Le Rïnkla Stadium a une nouvelle fois rendez-vous avec le Sud-Ouest puisqu’après les Basques d’Anglet se sont leurs voisins aquitains qui s’invitent sur la pointe bretonne. Une affiche qui ne déplace malheureusement pas les foules malgré la promesse d’un duel disputé. En effet, entre un candidat annoncé pour la montée en Magnus et une équipe qui y vise le maintien, on peut raisonnablement penser à une rencontre équilibrée.
Sur le papier, l’effectif des Boxers n’a pas grand chose à envier à celui des Albatros qui vient d’être amoindri par le départ de Matthew Boudreau (dont le remplaçant annoncé est le rapide Vikhael To-Landry). Aucune équipe de Division 1, hormis celle de Bordeaux, ne peut se targuer d’avoir dans ses rangs un défenseur passé par la KHL (Andreï Esipov) et un ancien attaquant majeur d’Extraliga slovaque (Martin Kulha). Deux joueurs ne font pas une équipe mais leurs CV impressionnent assurément. On y retrouve également le Franco-Malgache Aïna Rambelo, passé par Brest l’an dernier.
La poule A s’annonce une des plus ouvertes de cette Coupe de la Ligue après le départ de l’ogre rouennais vers la poule B. Angers part bien évidemment favori, mais la deuxième place qualificative semble accessible aux Brestois, Caennais et Bordelais.
Les Albatros n’affichent pas clairement l’objectif de qualification dans cette compétition. D’ailleurs l’entraîneur local Sébastien Oprandi ne s’en cache pas en annonçant dans la presse quotidienne régionale que la rencontre de samedi face à Grenoble est la plus importante de la semaine. Mais il y a une hiérarchie à faire respecter ce soir.
Grande nouveauté, les Brestois abandonnent leurs traditionnelles tuniques bleues et rouges pour arborer un maillot aux couleurs de la Bretagne annoncées par le speaker comme celle du « gwenn ha du » (traduisez blanc et noir en français). En l’occurrence, vu la proportion de noir, il s’agirait plutôt d’un « du ha gwenn ». Le choc est brutal et divise la communauté de fans, mais l’effet est plutôt réussi.
Sébastian Ylönen a commencé la saison de Division 1 en fanfare par un blanchissage face à Nantes. Martin Lacroix lui redonne les clés des cages, tandis que Léo Bertein lui fait face. Un choix sans surprise qui laisse penser qu’Arnaud Goetz sera titulaire samedi dans son Isère natale pour faire face à son ancienne équipe grenobloise.
Les Albatros tournent à quatre lignes, la dernière étant constitué de jeunes et moins jeunes pleins d’envie. C’est d’ailleurs leur fougue qui leur joue des tours sur une occasion avortée qui crée une contre-attaque de Nicolas Mariage. Les jeunes Albatros se sont trop découverts et sont pris de vitesse sur le repli défensif. Le Bordelais se débarrasse aisément de Sacha Grimshaw avant d’ouvrir la marque en poteau rentrant (0-1 à 9’43’’).
La plus belle cage vide de l’année loupée par Michal Dian (13’50’’) n’est qu’un sursis pour Ylönen. Le Slovaque se rattrape bien en offrant une belle passe décisive pour l’égalisation de Jérémie Romand en face-à-face avec l’ex-portier rouennais (1-1). Pas de chance pour lui, la feuille de match attribue l’assistance à Léo Bertein uniquement.
Un score de parité logique au vu de la physionomie de ce premier tiers. Néanmoins les Boxers ont laissé leur concentration dans les vestiaires au retour sur la glace. Deux buts encaissés en deux minutes, la reprise est délicate. Alexandre Quesnel sur un rebond (2-1 à 20’27’’) puis Michal Dian sur une percée sans opposition (22’06’’) sont les buteurs brestois. Sur le coup Ylönen est furieux après sa défense, et il y a de quoi car elle a été trop passive sur la dernière action.
