Des lendemains qui déchantent
Il fallait s’attendre à ce qu’un jour les blessures viennent jouer les éléments perturbateurs. Que ces petits nuages gris viennent ternir le ciel bleu des Gamyo, pour qui la dernière trève internationale fut loin d’être un cadeau. Aziz Baazzi est revenu blessé au dos d’une double confrontation franco-slovène disputée le week-end dernier à Anglet et Bordeaux…
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Ce soir-là, en Haute-Savoie, les boys du Boz’ ont pourtant cru tuer le match d’entrée en menant très rapidement (3-0, après avoir concrétisé leurs premières supériorités). Mais les Vosgiens ont dû déchanter, se faisant rattraper, puis dépasser par des Pingouins suffisamment opportunistes pour l’emporter (7-6). Andrej Hočevar n’a, une fois encore, pas su garder la porte fermée…
En l’absence de concurrence et d’un back-up digne de ce nom, le portier slovène doit, il est vrai, enchaîner les titularisations. En quatre mois de compétition, l’intéressé vient en effet de disputer son trente-et-unième match officiel cette saison (en comptant ses présences contre la France et le Japon). Une accumulation de sollicitations à laquelle Hočevar doit s’accommoder, quitte à voir ses statistiques (et tout particulièrement son pourcentage d’arrêts) s’effondrer, comme pour mieux l’éloigner des meilleurs gardiens officiant parmi l’élite du hockey français.
Andrej 
Mais force est de constater que certaines choses ont changé depuis cette monumentale raclée. L’ICE est rentrée dans le rang après ses débuts tonitruants, contrairement aux Tifu, Skinnars et autres Bisaillon, qui ont à cœur de laver cet affront, forts d’une solidité retrouvée. Les troupes dirigées par Réal Paiement, désormais seules deuxièmes au classement, restent sur quatre succès d’affilée avec, à chaque fois, très peu de buts encaissés.
Devenue la meilleure défense du championnat, l’ASGA peut il est vrai compter sur un gardien chevronné. Un vétéran canadien disposant d’un des plus gros CV jamais vus dans nos contrées. Mais rappelons que Jean-Sébastien Aubin, l’homme aux 219 matchs de NHL (avec Pittsburgh, Los Angeles et Toronto), ne s’est encore jamais produit à Poissompré… là où sa doublure Alexis Neau a pris l’eau deux mois plus tôt !

