Sonnés par un lourd revers à Anglet avant la trêve internationale, les Gothiques n’en sont toujours pas remis. Etrillés à Rouen, défaits par Chamonix en lâchant trois buts d’avance avant une défaite sans relief et réellement inquiétante à Angers, les Amiénois cherchent des réponses à tous les niveaux, et surtout dans l’attitude après les déclarations de Kevin Bergin avant la réception de Bordeaux. Au-delà d’une victoire, qui ferait un bien fou de manière assez évidente, le Québécois attend surtout un rebond dans tous les secteurs de jeu.
En face, les Boxers ont très nettement remonté la pente. Après un départ catastrophique, les protégés d’Olivier Dimet sont montés en puissance et semblent redevenir la quatrième force de la Ligue Magnus, portés par une série impressionnante de six succès de rang, le plus récent à domicile dans le derby contre Anglet, vendredi dernier (5-2). Objectif sept sur sept lors d’un déplacement en Picardie qui pourrait enfoncer encore un peu plus les hôtes des Bordelais dans la tourmente.
Crucifiés en contre
Décidés à se montrer revanchards, les Gothiques se montraient à leur avantage dans le jeu mais surtout dans l’échec-avant. Grâce à un effort collectif intéressant, Magovac héritait d’un bon palet, lançait au ras de la glace pour une déviation de Richards juste devant le but forçant Gilbert à un arrêt difficile (1’30). Ce pressing mettait les Boxers régulièrement en danger et à la faute, en témoigne une relance complètement manquée qui atterrissait sur Matima devant le but. Ce dernier réalisait une passe à l’aveugle instantanée pour Djemel qui perdait le duel face à son ancien coéquipier (5’).

Bien lancés dans les intentions, un peu plus en difficulté techniquement les Gothiques paraissaient sur la bonne voie mais se faisaient couper les ailes à froid. Trouvé sur la gauche en contre, Guillaume trouvait Pageau au deuxième poteau pour l’ouverture du score face à un Kozun impuissant (0-1, 09’59). Si Richards et Magovac espéraient une égalisation dans la foulée mais étaient frustrés par Gilbert de près (11’), le coup était rude et cassait l’élan de Gothiques désormais apathiques face à des Boxers en total contrôle.

L’échec-avant local disparu, les Boxers avaient tout loisir d’installer leur jeu. S’ils n’étaient pas non plus des plus dangereux, ils pouvaient profiter d’erreurs incompréhensibles des Picards, à l’image d’une chute de Cepon dans sa zone qui donnait une superbe situation à Giroux dont le lancer manquait le cadre (16’30). Tranquillement en zone offensive, Dusseau parvenait ensuite à trouver la faille sur un bon tir de la bleue qui trouvait la lucarne. Malgré une pénalité attribuée à Pelletier pour une obstruction sur Kozun et une table de marque qui n’affichait ni n’annonçait le but, la réalisation était bien validée pour le capitaine bordelais (0-2, 17’20).
Djemel redonne de l’espoir
Malgré ce nouveau coup dur, les Gothiques pouvaient donc profiter d’une supériorité numérique. Une aubaine pour enfin se relancer dans cette morosité amiénoise… qui restait sans succès et presque même sans occasion. Certes quelques lancers arrivaient à la cage, notamment par l’intermédiaire de Magovac et Lemay, mais Gilbert ne tremblait pas vraiment. Fort heureusement pour les Picards, Kozun était également impérial au buzzer face à Tomasino de près pour maintenir un écart minime (19’50).

Après l’annonce et l’affichage, enfin, du but de Dusseau, la deuxième période pouvait démarrer. Et si l’on s’attendait à des Gothiques encore dans le dur, la glace montrait tout autre chose. Sur la première situation, Lemay, depuis la gauche, trouvait Richards au deuxième poteau dont la reprise faisait mouche (1-2, 21’17). De quoi réchauffer le Coliseum mais aussi les esprits après une mauvaise charge de Guillaume que Mony voulait venger, sans réponse. La tension montait alors petit à petit dans la rencontre. Pour autant, les Bordelais restaient sérieux et létaux à l’image d’un contre de Puffer qui centrait au premier poteau pour Pompéi dont la reprise trompait Kozun (1-3, 25’36).

Encore décisif à deux reprises quelques instants plus tard, Kozun était, malgré lui, à l’origine du nouveau rapproché au score des siens. Car, dans la foulée, sur un échec-avant réussi, Matima récupérait derrière le but, centrait pour Djemel qui battait Gilbert de près (2-3, 28’45). Un nouvel élan était donné pour les Picards qui reprenaient petit à petit le contrôle du jeu, du palet et s’imposaient de plus en plus en zone offensive avec, en point d’orgue une présence de qualité du trio Maïa – Svanenbergs – Izacky seulement stoppée par des arrêts de classe de Gilbert (37’). Toujours à portée de fusil mais pas encore à égalité au score, les Gothiques affichaient néanmoins un visage bien plus entreprenant et conquérant qu’à Angers, mercredi soir.
Les Gothiques punis par un ancien
Toujours dans le coup malgré un manque de confiance évident et quelques petits trous d’air, Amiens devait cependant faire encore mieux pour espérer renverser l’équipe en forme du moment. Cette tâche prenait rapidement l’ampleur d’une montagne quand, après un engagement gagné en zone offensive par Morin, Giroux héritait du palet, feintait Kozun et parvenait à glisser la rondelle entre ce dernier et son poteau pour faire mal à son ancienne équipe (2-4, 43’16). De quoi remettre quelque peu dans le trou des Gothiques qui bénéficiaient rapidement d’une supériorité dans la foulée sans jamais apporter le danger sur le but de Gilbert. Paradoxalement, c’est à égalité numérique que les occasions arrivaient.

