Difficile de faire la fête dans une ville marquée par un accident de la route, ayant coûté la vie à quatre personnes, quelques heures seulement avant le coup d’envoi de cette partie. Néanmoins, le public, venu en nombre depuis l’autre côté de l’Atlantique, entend bien soutenir les siens. C’est donc dans ce contexte singulier que, deux ans après la dernière édition au pays des trois couronnes, les séries globales de la LNH font leur retour à l’Avicii Arena de Stockholm. Au programme cette année, deux rencontres entre les Pittsburgh Penguins de Sidney Crosby et les Nashville Predators de Steven Stamkos. À trois mois des Jeux olympiques de Milan Cortina, Sidney Crosby peut-il remplir une Avicii Arena restée relativement peu sensible aux quatre rencontres différentes de novembre 2023 ?
À l’applaudimètre, Filip Forsberg l’emporte d’une courte tête devant Erik Karlsson et Crosby. En queue de peloton, le voisin Juuse Saros. Voilà de quoi lancer les hostilités.
Le premier lancer revient à Rayan Graves de Pittsburgh mais il est repoussé sans difficulté (01’40). Kévin Hayes fait suite depuis le haut des cercles mais ne trouve que la mitaine de Saros. Graves, encore lui, vient alerter le cerbère finlandais après une contre-attaque rapide et une entrée en zone bien exécutée. C’est repoussé de la jambière (02’40). La ligne d’Evgeni Malkin se procure une occasion après un tir contré à la bleue mais Saros intervient dans un style peu académique (04’10). Les tentatives de Pittsburgh se multiplient alors : Karlsson artille de la bleue mais manque de précision (05’00). Du côté de Nashville, le très attendu Filip Forsberg, revenu bien bas, doit faire parler les mitaines pour permettre aux siens de se sortir du pressing de Pittsburgh. Le premier lancer des Pradators vient de Jonathan Marchessault qui, exilé dans le cercle droit, tente de battre Silovs d’un tir sous la barre. Le palet heurte le masque de ce dernier, l’emportant par la même occasion (06’16). Au retour du premier “power break” de la soirée, une obstruction de Luke Evangelista donne l’occasion aux coéquipiers de Sidney Crosby d’accentuer la pression (06’50). Peu inspiré, le quintette pennsylvanien peine à emménager en zone offensive. Pire encore, en sortie de pénalité, Erik Haula s’envole face à Silovs mais ne trouve que sa jambière gauche (09’00).
Installée dans un faux rythme, cette partie peine à s’emballer. Ben Kindel profite de trois revirements consécutifs devant le filet de Saros pour alerter ce dernier, ne trouvant que son plastron (11’20). À trop se découvrir, les Penguins passent proches de concéder l’ouverture du score. Sur un bon mouvement de O’Reilly, Evangelista manque sa reprise aérienne (12’08). Pas de homerun donc, mais une occasion qui libère les têtes venues du Tennessee. Oublié du marquage, Skjei, venu faire le nombre, manque le cadre. Perbix s’essaie à son tour mais bute une fois de plus sur la jambière de Silovs (13’30). Après une tentative de combinaison de Crosby et Kindel, complètement manquée, le Brady Skjei tente sa chance mais manque le cadre de Silovs (16’12). Evgeni Malkin se charge de lui répondre en venant faire vibrer la jambière droite de Saros. Anthony Mantha et Thomas Novak ont un 2 contre 1 à disputer mais le Mantha tarde trop à faire la passe et ne trouve que le trafic (18’31). De l’autre côté de la glace, Kris Letang est pénalisé pour dureté (18’58). À l’image de la première répétition de la soirée, la première minute de jeu de puissance ne donne rien.
