La Lettonie avait plus de titulaires aux derniers Mondiaux (11) que l’Allemagne (9) et que la Slovaquie (10), elle a néanmoins perdu 1-4 contre chacun de ces deux autres participants olympiques. Pour ce dernier match du tournoi, elle affronte l’Autriche, qui compte 16 titulaires mais qui ne jouera pas les JO.
Il y a la quantité et il y a la qualité. 10 des 17 buts lettons à Stockholm avaient été inscrits par les absents ici, Abols, Ravinskis, Ločmelis et Tralmaks. Pour ce dernier match, elle ajoute un dernier joker, arrivé après les autres à la suite de la blessure de Haralds Egle : il s’agit de Kārlis Ozoliņš, meilleur marqueur du faible championnat letton avec 28 points (14+14) en 16 journées pour Liepāja. Pas vraiment une référence ? Mais ses coéquipiers non plus. Daugaviņš a mis 4 buts dans ce même championnat national, seul Toms Andersons a fait mieux (5) en ligue B suisse avec La Chaux-de-Fonds. Dans une ligue de niveau élite, Renārs Krastenbergs et Mārtiņš Dzierkals ont inscrit 4 et 3 buts en Extralia tchèque. Les autres, où qu’ils jouent, ne dépassent pas deux buts depuis le début de saison…
Il n’est donc pas si étonnant que les Baltes soient en difficulté offensive. Au premier tiers, la position de tir la plus dangereuse et pour Rihards Bukarts, un joueur qui dit avoir refusé des propositions de clubs allemands (il est souvent gourmand en négociation) et qui pâtit d’être toujours sans club. Forcément, cela fait donc longtemps qu’il n’a pas mis de but !
Florian Vorauer tient longtemps le fort autrichien par ses parades, mais peu après la mi-match, Daugaviņš passe à Deniss Slirnovs dont le tir est dévié sur Nauris Sejejs (1-0).
Dans cette deuxième période, trois pénalités autrichiennes ne font qu’illustrer le problème des Lettons : ils déploient bien le jeu en supériorité numérique, mais les tirs manquent de précision. Le meilleur lancer est un slap du défenseur offensif de 17 ans Alberts Šmits, qui se met en valeur par sa technique, sa vitesse de passe et sa compréhension du jeu. Ce très prometteur Šmits, titulaire en Liiga avec les Jukurit, est attendu comme un choix de premier tour à la prochaine draft NHL 2026.
Au début du troisième tiers, Šmits est à la ligne bleue du jeu de puissance quand il inscrit son premier point en équipe nationale pendant que Rohrer est en prison. Renars Krastenbergs est tout seul pour marquer de près (2-0). Sept minutes plus tard, le défenseur autrichien Thimo Nickl, pourtant très bon depuis le début du tournoi, commet l’erreur fatal de relance. Ozoliņš et Bukarts travaillent pour Miks Indrašis, qui marque enfin son premier but de la saison, toutes compétitions confondues (3-0).
En moins d’une minute, l’Autriche relance le match par un lancer dans le trafic de Patrick Söllinger et par un très beau du tir du poignet du capitaine Peter Schneider dans la lucarne (3-2). Elle peut donc sortir son gardien, ce qui résulte en un dernier but de Krastenbergs.
La Lettonie retrouve un peu de confiance. Son capitaine Kaspars Daugaviņš, sorti de sa retraite il y a quelques mois a fait taire les rigolards car il était loin de déparer parmi les autres attaquants. Même s’ils sont moins âgés que lui, le niveau affiché par d’autres indéboulonnables comme Miks Indrasis ou les frères Bukarts est plus inquiétant. Même un Oskars Batņa n’a pas été à son niveau habituel dans ce tournoi ; sa place n’est plus forcément garantie aux JO quand la Lettonie aura à sa disposition tous ses centres évoluant en Amérique du Nord.
Désignés joueurs du match : Renārs Krastenbergs pour la Lettonie et Bernd Wolf pour l’Autriche.
