On n’arrête plus les Spinaliens !
La vérité d’une soirée n’étant pas forcément celle du lendemain, il fallait forcément s’attendre à une réaction d’Angevins écrasés (1-9), la veille, par des Spinaliens s’étant senti pousser des ailes. Des Gamyo désormais totalement relancés dans cette série, qui arrive à son premier tournant. L’occasion de vérifier si la confiance a effectivement changé de camp…

Il va sans dire que ce jeu pour le moins musclé s’avère pourvoyeur de pénalités. Aussi Campbell, pour avoir chargé Petrák à la tête, écope-t-il d’une méconduite. Un 2+10 engendrant le premier avantage numérique de la soirée, fatal à un Tim Crowder se blessant au poignet (en bloquant le shoot puissant de Beron, 04’04 »). Une sortie prématurée qui n’altère aucunement les bonnes dispositions d’Angevins serrant efficacement les rangs, tout en se montrant très agressifs sur le porteur du palet.

Les défenses prennent donc le pas sur les attaques en ce début de partie. Mais à trop se montrer indisciplinés, les Ducs d’Angers vont se tirer une balle dans le pied. Les visiteurs, alors en supériorité (obstruction de Kuralt, 06’11 »), concèdent une pénalité stupide. Robin Gaborit, en regagnant son banc, séche sans raison Matthieu Le Blond (07’02 ») avant que Braden Walls ne se rende à son tour coupable d’une obstruction (07’02 »).
De quoi permettre aux Spinaliens d’évoluer en double supériorité pendant plus d’une minute. Une opportunité qu’ils ne vont pas laisser passer. Ján Plch, opportuniste, profite d’un gros cafouillage devant la cage (suite à un slap dévié de Beron) pour s’emparer du rebond. Et ainsi faire se lever Poissompré (1-0 à 08’28 ») !

Un engagement méritoire, mais insuffisant. Le Québécois agissant toujours à contre-temps, chargeant le bonhomme sans véritablement se soucier d’un palet circulant vite et bien dans les palettes des joueurs spinaliens. Tant et si bien que l’infatigable Vincent Kara, lancé dans la profondeur par Matthieu Le Blond, parvient à s’échapper, sans pour autant parvenir à s’extraire du marquage serré d’un Johan Skinnars bien replié. L’ex-ailier des Chamois, gêné par l’opposition du Suédois, ne peut adresser qu’un petit lancer « facilement » détourné par la botte du portier (10’41 »).
S’ingéniant à compliquer la vie des attaquants, les défenseurs (qu’ils soient angevins ou spinaliens) laissent peu de libertés aux avants, qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer mais le jeu est fermé, agrémenté de quelques contacts appuyés (signés Walls, Lefebvre ou Offret) et d’une poignée d’incursions, comme cette accélération d’un Yannick Tifu mettant toute sa puissance dans un lancer parfaitement bloqué (12’20 »). Ján Plch, diablement entreprenant, tente lui aussi de se montrer dangereux, sans plus de succès (12’32 »).

Le gardien international slovène, dans l’incapacité de se relever, parvient même à empêcher Tifu d’égaliser (16’29 »). Mais que pouvait-il faire sur ce lancer balayé de Lahesalu, dévié (à hauteur de taille) par un Walls redirigeant la rondelle entre ses jambières (1-1 à 17’12 ») ?
Ce but tombe en tout cas à point nommé pour les Angevins, toujours gênés par l’échec-avant spinalien mais rentrés aux vestiaires sur un score de parité. Un statu quo que ce diable de Campbell passe à deux doigts de briser, d’une incursion mettant toute la défense sans dessus-dessous (23’31 »).

