L’équipe de France a préparé les JO en alignant son équipe-type à Épinal où elle a remporté la Coupe des Nations. À l’exception des gardiens, les cadres sont au repos pour ce second stage de décembre, même si les joueurs « en balance » pour la sélection olympique peuvent y gagner leur place. Le tournoi s’inscrirait plus dans la préparation olympique… 2030. C’est un peu future la « génération Nice » qui est testée face à des adversaires inférieurs dans la hiérarchie internationale. Les Polonais, qui préparent leur Mondial de Division IA à domicile en mai prochain à Sosnowiec (où la France jouera sa remontée dans l’élite mondiale), sont un peu rajeunis par rapport à leurs standards mais restent expérimentés autour de leur capitaine de 36 ans Kamil Górny.
L’équipe de France est très jeune en comparaison et aligne même 8 débutants d’un seul coup : 4 en défense avec Antoine Fertin, Mathis Despatie, Nikita Shalei et Mathieu Mony (qui remplace Yohan Coulaud forfait), 4 en attaque avec Jordan Hervé, Emil Tavernier, Tommy Perret ainsi que Valentin Grossetête. Ce dernier vient d’être convoqué par le DTN en même temps que le plus expérimenté Pierre Crinon pour lui rappeler l’exemplarité attendue d’un joueur de l’équipe de France après les évènements houleux du récent Grenoble-Angers, mais cet avertissement n’a pas remis en cause ses débuts internationaux.
Le round d’observation dure cinq minutes sans évènement. Alors, Jordan Hervé gagne un engagement en zone offensive, mais l’ailier Sebastian Brynkus devance son vis-à-vis Téo Sarliève. Les Polonais relancent vite et sont à deux doigts de perdre leur palet, mais c’est encore Brynkus qui contrôle du patin et lance en profondeur Szymon Kielbicki dans le dos du défensivement passif Tomas Simonsen. Le palet envoyé du revers en sur Papillon semble absolument sans danger, mais le gardien bordelais, revenu de blessure la semaine dernière, ne le gèle pas. Jakub Wanacki, qui a patiné plus vite que Sarliève, le pousse alors entre ses jambes (1-0).
La France subit alors le jeu. Alan Lyszczarczyk gagne le palet dans le coin face aux deux défenseurs Antoine Fertin et Enzo Cantagallo et la passe en retrait de Patryk Wronka aboutit à un lancer de Karol Bilas… sur l’extérieur du poteau. Une bonne grosse présence installée en zone offensive du premier bloc semble réveiller les Bleus, mais les autres lignes ne suivent pas. Dominik Pas récupère un palet dans sa zone en étant plus rapide que Bachelet et plus agile que Tavernier. Il dribble Cantagallo et part à 2 contre 1. Fertin arrive à contrer la passe… mais le palet revient sur Karol Bilas qui ne rate pas les filets cette fois (2-0).
Les Bleus cherchent une dynamique. L’impulsion vient du quatrième centre Kaylian Leborgne, à la fois au début de l’action par sa montée de palet et à la fin lorsqu’il reprend la passe du revers de Paul Joubert qui a fait un très gros travail en fond de zone (2-1).
La deuxième période voit d’abord une équipe de France toujours dominée. La crosse haute de Cantagallo et le cinglage n’aident pas, mais ces premières pénalités permettent d’apprécier le solide abattage en infériorité numérique de Baptiste Bruche ou de Thomas Thiry. Dans les huit dernières minutes, les Français se créent de fréquentes séquences installées en zone offensive, y compris la deuxième ligne de Bachelet qui avait connu un premier tiers très compliqué. En fin de tiers, Mathis Despatie retient Kielbicki parti vers le but en contre-attaque, mais Quentin Papillon se montre très solide face aux tirs de Tyczynski et Krezolek pendant cette infériorité numérique.

Les Français abordent le troisième tiers-temps à 4 contre 5, mais presque sur l’engagement, Baptiste Bruche vole le palet à Kielbicki, dribble Jaskiwecicz et fonce au but, dont l’accès lui est interdit par le bon poke-check du gardien Maciej Miarka. On revient au complet. Téo Sarliève devance Kielbicki pour aller à son tour à la cage, Miarka éloigne le danger de la crosse… vers Emil Tavernier dont le beau tir à mi-distance se loge dans la lucarne (2-2). Son premier match international n’avait pas très bien démarré mais le néo-Marseillais s’y offre son premier but sous le maillot tricolore !
donne un coup de coude à Cantagallo dans le coin de la zone française. C’est le premier avantage numérique pour les hommes de Yorick Treille, qui manquent de précision dans le dernier geste. Utilisé comme organisateur dans le cercle droit dans cet exercice, Matias Bachelet manque encore de sang-froid par moments. C’est flagrant un peu plus tard quand son équipe change de lignes pendant qu’il conserve le palet dans la bande en zone offensive, et qu’il tente une passe dangereuse dans l’axe. Lukasz Krzemien intercepte et c’est un cadeau pour Jakub Slusarczyk qui s’échappe pour feinter magnifiquement Papillon (3-2).