Contraint de passer la main à son adjoint (Nicolas Martin), le Boz’ -accompagné de ses fils Tim et Kevin – doit donc ronger son frein dans les gradins. Des travées rapidement parcourues d’un premier frisson : Angers ouvre le score sur sa toute première incursion. Le trio Walls-Henderson-Gaborit pose le jeu en zone offensive jusqu’à ce que le deuxième nommé prenne un premier lancer, un poil trop croisé. Le palet, ressorti par Gaborit, revient sur Mrena à la bleue dont le tir flottant est repoussé sur Walls, totalement démarqué (0-1 à 00’33 »). Premier tir, premier rebond… et premier but ! Mais où était la défense sur cette action ?
Aubin veillait au grain
Cela ne pouvait plus mal débuter pour Andrej Hočevar, gros pourvoyeur de rebonds. Un gardien en proie au doute et loin, très loin d’être serein dans ses interventions. Rien à voir avec l’assurance dégagée par l’expérimenté Jean-Sébastien Aubin, décisif devant Peter Valier (venu le défier du revers, 01’04 »), qui a tout du grand gardien faisant actuellement défaut aux Gamyo. Des Spinaliens ne manquant pourtant pas de combativité, à l’image d’un Ján Plch pressant Lauri Lahesalu pour lui subtiliser le palet afin de décaler Vincent Kara, qui tire à bout portant. Une tentative déviée in extremis par Michael Busto (02’07 »), le solide arrière italo-canadien.
Les
Fidèle à sa réputation de joueur rugueux et accrocheur, Guillaume Lefebvre retient Peter Valier (06’28 »). L’ailier québécois sera bientôt rejoint par Bisaillon, emprisonné pour avoir fait trébucher Hordelalay (06’55 »).
Les supporters spinaliens s’en frottent les mains, tout en restant méfiants quant aux possibilités d’un powerplay passé maître dans l’art de faire circuler le palet. Un jeu de puissance rapidement installé, qui va faire tourner et chercher la faille sans la trouver, à l’image d’un Goulet manquant de spontanéité dans ses prises de lancers. Vincent Kara, en embuscade, ne sera pourtant pas loin d’égaliser (07’42 »). Kuralt, bien lancé dans la profondeur par Petrák, se perd, lui, dans des dribbles superflus (07’58 »), laissant Beron décocher un boulet de canon (08’43 ») transformé en rebond qu’Hordelalay, pourtant bien placé, ne pourra répercuter (08’46 »). La faute à Jean-Sébastien Aubin, qui détourne tout. De près comme de loin.
Basant leur jeu sur la récupération du palet, les attaquants angevins, bien en place et agressifs dans l’échec-avant, arrivent à leurs fins. Un pressing de Lefebvre, bien relayé par Tifu, suffit à mettre la défense sens-dessus-dessous. Et si Crowder, finalement servi, voit son lancer repoussé (09’55 »), Slovák s’est rendu coupable d’un cinglage sur cette action. Attention, danger, car Angers dispose, en Sébastien Bisaillon, d’un spécialiste des frappes canon. Pourtant, c’est bien Braden Walls, en angle fermé, qui se montre le plus menaçant (10’29 »), imité par un Cody Campbell s’essayant d’un tir flottant échappant à la mitaine du gardien spinalien. Ce dont Walls, toujours aussi bien placé, a bien failli profiter (11’53 ») !
Ce n’est que partie remise pour les Ducs d’A
Le cerbère slovène, visiblement dépité, est en train de plonger. Les Gamyo sont-ils pour autant condamnés à couler ? Eh bien non car un petit vent de révolte va souffler sur Poissompré. Tim Crowder, puni d’un accrocher (13’34 »), forçant ses partenaires à se recroqueviller devant Jean-Sébastien Aubin, qui « boxe » le slap de Beron (13’57 ») et voit Lefebvre contrer, sur sa ligne, l’essai de Kara à bout portant (15’46 »). Deux éclaircies dans la grisaille d’un powerplay stéréotypé, où chacun s’obstine à chercher le jeu parfait.
Les visiteurs, qui mènent sans être véritablement dominateurs, tiennent le score jusqu’au retour aux vestiaires. Une mauvaise appréciation de Sébastien Bisaillon aurait pourtant pu leur coûter cher, mais Peter Valier, involontairement servi par le défenseur canadien, cherche le cinquième trou… sans le trouver (19’12 »). Aubin, comme toujours, fait le métier en enrayant le break du Spinalien, puis en essuyant une dernière pluie de lancers. L’ex-NHLer laisse passer l’orage, qui fait rage devant sa cage pendant une pénalité d’Henderson (19’36 »).
Les
L’espoir renaît, vite douché par la sortie prématurée de Florent Aubé (22’04 »). Le jeune défenseur angevin, pressé par Offret, encaisse difficilement la charge appuyée du Spinalien, qui le laisse gisant. Touché aux cervicales, Aubé sort sur civière, évacué vers le centre hospitalier. Un coup dur pour ses coéquipiers, qui subissent aussitôt la furia des Gamyo. Ograjenšek trouve Kuralt devant la cage qui, au lieu de tirer, tente le dribble de trop (22’10 »). Un enchaînement frappe-contrôle de Ján Plch est, lui, stoppé en deux temps par Aubin (23’27 »).
Sans le savoir, l’ICE a laissé passer sa chance. Cody Campbell, esseulé devant la cage, s’empare du rebond consécutif au lointain lancer de Johan Skinnars pour contourner le gardien spinalien et glisser, avec sang-froid, la rondelle entre la botte et le montant droit (1-3 à 24’08 »). Un but aussitôt suivi d’un penalty. Une récupération de Busto, suivie d’une longue ouverture, permet à Brian Henderson de s’échapper. L’international français, déséquilibré par le retour désespéré de Sušanj (25’16 »), obtient réparation… mais joue très mal le coup en allant s’enfermer sur la droite d’Hočevar, qui a bien anticipé !

Les opportunités ne manquent pourtant pas des deux côtés, mais l’échéance est à chaque fois retardée. Ken Ograjenšek se remet sur son coup droit pour frapper, voyant Michael Busto bloquer son lancer (31’58 »). Un centre d’Hordelalay à destination de Le Blond est intercepté par Crowder, qui lancer Tifu, pour un essai paré du bouclier (32’11 »). Et que dire de cette montée de Busto, parfaitement relayée par Gaborit, qui permet à l’Italo-canadien de s’échapper. Enfin, pas tout à fait : Alain Goulet plonge dans ses patins pour l’arrêter (34’29 »).
Pour la deuxième fois de la soirée, un tir de pénalité est appelé mais Busto, chargé d’exécuter la sentence, manque lui aussi de lucidité en se désaxant exagérément. Hočevar, qui a suivi le mouvement, n’en demandait pas tant…

Loin d’être joué, ce match ouvert et débridé laisse augurer un troisième tiers très disputé. D’emblée, Beron chauffe la mitaine d’Aubin (40’35 ») avant que Moisand, décidément très tranchant, n’aille vainement défier le Canadien en un-contre-un (41’03 »). Yannick Tifu se signale ensuite d’un tir tendu (42’41 »), aussitôt suivi d’une nouvelle action impulsée par Maxime Moisand. Le défenseur tricolore, mis sous pression dans son camp, résiste au forcing de Skinnars pour lancer Ograjenšek… qui verra la lucarne se dérober (43’39 ») !
Ces multiples occasions, les Gamyo finiront par les regretter, surtout qu’une pénalité infligée à Tim Crowder (45’20 ») restera inexploitée. Il s’en faudra même d’un rien pour que Tifu, suite à une récupération de Tim Crowder, ne s’ouvre le chemin des filets après avoir facilement éliminé Ouimet (48’05 »). Le capitaine spinalien, loin de son meilleur niveau, n’est plus que l’ombre de lui-même, à l’image d’un Michal Petrák fantomatique, qui se laisse déborder par Johan Skinnars.