Les Bordelais se remettent en selle sur une bévue de Bertein qui juge mal la trajectoire d’un tir pourtant anodin de Zbynek Hampl (3-2 à 30’04’’). Le cerbère brestois avait pourtant stoppé de belle manière un lancer beaucoup plus puissant de ce même Hampl juste auparavant (29’39’’).
Des prisons successives de Jaroslav Prosvic (31’07’’) et Sébastien Delemps (32’13’’) réduisent les Bretons à trois contre cinq. Mais l’infériorité numérique est la phase de jeu la mieux gérée par les locaux ce soir. Ceci est également valable pour leur adversaire et signifie donc par opposition une très mauvaise gestion des supériorités numériques des deux côtés.
Aymeric Gillet fait retentir le tintement du poteau (33’) et c’est bien tout. Les pénalités sont tuées. Revenu au complet, Brest se relâche et commet une grosse faute de marquage qui profite à Karl Fournier, bien trouvé par son compatriote Desrosiers, pour l’égalisation d’un tir sous la barre imparable pour Bertein (3-3 à 36’07’’).
Les deux équipes ne se lâchent pas et entament donc le troisième tiers une nouvelle fois dos-à-dos. Le jeu se déroule plutôt dans la zone offensive visiteuse. Le piège bordelais semble se tendre après une rare erreur défensive d’Aurélien Gréverend qui profite à Lukas Zeliska pour le quatrième but sur un tir à bout portant (3-4 à 48’19’’).
Dian va permettre aux locaux de s’extirper de ce traquenard. D’une feinte le technicien slovaque met dans le vent deux Boxers qui le pressaient et trouve Jérémie Romand démarqué. L’ex « ennemi » caennais s’offre un doublé d’un tir puissant (4-4 à 54’43’’). Bordeaux souffre en fin de match et se fait sanctionner de 16 minutes de pénalité dans les quatre dernières minutes du temps réglementaire.
Du pain béni pour Brest qui a le luxe d’évoluer en double supériorité durant 1’32’’. Le siège de la cage bordelaise est installé mais celui-ci est stérile est ne donne rien ce qui permet aux joueurs de l’Aquitaine d’obtenir une prolongation et à minima un point.
Le couperet finit toutefois par s’abattre sur les pensionnaires de Division 1 sur une action splendide. L’intenable Dian, encore lui, prend de vitesse la défensive adverse et initie un jeu de passe à trois relayé par Gréverend et conclu par Prosvic qui offre la victoire aux « noirs et blancs » comme il faut désormais les appeler (5-4 à 67’05’’).
La hiérarchie est donc finalement respectée, mais ce soir il n’y avait pas vraiment d’écart de division. Les Bordelais affichent des moyens dignes du haut niveau et vont à coup sûr faire office d’épouvantail au deuxième niveau français. Après le beau jeu affiché par leurs voisins Angloys il y a moins de deux semaines sur cette même patinoire, le haut de tableau de Division 1 promet d’être relevé.
Brest empoche les deux points mais une meilleure gestion des supériorités numériques aurait permis de tuer plus rapidement la rencontre et priver leur adversaire d’un point précieux. Michal Dian est l’homme du match après une prestation dantesque ponctuée d’un but et trois passes décisives (dont une a malheureusement été oubliée).
Il sera dur de gagner à Mériadeck. Les Albatros ne l’ont pas fait depuis belle lurette. Ils s’y rendront en se disant que les Bordelais n’étaient pas plus chanceux au Rïnkla Stadium depuis des années avant de repartir avec un point logiquement ce soir.
Les deux équipes devront néanmoins se montrer vigilantes à ne pas courir trop de lièvres à la fois. Maintien d’un côté et titre de l’autre : telles sont les priorités à ne jamais oublier cette saison pour les acteurs de ce soir.
Brest –Bordeaux 5-4 après prolongation (1-1, 2-2, 1-1, 1-0)
Mardi 9 septembre 2014 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 705 spectateurs
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Charlotte Girard et Jérémie Douchy.
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