Prendre sa revanche ou imposer sa loi ? Tutoyer les sommets ou se relancer dans la course aux play-offs ? Rouge ou bleu pour recouvrir la glace de Glisséo ? Autant de questions au cœur de cette 25e journée de Division 1, qui voit s’affronter les Dogs de Cholet et les Corsaires de Nantes dans un duel aux enjeux multiples.

Comme souvent, le derby de l’Ouest démarre tambour battant. Premiers sur le puck, les Dogs se projettent immédiatement vers l’avant. Une entame classique, mais suffisante pour prendre de vitesse Jesper Henriksson. Le défenseur finlandais des Corsaires accroche Joey Musa… dix secondes seulement après le coup d’envoi. Une pénalité express qui permet aux Choletais de s’installer d’entrée en supériorité numérique. Lucas Villain se montre alors le premier artificier. Positionné à gauche de la cage adverse, le défenseur arme un lancer dévié par William Desmarais, sans qu’aucun Choletais ne puisse reprendre le palet à la retombée (00’52). La pression reste intense. Le tir de Louis Bélisle rebondit sur le plastron du gardien canadien et provoque un gros cafouillage devant la cage, avant que Villain ne ressorte finalement le puck (01’42). Les Nantais parviennent à desserrer l’étau et dégagent loin devant. Rémi Thomas et Benoît Valier se chargent alors de temporiser autour de Mark Grametbauer, laissant filer le chrono. De retour à cinq, les visiteurs retrouvent enfin des couleurs. Valier, excentré, trouve Brites seul à l’opposé, mais le défenseur français manque son contrôle et annihile cette première opportunité (02’30). Le match s’équilibre progressivement. Les deux équipes se neutralisent dans un jeu haché, marqué par de nombreuses imprécisions. Incapables d’imposer leur domination, les Choletais s’exposent aux contres nantais, eux aussi peu inspirés. Parmi les rares situations dangereuses, le 2-contre-2 mené par Rémi Thomas et Gauthier Alvau. Sur la droite, Thomas attire un défenseur et sert son partenaire dans un centre-tir trop long pour Alvau et trop excentré pour inquiéter Grametbauer (05’37). Le rythme retombe et les occasions se font plus rares. Maxence Auvitu pense pourtant ouvrir le score après avoir été lancé seul face au gardien, mais l’attaquant français bute sur Desmarais et laisse le tableau d’affichage vierge (06’45).
Après la pénalité de Gauthier Alvau, les Corsaires doivent à nouveau faire le dos rond (11’48). Retranchés devant leur cage, les Nantais organisent une défense compacte et mobile, limitant considérablement les angles de tir. La présence de l’imposant Jakovljevic devant Desmarais permet aux filets nantais de rester inviolés. La menace la plus sérieuse vient encore de Villain, dont le lancer lointain est stoppé par le patin du géant canadien. Le rebond profite à Matthew Iasenza, qui s’emmêle les pinceaux devant une cage pourtant grande ouverte (13’22). La faille intervient finalement à égalité numérique. À la ligne bleue, Villain envoie un palet puissant vers le but. Devant la cage, Mathieu Tremblay monopolise Jakovljevic et Brites, obstruant totalement la vision de Desmarais, battu sur une subtile déviation (1-0, 15’03). Ce but échauffe immédiatement les esprits. En moins de deux minutes, Musa, Seignez et Jakovljevic sont tour à tour envoyés sur le banc des pénalités pour cinglage et dureté (15’19, 16’46). Les Corsaires peinent à installer leur jeu de puissance face à une défense choletaise agressive. Incapables de trouver le décalage, les Nantais tournent sans réel danger. Les Dogs leur offrent une autre chance à la suite avec une crosse haute de Connor Sweeney sur Henriksson (19’37). Vingt-trois secondes durant lesquelles les Corsaires se heurtent à Grametbauer, avant de rentrer aux vestiaires menés d’un petit but.

Les hommes de Sylvain Roy manquent d’inspiration et peinent à inquiéter Grametbauer. L’avantage numérique s’éteint sans véritable frisson. Rémi Thomas est sanctionné à son tour (22’23), offrant aux Dogs une occasion idéale de faire le break. Pourtant, eux aussi se montrent stériles… et concèdent même les meilleures opportunités. En contre, Brites déboule sur le côté droit et croise son tir : le bras de Grametbauer repousse la tentative. Le rebond traverse dangereusement l’enclave, juste devant Benoît Valier, qui venait pourtant de se défaire de son défenseur (22’49). Trente secondes plus tard, même scénario. Damy attaque côté gauche, profite de l’appel du cadet des Valier et sert son capitaine en retrait, plein axe. La frappe est sèche, mais termine dans le plastron du portier choletais (23’15). Bousculés, les locaux multiplient les approximations. Passes imprécises, tirs forcés : le doute s’installe. Le rythme retombe et le palet voyage d’un fond de zone à l’autre sans grande conviction. Sur un lancer de Benjamin Wozney, le défenseur nantais s’accroche avec Louis Seignez : les deux hommes partent deux minutes en prison (31’04). L’engagement suivant, remporté par Sean Ross en zone offensive, change tout. Le puck glisse jusqu’à Jakovljevic qui, sans contrôle superflu, déclenche une frappe immédiate qui termine au fond des filets (1-1, 31’08).
Tout est à refaire. Et il ne faut que deux minutes aux Dogs pour reprendre les devants. Sur une perte de palet de Wozney, Louis-Mathieu Bélisle part seul à l’assaut de Desmarais. Malgré le retour pressant de Jakovljevic, l’attaquant canadien garde son sang-froid et trouve la lucarne d’un tir chirurgical (2-1, 33’05). Revigorés, les Choletais relancent la machine et installent le siège dans la zone nantaise. Défenseurs et gardien font front pour éviter le break, repoussant vague après vague. Le tiers s’achève sous tension, marqué par les exclusions de Charles Farmer pour charge avec la crosse et Benjamin Wozney pour crosse haute. Réduits à quatre pendant quatre longues minutes, les Corsaires tiennent bon et empêchent les Dogs de creuser l’écart.

