Brest – Dunkerque (Division 1, 9e journée)

27

Réaction attendue 

Dire que la défaite de mardi était une déception est un euphémisme. Certes en face il y avait une belle équipe vendéenne emmené par un gardien de gala, mais on pensait les Albatros capables de surmonter La Roche. Une grosse réaction est attendue afin de sortir de cette spirale négative (trois défaites sur les quatre derniers matchs de championnat). Et pour cela il faut empocher les trois points face à l’avant-dernier Dunkerque devant un public très clairsemé de 584 spectateurs (la pire affluence depuis plusieurs années sans doute).

Les Corsaires ont le même objectif de briser une mauvaise série. Depuis la victoire inaugurale face à la lanterne rouge auvergnate (5-4), les défaites s’enchaînent pour eux. À l’exception de la déroute 7-1 il y a une semaine face à Anglet, les hommes d’Antoine Richer ne sont pourtant pas outrageusement dominés mais cèdent régulièrement d’un ou deux buts. La première réaction pour y mettre fin est le recrutement de Jakub Barton, un défenseur tchèque expérimenté. Malheureusement pour les Nordistes il n’est pas qualifié ce soir. Joe Dubé manque aussi à l’appel.

Pour la mise en jeu, Bryan Kolodziejczyk est replacé au centre entre les deux Benjamin, Power et Lagarde. Ce trio de choc est constitué des seules recrues étrangères offensives qui donnent pleinement satisfaction depuis le début de saison. Séparés lors du match de mardi, leurs retrouvailles fait immédiatement des étincelles. Sur une entrée de zone, l’international belge Kolodziejczyk laisse glisser le palet en retrait entre ses patins pour Benjamin Power qui troue Martel d’un tir pleine lucarne (1-0 à 0’47’’).

Entame de match a priori cauchemardesque pour Dunkerque qui enchaîne avec une pénalité pour retard de jeu purgée par l’Américain Will Laking (1’08’’). Mais les Corsaires sont loin d’être refroidis. L’une des plus grandes réussites de l’intersaison pour le club des Hauts de France et d’avoir pu conserver la redoutable doublette offensive Budínský-Mikusovic, respectivement deuxième et sixième du classement des pointeurs de Division 1 en 2015-2016. Les Albatros en font la douloureuse connaissance en se faisant piéger par une contre-attaque mortelle du Tchèque Vít Budínský alors que la prison de Laking se terminait. Tout en vitesse, l’attaquant visiteur ajuste Duquenne côté bouclier (1-1 à 3’12’’).

Antoine Richer jubile sûrement après cette réaction rapide de son arme fatale mais il fulmine tout autant avec les pénalités coup sur coup de Clément Thomas (5’44’’) et Brendan Martial (6’10’’) réduisant ses joueurs à trois sur la glace. Les Corsaires reviennent à quatre au bout de onze secondes seulement. La faute à une action bien construite en jeu de puissance par Ben Power, dont la passe transperce l’enclave dans toute sa largeur pour trouver au second poteau Kolodziejczyk qui marque dans un but grand ouvert mais avec un angle fermé peu évident (2-1 à 6’21’’).

Les Albatros sont dominants et manquent de peu de prendre leur envol par Erwan Pain, dont la vitesse et le dynamisme font beaucoup de bien à l’équipe. Mais Marc-André Martel dit non au Français qui se présentait seul face à lui (8’20’’). Néanmoins Brest doit aussi faire le constat de l’efficacité offensive adverse. Si ce n’est pas Budínský ce n’est autre que Mikusovic qui déjoue un Guillaume Duquenne fébrile sur ses rebonds dans cette entame de match. L’un d’entre eux lui est fatal et permet au centre slovaque d’égaliser (2-2 à 11’52’’).

Les choses se calment enfin un peu par la suite et les deux équipes rentrent aux vestiaires dos-à-dos. Si le jeu breton en première période était encore largement perfectible, la deuxième période s’avère globalement mieux maîtrisée. L’emprise locale sur le palet est perceptible et les Corsaires naviguent rarement autour de Guillaume Duquenne. Une perte de palet de Matteo Tonatteo offre un contre très dangereux aux Albatros mais qui ne donne rien sur le moment. L’action se poursuit néanmoins et est conclue d’un sacré pétard à la bleue de Charlie Doyle qui fait mouche (3-2 à 26’37’’). Une action qui confirme un peu plus le sentiment que le très bon lancer de l’ex-Tourangeau devrait être plus souvent exploité.

Cette fois Brest fait le nécessaire pour empêcher une égalisation. Les Nordistes bénéficient de quelques occasions de temps à autre, comme ce bon lancer de Moretti en pleine course qui se termine dans la mitaine de Duquenne (30’40’’). Martel répond lui aussi présent sur un double arrêt magnifique de la jambière sur des échappées de Lagarde et Kolodziejczyk (31’45’’).

La première pénalité  pour Brest est justement pour le centre belge, coupable d’un faire trébucher (32’37’’). Le couperet passe très près pour les siens, Duquenne est fortement sollicité et est même pris à défaut par un centre suivi d’un lancer sur réception. Mais Gaëtan Cannizzo bien positionné se couche devant le lancer et fait l’arrêt dans la douleur à la place de son gardien. Une action qui démontre que cette fois les Bretons sont accrochés à leur avance (33’30’’).

L’orage passé, c’est au tour des locaux de se retrouver en supériorité après une obstruction de Clément Thomas (15’33’’). Elle débouche sur un but important puisque Ben Power pousse au fond un rebond laissé par Martel sur un lancer de Lagarde et offre pour la première fois du match deux buts d’avance aux Bretons (4-2 à 37’25’’). Une performance sérieuse globalement sur cette période qui se traduit par une grosse domination aux lancers (14 tirs à 6 sur ce tiers médian) et se traduit par une avance méritée au score.