Les Bleus continuent de travailler avec de l’engagement et du patinage. Ils en sont récompensés quand un tir du poignet lointain d’Adel Koudri dans le cercle gauche passe entre le gardien Miarka et son poteau (3-3). Les jambes françaises sont plus vives en cette fin de match, particulièrement celles de Valentin Grossetête qui signe un bon tour de cage. Le forechecking gêne plus les Polonais.
La prolongation à 3 contre 3 est favorable à Tomas Simonsen qui dribble deux adversaires et tente un bon tir, dévié du haut de la botte gauche par Miarka. Une glissade de Cantagallo, qui perd ses appuis, offre une bonne occasion à Michal Narog mais Papillon s’interpose. Baptiste Bruche perce la ligne bleue dans l’axe au milieu de trois défenseurs mais l’efficacité lui fait défaut quand il arrive seul à la cage. Avantage France, mais pas de but.
La victoire sera donc attribuée par les tirs au but. Damian Tyczynski se présente avec une lenteur extrême de patinage, mais sa vitesse de mains feinte Papillon. Celui-ci ne mord en revanche pas à l’hameçon devant Slusarczyk, mais les mouvements rapides de Simonsen et de Tavernier sont vains car Miarka bloquer leurs tirs qui visaient entre les bottes.
Patryk Krezolek – qui n’était pas convoqué à l’origine mais a remplacé Bartosz Fraszko blessé – fait reculer Papillon et marque d’un tir en force. Plus subtil, Bruche place son tir sous le bras de Miarka pour maintenir les chances françaises. Néanmoins, Szymon Kiebilcki enchaîne en dribblant Papillon pour terminer du revers. Sarliève amorce une feinte mais rate le palet au moment de tirer. C’est donc l’hymne de la Pologne qui retentit dans la patinoire.
Malgré la défaite sur le fil, cette équipe de France un peu « B » a tout de même su bien réagir après un début difficile, ce qui est important en termes de ressources morales de ces jeunes joueurs. À confirmer demain soir face au pays-hôte, la Hongrie, et donc devant un public chaud et hostile qui ajoutera plus d’ambiance.
Désignés joueurs du match : Karol Bilas pour la Pologne et Baptiste Bruche pour la France.
Pologne – France 3-3 (2-1, 0-0, 1-2, 0-0) / 3-1 aux tirs au but
Vendredi 12 décembre 2025 à 15h00 au Tüskecsarnok de Budapest. 109 spectateurs.
Arbitres : Barna Kis-Király et Dániel Rencz assistés de Sebestyén Varjú et Bence Kövesi (tous HON).
Pénalités : Pologne 2’ (0’, 0’, 2’, 0’) ; France 6’ (0’, 6’, 0’, 0’).
Tirs : Pologne 35 (14, 8, 11, 2) ; France 27 (9, 5, 9, 4).
Évolution du score :
1-0 à 05’47” : Wanacki assisté de Kiełbicki et Brynkus
2-0 à 11’53” : Bilas assisté de Lyszczarczyk et Paś
2-1 à 16’52” : Leborgne assisté de Grossetête et Joubert
2-2 à 42’06” : E. Tavernier
3-2 à 49’56” : Ślusarczyk assisté de Krzemien
3-3 à 54’54” : Koudri
Tirs au but :
Pologne : Tyczynski (réussi), Slusarczyk (arrêté), Krężołek (réussi), Kiełbicki (réussi).
France : Simonsen (arrêté), Tavernier (arrêté), Bruche (réussi), Sarliève (arrêté).
Pologne
Attaquants :
Patryk Krężołek (-1, 2’) – Damian Tyczyński – Mateusz Michalski (A, -1)
Alan Łyszarczyk – Dominik Paś – Patryk Wronka (A)
Jakub Lewandowski (+1) – Szymon Kiełbicki – Sebastian Brynkus (+1)
Łukasz Krzemień – Dominik Jarosz – Jakub Ślusarczyk
Défenseurs :
Kamil Górny (C, -2) – Michał Naróg (-1)
Karol Biłas (+1) – Bartosz Florczak
Oskar Jaśkiewicz (+1) – Jakub Wanacki (+1)
Olaf Bizacki – Mateusz Zieliński
Gardien :
Maciej Miarka
Remplaçant : Michał Kieler (G). En réserve : Mateusz Studziński (G), Eryk Schafer, Kacper Maciaś (D), Paweł Zygmunt, Mateusz Gościński, Bartłomiej Jeziorski (A).
France
Attaquants :
Kevin Bozon (C, +1) – Adel Koudri (+1) – Baptiste Bruche (+1)
Emil Tavernier (-1) – Matias Bachelet (-2) – Tommy Perret
Tomas Simonsen (-1) – Jordan Hervé (-1) – Téo Sarliève
Valentin Grossetête (+1) – Kaylian Leborgne (+1) – Paul Joubert
Défenseurs :
Charles Schmitt (-1) – Enzo Guebey (A, -1)
Antoine Fertin (-1) – Enzo Cantagallo (-1, 2’)
Mathis Despatie (4’) – Nikita Shalei
Mathieu Mony (+2) – Thomas Thiry (A, +2)
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Antoine Keller (G). En réserve : Martin Neckar (G), Philéas Perrenoud, Flavian Dair (A).








































