Favoris de ce match, les Américains ferment les yeux sur une statistique étonnante : ils n’ont plus battu la Suède aux Jeux olympiques depuis 1960. Depuis, huit matchs, pour six défaites et deux matchs nuls (1980, 1992).
Un début de match sans génie
Le match débute dans une certaine tension dans les tribunes : peu de bruit, et un public qui assiste à un match très fermé. Un exploit individuel d’Eichel à la troisième minute offre un premier moment fort. Sa passe en retrait est reprise et Markström sauve. Forsling, lui, est puni sur l’action. Le jeu de puissance se procure plusieurs chances : Thompson dévie un centre-tir de Matthews, Jack Hughes slalome au milieu de quatre joueurs avant de décocher, hors cadre, et enfin un slap de Werenski, que le gardien contrôle sans rebond. Déjà six arrêts pour le portier des Devils du New Jersey…
De retour au complet, la Suède part à l’attaque et le tir de Lucas Raymond percute le bouclier de Connor Hellebuyck. La défense souffre ensuite sur une présence d’Elias Pettersson et Filip Forsberg. Encore une fois, le gardien de Winnipeg se montre précieux. Des actions qui lancent une période de domination territoriale de la Suède, avec quelques tirs de Lucas Raymond. En contre-attaque, Dylan Larkin remet les États-Unis vers l’avant et Markström gagne son duel.
Les deux gardiens se livrent un joli bras de fer à distance, concentrés, et les arrêts défilent. La partie devient plus physique aussi : McAvoy surgit et pulvérise Eriksson Ek derrière le but américain. Huit tirs chacun à sept minutes de la pause, on connait déjà les deux hommes du match…
Après la courte pause « publicitaire », les mises en échec pleuvent et font résonner très fort les balustrades de la Santa Giulia arena. Côté occasion, il y en a moins. Jack Hughes tourne autour de la cage et sa passe à l’opposé est déviée sur Slavin. Markström repousse le tir, puis sauve sur l’action suivante un lancer en force de son coéquipier de club Jack Hughes.
Les minutes défilent et Victor Hedman n’a toujours pas foulé la glace. Le vétéran, qui a manqué de nombreux matchs avant les Jeux sur blessure, est-il remis ? Son « héritier » Rasmus Dahlin prend les choses en mains en son absence et trouve la botte de Hellebuyck d’un lancer en haut du cercle droit. Dix tirs partout, assez périphériques finalement, et 0-0 à la pause.

Larkin ouvre le score
À la pause, le coach suédois Sam Hallam répond aux questions de la télévision, et avoue que Hedman s’est blessé à l’échauffement, mais qu’il souhaitait être avec ses coéquipiers sur le banc. Il ne jouera pas du match. Le tiers reprend sur ce faux-rythme, entre deux équipes attentistes, qui peinent à trouver un moyen de s’installer durablement en zone offensive. Les tirs se font rares, avec la seule volée de Tage Thompson en angle fermé à se mettre sous dent en trois minutes.
Enfin, après cinq minutes, une passe du revers de Landeskog à travers l’enclave trouve Raymond sorti du banc. Hellebuyck se déplace vite et sauve le coup. Markström n’est pas en reste : contre américain, Boldy à droite trouve Matthews dans l’intervalle, qui donne à gauche pour Guentzel. Markström parvient à dévier le palet hors cadre !
Réplique immédiate, Hellebuyck sort lui aussi un beau sauvetage de l’épaule sur un tir de Raymond ; Markström sort ensuite un tir de Quinn Hughes et le rebond de Boldy. Sur l’engagement, les États-Unis ouvrent le score. Jack Hughes recule à la bleue pour reprendre de volée la passe de son frère Quinn, et Dylan Larkin échappe au marquage de Dahlin devant le gardien pour dévier le palet (1-0). Le changement de ligne de Mike Sullivan, qui a déplacé Hughes avec Thompson et Larkin, a payé.
Ce but va-t-il débloquer un match fermé ? Brady Tkachuk attaque la cage et le gardien suédois gèle le disque. Sans surprise vu le gaillard, la défense n’apprécie pas son passage dans la zone bleue et lui fait savoir. Les États-Unis ont pris un net ascendant psychologique, et jouent de manière plus sereine, avec moins d’erreurs et un meilleur échec-avant. Bilan, Hampus Lindholm doit faire trébucher Nelson, qui filait au but.
Markström tient son équipe dans le match avec deux arrêts devant Tage Thompson et Jack Eichel, à bout portant. Un seul but marqué dans ce match : 30-19 aux tirs pour les Américains dont 20 à 8 dans ce tiers !