La première moitié de la dernière période du temps règlementaire voit Brest effectuer un travail sobre pour conserver son avance et cela fonctionne. Cependant les choses s’emballent sur les dix dernières minutes un peu à l’image de l’entame du match. Ainsi le but d’Erwan Pain (5-2 à 50’42’’) et suivi vingt-quatre secondes plus tard d’une réduction de la marque par Brachet qui profite d’un rebond laissé sur un arrêt initial de Duquenne face à Moretti (5-3 à 51’06’’).

Plus discret (car mieux surveillé) après la première période, Vít Budínský écope d’une pénalité pour cinglage (52’50’’). Est-ce le travail à l’entraînement sur les séquences de supériorités numériques qui commencent à payer pour Brest ? Le lancer victorieux de Gyesbreghs au second poteau (6-3 à 53’46’’) met fin à la soirée de Martel (remplacé par Boudot) et donne un taux de réussite à 50 % en supériorité numérique. Plutôt encourageant face à une équipe qui était classée avant le match troisième de la division pour tuer les pénalités avec un taux légèrement supérieur à 90 %.

Pour le moral, Dunkerque s’offre le dernier but sur une action bien construite. L’ancien capitaine des Albatros, Francis Ballet, lance intelligemment en direction de Duquenne pour Rémy Houque qui dévie au dernier moment juste devant le gardien (6-4 à 55’49’’). Un beau but qui, à défaut d’apporter des points au classement, vient récompenser une équipe des Corsaires qui a été plus contrôlée pendant une période et demie mais qui a su se réveiller en fin de match pour l’honneur et pratiquer du beau jeu.

Cette fois la victoire est bien au rendez-vous pour les Albatros. Tout ne fut pas parfait loin de là, ce fut même poussif par moment. Mais la bonne réussite en supériorité numérique, le peu de pénalités prises (4 minutes) et la très bonne tenue du premier bloc (Lagarde-Kolodziejczyk-Power-Doyle-Gréverend) sont les points positifs de la soirée. Il faut maintenant que les autres trios offensifs prennent davantage de responsabilités. Erwan Pain est un bon moteur entre les frères Avenel et a encore montré des choses intéressantes sur cette rencontre. En revanche on attend beaucoup plus du dernier trio où Bernard (malgré deux assistances ce soir) et Dulude ont des rendements décevants pour des recrues étrangères. L’arrivée annoncée de Karel Richter devrait permettre de renforcer et surtout stabiliser cette ligne afin d’atteindre le niveau attendu.

Pour Dunkerque c’est encore une courte défaite qui s’ajoute et des points au compteur qui s’envolent. La zone des play-off s’éloigne peu à peu et est désormais à huit points. Pourtant les Corsaires sont capables de bonnes choses, comme ils l’ont fait ce soir avec des actions offensives bien construites. Mais tout ceci manque de régularité sur soixante minutes.

Brest – Dunkerque 6-4 (2-2, 2-0, 2-2)
Samedi 4 novembre 2016 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 584 spectateurs.
Arbitrage de Pierre Dehaen assisté de François-Xavier Armand et Jérémy Metais.
Pénalités : Brest 4′ (0’, 2’, 2’), Dunkerque 12′ (6’, 4’, 2’).
Tirs : Brest 39 (12, 14, 13), Dunkerque 20 (8, 6, 6).

Évolution du score :
1-0 à 00’47’’ : Power assisté de Kolodziejczyk et Doyle
1-1 à 03’12’’ : Budínský
2-1 à 06’21’’ : Kolodziejczyk assisté de Power et Bernard (sup. num.)
2-2 à 11’52’’ : Mikusovic assisté de Budínský et Thomas
3-2 à 26’37’’ : Doyle assisté de Power et Gréverend
4-2 à 37’25’’ : Power assisté de Lagarde et Bernard (sup. num.)
5-2 à 50’42’’ : Pain assisté de G. Avenel et Cannizzo
5-3 à 51’06’’ : Brachet assisté de Moretti
6-3 à 53’46’’ : Gyesbreghs assisté de G. Avenel et J. Avenel (sup. num.)
6-4 à 55’49’’ : Houque assisté de Ballet et Martial

Brest

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Benjamin Power
Jonathan Avenel (C) – Erwan Pain (A) – Graham Avenel
Alex Dulude – Jessyko Bernard – Jérémy Cormier (alternance avec Bastien Lardière)
 
Défenseurs :
Aurélien Gréverend (A) – Charlie Doyle
Vadim Gyesbreghs – Aleksi Laine
Gaëtan Cannizzo – Alan Dana

Gardien :
Guillaume Duquenne
 
Remplaçants : Sébastien Dubé-Rochon (G), Thibaut Chatellard.

Dunkerque

Attaquants :
Clément Thomas (C) – Marek Mikusovic – Vít Budínský
Brendan Martial – Loïc Destoop – Remy Houque
François Moretti – Will Laking – Maxime Brachet

Défenseurs :
Ondrej Janik – Jonathan Lafrance (A)
Adam Young – Francis Ballet (A)
Matteo Toneatto

Gardien :
Marc-André Martel puis Pierrick Boudot à 53’46’’ (sorti de 59’09’’ à 59’20’’ puis de 59’45’’ à 60’)

Remplaçants : Victor Thery, Benjamin Bataille, Younes Baazzi (sous réserve). Absents : Joe Dubé, Jakub Barton (non-qualifié), Antoine Houque.

Les commentaires sont fermés.

quis, justo Praesent quis mi, massa facilisis sem, commodo odio ante. vel,