Suisse – Biélorussie (Mondial 2017, groupe B)

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Les deux formations qui s’affrontent aujourd’hui vont évoluer dans des trajectoires bien différentes mais sous une pression équivalente.

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La Biélorussie a affronté les trois « gros » de la poule, avec trois défaites marquantes. Le président Loukachenko s’est fendu d’une déclaration brutale, stigmatisant le manque de discipline, l’individualisme et le manque d’allant offensif de l’équipe. Faisant le parallèle avec l’échec des footballeurs et le déclin du biathlon, il appelle à une grande réflexion sur le sport et à des moyens supplémentaires. La colère du président biélorusse réveillera-t-elle des troupes médiocres jusqu’ici dans leur course au maintien ? Ce sera sans Denisov (deux doigts cassés contre les Tchèques) mais avec Andrei Kostitsyn, absent au match précédent.

Pour la Suisse, le calendrier est inverse. Après la Biélorussie, ils termineront leur phase de poule avec les trois cadors du groupe et, après la défaite contre la France la veille, les joueurs savent que les trois points sont impératifs aujourd’hui pour espérer les quarts.

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La Biélorussie sans envie

Dans une patinoire copieusement dégarnie, les deux équipes sous pression entament le match. Le seul moment d’animation du début de match, c’est la panne du chronomètre de l’écran géant, conduisant à un chronométrage manuel avant réparation à mi-tiers…

Pour le jeu, pas grand-chose à se mettre sous la dent, la Suisse n’exploitant pas une pénalité de Korobov pour charge avec la crosse. La Biélorussie réplique avec un court temps fort, mais Karaban est puni pour accrocher : ses cinq secondes sur la glace seront les seules avant un bon moment.

Cette fois-ci, la Nati s’installe bien, multiplie les tirs et cherche à gratter les rebonds. Graborenko sanctionné à son tour, la Suisse dispose de 27 secondes de double avantage. La Biélorussie tue la première partie, mais cède en fin de supériorité. Untersander reçoit le palet au cercle, lance de volée et Lalande laisse un rebond exploité par Schäppi planté dans l’enclave (1-0). Monsieur Loukachenko n’a pas dû apprécier… Le tiers s’achève sur ce score après vingt minutes disputées à petit rythme.

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La Suisse en quête de réalisme

La Suisse contrôle face à une formation totalement absente offensivement. Furrer, bien décalé, se trouve seul dans l’axe et chauffe la mitaine de Lalande, tout comme Loeffel un peu plus tard. Le match manque sérieusement de rythme et, malgré cela, la Biélorussie donne une impression d’être dépassée. Ceci dit, la Nati ne parvient pas à creuser l’écart…

Une faute de Charles Linglet ne profite pas, Schäppi commettant un accrochage sur la mise au jeu. Pas la moindre occasion, et, alors que la Suisse tourne autour du but avec des possessions longue durée, le jeu reste cantonné aux extérieurs et le compteur de tirs crie famine.

À force de travailler derrière la cage, Hollenstein parvient à fixer Lalande et trouve en tête d’enclave Ambühl. Ce dernier compte un temps d’avance sur ses deux défenseurs et, en déséquilibre, dépose le palet en hauteur au dessus d’un Lalande pas très en équilibre pour le coup (2-0).

Libérée, la Suisse manque de creuser l’écart lorsque Pius Suter sorti du banc part dans le dos de la défense. Il feinte et glisse le palet sous la botte, mais ça passe hors cadre. Pas mieux pour un deux-contre-un, qui envoie Vorobei en prison. La Suisse, encore une fois, n’en profite pas et continue à mener la danse. La Biélorussie ne compte que neuf tirs.

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Aucune réaction biélorusse

Le troisième tiers est encore pire en terme de spectacle. Après six minutes, les deux équipes combinent pour… un seul tir. Bodenmann, qui reçoit dans le slot une passe de derrière la cage, obtient la meilleure chance.

La Suisse ne force pas son talent et se donne de l’air après huit minutes. Almond s’avance sans opposition sur l’aile droite et, du cercle, fusille Lalande en hauteur (3-0).

Ambühl puni pour obtruction, la Biélorussie, qui ne compte aucun tir en neuf minutes dans ce tiers, va tenter de sauver l’honneur. En tout cas, le premier tir arrive, sans aucun danger…

La Suisse se balade, slalome dans la défense comme dans du beurre. Bref, ne concède pas grand chose et décroche un succès qui la porte à neuf points avant de jouer les trois favoris de la poule.

Le président Loukachenko réclamait du jeu et des tirs : raté, les quatorze essais de son camp, pitoyablement enfermé dans sa zone tout le match, ne vont pas arranger sa colère. Muette depuis 160 minutes, la Biélorussie n’a pas existé aujourd’hui – encore une fois. Attendent-ils d’affronter la France vendredi pour se réveiller ?

Désignés joueurs du match : Leonardo Genoni pour la Suisse et Charles Linglet pour le Bélarus

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Suisse – Biélorussie 3-0 (1-0, 1-0, 1-0)
Mercredi 10 mai 2017, 16h15. AccorHotels Arena de Paris. 3212 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Anssi Salonen (FIN) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Libor Suchanek (CZE)
Pénalités : Suisse 6′ (2′, 2′, 2′), Biélorussie 10′ (6′, 4′, 0′)
Tirs : Suisse 23 (12, 8, 3), Biélorussie 14 (5, 4, 5)

Récapitulatif du score
1-0 à 17’54 » : Schäppi assisté de Hollenstein et Genazzi (sup. num.)
2-0 à 35’29 » : Ambühl assisté de Hollenstein et Loeffel
3-0 à 47’55 » : Almond assisté de Schäppi

Suisse

Attaquants
Reto Schäppi (2′, +1) – Cody Almond (+1) – Thomas Rüfenacht (+1)
Simon Bodenmann (2′) – Andres Ambühl (A, 2′, +1) – Damien Brunner
Denis Hollenstein (+1) – Gaetan Haas – Vincent Praplan (+1)
Pius Suter – Denis Malgin – Fabrice Herzog

Défenseurs
Raphael Diaz (C, +1) – Philippe Furrer (A, +1)
Dean Kukan – Ramon Untersander
Romain Loeffel (+1) – Joel Genazzi (+1)
Christian Marti

Gardien
Leonardo Genoni

Remplaçants : Jonas Hiller (G), Tanner Richard (A)

Biélorussie

Attaquants
Mikhail Stefanovich (-1) – Sergei Kostitsyn (-1) – Andrei Kostitsyn (-1)
Aleksandr Kulakov – Yevgeni Kovyrshin (-1) – Aleksandr Pavlovich (A)
Charles Linglet (2′) – Andrei Stas (C) – Artyom Demkov
Sergei Drozd – Yegor Sharangovich – Aleksandr Kogalev
Danila Karaban

Défenseurs

Roman Graborenko (2′, -1) – Oleg Yevenko (-1)
Kristian Khenkel (-1) – Ilya Shinkevich (-1)
Dmitri Korobov (A, 2′) – Yevgeni Lisovets
Pavel Vorobey

Gardien
Kevin Lalande

Remplaçant : Mikhail Karnaukhov (G). Réservistes : Vitali Trus (G), Artyom Volkov (A). Blessé : Vladimir Denisov (D, deux doigts cassés).

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