Sur un contre, Richards redonnait à Lemay qui se présentait face à Gilbert mais perdait son duel (46’30) avant qu’une superbe passe d’Izacky pour un Svanenbergs totalement esseulé ne fasse la différence mais le Letton temporisait trop et ratait la cible (47’). La frustration et la tension montaient encore un peu plus côté picard, à l’image d’un Kieran Craig allant asticoter régulièrement dans le jeu et après les coups de sifflet. De quoi donner une scène surréaliste entre les deux bancs où insultes et incitations à tomber les gants volaient entre Craig et Bergin d’un côté, Leborgne, Farnier et Peronnard de l’autre.

Un moment étrange qui redonnait de l’énergie aux locaux. Izacky parvenait à trouvait Svanenbergs devant la cage, ce dernier reprenait, les arbitres validaient dans un premier temps avant de consulter la vidéo et de refuser la réalisation, la cage ayant été déplacée par Gilbert (55’). L’espoir tombait définitivement sur une pénalité envers Gibert en zone offensive, offrant la première – et seule – supériorité numérique du soir aux Boxers. En neuf secondes, Morin prenait la mise au jeu, Lamarche décalait Giroux qui envoyait un lancer balayé dévastateur tuant définitivement le peu de suspense restant (2-5, 56’55).

Malgré des intentions meilleures que sur les dernières sorties et un jeu offensif qui méritait certainement mieux, les Gothiques ont cruellement manqué de réalisme dans toutes les zones de jeu, symbole d’une manquant cruellement de confiance en elle-même. Battus pour la cinquième fois de rang, les protégés de Kevin Bergin restent en dehors du top 8 et le déplacement prochain à Grenoble n’incite pas à l’optimisme pour briser la série. Pour les Bordelais, en revanche, ce déplacement en Picardie confirme l’excellente dynamique. Sans être brillants, les Boxers repartent de nouveau avec les trois points, confirmant plus que jamais leur renouveau avant la réception de Chamonix, dimanche.
Élus meilleurs joueurs du match : Antonin Plagnat (Amiens) et Tommy Giroux (Bordeaux)

Amiens – Bordeaux 2-5 (0-2, 2-1, 0-2)
Vendredi 21 novembre 2025 à 20h15 au Coliséum. 3162 spectateurs.
Arbitres : Cyril Debuche et Alexandre Bourreau assistés de Johan Fauvel et Laeven Thiebault
Pénalités : Amiens 11’ (0’, 7′, 4’) ; Bordeaux 15′ (2′, 7’, 6’).
Tirs : Amiens 24 (6, 9, 9) ; Bordeaux 24 (8, 9, 7).
Évolution du score :
0-1 à 09’59’’ : Pageau assisté de Guillaume et Pelletier
0-2 à 17’20’’ : Dusseau assisté de Pompéi et Puffer
1-2 à 21’17’’ : Richards assisté de Lemay et Craig
1-3 à 25’36’’ : Pompéi assisté de Puffer et Pelletier
2-3 à 28’45’’ : Djemel assisté de Matima
2-4 à 43’16’’ : Giroux assisté de Morin
2-5 à 56’55’’ : Giroux assisté de Lamarche et Morin (sup. num.)
Amiens
Attaquants :
Kieran Craig (-2) – William Lemay (-2, 2’) – Sean Richards (-2)
Bastien Maïa (A) – Janis Svanenbergs – Jakub Izacky
Gauthier Gibert (2’) – Ilies Djemel – Rudy Matima
Guillaume Roussel – Virgile Gauffriau – Matéo Bussat
Défenseurs :
Aleksandar Magovac (C, -1) – Kristjan Cepon
Justin Bergeron (A, -2) – Félix Larose (-1)
Mathieu Mony (7’) – Antonin Plagnat
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçant : Clément Fouquerel (G). Absents : Anatole de Mali, Thomas Boisson, Gaspard Vanwormhoudt (choix)
Bordeaux
Attaquants :
Tommy Giroux (A) – Pierre-Oliver Morin – Quentin Tomasino
Craig Puffer (+1) – Matthieu Pompéi (A, +1) – William Pelletier (+2, 7’)
Loïc Farnier – Kaylian Leborgne – Baptiste Bruche
Julien Guillaume (2’, +1), Tom Guidoux (+1)
Défenseurs :
Kevin Dusseau (C) – Maxim Lamarche
Ulysse Tournier (+1) – Jérémy Beaudry (2’)
Alexis Dogémont (+2) – Nicholas Pageau (2’, +1)
Gardien :
Antoine Gilbert
Remplaçant : Alex Dubeau (G). Absents : Enzo Carry (main), Quentin Papillon (déchirure du ligament tibio-fibulaire antérieur), Jakub Kindl, Loïk Poudrier, Aina Rambelo










