Deux pénalités successivement récoltées par Hordelalay (54’13 ») et Kuralt (55’08 ») engendrent une double supériorité que Tifu finit par abréger. Le centre québécois pousse, du patin, le palet au fond des filets suite à une triangulation initiée par Bisaillon et relayée par Crowder vers Gaborit (1-5 à 55’47 »).
Frustré par la tournure que prennent les événements, Maxime Ouimet voit sa réaction épidermique sanctionnée d’une méconduite. C’est donc du banc des pénalités que l’intéressé verra Crowder contre-attaquer. Le Canado-britannique file côté gauche avant d’adresser un centre tendu repris par Gaborit, qui n’a plus qu’à la mettre au fond (1-6 à 57’34 »). Les Spinaliens auront donc fini par perdre pied dans cette partie dont le score, très lourd, ne reflète pas totalement la physionomie…
Les petits détails qui font la différence
Desservis par un gardien chancelant, de mauvais placements et des replis trop souvent défaillants, les Gamyo ont payé un lourd tribut à l’inefficacité des attaquants, étalant encore une fois leurs carences du moment.

Le soufflé du début de saison est donc retombé à Poissompré, où l’on a peut-être sur-estimé les capacités d’une équipe ayant vu ses adversaires s’adapter à sa façon de jouer. Un groupe combatif, mais régulièrement puni de ses manquements défensifs. Une formation devant maintenant plus regarder derrière que devant au classement. Et pour qui le besoin de points pourrait rapidement devenir urgent…
Réactions d’après-match (dans Vosges Matin) :
Philipe Bozon (entraîneur d’Épinal) : « Le match se joue sur les cinq premières minutes du deuxième tiers-temps. On est mené 2-1, on a une cage vide et deux grosses occasions derrière. Si on revient à 2-2, je suis sûr que c’est un tout autre match. On ne score pas dans les moments clés et après on a une absence défensive. Ensuite, c’est dur de revenir contre un grand gardien qui fait la différence et qui est certainement le plus efficace de la Ligue Magnus en ce moment. »
Épinal – Angers 1-6 (0-2, 1-1, 0-3)
Vendredi 26 décembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1500 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Matthieu Loos et Charlotte Girard.
Pénalités : Épinal 24′ (2′, 2′, 10′ + 10′) ; Angers 26′ (6′, 6′, 14′).
Tirs : Épinal 30 (9, 11, 10) ; Angers 42 (13, 13, 16).
Évolution du score :
0-1 à 00’34 » : Walls assisté de Gaborit et Henderson
0-2 à 11’59 » : Thillet assisté de Gaborit et Crowder (sup. num.)
1-2 à 21’34 » : Beron assisté de Moisand
1-3 à 24’08 » : Campbell assisté de Skinnars
1-4 à 53’31 » : Campbell assisté de Skinars et Thillet
1-5 à 55’47 » : Tifu assisté de Gaborit et Crowder (double sup. num.)
1-6 à 57’34 » : Gaborit assisté de Crowder et Tifu
Épinal
Gardien : Andrej Hočevar.
Défenseurs : Gašper Sušanj (-1) – Maxime Moisand (-1) ; Maxime Ouimet (C, -1) – Peter Slovák ; Martin Charpentier (-2) – Alain Goulet (-4).
Attaquants : Anže Kuralt (-2) – Grégory Beron – Ken Ograjenšek ; Nicolas Leonelli (-1) – Matthieu Le Blond (-2) – Peter Valier (+1) ; Vincent Kara (-1) – Michal Petrák (-2) – Ján Plch (A, -1) ; Anthony Rapenne – Yannick Offret – Pierre-Charles Hordelalay (+1).
Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Nathan Ganz, Maxime Martin. Absents : Aziz Baazzi (dos), Vojtěch Kloz (commotion cérébrale).
Angers
Gardien : Jean-Sébastien Aubin.
Défenseurs : Andrej Mrena (+2) – Michael Busto (A) ; Lauri Lahesalu (+2) – Sébastien Bisaillon (C, +3) ; Paul Bahain (+1) ; Florent Aubé.
Attaquants : Braden Walls (+1) – Brian Henderson (A, +1) – Robin Gaborit (+3) ; Guillaume Lefebvre – Yannick Tifu (+2) – Tim Crowder (+2) ; Johan Skinnars (+2) – Cody Campbell (+1) – Dimitri Thillet (+1) ; Maxime Griet – [alternance de centres] – Alexis Crosnier.
Remplaçants : Alexis Neau (G), Damien Sanchez, Sébastien Valade, Gautier Alvau. Absents : Gary Lévèque et Julien Albert (blessés).








