Commentaires d’après-match :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « Ceux qui jouent dans le championnat de Lettonie ont été meilleurs que ceux qui sont sans emploi [NDLR : les frèrs Bukarts]. Aussi bien [Kaspars] Daugaviņš que [Kārlis] Ozoliņš se sont bien montrés, ils n’étaient pas derrière les autres en vitesse. […] Sandis [Ozoliņš] et Lauris [Dārziņš] étaient en charge du powerplay, Petteri [Nummelin] avait aussi son mot à dire. Nous avons donné à Sandis la direction du jeu en supériorité numérique. Il a montré, même si le powerplay n’a pas fonctionné, sur quels principes il faut se fonder. Un bon joueur de powerplay est un joueur qui le pratique tout le temps. Chez nous, presque personne n’y joue. C’est difficile de tout faire en un seul match. Des joueurs de NHL viendront, mais aucun d’entre eux ne joue en powerplay non plus. Bien sûr, nous les mettrons en avantage numérique, mais ils joueront contre les meilleurs du monde. Y arriveront-ils ? Essayons de créer une option plus simple. Comme l’a dit Sandis, il faut commencer par le plus simple. […] Je veux que ceux qui jouent en Amérique du Nord gagnent leur place dans l’alignement olympique grâce à leur jeu, et non à quelqu’un qui fait moins bien en Europe. Je veux les voir nous encourager avec leur jeu pour dire qu’ils sont à ce niveau. »
Roger Bader (entraîneur de l’Autriche) : « Ce n’est pas une excuse, mais en même temps, il est vrai que nous avons eu beaucoup moins de temps de récupération. On ne peut pas éviter ça dans un tel tournoi. Du coup, il manquait le dernier jus, les crosses remontent, ce qui entraîne des pénalités qui nous font mal. Je ne peux rien reprocher à l’équipe dans le combat. L’état d’esprit et l’attitude étaient là. Nous avons juste fait des erreurs avec le puck, joué un peu trop compliqué, ce qui nous a aussi fait perdre des palets. Dans le dernier tiers, nous sommes redevenus plus directs. Un bon moral, un retour, la sortie du gardien à la fin, il faut escompter que ça se passe ainsi. La Deutschland Cup 2025 est positive. Six des neuf périodes de ce tournoi ont été bonnes à très bonnes. Cependant, je vais analyser à nouveau tous les matchs en détail. »
Lettonie – Autriche 4-2 (0-0, 1-0, 3-2)
Dimanche 9 novembre 2025 à 11h00 à Landshut. 1400 spectateurs.
Arbitres : Gergely Gebei (HON) et Oskar Ovstedal (NOR) assistés de Vincent Brüggemann et Patrick Laguzov (ALL).
Pénalités : Lettonie 4’ (4’, 0’, 0’) ; Autriche 8’ (0’, 6’, 2’).
Tirs : Lettonie 35 (7, 17, 11) ; Autriche 21 (4, 6, 11).
Évolution du score :
1-0 à 31’05” : Smirnovs assisté de Sejejs et Daugaviņš
2-0 à 42’09” : Krastenbergs assisté de Šmits et Smirnovs (sup. num.)
3-0 à 49’02” : Indrasis assisté de Ri. Bukarts
3-1 à 51’58” : Söllinger assisté de Kainz
3-2 à 52’41” : Schneider assisté de Wolf et Nickl
4-2 à 59’17” : Krastenbergs assisté de Daugaviņš et Smirnovs (cage vide)
Lettonie
Attaquants :
Renārs Krastenbergs (+2, 2’) – Deniss Smirnovs (+2) – Kaspars Daugaviņš (C, +2, 2’)
Toms Andersons – Oskars Batņa – Oskars Lapinskis
Rihards Bukarts – Karlis Ozoliņš – Miks Indrašis
Filips Buncis (-1) – Raimonds Vītoliņš (-1) – Emīls Veckaktiņš (-1)
Défenseurs :
Oskars Cibuļskis (+1) – Jānis Jaks (A)
Artūrs Andžāns – Ralfs Freibergs (A)
Miks Tumānovs – Nauris Sējējs
Alberts Šmits (+1)
Gardien :
Ivars Punnenovs
Remplaçant : Ēriks Vītols (G). En réserve : Gustavs Grigals (G), Kristaps Zīle (D), Mārtiņš Dzierkals, Roberts Bukarts (A).
Autriche
Attaquants :
Dominic Zwerger (A) – Lukas Haudum (-1, 2’) – Peter Schneider (C, -1)
Paul Huber – Vinzenz Rohrer (4’) – Leon Wallner
Simeon Schwinger – Lucas Thaler (2’) – Mario Huber (-1)
Oskar Maier (-1) – Oliver Achermann – Lukas Kainz
Défenseurs :
Bernd Wolf (A, -1) – Thimo Nickl (-2)
Dominic Hackl (+1) – Tobias Sablattnig
Ramon Schnetzer – Kilian Zündel
Paul Stapelfeldt – Patrick Söllinger
Gardien :
Florian Vorauer [sorti de 58’40” à 58’57” et de 59’02” à 59’17”]
Remplaçant : David Kickert (G). En réserve : Atte Tolvanen (G). Reparti blessé : Paul Sintschnig (épaule).













