L’étrange coaching suédois
La Suède n’a plus le choix : il faut attaquer. Sam Hallam sort enfin Jesper Bratt du banc, et « curieusement », la Suède propose un shift dynamique et un bon tir de Wennberg sur Hellebuyck. Sur la présence suivante, Landeskog accélère à gauche. Il tombe seul tout d’abord, se relève, et prend la crosse de Vincent Trocheck dans les patins : pénalité.
Le jeu de passe manque de précision, et encore une fois, la Suède ne prend pas ses shoots : 10/10 en penalty-kill pour les joueurs de Mike Sullivan. Les Américains ne font pas autant de complexes : Boldy lance en première intention et Markström parvient de justesse à garder le disque entre ses jambières.
Derrière, les Américains défendent de manière très juste : excellent repli, crosses bien placées… C’est une attaque défense très stérile, malgré les efforts de Nylander, Bratt, Raymond ou Zibanejad. Les minutes défilent et les efforts suédois ne paient toujours pas, bloquées par une arrière-garde de gala, menée par un Jaccob Slavin extrêmement bien placé.
Le danger se rapproche lorsque Kempe trouve le poteau d’un tir entre les cercles. Markström sort alors pour un attaquant. Raymond renverse le jeu et déniche Zibanejad au cercle gauche, pour une volée puissante à 1’30” de la fin qui échappe de peu à Hellebuyck (1-1).
Les Américains poussent sur la dernière minute, sans réussite : c’est le troisième quart de finale à toucher la prolongation !

Quinn Hughes, la délivrance
Nylander, Eriksson Ek et Forsling d’un côté ; Eichel, Quinn Hughes et Matthew Tkachuk de l’autre. La Suède gagne le face off et Bratt remplace immédiatement le joueur du Wild qui avait gagné la mise au jeu. Nylander essaie de percuter seul, perd le palet et Guentzel, en contre, tire sur Markström.
Le gardien sort ensuite un tir de Matthews. Larkin vole ensuite un palet et remonte le disque, laisse à Jack Hughes qui voit lui aussi son tir arrêté. Markström sort une volée de Eichel, et capte du gant un tir de Quinn Hughes.
Le portier suédois a tout donné mais ça ne suffit pas. Le 40e tir américain est le bon ! Quinn Hughes, qui venait de faire signe au banc qu’il resterait sur la glace et ne changerait pas, reçoit une passe de Boldy, feinte un Landeskog bien trop lent devant lui et trouve un tir côté mitaine (2-1).
Les États-Unis se sont fait peur, mais les voilà en demi-finale. Une très belle prestation défensive, une tactique un peu gourmande avec seulement 1-0. La Suède pourra nourrir beaucoup de regrets sur ses plans de jeu, choix du coach et une réticence chronique à tenter des tirs. Pourquoi diable avoir tenu Bratt sur le banc 40 minutes avant de l’aligner sur la première ligne (il finira 4e en chances de marquer créées de son équipe en seulement 6 minutes de jeu) ? Pourquoi aligner un Landeskog au patinage ralenti à cause de ses pépins physiques lors de la prolongation ? Leur jeu, bien trop périphérique, n’a jamais trouvé la clé d’une enclave très bien gardée. Un beau gâchis quand on voit la qualité technique et la vitesse des joueurs de l’effectif.

États-Unis – Suède 2-1 après prolongation (0-0, 1-0, 0-1, 1-0)
Mercredi 18 février 2026 à 21h10 à Milano Santagiulia. 11 097 spectateurs.
Arbitres : Eric Furlatt et Wes McCauley (CAN) assistés de Scott Cherrey (CAN) et Onni Hautamäki (FIN).
Pénalités : États-Unis 2′ (0′, 0′, 2′) ; Suède 4′ (2′, 2′, 0′).
Tirs : États-Unis 40 (10, 20, 4, 6) ; Suède 29 (11, 8, 10, 0).
Récapitulatif du score :
1-0 à 31’03” : Larkin assisté de J. Hughes et Q. Hughes
1-1 à 58’29” : Zibanejad assisté de Raymond et Landeskog
2-1 à 63’27” : Q. Hughes assisté de Boldy et Matthews
États-Unis
Attaquants :
Brady Tkachuk – Jack Eichel – Matthew Tkachuk (A)
Jake Guentzel – Auston Matthews (C, +1) – Matt Boldy (+1)
Clayton Keller – Dylan Larkin (+1) – Tage Thompson (+1)
JT Miller (-1) – Brock Nelson (-1) – Jack Hughes (+1)
Vincent Trocheck (-1, 2′)
Défenseurs :
Quinn Hughes (+1) – Charlie McAvoy (A)
Jaccob Slavin – Brock Faber
Zach Werenski – Jake Sanderson
Noah Hanifin
Gardien :
Connor Hellebuyck
Remplaçant : Jake Oettinger (G). Réservistes : Jeremy Swayman (G), Jackson Lacombe (D), Kyle Connor (A).
Suède
Attaquants :
Adrian Kempe – Joel Eriksson Ek – William Nylander (+1)
Gabriel Landeskog (C) – Mika Zibanejad (+1) – Lucas Raymond
Filip Forsberg (+1) – Elias Pettersson – Rickard Rakell
Pontus Holmberg (-1) – Alexander Wennberg (-1) – Elias Lindholm (-1)
Jesper Bratt
Défenseurs :
Gustav Forsling (-1, 2′) – Rasmus Dahlin
Philip Broberg – Erik Karlsson (A, -1)
Oliver Ekman-Larsson – Hampus Lindholm (2′)
Gardien :
Jacob Markström [sorti de 58’22” à 58’29”]
Remplaçants : Jesper Wallstedt (G), Victor Hedman (blessé à l’échauffement). Réservistes : Filip Gustavsson (G), Rasmus Andersson (D), Marcus Johansson (A)









































