Les Diables rouges passent à l’orange
Quinze jours après avoir transformé Charlemagne en « petit Poissompré », les supporters spinaliens ont célébré ce vendredi, à Trimolet, un nouveau succès de leurs protégés. Des Gamyo taillés pour jouer le haut du tableau, qui ont encore fait très forte impression à Dijon en surclassant des Bourguignons défensivement diminués (4-1) pour remporter une sixième victoire d’affilée (toutes compétitions confondues). Leur septième en neuf journées de championnat…

Les Diables rouges retrouvent donc des couleurs après un début de saison compliqué, où il leur fallut digérer l’après Basile, la perte de plusieurs éléments-clés (parmi lesquels l’excellent ailier Denny Kearney) et mener de front trois compétitions (dont la très relevée Ligue des champions). Mais sur les terres d’un adversaire n’en finissant plus de gagner, les hommes d’Edo Terglav ne partent aucunement favoris. Poissompré, la patinoire qui ne désemplit jamais, voit toujours ses visiteurs en repartir perdants… à l’exception de Rouen, parvenu à s’y imposer, en Coupe de la Ligue, le 14 octobre dernier !
Ce troisième match en cinq jours (qui est aussi le sixième en dix jours pour les internationaux Baazzi, Moisand, Beron et Ograjenšek) a pourtant tout du piège pour les Gamyo, parfaitement conscients du danger représenté par Dave Labrecque et Marc-André Bernier, qui restent les principaux atouts offensifs d’une formation contrainte à l’exil depuis la semaine passée (en raison de problèmes techniques survenus à René-Froger). Une contrariété qui force les Szélig, Raux et autres Chakiachvili à s’entraîner du côté de Vaujany… où les boys du Boz’ trouvèrent un temps repli en août dernier, quand se prolongeait l’indisponibilité de Poissompré !
Si 
L’Américain vivra toutefois un début de soirée très tranquille, contrairement au cerbère spinalien, rapidement mis dans le bain. Le coup d’envoi est à peine donné que Marc-André Bernier profite d’un puck égaré dans la zone de vérité pour le glisser dans un tout petit trou de souris, entre Hočevar et son poteau droit (00’14 »). Bernier lève les bras mais les référés, qui n’ont pas vu le palet rentrer, refusent le but aux Diables rouges, qui bénéficient rapidement d’une mise en jeu en zone offensive. Un face-off remporté par Labrecque, qui remet derrière sur Igier, dont le lancer croisé, peut-être dévié, file entre les jambières d’un Hočevar masqué (0-1 à 00’27 »).
Quand la fête devient défaite…
Pïégés d’entrée, les Gamyo vont traîner comme un boulet cette entame ratée, qui voit Briançon multiplier les occasions. Les Diables rouges contre-attaquent, bien regroupés et sortant très proprement le palet, ce qui permet aux ailiers de rapidement se projeter vers l’avant. Démonstration sur ce centre mal réceptionné par Michal Petrák, que Jimmy Jensen s’empresse de récupérer. Le Suédois file côté gauche avant de servir Bernier dans l’axe qui, repris par Baazzi, s’en ira batailler dans l’arrondi. Le capitaine briançonnais ressort la rondelle sur Jensen, totalement démarqué devant la cage… mais frustré, de près, par un Hočevar retrouvé (01’56 »).
Tuant sans coup férir leur première pénalité de la soi
En passe de réussir le même début de partie qu’à Strasbourg il y a quinze jours (ils s’y imposèrent 6-3 après avoir mené 4-0 après douze minutes de jeu), les Briançonnais récupèrent un nombre incalculable de palets. Ils laissent venir pour mieux contre-attaquer, bien aidés il est vrai par ces boulevards laissés par des Gamyo que l’on a connu plus inspirés. Aussi Marc-André Bernier, décidément omniprésent, se retrouve t-il lancé dans un duel singulier… qu’Andrej Hočevar, solide sur ses appuis, remporte d’une mitaine bien sentie (08’07 ») !
Gênés par le déploiement adverse, les Spinaliens, inoffensifs, éprouvent les pires difficultés à développer leur habituel jeu rapide et léché. Même le powerplay (toujours aussi peu spontané et avare de lancers) peine à s’installer. Il faut ainsi attendre l’incarcération de Peter Valier (accrocher, 12’22 ») pour voir les locaux se montrer quelque peu dangereux. Kara profite d’un rebond contre la bande pour inquiéter Madolora (13’58 »)… qui récidive en bloquant parfaitement la tentative d’Ograjenšek, presqu’aussitôt servi devant la cage (14’01 »).

Qu’à cela ne tienne, les Haut-Alpins regagnent les vestiaires forts d’un avantage substantiel, eux qui ont dernièrement étoffé leur arsenal offensif en recrutant l’attaquant tchèque Michal Jeslínek. Valant son but par match depuis son arrivée, ce joker expérimenté (35 ans) s’est d’ailleurs distingué, ce vendredi, en signant le « penalty » gagnant à Caen. Une victoire étriquée qui a repositionné Briançon en milieu de classement. Bien loin de ces Spinaliens enchaînant actuellement les succès… et dont on espère qu’ils finiront par élever leur niveau de jeu !

