La défaite japonaise un peu plus tôt a qualifié l’Allemagne pour les quarts de finale. Il n’y a qu’un seul enjeu à ce dernier match, et il est simple : le vainqueur sera septième et le perdant terminera huitième. Que cela conduise à affronter les Canadiennes ou les Américaines importe finalement peu. Dans les deux cas, Allemandes et Italiennes ont les mêmes chances de les battre, c’est-à-dire 0,0%. En revanche, la septième position rapporterait de précieux points au classement IIHF, notamment pour le tableau de la prochaine qualification olympique à Nice dans quatre ans. Il ne sert à rien de trop en garder sous le pied car il y a deux jours pleins de repos avant les phases finales.
Cela permettrait à l’Italie de battre sa meilleure performance historique, car en 2006 à Turin le pays organisateur avait fini huitième… sur huit. Cette fois, il a été compétitif, certes un apport de joueuses nord-américaines. La qualification des Azzurre est déjà exceptionnelle ; peuvent-elles aussi faire tomber pour la première fois une puissance de référence du hockey européen ?
Jouer les yeux dans les yeux est déjà un premier succès. Après 48 secondes de jeu, Anna Caumo arrive seule à la cage, mais neuf secondes plus tard, le jeu s’est renversé et Svenja Voigt est échappée face à Gabriella Durante, qui capte son tir du revers. Ce début en fanfare annonce une première période équilibrée avec des renversements de front réguliers. Il manque toutefois de la précision technique, de part et d’autre. Les deux gardiennes se mettent en valeur.
La deuxième période débute tout aussi fort. Franziska Stocker se procure le premier lancer au bout de 18 secondes et Sandra Abstreiter gèle le palet. L’engagement en zone offensive est remporté par Kristin Della Rovere pour un tir immédiat, dévié au fond des filets par Justine Reyes (1-0). L’Italie défend alors mieux, y compris en infériorité numérique. À sa sortie de prison, Nadia Mattivi reçoit le palet et sert Matilde Fantin dont le tir croisé frappe le poteau. On est passé tout près du 2-0, mais trois minutes plus tard, ça fait 1-1. Un tir de la gauche de Laura Kluge est dévié dans le slot par la pointe de la crosse d’Emily Nix, au duel avec Stocker.
L’Allemagne s’inquiète sur le sort de deux joueuses sorties du jeu : la capitaine Daria Gleißner qui souffre de l’épaule après une charge et Luisa Welcke qui a pris un tir dans la tête. Personne ne veut se blesser dans un dernier match de poule avec la qualification en poche, mais les deux joueuses finissent par revenir au jeu.
Le dernier tiers est un peu plus offensif, notamment côté allemand. L’Italie concède trois pénalités d’affilée (charge illégale de Kanepelle, obstruction de Fantin qui retourne en prison pour un sévère coup de genou) mais résiste de manière remarquable en infériorité numérique. Elle ne mérite pas de perdre… mais va perdre. La joueuse qui fait la différence pour l’Allemagne, c’est encore et toujours Laura Kluge. Elle avait tiré un peu au-dessus en se procurant déjà la meilleure occasion du tiers, et elle remet ça à une minute et demie de la fin. Kluge perce entre les deux arrières les plus utilisées Mattivi et Fortino (30 minutes de glace chacune !) et feinte avec brio Durante (1-2, photo ci-dessous).
Éric Bouchard demande aussitôt son temps mort. Il prépare la sortie de sa gardienne qu’il ordonne dix secondes plus tard. En vain, son équipe ne reviendra pas à 6 contre 5. Mais son bilan est déjà excellent. Et il ne se résume pas aux doubles passeports : les trois attaquantes nord-américaines ont marqué 4 buts sur 9, et en défense, les trois arrières formées en Italie (Mattivi, Lobis et Stocker) finissent toutes la phase de groupes avec de meilleures statistiques que les quatre renforts d’outre-Atlantique.
Commentaires d’après-match :
Daria Gleißner (capitaine de l’Allemagne) : « Mon épaule est toujours en place, je dirais. On va regarder ça, mais je pense qu’elle va tenir le coup. La prochaine fois, je dois être plus stable. Elle m’a prise par surprise, et voilà. On a eu un match difficile, mais mon respect va aussi aux Italiennes. Elles ont vraiment joué un très bon match et ont été très présentes en patinage. […] Quand j’ai vu Laura [Kluge] arriver seule face au but, je me suis dit : that’s it. […] Vu la domination de la Suède dans le groupe, leur première place est tout à fait normale. Bien sûr, on sait que ça va être très, très difficile. Peu importe qui on affrontera en quarts de finale, on se concentre sur nous-mêmes. On veut jouer notre meilleur hockey. »
Jeff MacLeod (entraîneur de l’Allemagne) : « C’était très dur, très physique. Les joueuses peuvent aussi jouer dur. Mais parfois – du moins pour moi – une certaine limite a été franchie. […] Pour beaucoup de nos joueuses, les Jeux olympiques sont une nouveauté. Et pour les deux équipes, c’était une bonne préparation pour les quarts de finale. Nous dirons aux joueuses qu’elles ne sont que des êtres humains. Elles chaussent leurs patins de la même manière. Et ce sont les Jeux olympiques : tout peut arriver ! »

Italie – Allemagne 1-2 (0-0, 1-1, 0-1)
Mardi 10 février 2026 à 16h40 à Milano Rho. 3898 spectateurs.
Arbitres : Ida Henriksson (SUE) et Cianna Murray (CAN) assistées de Jennifer Cameron-Ward (USA) et Erin Zach (CAN).
Pénalités : Italie 10′ (2′, 2′, 6′) ; Allemagne 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Italie 24 (10, 9, 5) ; Allemagne 24 (11, 3, 10).
Évolution du score :
1-0 à 20’21” : Reyes assistée de Caumo et Della Rovere
1-1 à 32’47” : Nix assistée de Kluge et Gleissner
1-2 à 58’31” : Kluge assistée de Jobst-Smith
Italie
Attaquantes :
Anna Caumo (2′) – Kristin Della Rovere (-1) – Justine Reyes (-1)
Aurora Abatangelo – Matilde Fantin (4′) – Kayla Tutino (A)
Rebecca Roccella (-1) – Greta Niccolai – Manuela Heidenberger
Sara Kaneppele (2′) – Carola Saletta – Marta Mazzocchi
Eleonora Bonafini [2 présences]
Défenseures :
Nadia Mattivi (C, 2′) – Franziska Stocker
Laura Lobis – Laura Fortino (A, -1)
Kristen Guerriero – Amie Varano (-1)
Jacquie Pierri
Gardienne :
Gabriella Durante [sortie à 58’41”]
Remplaçante : Martina Fedel (G). En réserve : Margherita Orsoni (G).
Allemagne (2′ pour retard de jeu)
Attaquantes :
Emily Nix (+1) – Nicola Hadraschek (+1) – Laura Kluge (A, +2)
Svenja Voigt (-1) – Lilli Welcke (-1) – Luisa Welcke (-1, 2′)
Jule Schiefer (+1) – Franziska Feldmeier (+1) – Celina Haider
Nina Christof – Anne Bartsch – Mathilda Heine
Katharina Häckelsmiller [1 présence]
Défenseures :
Ronja Hark (A, +2) – Daria Gleissner (C, +1)
Carina Strobel (-1) – Katarina Jobst-Smith (2′)
Hanna Hoppe – Charlott Schaffrath (2′)
Gardienne :
Sandra Abstreiter
Remplaçantes : Lisa Hemmerle (G), Tara Schmitz (D). En réserve : Clara Schultes (G).











