Au retour des vestiaires, Jonathan Marchessault tente d’allumer la mèche après avoir vu la supériorité numérique des siens échouer. Sa tentative du revers est freinée. Le palet reste dans la zone et Nic Hague tente sa chance à son tour mais ne trouve rien d’autre que le logo des Pens. Skjei encore lui y va de son lancer du poignet, mais autorise Silovs à l’intercepter de la mitaine (22’47). Un “Would you be my girl” se fait entendre dans les travées mais pas sûr que “the girl” soit séduite par le hockey proposé par les Penguins après 24 minutes de jeu. Peu d’occasions franches, des revirements à la pelle et seulement 2 petits tirs cadrés dans ce tiers. Sidney Crosby réveille le public en se présentant face à Saros mais son tir ne trouve que le plexiglas décidément bien maltraité ce soir. Un jeu de Thomas Novak derrière la cage force Justin Barron à la faute, octroyant aux siens une deuxième supériorité numérique. Après avoir perdu la mise au jeu, Karlsson combine avec Kindel et Crosby. Le palet lui revient, il feinte un lancer du poignet mais décale Graves dont le tir sur réception manque la cible. Dans la foulée, Kindel semble recevoir une crosse haute de O’Reilly mais il n’en est rien et Silovs doit s’interposer face à la tentative en infériorité numérique (26’38). Barron, sorti de prison, s’échappe et se présente face à Silovs. Il feinte d’aller à gauche puis revient à droite mais le cerbère letton a bien suivi et s’interpose avant que sa défense ne vienne faire le ménage (27’35).
Après une nouvelle interruption commerciale, Matthew Wood de Nashville lance depuis la bleue, son tir haut mais flottant profite du trafic et rebondit par chance sur le patin de Silovs qui sauve la mise (28’00). En réponse, Crosby trouve Ville Koivunen qui par deux fois alerte Saros (28’54). Timide mais efficace défensivement, Forsberg se montre enfin de l’autre côté du glaçon. Son lancer, puissant, heurte le haut de l’équipement du gardien mais on en reste là (29’41). À la mi-match, les dégagements refusés s’enchaînent et le jeu se concentre dans le cercle d’engagement gauche de la zone des Predators. De retour à l’offensive, Nashville se montre dangereux. Laissé trop seul par son défenseur, Forsberg trouve O’Reilly de l’autre côté de l’enclave mais Silvos tend la jambe à temps et repousse l’échéance. Quitte à n’avoir aucun sens, autant que ce match se débloque sur un… but contre son camp. Contre la bande derrière le but adverse, Malkin tente de trouver son coéquipier dans l’enclave. À la place, il trouve la crosse de McCarron, revenu défendre, qui dévie le palet dans son propre but bien malgré lui (1-0 à 33’49). Les minutes défilent et malgré une dernière tentative de Forsberg (39’21) les Penguins regagnent les vestiaires avec un petit but d’avance.
Au retour des vestiaires, une longue période de flottement plonge la patinoire dans un sommeil léger. Réveillée en sursaut par les cris des supporters de Nashville, venus en nombre, qui pensaient avoir vu Luke Evangelista conclure son échappée solitaire d’un joli but entre les jambières de Silovs. Que nenni puisque le poteau, la barre puis l’autre poteau sauvent les Penguins (44’02). En réponse, Graves de Pittsburgh trouve Koivunen sur un lancer lointain, dévié sur le haut de la jambière de Saros (45’00). Les Predators se font prendre à leur propre jeu : après avoir profité des velléités des Pens, ce sont eux qui offrent des chances aux impairs. Karlsson, peu inspiré sur ce 3 contre 2, ne peut trouver la mire. Crosby parvient à maintenir le palet en vie dans la zone offensive et force Saros à une paire d’arrêts consécutifs. Ozzy Wiesblatt bute sur le bas du gant d’un Silovs bien heureux ce soir. Les Predators continuent de mener au registre des lancers (12-22 après 48’35) mais le score est toujours d’un but à rien en faveur de Pittsburgh. Adam Wilsby ajoute un tir qui, même si peu dangereux, permet aux Preds de s’installer en zone offensive pour la première fois du tiers (48’48).
