Les Spinaliens s’en tirent bien !
Capables de sauver une saison, les play-offs peuvent également entraîner les pires désillusions. Les phases finales peuvent donc remettre en question cinq mois de compétition. Mais quoi qu’il arrive, rien ne pourra ternir l’image rendue par Épinal, qui fit le plein de confiance et de points durant cette première partie de championnat bouclée, le 6 février dernier, sur une vingt-et-unième victoire… en vingt-six journées !

Voilà de quoi aiguiser bien des appétits, d’autant que l’épopée de l’an passé est encore dans tous les esprits. Mais encore faut-il que la « magie » des séries puisse opérer afin de prolonger l’euphorie. Les compteurs étant remis à zéro, les classements se retrouvent relégués au second plan. Tout un défi pour les favoris, forcément attendus au tournant.
Affublés d’un statut inédit de tête de série, les Gamyo vont donc devoir tenir leur nouveau rang. En cas de qualification, ils vengeraient d’ailleurs leurs prédécesseurs, tombés les armes à la main contre Amiens il y a tout juste dix ans. Des quarts de finale auxquels participèrent Ján Plch, figure emblématique des « années Dauphins »… et ultime « survivant » de ce contingent !
Présent lors de la toute première apparition d’Épinal à ce niveau de compétition, le meilleur buteur de l’histoire du hockey spinalien est donc toujours là pour faire face aux Amiénois. Les Gothiques n’ont plus gagné depuis trois ans à Poissompré, où ils s’inclinent sur des scores toujours étriqués. Les Vosgiens ne viennent jamais facilement à bout d’un adversaire sevré de trophées depuis maintenant douze longues années.

Ce sont donc des Gothiques amoindris, mais loin d’être démunis, qui se dressent sur la route de Spinaliens ne voulant assurément pas s’arrêter en si bon chemin. Les Amiénois tournent malgré tout à quatre trios (grâce au repositionnement de Beron à l’avant) et soignent leurs placements en ces premiers instants. Les Gamyo, qui ont rapidement pris l’initiative du jeu, effectuent quelques bons mouvements avant qu’une toile bien tissée ne les poussent à s’y empêtrer. Une trappe d’autant plus efficace qu’elle s’accompagne d’un bon échec-avant. Les attaquants patinent fort devant à l’image d’un Tim Crowder voyant sa récupération relayée par un Joël Champagne trouvant Grégory Beron, qui s’essaye d’un tir excentré (04’27 »). Une frappe sans danger pour un Hočevar très bien placé.
Un retard…

D’autant plus rageant qu’un contre éclair, lancé côté gauche, voit Shane Luke accélérer, puis centrer à destination d’un Quentin Fauchon relayant en première intention au second poteau. Un jeu en une touche de puck permettant à Kevin Bruijsten de glisser, du revers, la rondelle entre le montant droit et la jambière (0-1 à 05’40 »).
Suffisant à calmer les ardeurs de Poissompré, le but de l’international néerlandais est presqu’aussitôt suivi d’une pénalité que Joël Champagne aurait largement pu éviter. Le capitaine canadien d’Amiens a laissé traîné son bâton dans les patins d’un Florian Sabatier venant de lui soutirer l’engagement (06’31 »). Une opportunité que Maxime Moisand s’empresse d’exploiter en faisant parler son puissant lancer, qui frappe la base du montant (07’18 »). Un slap bien senti n’inspirant pourtant pas ses coéquipiers, qui remettront près d’une minute à s’installer… et presque autant de temps à déclencher un nouveau tir cadré !

Andrej Hočevar ne peut pas en dire autant de se garde rapprochée, qui accumule les revirements. Des pertes de palet engendrées par l’incessante activité d’attaquants pressants toujours autant, à l’image d’un Rémi Thomas obtenant deux bonne situations en un rien de temps (09’43 » et 09’54 »). Rien à voir toutefois avec cette montée de Le Blond relayée par Hordelalay, qui n’ajuste pas suffisamment une passe arrivant dans les patins d’un Ograjenšek totalement démarqué dans la zone de vérité (10’24 »)…
Cet éclair dans la grisaille ne freine aucunement l’élan de Gothiques s’évertuant à laisser peu d’espaces à exploiter. Très accrocheurs, ils défendent parfois à la limite de la régularité tout en faisant preuve d’une grande intensité en se battant avec acharnement sur tous les palets. Redoublant d’efforts pour tenter de garder la rondelle en zone offensive, ils voient leur ténacité récompensée de multiples récupérations. Il suffit toutefois d’une passe en retrait mal assurée pour qu’Ograjenšek lance Le Blond. L’ex-attaquant grenoblois combine avec Hordelalay avant de lui remettre au second poteau, sans s’imaginer que sa passe (décisive ?) allait être coupée par Bault (14’12 »). Une intervention décisive, rapidement suivie d’une accélération de Beron. L’ancien Spinalien parachèveson débordement d’un centre décalant parfaitement Leclerc au second poteau. On croit alors au but amiénois. Mais c’était sans compter sur la réactivité d’un Hočevar jaillissant pour sortir une parade du plus bel effet (14’33 »). L’un de ces arrêts stupéfiants (à bout portant) dont il a le secret…