Costauds ces Gamyo !
Les grands joueurs, c’est bien connu, répondent toujours présent dans les moments importants. Mais qui aurait imaginé revoir Ján Plch, fringant vétéran, être aussi décisif et performant à plus de quarante ans ? Retrouvant une seconde jeunesse, la vétéran n’a en tout cas pas encore terminé de forger sa légende, lui l’actuel meilleur compteur, buteur et passeur de l’histoire du hockey spinalien… qui n’a rien perdu de sa vista, ni de son coup de rein !
Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes, personnifié par la rudesse d’un Guillaume Lefebvre reprenant aussitôt son travail de sape en chargeant durement Grégory Beron (25’55 »), puis Alain Goulet dans la foulée (26’03 »). Mais l’ailier aux 1 809 minutes de pénalités (depuis sa sortie des rangs juniors en 2001 !) va surtout s’empaler sur le gardien au terme d’une action provoquant l’emprisonnement de Kuralt (26’24 »). Une sentence doublée par l’incarcération de Leonelli, puni pour avoir déséquilibré Skinnars (26’59 »).
L’inquiétude
Des applaudissements transformés en huées lorsque cela se rapporte au jeu excessivement rugueux d’un Lefebvre faisant décidément beaucoup plus de mal que de bien aux Angevins, à nouveau contraints d’évoluer en infériorité pendant une nouvelle pénalité infligée à leur turbulent ailier (31’50 »). Mais les Ducs disposent, en Jean-Sébastien Aubin, d’un sacré gardien. D’un ultime rempart pouvant tout à fait s’ériger en muraille infranchissable devant son filet. Demandez à Plch (qui voit sa tentative parfaitement bloquée, 32’42 ») ou à Baazzi, auteur d’un one-timer en angle fermé (33’03 »). D’une reprise croisée (et rasante) qu’Aubin est allé chercher d’une mitaine aussi ferme que cette frappe sèchement déclenchée par un Ograjenšek arrivé lancé (33’22 »)…
Retrouvant (au meilleur des moments) sa panoplie de grand gardien, Jean-Sébastien Aubin aura fait le malheur des Spinaliens, toujours sous la menace d’un retour angevin. Une égalisation pressentie sur ce déboulé de Yannick Tifu servant parfaitement Guillaume Lefebvre dans la zone de vérité. Mais l’ex-NHLer ne pourra dribbler le portier, qui n’aura pas mordu dans sa feinte et parviendra à se coucher pour geler le palet (34’51 »). Tifu n’est pas plus en réussite sur sa tentative, détournée du bouclier par un Hočevar des grands soirs (36’08 »).
Le danger finit néanmoins par s’éloigner. Michael Busto, sous pression, expédie son dégagement par-dessus la baie vitrée (37’14 »). Un raté synonyme de retard de jeu pour le solide arrière italo-canadien (toujours d’un précieux soutien pour ses attaquants), qui n’aura toutefois pas à culpabiliser. Le powerplay spinalien s’en remet presqu’exclusivement aux lancers d’Aziz Baazzi et Maxime Moisand, dont les frappes puissantes n’auront pas eu la précision escomptée…

