En raison de leur quatre sélectionnés en équipe de France des moins de 20 ans (Le Lem, Jribi-Chauvière et les frères Hostein) qui s’ajoutaient aux blessés Lee et Müller, les Jokers ont obtenu le report de leur dernier match avant la trêve – le duel-clé du bas de tableau contre Gap – et n’ont donc plus joué depuis deux semaines pleines. C’est l’occasion de briser la spirale négative pour le dernier du classement malgré des derniers résultats plutôt encourageants (5 points sur les 4 dernières journées). La reprise à l’Aren’Ice s’annonce néanmoins comme un choc des extrêmes puisque Cergy reçoit des Boxers de Bordeaux qui restent sur une série impressionnante de 10 victoires de rang en championnat, même s’ils ont fini par perdre en coupe mardi à Grenoble.
Cergy est privé de ses deux meilleurs marqueurs Philéas Perrenoud et Sayan Limtong, malades, eux qui ne manquent presque jamais un match (une seule absence pour Limtong depuis un an et demi, zéro pour Perrenoud qui vient de connaître ses grands débuts en équipe de France senior). L’autre néo-international, le défenseur Nikita Shalei, est finalement absent lui aussi et les Jokers n’ont donc même pas rempli leur banc. Dans le camp bordeleais, une très mauvaise nouvelle a été révélée hier : la blessure au bras d’Enzo Carry connaît des complications et sa convalescence, qui devait se terminer, prendra encore des mois…
Bordeaux démarre fort avec la ligne de Leborgne et passe toute la première minute en zone offensive. Cergy est dominé mais place quelques contre-attaques. À la septième minute, une longue relance dans l’axe du Jakub Müller prend totalement à revers tous les Bordelais et isole totalement Colin Delatour derrière les lignes bordelaises. Celui qui va le plus vite derrière lui, c’est… son coéquipier Oscar Gustasson qui déborde à son tour les défenseurs et reçoit la passe devant une cage vide (1-0). Ce premier but donne le signal du lancer de peluches tant attendu par les spectateurs et les associations caritatives.
L’opération portes ouvertes fonctionne dans les deux sens puisque Bruche et Farnier se présentent eux aussi à 2 contre 0 dans l’autre sens… pour une parade spectaculaire de Sébastian Ylonen. L’ancien gardien de l’équipe de France fait donc la différence dans ce début de match. Baptiste Bruche laisse traîner sa crosse en zone neutre et prend la première pénalité (faire trébucher) mais, logiquement, la pire équipe en supériorité de la ligue n’arrive pas à s’installer avant les trente dernières secondes face à la meilleure équipe en infériorité.
À 5 contre 5, en revanche, l’efficacité de Cergy est totale. Arthur Hostein a laissé le palet en fond de zone offensive avant un changement de lignes et son frère Paulin l’y a maintenu en empêchant Craig Puffer de ressortir de la zone. Matthew Philip s’avance alors et sert Ben Sokay à droite avec la cage ouverte (2-0). La soirée marque aussi le début en France du joker des Jokers (sic) Bobby MacIntyre, attaquant qui mettait près d’un point par match en Norvège en deux saisons à Frisk Asker et qui a atteint la finale de la dernière Ligue asiatique avec les Red Eagles de Hokkaido. Ce Canadien de 29 ans réceptionne à la ligne bleue une longue passe de Filip Bratt et se joint à la fête en remportant son face-à-face avec Quentin Papillon (3-0).
Au deuxième tiers, c’est Cergy qui attaque le premier… mais après quarante secondes, le défenseur offensif bordelais Jérémy Beaudry remonte la glace, dribble son vis-à-vis et marque en lucarne (3-1). Une action individuelle qui relance aussitôt la partie, d’autant que Louis Petit commet la première faute locale dans la foulée. Mais la pénalité est tuée avec un gros arrêt d’Ylonen devant Giroux.
Julien Guillaume fait trébucher Paulin Hostein et prend une pénalité en zone offensive. Le jeu de puissance de Cergy ne produit toujours rien… jusqu’à ce que les arbitres sifflent un arrêt de jeu quand le palet est bloqué dans un duel dans la bande. Sur l’engagement, Patrick Coulombe va chercher la rondelle dans un coin, se retourne et passe à Mathew Philip tout seul à l’opposé pour un lancer gagnant (4-1). Une minute tard, Vincent Melin dégage loin, MacIntyre cherche le palet en fond de zone et le remet en slot où Kevin Dusseau n’a pas empêché Ben Sokay de se présenter crosse en avant pour la redirection (5-1).
Bordeaux est mené sur le même score qu’à Grenoble mardi, qui l’eût cru ? Les Boxers effacent un peu l’affront de ce résultat sur un jeu installé. Le lancer de Jakub Kindl dans la botte droite d’Ylonen offre un rebond en cage vide à l’opposé pour Quentin Tomasino (5-2). Quelques minutes plus tard, Tomasino se retrouve dans la même position dans le cercle gauche après exactement le même rebond dans la jambière du gardien (!) mais son lancer en cage ouverte est cette fois contré au départ par le défenseur.
Les Boxers insistent et sont récompensés en avantage numérique après une obstruction de Tomas Pardo. Le one-timer de Tommy Giroux dans le cercle gauche sur passe du coin de Beaudry est repoussé par la botte gauche d’Ylonen mais Pierre-Olivier Morin conclut dans les filets déserts depuis le côté opposé (5-3). Coulombe est pénalisé pour faire trébucher mais Ylonen est à la parade devant Tomasino pendant l’infériorité. Au moment où la pression semble devenir insoutenable pour les Jokers, Puffer fait obstruction de Müller dans la zone locale et met fin à l’avantage numérique de Bordeaux.