L’espoir renaît dans les travées. Ce joli but bouleverse totalement la physionomie d’une partie devenant subitement plus rythmée. Les Lorrains, qui retrouvent un coup de patin plus « aérien », prennent le contrôle des opérations, se montrant plus pressants en proposant davantage de jeu en mouvement. De quoi occuper Madolora, plus sollicité qu’au premier tiers temps (où il dut parer trois misérables lancers), mais toujours bien secondé par ses coéquipiers, qui ne ratent pas une occasion de contre-attaquer. Un palet flippé depuis son camp par Marc-André Bernier manque ainsi de profiter à Jimmy Jensen, parti en deux-contre-un dans le couloir droit… mais trouvant finalement porte « Kloz » (27’24 »).
Dominés, les visiteurs laissent quelques brèches dans lesquelles Baazzi (en débordement, 28’20 ») et Kuralt (tir à mi-distance capté en deux temps, 29’26 ») ne manquent pas de s’engouffrer. La lumière jaillira toutefois d’une longue, très longue relance d’Aziz Baazzi mettant Ken Ograjenšek sur orbite. L’international slovène, lancé dans la profondeur, fait preuve d’une grande dextérité en éliminant magistralement son défenseur pour fusiller Madolora (2-2 à 32’05 »).
La 
Ce but « crève-cœur » refroidit les ardeurs des supporters et casse l’allant des Gamyo, qui perdent pied au point de s’en remettre aux seuls slaps de Grégory Beron (qui a décidément la gâchette facile). Pas de quoi déstabiliser les visiteurs, qu’un petit rien suffit à rendre dangereux. Ian McDonald adresse un tir aussi lointain qu’excentré, qu’Andrej Hočevar repousse de la botte droite. Jeslínek, en embuscade, s’emparant du rebond pour contourner la cage, sans pour autant parvenir à glisser la rondelle au second poteau. Beron, bien replacé, n’a rien lâché sur cette action (40e).
L’affaire paraît bien mal engagée à l’aube du troisième tiers, débuté sur une double pénalité. Jeslínek, lancé dans la profondeur par McDonald, se voyant déséquilibré par Petrák. La faute du Spinalien est incontestable mais le Briançonnais, en se laissant exagérément glisser, se voit lui-aussi puni (d’un plongeon, 41’47 »).
Un fait 
Mais à trop se découvrir, les boys du Boz’ se font (encore !) piéger. Szélig ouvre sur Devin, côté droit, dont le tir excentré est repoussé par le gardien. Un très mauvais rebond : Jaka Ankerst, bien placé au second poteau, n’a plus qu’à le mettre au fond… histoire d’assommer définitivement Poissompré (2-4 à 45’33 ») !
La victoire semble avoir choisi son camp, d’autant que Pierre-Antoine Devin, parvenu à se frayer un chemin entre Aziz Baazzi et Gašper Sušanj, est passé tout près de passer la cinquième couche (47’46 »). Les Gamyo n’entendent cependant pas abdiquer si facilement. Seulement voilà, sur le chemin se dresse un Shane Madolora décidé à ne plus rien laisser passer. Même Ján Plch, pourtant parfaitement servi par Anže Kuralt, ne pourra dribbler l’Américain (48’23 »)… chanceux que les arbitres n’aient pas vu rentrer le tir croisé (et très excentré) de Maxime Ouimet, décoché en situation de pénalité différée (49’16 ») !
Puni sur cette action d’un faire trébucher (49’42 »), Madolora double la sentence des Diables rouges, préalablement sanctionnés par la faute d’Igier. L’ex-international français, au jeu toujours aussi rugueux, a grossièrement accroché Hordelalay avec son bâton. Une double supériorité inexploitée par le jeu de puissance vosgien, qui fait tourner le palet sans réussir à déjouer la vigilance d’un trio Devin-Szélig-Frisk suppléant remarquablement bien son gardien, se recroquevillant pour couper un maximum de passes et couper un grand nombre de lancers.
L’incapacité spinalienne à 
Difficile de ne pas dresser un constat d’impuissance. Les Gamyo échouent invariablement dans leur entreprise d’inverser la tendance. Les pénalités pleuvent pourtant du côté briançonnais, où un cinglage de Marc-André Bernier (54’07 ») va précéder une charge inappropriée de Dave Labrecque (55’59 »). Philippe Bozon a pourtant tout tenté, sortant régulièrement son gardien (que d’allers-retours vers son banc !) pour doubler l’avantage numérique de ses joueurs. Un forcing qui restera vain. Briançon faisant front devant son gardien : l’étonnant Shane Madolora, présent sur tous les lancers spinaliens… de près comme de loin !