Les dix dernières minutes annoncées, les deux équipes se rendent le palet à tour de bras sans jamais se mettre en situation de but. Le jeu se cantonne en zone neutre. Ryan O’Reilly encore lui, cherche à nettoyer la lucarne de Silovs mais c’est stoppé de l’épaule. La tension monte peu à peu sur la cage d’un pingouin serein sur sa banquise (52’10). Capitaine exemplaire, Sidney Crosby répond en forçant Saros à s’employer d’un tir du revers (53’11). Karlsson de loin (53’48) puis Rust sur le rebond (53’50) réduisent l’écart au registre des lancers mais le score n’évolue pas. De l’autre côté, Nic Hague tente sa chance de loin, c’est dévié devant Silovs par le trafic. McCarron s’y essaie, c’est de nouveau bloqué par le trafic et Pittsburgh se donne de l’air en concédant un dégagement refusé. “Take me home, country road” résonne dans l’Avicii Arena, comme si la chanson allait encourager le palet à faire trembler le filet. C’est sans compter sur la maladresse des deux équipes (55’39). À quatre minutes du terme de la partie, le dernier – espérons-le – powerbreak à lieu. À l’occasion de “livin’ on a prayer”, les supporters des deux équipes doivent espérer un peu plus d’emballement. Alors que le chronomètre défile, les regards se tournent vers le but de Juuse Saros (57’00). Alors qu’il s’apprêtait à déserter son filet, il voit Rust fondre sur lui. L’attaquant des Penguins tente de prendre le meilleur sur le cerbère mais il échoue et le jeu repart de l’autre côté. Saros déserte son filet mais Silovs gèle le palet et Andrew Brunette appelle un temps mort (58’45). Sur l’engagement qui suit, Forsberg, qui d’autre que lui, vient remettre les équipes dos-à-dos. Une première tentative bloquée par le défenseur revient sur la crosse du natif de Leksand qui d’un revers vient battre Silovs côté fermé (1-1 à 58’50). La dernière minute s’emballe – enfin – et malgré un arrêt poussif de ce dernier sur un tir anodin, on en restera là. Se disputera donc une prolongation de 5 minutes à 3 contre 3.
Karlsson, Rust et Crosby pour Pittsburgh, O’Reilly, Forsberg et Skjei pour Nashville. Voilà les six joueurs qui prennent la glace pour débuter. La possession revient aux joueurs du Tennessee, qui passent proches de l’emporter sur une combinaison O’Reilly-Forsberg, puis butent une deuxième fois sur un lancer de Forsberg, seul face à Silovs. Le palet reste vivant et l’action s’envole de l’autre côté de la glace. Le décalage est fait et Pittsburgh concède un énorme raté de Crosby. La rotation est manquée par les Penguins. De l’autre côté, les Predators ont anticipé et continuent l’action ; Brady Skjei lève la tête pour trouver Steven Stamkos absolument tout seul. L’ex joueur du Lightning adresse un tir pleine lucarne et permet aux siens de l’emporter au terme d’une partie qu’ils auront dominée tout en devant s’employer à grand tours de bras pour faire venir trembler le filet adverse.
Nashville s’octroie le premier acte de ce duel en deux temps et entend bien avoir trouvé, en Suède, l’étincelle qui lancera le moteur de leur saison.