Autrement plus discret, Jiří Klimíček va lui se signaler d’un superbe geste défensif en se couchant promptement pour bloquer un tir de Romain Carpentier (suite à un énième revirement, 18’01 »). Mais ni lui, ni aucun défenseur spinalien ne pourra empêcher Tim Crowder de marquer à l’issue d’un « tic tac toe » initiée par Joël Champagne et aussitôt relayé par Kevin Bruijsten au second poteau. Crowder s’y est toutefois repris à deux fois avant d’expédier le palet hors de la portée de Hočevar (0-2 à 19’14 »).
Peinant à trouver la bonne carburation, les Gamyo ne se sont pas montrés à leur avantage durant ce premier tiers terminé de la pire des façons. Mais pour les avoir vus si souvent remonter des situations compliquées, on se dit qu’il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter. Comme toute équipe de caractère, les Spinaliens disposent d’une grande capacité de réaction.

Subissant de plus en plus dangereusement, les Gothiques s’en remettent donc aux arrêts de leur portier, bien placé sur cette reprise d’un Vinatier (21’24 ») passé tout près de s’échapper sur une passe en retrait mal contrôlée par Leclerc (finalement parvenu à se rattraper, 23e). Le Blond trouve Ograjenšek, qui fait parler ses poignets (22’32 »). Son tir à mi-hauteur termine dans la mitaine d’un Mitch O’Keefe devant finalement s’avouer vaincu sur une frappe très vraisemblablement déviée d’un Matthieu Le Blond, légèrement excentré en haut de l’enclave, qui aura repris en première intention (1-2 à 23’03 »).
… vite comblé !
Sur leur lancée, les Gamyo, survoltés, égalisent dans la foulée. Cacciotti, ligne de fond, trouve Kuralt dans le slot, qui résiste au défenseur pour déclencher un tir rasant entre les jambières du cerbère (2-2 à 23’39 »). Ce but change totalement la physionomie d’une partie semblant inexorablement échapper aux Amiénois, aussitôt pénalisés d’un faire trébucher (23’58 »). Grégory Beron, fautif sur l’action, exprime sa frustration d’un petit geste d’humeur réprimé d’une méconduite.

Cette pénalité, qui aurait pu permettre aux Spinaliens d’enfoncer le clou, est donc finalement tuée. Une très bonne chose pour les Gothiques, qui reprennent le match par le bon bout. Un allant offensif retrouvé permettant à Fabien Kazarine (26e), puis Nicolas Leclerc (26’50 ») de prendre plusieurs lancers. Les hommes d’Olivier Duclos tirent dès qu’ils en ont l’occasion, ce qui met Andrej Hočevar à contribution. Le Slovène sort notamment une belle mitaine sur la tentative d’un Joël Champagne s’étant retrouvé étonnamment démarqué (27’39 »).
S’ils ont repris le jeu à leur compte, les Amiénois n’en restent pas moins vigilants. Le danger, avec ces Spinaliens, n’est jamais très loin. Gašper Sušanj parvient d’ailleurs à se frayer un chemin avant d’être déséquilibré, sans qu’aucune pénalité ne soit appelée (29’42 »). L’action se poursuivant jusqu’à ce que Zbyněk Hrdel, sous la pression de Yannick Offret, ne se rende coupable d’une crosse haute (30’01 »). Une belle opportunité que le powerplay spinalien s’empresse d’exploiter, sans qu’Ograjenšek (pourtant bien décalé par Fujerik) ne puisse tirer comme il le voudrait (30’24 »). Les Gothiques, bien regroupés devant leur portier, parviendront néanmoins à empêcher les Vosgiens se trouver dans le slot, les poussant à surtout décocher de lointains lancers. Une frappe de Ján Plch détournée (31’09 »), suivie d’un slap de Maxime Moisand repoussé sur Florian Sabatier, qui ne pourra trouver que la mitaine de Mitch O’Keefe (32’02 »).