Après de longues minutes passées à contenir leur assaillant, les Haut-Alpins vont accueillir le but en cage vide de Dave Labrecque avec un grand soulagement. Le centre québécois, après avoir récupéré le palet (suite à un tir non cadré d’Aziz Baazzi), a su dégager loin devant… en visant habilement la cage vidée de son occupant (2-5 à 58’35 ») ! Pierre-Antoine Devin profite, lui, d’une défense passablement démobilisée pour inscrire le dernier but de la soirée, en déviant le centre d’Abramov au fond des filets (2-6 à 59’07 »). Le point finale d’une soirée à oublier pour les Vosgiens, qui subissent un vrai coup d’arrêt après six succès d’affilée.

Des replis trop souvent défaillants n’ont rien arrangé, surtout qu’aucune individualité n’a véritablement surnagé des deux côtés du glaçon. Si Ján Plch n’a pas spécialement brillé (lui qui est pourtant d’une grande régularité), Michal Petrák est lui totalement passé à côté de sa soirée, contribuant largement à l’inefficacité d’un powerplay stéréotypé, figé, qui cherche la faille sans la trouver et s’appuie trop souvent sur les seuls lancers d’Aziz Baazzi, Grégory Beron ou Alain Goulet.
La thèse de l’accident (ou du soir « sans ») reste toutefois privilégiée pour expliquer cet accroc des Gamyo, qui nous ont habitués à beaucoup mieux cette saison. Cette défaite (la sixième de suite à domicile face à Briançon) aura toutefois le mérite de les ramener à la dure réalité. Celle d’un championnat très serré, qui n’autorise aucun relâchement et où chaque point, chaque victoire doit se mériter…
Réactions d’après-match (dans Vosges Matin)
Philippe Bozon (entraîneur d’Épinal) : « Les gars ont bien répondu au deuxième tiers. On a dominé mais on prend trop vite le but du 3-2 alors que nous étions juste revenus. On a eu plein d’occasions mais on a manqué des pucks. On a cherché aussi des jeux parfois trop compliqués. Quand on est fatigué, on manque de lucidité. On l’a vu dans les supériorités. Mais il faut garder le positif. Les gars n’ont jamais lâché. »
Edo Terglav (entraîneur de Briançon) : « On savait que ce n’était pas facile de venir à Épinal mais on a réussi à calmer assez vite la foule en marquant vite. Après qu’Épinal soit revenu, on a gardé la tête haute. Après le match difficile de vendredi à Caen, on a changé nos alignements et on a travaillé en équipe. Cela fait longtemps que l’on cherche la bonne formule ».
Épinal – Briançon 2-6 (0-2, 2-1, 0-3)
Dimanche 16 novembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Thomas Caillot et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Épinal 6′ (4′, 0′, 2′) ; Briançon 14′ (4′, 0′, 10′).
Tirs : Épinal 31 (3, 16, 12) ; Briançon 23 (9, 4, 10).
Évolution du score :
0-1 à 00’27 » : Igier assisté de Labrecque
0-2 à 05’11 » : Raux assisté de Bernier et Pritz
1-2 à 21’55 » : Kuralt assisté de Petrák et Sušanj
2-2 à 32’05 » : Ograjenšek assisté de Baazzi
2-3 à 34’56 » : Ankerst assisté de Jensen et Bernier
2-4 à 45’33 » : Ankerst assisté de Devin et Szélig
2-5 à 58’35 » : Labrecque (cage vide)
2-6 à 59’07 » : Devin assisté d’Abramov et Ankerst
Épinal
Gardien : Andrej Hočevar (sorti de sa cage de 54’20 » à 54’30 », de 54’41 » à 55′, de 55’42 » à 55’59 », de 56’33 » à 57’00 » et de 57’24 » à 58’35 »).
Défenseurs : Vojtěch Kloz (-1) – Maxime Moisand (-1) ; Aziz Baazzi (-1) – Gašper Sušanj ; Maxime Ouimet (C, -2) – Alain Goulet (-2) ; Martin Charpentier (-1).
Attaquants : Ken Ograjenšek – Grégory Beron – Nicolas Leonelli (+1) ; Vincent Kara (-4) – Matthieu Le Blond (-3) – Peter Valier (-4) ; Anže Kuralt – Michal Petrák – Ján Plch (A) ; Pierre-Charles Hordelalay – Yannick Offret (A, -1) – Anthony Rapenne (-1) ; Maxime Martin (-1).
Remplaçant : Pierre Mauffrey (G). Absents : Peter Slovák (ménagé), Nathan Ganz (surnuméraire).
Briançon
Gardien : Shane Madolora.
Défenseurs : Florian Chakiachvili – Andreas Frisk (+1) ; Kevin Igier (+4) – Cory Pritz (+3) ; Viktor Szélig (+1) – Cédric Custosse.
Attaquants : Jimmy Jensen (+2) – Damien Raux (A, +2) – Marc-André Bernier (C, +3) ; Michal Jeslínek (+1) – Dave Labrecque (A, +2) – Ian McDonald (+1) ; Norbert Abramov (-1) – Jaka Ankerst (+1) – Pierre-Antoine Devin ; Guillaume Michelon – Gašper Cerkovnik – Cédric Di Dio Balsamo.
Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Thibault Farina, Loïc Farnier. Absent : Lionel Tarantino.









