Cergy garde donc deux buts d’avance avant la dernière période, qui débutera même avec une minute à 5 contre 4. La minute ne donne rien, mais au retour à 5 contre 5, la première contre-attaque locale est gagnante : Louis Petit déborde sur la droite et centre pour Oscar Gustafsson qui arrive seul Papillon le met dans le vent (6-3). On sent que le match a vraiment basculé. Ce n’est pas que Bordeaux n’essaie plus, mais les projections des Jokers vers l’avant sont vraiment plus tranchantes face à des visiteurs en retard et dépassés défensivement.
Le suspense serait plié sans cette jambe qui traîne de Bobby McIntyre heurtant un genou bordelais, une vilaine faute en zone offensive à huit minutes de la fin. Coulombe se jette devant un lancer, Ylonen bloque la reprise de Tomasino dans le cercle gauche et la pénalité est tuée. Rentré de ses études en Suède le mois dernier, l’attaquant formé au club Tomas Pardo hérite d’un palet en or face au but à quatre minutes de la fin mais tire dans le gardien et ne marque donc pas son premier but de la saison.
Olivier Dimet sort son gardien assez tôt mais Kevin Dusseau perd le palet à la ligne bleue et fait trébucher Matthew Philip qui part vers la cage vide : les arbitres accordent donc un but automatique (7-3).
Grâce à cette victoire inattendue au moins par son ampleur, surtout avec un effectif diminué, les Jokers de Cergy-Pontoise abandonnent enfin la dernière place de la Ligue Magnus (à Gap). La jeune équipe montre qu’elle vaut mieux que son classement même si la zone playoffs est encore éloignée de 9 points.
Si la trêve a été bénéfique à Cergy, elle a visiblement brisé l’élan victorieux de 11 victoires, avec 2 défaites de la reprise. La défense a été collectivement défaillante. Et même s’il avait repris avec un blanchissage il y a deux semaines à Marseille après sa blessure, le gardien Quentin Papillon, déjà moyen avec les Bleus vendredi dernier, n’a peut-être pas encore totalement retrouvé le rythme de la compétition, qu’il devra désormais prendre en partageant la cage avec son remplaçant et désormais concurrent canadien Alex Dubeau (puisque le deuxième gardien habituel Antoine Gilbert est parti dans la semaine en direction de Gap).
Désignés joueurs du match : Bobby McIntyre pour Cergy-Pontoise et Jérémy Beaudry pour Bordeaux.
Cergy-Pontoise – Bordeaux 7-3 (3-0, 2-3, 2-0)
Vendredi 19 décembre 2025 à 20h30 à l’Aren’Ice. 2711 spectateurs.
Arbitres : Cyril Debuche et Alexandre Bourreau assistés de Thomas Simon et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Cergy 8’ (0’, 6’, 2’) ; Bordeaux 10’ (4’, 4’, 2’).
Tirs : Cergy 17 (4, 6, 7) ; Bordeaux 25 (6, 11, 8).
Évolution du score :
1-0 à 06’56” : Gustafsson assisté de Delatour et Müller
2-0 à 15’33” : Sokay assisté de Philip et Müller
3-0 à 16’02” : MacIntyre assisté de Bratt et Coulombe
3-1 à 20’47” : Beaudry
4-1 à 25’17” : Delatour assisté de Gustafsson (sup. num.)
5-1 à 26’22” : Sokay assisté de MacIntyre
5-2 à 29’27” : Tomasino assisté de Kindl et Morin
5-3 à 35’49” : Morin assisté de Giroux et Beaudry (sup. num.)
6-3 à 41’50” : Gustafsson assisté de Petit et Stella
7-3 à 58’00” : Philip (but automatique)
Cergy-Pontoise
Attaquants :
Colin Delatour – Jake Stella (A) – Oscar Gustafsson
Bobby McIntyre – Matthew Philip – Benjamin Sokay
Arthur Hostein – Louis Petit – Paul Le Lem
Lucas Girre, Tomas Pardo
Défenseurs :
Patrick Coulombe (C) – Filip Bratt
Paulin Hostein – Jakub Müller
Vincent Melin (A) – Ewen Jribi-Chauvière
Gardien :
Sebastian Ylonen
Remplaçant : Olivier Richard (G). Absents : Nikita Shalei (D), Philéas Perrenoud (malade), Sayan Limtong (malade), Jarrett Lee (blessé), Antoine Addamo (?).
Bordeaux
Attaquants :
Loïc Farnier – Kaylian Leborgne – Baptiste Bruche
Tommy Giroux – Pierre-Olivier Morin – Quentin Tomasino
Craig Puffer – Loïk Poudrier (C) – Matthieu Pompéi
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Tom Guidoux
Défenseurs :
Kevin Dusseau (A) – Maxim Lamarche
Jakub Kindl – Jérémy Beaudry
Ulysse Tournier – Nicholas Pageau
Gardien :
Quentin Papillon [sorti de 57’22” à 58’00”]
Remplaçant : Ewan Barrier (G). Absents : Alex Dubeau (G), Alexis Dogémont (D), Enzo Carry (bras), William Pelletier (?).














































