté de Breton et Sheen (double sup. num.)
ERC Ingolstadt
Attaquants :
Philipp Krauß (+2) – Austen Keating (+1) – Rilay Sheen (+2)
Kenny Agostino (2’) – Myles Powell (+2, 2’) – Abbott Girduckis (+1)
Daniel Schmölz (-1) – Peter Abbandonato – Riley Barber
Johannes Krauß – Jakin Smallwood – Luca Hauf
Défenseurs :
Morgan Ellis (+1) – Alex Breton (+2)
Peter Spornberger (+1) – Sam Ruopp (-1)
Edwin Tropmann (-1) – Chris Jandric
Gardien :
Nico Pertuch
Remplaçant : Brett Brochu (G). Absents : Devin Williams (G), Leon Hüttl, Phillip Preto, Samir Kharboutli, Daniel Pietta, Nicolas Schindler (surnuméraires).
Red Bull Salzburg
Attaquants :
Troy Bourque (-1) – Benjamin Nissner (+1) – Michael Raffl (+1, 2’)
Mario Huber (-1) – Travis St Denis (-2) – Peter Schneider (-1)
Thomas Raffl (+1, 4’) – Florian Baltram (+1) – Lucas Thaler (-1, 4’)
Nikolaus Kraus (-2, 2’) – Luca Christopher Auer (-1) – Brandon Coe
Défenseurs :
Devante Stephens (2’) – Connor Corcoran (-2)
Nash Nienhuis (-1) – Tyler Lewington (-1)
Dennis Eamon Robertson (-1) – Lukas Daniel Hörl (+1)
Gardien :
Atte Tolvanen
Remplaçants : David Kickert (G), Alexander Rebernig (D), Matthias Böhm (A). Absents : Philipp Wimmer (déchirure musculaire à la cuisse gauche), Ali Wukovits (opéré de la hanche, retour en décembre), Peter Hochkofler (haut du corps), Maximilian Kirchebner, Lukas Schreier, Vadim Schreiner, Maximilian Wurzer (surnuméraires)












