Réactions d’après match :
Brady Skjei (défenseur de Nashville) : « Jouer à l’étranger, dans cette patinoire, c’est toujours spécial. Pour Fil’ (Filip Forsberg) ça a dû l’être encore plus. Nous avons bien joué même si nous avons manqué de réussite. Le travail effectué a fini par payer, notamment parce qu’on a réussi à faire de gros jeux en fin de partie […]. En prolongations, je ne sais pas comment le palet arrive devant notre filet, en récupérant la possession, je vois Stammer (Steven Stamkos) tout seul le long de la bande à droite, j’ai juste envoyé le palet et il a fait le reste. Évidemment, j’espère que cette victoire viendra lancer notre saison. »
Steven Stamkos (attaquant de Nashville) : « Cela fait un moment que nous jouons bien mais que nous manquons de réussite. Ce soir, une fois encore on a manqué de réussite pendant 58 minutes mais les choses ont tourné en notre faveur. On a le temps de passer du temps tous ensemble, de renforcer notre cohésion. C’est une ville super agréable et une patinoire qui l’est tout autant. Les gars qui viennent pour la première fois adorent et ceux qui y reviennent sont toujours contents de revenir ici. Évidemment, pour Filip c’est encore plus important mais, rien que d’être là pendant l’hymne de la Suède, c’était spécial pour moi. »
Filip Forsberg (attaquant de Nashville) : « Que dire, jouer à la maison c’est toujours spécial. Je sais que ma tenue traditionnelle de Leksand a fait réagir. Pour tout vous dire, mon ami y est Maire alors il me l’a obtenue de la maison de la culture, c’était important pour moi de la porter. Non que dire de cette soirée, elle aurait été trop parfaite si j’avais eu l’occasion de mettre le but en prolongations. Évidemment j’espère pouvoir faire pareil dimanche et pourquoi pas pouvoir porter le maillot des Tre Kronor pendant les Jeux mais on en est encore loin. Ce soir, j’ai été au bon endroit au bon moment et j’en suis bien heureux. Maintenant, il faut que cela continue mais comme vous l’avez vu, la réaction de l’équipe, les attitudes, le jeu proposé ce soir, c’est ce qu’on veut mettre en place toute la saison et on espère que Stockholm sera le berceau d’une belle saison. »
Pittsburgh – Nashville 1-2 après prolongation (0-0, 1-0, 0-1, 0-1)
Vendredi 14 novembre 2025 à 20h à l’Avicii Arena de Stockholm – 12 766 spectateurs
Arbitres : Frederick L’Ecuyer et Trevor Hanson assistés de Ryan Gibbons et Tyson Baker
Pénalités : Pittsburgh 2’ (2’, 0’, 0’, 0’) Nashville 4’ (2’, 2’, 0’, 0’)
Tirs : Pittsburgh 17 (8, 2, 7, 0) Nashville 30 (8, 12, 8, 2)
Évolution du score :
1-0 à 13’49 : Malkin assisté de Dumba
1-1 à 58’50 : Forsberg
1-2 à 60’44 : Stamkos assisté de Skjei
Pittsburgh
Attaquants :
Ben Kindel – Sidney Crosby (C) – Bryan Rust
Thomas Novak – Evgeni Malkin (A) – Anthony Mantha
Ville Koivunen – Kevin Hayes – Joona Koppanen
Connor Dewar – Blake Lizotte – Philip Tomasino
Défenseurs :
Parker Wotherspoon – Erik Karlsson
Ryan Shea – Kris Letang (A)
Ryan Graves – Mathew Dumba
Gardien :
Arturs Silovs (28 arrêts)
Remplaçant : Sergei Murashov (G). Absents : Noel Acciari, Joel Blomqvist, Justin Brazeau, Filip Hallander, Tristan Jarry, Caleb Jones, Rutger McGroarty, Rikard Rakell.
Nashville
Attaquants :
Luke Evangelista – Ryan O’Reilly (A) – Filip Forsberg (A)
Jonathan Marchessault – Erik Haula – Steven Stamkos (A)
Matthew Wood – Fyodor Svechkov – Michael Bunting
Ozzy Wiesblatt
Défenseurs :
Nick Perbix – Brady Skjei
Nick Blankenburg – Nic Hague
Justin Barron – Adam Wilsby
Michael McCarron – Spencer Statsney
Gardien :
Juuse Saros (16 arrêts)
Remplaçant : Justus Annunen (G). Absents : Roman Josi, Zachary L’Heureux, Cole Smith.












