La défense amiénoise est en revanche battue sur une passe de Sušanj relayée par Ograjenšek sur Farina, qui reprend d’un tir rasant qu’O’Keefe parvient à bloquer (35’01 »). Le gardien canadien remet ça, dans la foulée, sur une remise de Sabatier destinée à Cacciotti dans un angle fermé (35’24 »). Jiří Klimíček (dans les instants suivants un tir de Kazarine sur le montant, 35’37 »), voit son lancer s’écraser sur la barre (36’36 ») avant qu’Hugo Vinatier, lancé dans la profondeur, ne s’en aille buter sur le portier (37’12 »).
C’est alors qu’Offret se fait pénaliser pour un cinglage (38’04 ») forçant ses coéquipiers à terminer la période en infériorité et à subir les tirs répétés d’un Crowder manquant de précision dans ses lancers. Les deux équipes regagnent finalement les vestiaires sur un score de parité laissant en suspens la suite des événements. Bien malin, en effet, qui aurait alors pu prédire l’issue de cette soirée…
S’ouvrant sur une tentative de Grégory Beron (40’20 »), la troisième période se poursuit sur une belle remise de Steven Cacciotti, parvenu à trouver Anže Kuralt totalement démarqué. Le tir du Slovène finit toutefois par s’envoler (40’50 »). La lucarne tant recherchée n’a pas été trouvée. Yannick Offret, à la lutte avec Romain Bault derrière le filet, réussit à servir Hugo Vinatier (42’30 »). Mais O’Keefe, solide, garde la porte fermée. Un palet échappant à Moisand manque de profiter à Hrdel, qui verra Hočevar faire l’arrêt (43’11 »). Le plus bel exploit individuel revient à Vojtěch Kloz, auteur d’un slalom géant mal terminé : le « colosse » tchèque glisse finalement la rondelle au ras du montant (44’49 »)…
Et Vinatier s’échappa…

Un but assassin pour les Gothiques d’Amiens, qui vont dès lors tout tenter pour égaliser. L’envie jamais démentie des Bourgeois, Leclerc et Carpentier ne suffit toutefois pas à ébranler la solidité d’une trappe rigoureusement orchestrée, qui complique les entrées en zone et limite les prises de lancers.
Essayant par tous les moyens d’amener le danger, les Gothiques continuent d’insister. Mais privés de solutions, ils paraissent à court de munitions. Matthieu Le Blond (qui passe à un poteau du doublé, 57’29 ») et ses coéquipiers tiennent bon jusqu’au bout malgré l’ultime forcing d’Amiens, qui parvient néanmoins à se créer une dernière occasion. Joël Champagne trouve Jaka Ankerst devant la cage, qui parvient à embarquer Andrej Hočevar sans parvenir à suffisamment lever son revers (59’16 »). Un lointain dégagement d’Ograjenšek dans une cage vidée de son occupant (4-2 à 59’47 ») entérinant une victoire acquise de haute lutte aux dépens d’un adversaire pouvant nourrir de gros regrets. Épinal semblait, ce soir, plus prenable que jamais…
Épinal – Amiens 4-2 (0-2, 2-0, 2-0)
Vendredi 19 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1688 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Benjamin Gremion, assistés de David Courgeon et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 4’ (2’, 2’, 0’) ; Amiens 18’ (4’, 4’+10’, 0’)
Tirs : Épinal 35 (8, 19, 9) ; Amiens 27 (9, 10, 8)
Évolution du score :
0-1 à 05’40 » : Bruijsten assisté de Fauchon et Luke
0-2 à 19’14 » : Crowder assisté de Bruijsten et Champagne (sup. num.)
1-2 à 23’03 » : Le Blond assisté de Klouček et Ograjenšek
2-2 à 23’39 » : Kuralt assisté de Klimíček et Cacciotti
3-2 à 46’36 » : Vinatier
4-2 à 59’47 » : Ograjenšek (cage vide)
Épinal
Attaquants :
Steven Cacciotti – Florian Sabatier – Anže Kuralt
Anthony Rapenne – Dominik Fujerik – Ján Plch (A)
Dorian Peca – Hugo Vinatier – Yannick Offret (A)
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Ken Ograjenšek
Défenseurs :
Maxime Moisand (C) – Tomáš Klouček
Jiří Klimíček – Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj – Thibaut Farina
Martin Charpentier
Gardien :
Andrej Hočevar.
Remplaçants : Lucas Savoye (G), Maxime Martin.
Amiens
Attaquants :
Grégory Beron (A) – Joël Champagne (C) – Tim Crowder
Fabien Kazarine – Jaka Ankerst – Romain Carpentier
Shane Luke – Quentin Fauchon – Kevin Bruijsten (A)
Rudi Matima – Zbyněk Hrdel – Rémi Thomas
Défenseurs :
Tim Carr – Fabien Bourgeois
Jeff Smith – Mitch Fillman
Nicolas Leclerc – Romain Bault
Gardien :
Mitch O’Keefe (sorti de sa cage 59’17 » à 59’47 »)
Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Adrien Josse. Absents : Loïc Coulaud, Marius Serer (fracture de la clavicule).









































