Pour les Japonaises, les quarts de finale étaient devenues une habitude. Elles s’y sont qualifiées pendant les trois derniers Jeux olympiques, mais aussi pendant les six derniers championnats du monde. C’est dire si ce tournoi de Milan a été décevant jusqu’ici. Elles ont uniquement battu l’équipe de France, dans les dernières minutes (3-2), mais ont volé en éclats en début de match face à l’Allemagne (2-5) et subi la loi d’une Italie déchaînée à domicile (2-3).
Il leur reste une petite chance d’accéder au quart de finale. Il faudrait que les Italiennes continuent de renverser des montagne face aux Allemandes, mais il faudrait surtout, auparavant, que l’équipe asiatique obtiennent 3 points face à une Suède souveraine dans cette poule B. Le Japon aurait pu espérer que les Scandinaves fassent tourner dans ce match sans enjeu pour elle. Mais elles alignent leurs lignes-types – y compris Jenna Raunio qu’on avait vu quitter le jeu part précaution dimanche après une charge d’Anaïs Peyne-Dingival – et repositionnent dans les cages leur titulaire Ebba Svensson Traff, reposée contre la France. C’est au contraire le Japon qui a laissé en tribune sa principale gardienne Miyuu Masuhara.
La Suède regrette peut-être vite que ses meilleures joueuses soient sur la glace. Sa jeune star de 19 ans Hilda Svensson, grand talent que le pays attendait depuis longtemps chez les féminines pour revenir au plus haut niveau, atterrit mal lors d’un duel au rebond après cinq minutes de jeu. Elle semble boîter un peu et rentre au vestiaire en compagnie du médecin. Petit vent de panique chez la télévision suédoise SVT. Les commentateurs suédois rient encore plus jaune après un cross-check au cou de Kanami Seki sur Lisa Johansson qui est sanctionné de deux minutes – et aurait dû valoir une pénalité de match selon eux.
Johansson est autorisée à revenir au jeu au deuxième tiers. Svensson est ménagées jusqu’à la fin, mais les nouvelles semblent rassurantes. La Suède, qui a vite pris l’avantage par Hanna Thuvik sur rebond, peut se concentrer sur son jeu et ajoute trois autres buts : Josefine Bouveng frappe la transversale rentrante sur une excellente longue passe de Jenna Raunio (0-2), Mira Hallin exploite un palet trop peu écarté par la crosse de la gardienne Kawaguchi (0-3) et Hanna Olsson trouve la lucarne depuis la ligne bleue pendant que Hjalmarsson fait écran devant le but (0-4).
La troisième gardienne japonaise Rei Halloran, qui évolue en deuxième division suédoise, entre au dernier quart d’heure. Elle préserve son invincibilité avec 5 arrêts, mais ses coéquipières sont très affectées par la déception lors du tour d’honneur final. On est loin de « Smile Japan », les mines sont tristes et Rui Ukita peine même à retenir ses larmes. Ces JO ont été très éloignés de leurs ambitions.
La Suède, elle, s’offre son deuxième blanchissage de suite, le premier pour Svensson Traff qui a arrêté 20 tirs. Très large première de la poule B, elle vise désormais plus haut et a bon espoir de pouvoir détrôner son adversaire en quart de finale (les Suissesses ou les Tchèques).
Le Japon a-t-il été victime à Milan de la taille étroite de la glace et de l’arbitrage plus permissif sur les mises en échec ? Est-ce un souci passager, ou bien une tendance lourde ? L’évolution de plus en plus physique du hockey féminin est défavorable aux Asiatiques, qui rendent au moins 6 cm et 5 kg de moyenne contre toutes les équipes adverses. Ce handicap était rédhibitoire dans le hockey masculin, mais était jusqu’ici moins gênant chez les féminines, ce qui explique que le Japon a le plus gros écart positif entre les femmes (8e) et les hommes (24e) au classement IIHF.
Le dernier échec des Japonaises remonte à 2016 quand le Mondial se jouait à 8 et qu’elles avaient été reléguées. Elles avaient alors rebondi et étaient remontées aussitôt pour même intégrer un temps le top-5 : ne les enterrons donc pas trop vite. Leurs jeunes attaquantes ont beaucoup de talent et l’ont montré aux récents Mondiaux des moins de 18 ans en D1A. Mais pendant la prochaine olympiade, avant Nice 2030, il faudra surtout renouveler la défense, où trois des six cadres ont 31 ans ou plus.

Japon – Suède 0-4 (0-1, 0-2, 0-1)
Mardi 10 février 2026 à 12h10 à Milano Rho. 3 100 spectateurs.
Arbitres : Kelly Cooke (USA) et Michelle McKenna (CAN) assistées d’Alexandra Clarke (CAN) et Tina Saarimäki (FIN).
Pénalités : Japon 8′ (2′, 0′, 6′) ; Suède 6′ (0′, 2′, 4′).
Tirs : Japon 20 (6, 6, 8) ; Suède 31 (9, 14, 8).
Évolution du score :
0-1 à 05’25” : Thuvik assistée de Hjalmarsson
0-2 à 25’36” : Bouveng assistée de Raunio
0-3 à 37’30” : Hallin assistée de Bouveng et Nylén Persson
0-4 à 41’06” : Olsson assistée de Nylén Persson et T. Johansson (sup. num.)
Japon
Attaquantes :
Rui Ukita (-2, 2′) – Haruka Toko (-2) – Akane Shiga (-2, 2′)
Mei Miura (-1) – Suzuka Maeda – Yumeka Wajima
Riri Noro – Rio Noro (-1) – Makoto Ito (-1)
Remi Koyama – Umeka Odaira – Ai Tada
Défenseures :
Kohane Sato (-2) – Aoi Shiga (-2, 2′)
Akane Hosoyamada (A) – Shiori Koike (C)
Ayaka Hitosato (A, -1) – Kanami Seki (-1, 2′)
Shiori Yamashita – Nana Akimoto
Gardienne :
Riko Kawaguchi (22/26) puis à 41’06” Rei Halloran (5/5)
Réserviste : Miyuu Masuhara (G).
Suède
Attaquantes :
Hilda Svensson – Hanna Olsson (A) – Thea Johansson
Lisa Johansson (+1) – Sara Hjalmarsson (A, +1) – Hanna Thuvik (+1)
Josefin Bouveng (+2) – Sofie Lundin (+2) – Mira Hallin (+2)
Ebba Hedqvist – Lina Ljungblom – Nicole Hall
Felizia Wikner Zienkiewicz
Défenseures :
Mira Jungåker (+1, 4′) – Maja Nylén Persson (+1)
Jenna Raunio (+1) – Anna Kjellbin (C, +1)
Jessica Adolfsson (+1) – Ida Karlsson (+1, 2′)
Linnéa Andersson
Gardienne :
Ebba Svensson Traff
Remplaçante : Emma Söderberg (G). Réserviste : Tindra Holm (G).











