Les vingt dernières minutes repartent comme un début de rencontre. Les deux équipes se ruent sur le palet et jouent sans retenue, comme si le score était encore vierge. Un dégagement de Raphaël Brites est contré et revient aussitôt dans la zone nantaise. Maxence Auvitu déclenche rapidement, mais Desmarais pare du gant et voit la rondelle s’envoler au-dessus de sa cage. Devant le but, la bataille fait rage : ça pousse, ça s’accroche, la zone devient un champ de bataille (40’50). Puis, progressivement, le duel retombe dans une forme de monotonie. Les défenses prennent le dessus. Les contacts se durcissent, les attaques perdent en précision. Comme en fin de deuxième tiers, le jeu se ferme et se fragmente, rythmé par de nombreuses pénalités. Les esclusions de Louis Seignez puis de Raphaël Brites (45’23, 50’22) sont sans conséquence directe au tableau d’affichage, mais permettent aux Corsaires de reprendre l’initiative. Paradoxalement plus dangereux en infériorité, les Nantais imposent leur rythme. Wozney, côté gauche, tente un revers audacieux vers la lucarne : le palet heurte le poteau et revient plein axe. Charles Farmer surgit, mais la défense referme aussitôt l’espace et Grametbauer gèle la rondelle (51’04).
À égalité numérique, la pression nantaise s’intensifie. Acculés, les Dogs cèdent à la faute : Iasenza fait obstruction sur Henriksson (53’12), puis Baptiste Couturier accroche Valérian Mathieu (54’02). À 5 contre 3, les Corsaires installent un véritable siège. Le palet circule vite. Alvau décale Farmer, qui renverse vers Valérian Mathieu. D’une touche, celui-ci sert Rémi Thomas seul devant la cage. La frappe du Français s’écrase sur la botte de Grametbauer, qui percute son poteau et déplace la cage. Dans la foulée, Karsh assène un coup à Thomas déjà à genoux. La tension explose. Une bagarre éclate. Les arbitres distribuent deux pénalités de dix minutes pour dureté afin de calmer les esprits (54’33). Toujours en supériorité, Nantes insiste. En plein siège, Jakovljevic trouve Henriksson à l’opposé. Le lancer est puissant, mais Grametbauer s’étire de tout son long et détourne du bout du gant (54’51). À peine sorti de prison, Iasenza s’offre une balle de break. Seul face à Desmarais, il tergiverse et bute finalement sur le plastron du gardien nantais (55’17). Les dernières minutes se jouent à sens unique. Les Corsaires jettent toutes leurs forces dans la bataille. Temps mort (58’11), Desmarais quitte sa cage (59’35), les Corsaires sont à 6 contre 5. Le palet circule, la pression est maximale… mais Cholet plie sans rompre. Malgré un dernier baroud d’honneur, les joueurs de la cité des Ducs s’inclinent une nouvelle fois.
Cholet – Nantes 2-1 (1-0, 1-1, 0-0)
Samedi 7 février 2026 à 20h00 a Glisséo. 1040 spectateurs.
Arbitres : Raphaël Rowhedder et Laurent Garbay assistés de Florian Tocqueville et Tifaine Rivoire.
Pénalités : Cholet 26′ (8′, 2′, 16′) ; Nantes 26’ (6’, 8’, 12’).
Tirs : Cholet 29 (13, 7, 9) ; Nantes 26 (6, 8, 12).
Évolution du score :
1-0 à 15’03” : Tremblay assisté de Villain
1-1 à 31’08” : Jakovljevic assisté de Ross
2-1 à 33’05” : Belisle
Cholet
Attaquants :
Clément Masson – Connor Sweeney – Louis Groussaut
Joey Musa – Maxence Auvitu – Baptiste Couturier
David Camy-Sarty – Mathieu Tremblay (C) – Matthew Iaenza
Jules Albert-Oscaby – Basile Tretout – Fabien Ledroit
Défenseurs :
Lucas Villain – Ludovic Karsh
Louis Belisle (A) – Fiorenzo Villard
Louis Seignez (A) – Nicolas Guillot
Gardien :
Mark Grametbauer
Remplaçant : Raphaël Chateauvieux (G).
Nantes
Attaquants :
Hugo Damy – Charles Farmer – Julien Msumbu
Valérian Mathieu – Rémi Thomas – Gautier Alvau
Sean Ross (A) – Tommi Niskanen – Evan Chauvel
Benoît Valier – Mathieu André (A) – Thomas Dogémont
Défenseurs :
Eliot Ardouin – Jesper Henriksson
Marko Jakovljevic – Raphaël Brites
Benjamin Wozney – Cédric Custosse (C)
Gardien :
William Desmarais [sorti à 59’35”]
Remplaçant : Albert Creus Bosch (G). Absents : Esteban Weber (licence bleue à Brest), Mathieu Rouxel (non retenu)









































