Fin de la présentation de KHL.

Le nouvel entraîneur, Evgeni Kornoukhov, a directement signé pour deux ans. Ce natif d’Omsk a appris le métier auprès de spécialistes reconnus (Vujtek, Vorobiev, Yurzinov) et doit s’occuper de ce que Summanen délaissait, la formation des jeunes. Une nouvelle stratégie a été formulée dans chaque classe d’âge : la victoire est secondaire par rapport au développement des joueurs.
Rassurez-vous, l’équipe première, elle, est quand même censée gagner. Elle dispose toujours du possible meilleur top-6 offensif de KHL avec les trios Perezhogin-Sobotka-Popov et Shirokov-Zubov-Parshin. Ils ont été complétés par l’attaquant défensif Martin Erat, dont la complémentarité avec son compatriote Vladimir Sobotka peut être utilisée au moins en infériorité numérique. Même à défaut de Ruzicka, les Tchèques jouent donc un rôle-clé : après avoir eu fort à faire dans un Slavia Prague désargenté sans avoir pu éviter la relégation, le gardien Dominik Furch aura un autre genre de pression dans un club de haut de tableau, avec une jeune doublure locale (Denis Kostin) dont les performances ont déjà eu raison de Barulin l’an passé.

C’est donc dans un organigramme apparemment complet qu’est arrivé Igor Zakharkin, nommé coordinateur de toutes les équipes du club (des juniors aux féminines). Une nomination qui a étonné toute la Russie : Zakharkin a tout gagné comme adjoint de Slava Bykov, mais aujourd’hui le couple inséparable est séparé puisque Bykov est rentré en Suisse. Figure controversée, car peu diplomate envers ses confrères russes quand il s’occupait de la sélection, Zakharkin a pourtant une longue carrière puisqu’il était déjà dans le staff de l’équipe nationale en 1993, quand la Russie était championne du monde pour la dernière fois avant quinze ans et que Bykov n’était « que » le meneur de jeu sur la glace. Zakharkin ne risque-t-il donc pas de faire de l’ombre à ses collègues en place ? Emelin a donné son assentiment au recrutement de Zakharkin… mais celui-ci a fini par être nommé à sa place (en le gardant à ses côtés).
L’effectif rebâti est prometteur. Weisfeld a fait venir ses cadres de confiance à Ekaterinbourg (Anton Lazarev, Artyom Chernov, Sami Lepistö), il a embauché l’artiste suédois Linus Omark, et il a reconstitué un duo venu du CSKA : si Igor Grigorenko reste sur une excellente saison sur la ligne de Radulov, son jeune centre Nikolaï Prokhorkin a été échangé à Ufa parce qu’il avait perdu la confiance du staff moscovite. Il a tenté, comme l’été précédent au CSKA, le coup du « j’hésite à signer parce que je réfléchis encore à partir en Amérique », mais il a cette fois trouvé plus malun que lui avec Weisfeld : il a fini par signer pour un montant inférieur à la proposition de contrat initiale, qui avait une durée limitée. Tel est pris qui croyait prendre…
Le problème d’une équipe entièrement reconstruite est qu’elle prend du temps à assimiler son organisation défensive. Dernière du championnat après deux semaines, elle s’est vite retrouvé aux abois, en panne de confiance. Deux joueurs étrangers ont vite été montrés du doigt. Au sein d’un effectif qui compte déjà dans ses rangs le meilleur défenseur offensif de Russie (Kirill Koltsov), l’arrière finlandais Sami Lepistö s’est vu rappeler qu’on attend surtout de sa part beaucoup moins d’erreurs dans sa zone. Derrière cette équipe talentueuse mais trop peu agressive dans les duels, le gardien Niklas Svedberg a la tâche la plus compliquée : remarqué pour un plongeon théâtral au premier match télévisé, l’ancien meilleur gardien d’AHL puis solide numéro 2 à Boston, plus habitué au style nord-américain, a vite été montré du doigt.

Le public sibérien survolté doit bien aider à ce que cette équipe reste parmi les meilleures de KHL alors qu’elle perd chaque année ses meilleurs joueurs. L’été dernier, Novosibirsk avait vu partir le meneur offensif Jori Lehterä (en NHL) et le meilleur défenseur Kutuzov. Même pas mal. Cette année, c’est la première ligne entière qui s’en est allée (Enlund-Koskiranta-Kugryshev et les défenseurs Hersley et Ozhiganov) ! Aucun centre numéro 1 n’est arrivé, mais ceux qui occupaient les deuxième et troisième lignes, Oleg Gubin (qui a 34 ans et a rarement eu un rôle aussi important !) et David Ullström, compensent tout seuls comme des grands.
Les nouveaux étrangers Calle Ridderwall et Vladimir Roth n’ont jamais été considérés comme des joueurs dominants, mais on pourrait en dire autant de leurs prédécesseurs. À croire que c’est le Sibir qui fait les grands joueurs, au lieu que ce soient les grands joueurs qui fassent le Sibir. Deux fois champion à Magnitogorsk dans un rôle discret, Rinat Ibrahimov a été chargé de mener la défense.
Même si un seul des cadres supposés est resté au club, le gardien tchèque Alexander Salak, le Sibir fait donc comme si de rien n’était et reste redoutable.