Le troisième tiers vient à peine de commencer qu’Angers se retrouve doublement mené. Mais les Ducs vont rapidement se remettre en selle. Skinnars chipe la rondelle à Moisand devant la table de marque pour s’engouffrer en zone offensive, prenant au passage le meilleur sur Le Blond. L’ailier suédois déclenche ensuite un premier lancer malgré l’opposition de Kloz avant de prendre son propre rebond, qu’Hočevar repousse devant lui. Cody Campbell, qui a bien suivi, s’empare du palet (au détriment de Moisand) pour marquer du revers, dans une cage grande ouverte (3-2 à 43’58 »).
L’étau semble se resserrer, alors qu’il reste un gros quart d’heure à jouer. Autant d’instants potentiellement stressants pour les très nombreux spectateurs de Poissompré, surtout qu’une pénalité infligée à Julien Albert (44’29 ») ne sera pas exploitée. Un frisson va d’ailleurs parcourir les gradins lorsqu’un centre de Tifu manquera d’être dévié par Le Blond au fond de ses propres filets (47’04 »).
Subissant de plus en plus dangereusement, les Gamyo s’emploient à repousser des assauts devenus incessants. Mais s’il se montrent très solides défensivement, ils ne sont aucunement à l’abri d’un retour angevin. Le poteau vient d’ailleurs au secours d’Hočevar, tout près d’être surpris par la frappe croisée d’Albert (sitôt l’engagement effe
Ne relâchant pas la pression, les hommes de Réal Paiement se font toujours plus insistants. Mais la troupe à Bozon, en plus d’être dotée d’un excellent portier, a du cran et fait preuve d’une incroyable solidité autour des Kloz, Baazzi, Ouimet et Moisand. Et s’ils peinent à prendre cette défense à défaut, les Ducs resteront menaçants jusqu’au bout.
Les Spinaliens, forcés de plus défendre qu’attaquer, ratant le but du K-O sur un deux-contre-un voyant Kara trouver Valier, d’une parfaite passe en retrait. L’ex-Rouennais, totalement démarqué, expédie la rondelle directement dans la mitaine d’un Aubin (56’52 ») finissant par déserter ses filets. Une cage vide que loupera par deux fois Vincent Kara, sans que cela ne remette en cause ce précieux succès assurant la tenue d’une sixième manche à Poissompré. Un rendez-vous à ne pas manquer… surtout que l’équipe qui l’emportera mardi, au Haras, n’aura plus besoin que d’une victoire pour atteindre la finale du championnat !
Le droit d’y croire
Cet objectif, qui paraissait inconcevable il y a encore une semaine, apparaît désormais envisageable pour les Gamyo. Des Spinaliens ayant non seulement prouvé qu’ils étaient à la hauteur de l’événement, mais aussi qu’ils n’avaient rien à envier aux Ducs d’Angers… qui devront franchement batailler pour se qualifier !
Réactions d’après-match (dans Vosges Matin) :
Philippe Bozon (entraîneur d’Épinal) : « Il y avait une grosse intensité ce soir. On savait qu’Angers allait venir très très fort sur ce match. Ils ont vraiment mis une très grosse intensité tout au long des soixante minutes. Cela a été un gros duel et un vrai match de play-offs avec tout ce que cela comporte comme le jeu physique. Bien évidemment, les supériorités numériques ont été très importantes. Les gars ont fait preuve de beaucoup de courage et d’abnégation pour tenir le score à la fin du match. Je suis encore une fois très fier d’eux. C’est une très bonne chose d’être revenu à 2-2. »
Réal Paiement (entraîneur d’Angers) : « C’est toujours très dur de venir jouer à Épinal. Je trouve que les deux gardiens ont été bons. Dans les vingt dernières minutes après le troisième but que l’on a pris tout de suite, il a fallu pousser. On a eu les occasions mais le gardien d’Épinal a fait les bons arrêts. La différence, c’est qu’il y avait un but d’avance pour Épinal. Même si on avait gagné les deux matchs à Angers, cela avait été serré. »
Épinal – Angers 3-2 (1-1, 1-0, 1-1)
Samedi 14 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs (offciellement déclarés, mais plus de 2 000 en réalité).
Arbitrage de Nicolas Barbez et Geoffrey Barcelo, assistés de Pierre Dehaen et Frédéric Peurière.
Pénalités : Épinal 8′ (4′, 4′, 0′) ; Angers 24′ (6′ + 10′, 6′, 2′)
Tirs : Épinal 23 (8, 6, 9) ; Angers 34 (8, 14, 12)
Évolution du score :
1-0 à 08’28 » : Plch assisté de Kuralt et Beron (double sup. num.)
1-1 à 17’12 » : Walls assisté de Lahesalu et Tifu (sup. num.)
2-1 à 25’07 » : Plch assisté de Petrák et Kloz (sup. num.)
3-1 à 40’19 » : Kuralt assisté d’Ograjenšek
3-2 à 43’58 » : Campbell assisté de Skinnars et Walls
Épinal
Attaquants :
Anže Kuralt – Grégory Beron – Ken Ograjenšek
Vincent Kara – Matthieu Le Blond – Peter Valier
Nicolas Leonelli – Michal Petrák – Ján Plch (A)
Anthony Rapenne – Yannick Offret (A) – Martin Charpentier
Maxime Martin
Défenseurs :
Gašper Sušanj – Aziz Baazzi
Maxime Ouimet (C) – Alain Goulet
Vojtěch Kloz – Maxime Moisand
Gardien :
Andrej Hočevar
Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Peter Slovák. Absents : Pierre-Charles Hordelalay (mâchoire), Nathan Ganz (choix de l’entraîneur).
Angers
Attaquants :
Julien Albert (C) – Brian Henderson (A) – Robin Gaborit
Braden Walls [puis Lefebvre] – Yannick Tifu – Guillaume Lefebvre [puis Thillet]
Johan Skinnars – Cody Campbell – Tim Crowder [puis Walls]
Maxime Griet – Dimitri Thillet – Alexis Crosnier
Défenseurs (paires tournantes) :
Lauri Lahesalu – Sébastien Bisaillon
Andrej Mrena – Gary Lévèque
Michael Busto (A) – Paul Bahain
Gardien :
Jean-Sébastien Aubin (sorti de sa cage à 58’28 »)
Remplaçants : Alexis Neau (G), Florent Aubé, Damien Sanchez.








