Les travaux se sont terminés au tout dernier moment, mais la salle a pu ouvrir à temps, pour la Coupe du Président du Kazakhstan en pré-saison. Pour autant, le Barys a dû commencer la saison dans sa « vieille patinoire » : la nouvelle a été occupée par la célébration en grande pompe du 550e anniversaire du Khanat kazakh. C’est le revers de la médaille de ces enceintes modernes : le hockey n’y est plus toujours prioritaire.
Confronté au départ de son bouillant entraîneur Andrei Nazarov, le Barys Astana a opté pour la solution locale en mettant à sa place son adjoint Erlan Sagymbaev. Capitaine du Kazakhstan aux Jeux olympiques de Nagano, où l’équipe d’Asie Centrale avait atteint les quarts de finale, Sagymbaev a fait toute sa carrière d’entraîneur au pays, y compris en encadrant l’équipe nationale.
La différence avec la sélection, c’est que le Barys est bâti sur un « cinq majeur » nord-américain qui a le gros du temps de jeu et de la contribution offensive. La priorité était donc la prolongation des contrats du trio Dawes-Boyd-Bochenski.
Néanmoins, la formation d’une deuxième ligne dangereuse reste un enjeu. Deux passeurs de 32 ans, l’ex-international russe Aleksandr Kaïgorodov et l’attaquant canadien Martin Saint-Pierre, ont été recrutés pour alimenter les finisseurs kazakhs que sont Vadim Krasnobolotsev et Roman Starchenko.
Du haut de ses 194cm et 100kg, Keaton Ellerby, qui a perdu sa place à Winnipeg après quatre saisons de NHL, est quant à lui censé verrouiller la zone défensive quand la première ligne n’est pas sur la glace : si le Barys parvient à ne plus être l’équipe d’une seule ligne, il sera pris plus au sérieux.

Cet international tchèque Jan Kolar, est clairement le transfert-clé dans lequel le club a investi. Son incroyable fiche de +23 quand aucun coéquipier ne dépassait +8) a été monnayée très cher, plus d’un million d’euros de salaire annuel. Kolar obtient même un collègue et ami, l’attaquant Tomas Zohorna, avec qui il a été champion tchèque en 2010 et 2012 dans sa ville natale Pardubice. L’attaque paraît tout de même moins bien dotée que la défense, également renforcée du relanceur Vitali Atyushov, ex-international russe.
Les performances de l’Amur Khabarovsk dépendront donc énormément du gardien. Et le club espère avoir fait une bonne pioche avec Juha Metsola, un petit gabarit mobile et agile comme seule la Finlande sait en produire : que deviendront ses 93% d’arrêts en carrière avec Tappara dans l’adversité de la KHL ?

Bien sûr, il faut remplacer Kolar. Mais deux étrangers sont arrivés pour solidifier la défense. Le Letton Oskars Bartulis, qui occupait un rôle mineur au Barys Astana, a été nommé capitaine. L’ancienne star junior Jonathon Blum s’est partagée depuis cinq ans entre NHL et AHL, sans jamais franchir le cap attendu : à défaut des déménagements pendulaires en Amérique, il se « stabilisera » à Vladivostok, même si cela signifie qu’il passera son temps dans les lointains déplacements en avion vers la Russie européenne. Les qualités de patinage de Blum doivent en faire un joueur intéressant sur les grandes glaces russes.
Ce qui différencie l’Admiral de son adversaire d’Extrême-Orient, c’est le poste de gardien. Pas d’étranger, mais deux jeunes Russes qui prennent beaucoup plus de place que le petit Metsola. Avec 193cm et 97kg, Ivan Nalimov a joué la moitié des rencontres la saison passée, avec un pourcentage d’arrêts moyen de 90%. Avec 197cm et 108kg, Igor Bobkov a été considéré comme un gabarit idéal pour la NHL moderne, mais il a été totalement bouché dans l’organisation d’Anaheim par le super-espoir Gibson et par des vétérans, au point de finir en ECHL. Il s’est donc résolu à franchir l’Océan Pacifique pour relancer sa carrière.

La moyenne d’âge de l’équipe est la plus basse de KHL, inférieure à 23 ans, et ce n’est pas juste une moyenne appparente, faussée comme c’est souvent le cas par des juniors déclarés dans l’effectif sans qu’ils jouent en pratique. 23 ans, c’est vraiment aussi la moyenne d’âge de la première ligne ! Le défenseur Cade Fairchild (26 ans) et le centre Ryan Stoa (28 ans), les deux Nord-Américains déjà là l’an passé, y côtoient en effet une insolente jeunesse russe, celle qui a très rarement sa place habituellement.
À un poste de défenseur où l’expérience est très valorisée, Roman Manukhov, formé à Ekaterinbourg et qui avait un seul match de KHL au compteur (chez le Lokomotiv), a été placé directement sur la première paire à 21 ans ! Maksim Kazakov, 22 ans, venu d’Omsk, a pris place sur une aile pendant que l’autre est dévolue à Kirill Kaprizov, 18 ans à peine. Formé au club où il a commencé à 4 ans, ce joueur créatif est le seul titulaire de son âge en KHL. Malgré son petit gabarit, Kaprizov, qui a le hargneux Radulov comme modèle, ne montre aucune réticence dans les duels face à des adultes plus costauds que lui.
Même si la présence en play-offs de Novokuznetsk reste toujours improbable (la dernière remonte à 2007), le Metallurg redevient en tout cas lui-même, un club formateur et développeur de talents.









































