Présentation des demi-finales de conférence en NHL

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Ils ne sont plus que huit prétendants au Graal. Huit équipes qui s’affronteront en demi-finales de conférence et qui appartiennent toutes au gratin de la ligue. Nous sommes servis !

 

On ne va pas se le cacher, les choses sérieuses commencent vraiment au stade des demi-finales. Le 1er tour des séries comporte forcément son lot d’équipes qualifiées sur le fil, appartenant au ventre mou de la ligue et tirées d’affaire par un concours de circonstances. Si les surprises continuent d’habitude un peu plus longtemps, cette saison le 1er tour a écrémé ces invitées surprises pour ne laisser place qu’aux meilleurs, sans vouloir offenser personne. Les six premiers du classement de la saison régulière sont là, plus le double champion en titre et les éternels Sharks… Dans notre Cup score, visant à déterminer qui a le potentiel d’un futur champion, toutes les équipes du Top5 sont là, plus Nashville 7e et Pittsburgh 10e. Seule Washington, 22e constitue alors une anomalie…

Niveau affiches, le duel de la division Centrale opposera donc Nashville et Winnipeg, deux des quatre grands favoris, comme Tampa Bay face à Boston. Les Golden Knights continueront d’affirmer leur légitimité face aux Sharks et en bonus, l’éternelle rivalité Pittsburgh-Washington s’offrira un 4e volet sous l’ère Crosby-Ovechkin. Les trois premières fois, les Pens l’ont non seulement emporté, mais ont gagné la coupe derrière…

 

Tampa Bay vs Boston

Le duel attendu dans l’Est aura bien lieu (c’est un peu le slogan de ces demi-finales). Tampa est passé à travers New Jersey sans grandes difficultés et Boston s’est sorti des pattes de Toronto en ayant dominé l’ensemble de la série. Place à l’affrontement entre nos deux premières équipes au Cup score.

Tampa est l’un, voire le grand favori depuis le premier jour de la saison. Leur effectif est plein à craquer et demeure apparemment en santé. Pourtant, au regard des stats de la saison, c’est bien Boston qui semble un brin au-dessus. Les deux attaques ont produit autant de tirs et de buts anticipés mais la défense des Bruins était plus resserrée, dans la plus pure tradition du Massachussetts depuis une décennie. On ne cesse de le répéter mais la ligne de Bergeron est sans doute la meilleure de la ligue pour son travail dans les deux sens de la patinoire, et Bruce Cassidy leur donne toujours plus de liberté offensive… Boston a été également plus disciplinée et ses unités spéciales ont obtenu presque 59% des buts, contre 53% pour Tampa. Le Lightning a pour elle sa profondeur offensive et un Vasilevsky plus constant mais qui n’a jamais été testé à ce niveau.

Au final, Normandy donne Tampa vainqueur à 50,9%, grâce à l’avantage de la glace que Boston a laissé échapper lors du dernier match face aux Panthers. À domicile, Boston aurait été donné gagnant à 54% ! Jon Cooper saura-t-il profiter du dernier changement pour enlever Stamkos et Kucherov des pattes de Bergeron ? Et laisser Brayden Point faire le dos rond ? On peut également se dire que les Bruins ont laissé des forces face aux Leafs, Bergeron a manqué un bout de la série, Rask n’a pas rassuré grand monde, McAvoy a été mis en difficulté par la vitesse de Toronto… Mais plus que le duel d’effectifs, c’est l’affrontement tactique qui sera à surveiller.

Le point de vue de Nicolas Leborgne : Le Lightning est passé sans vraiment briller au tour 1, mais a affiché un réalisme froid, très utile pour la suite. Il y a une profondeur offensive inégalée, et c’est solide en défense et attaque. Que ce soit Boston ou Toronto, les deux formations ont montré une grande fragilité dans les buts et la défense est prise de vitesse. Face aux fusées du Lightning, ça ne pardonnera pas. Tampa en 6.

Le point de vue de Germain Fanchtein : Le Lightning est en mission cette année. La victoire, au moins dans leur conférence, est la seule option. Boston vient de dépenser beaucoup d’énergie contre les Leafs, ce pourrait devenir préjudiciable. L’attaque de Tampa va faire mal à la défense des Bruins. Tampa en 6.

 

Washington vs Pittsburgh

Qu’attendre de ce 4e duel ? Une nouvelle défaite des Caps ou bien la revanche tant attendue ? Nous l’avons suffisamment répété, Washington a joué cette saison en dessous de ses standards, se reposant sur le talent de ses snipers et un bon duo de gardiens. Des stats peu reluisantes qui leur valaient donc cette 22e place au Cup score, loin des vrais aspirants. C’est aussi pour cela que le modèle Normandy les donnait perdants face à Columbus.

Seulement voilà, les Caps ont réellement hissé leur niveau de jeu lors de ce premier tour. Ils ont eu le dessus sur les Jackets avec 50,7% des tirs tentés et 52,7% des buts anticipés à 5 contre 5. Si la décision de faire jouer Philipp Grubauer lors des deux premiers matchs n’a pas payé, Braden Holtby a ensuite fait honneur à son historique statistique en playoffs (meilleur pourcentage en carrière parmi les gardiens en activité). Et Washington a enchaîné quatre victoires de rang pour retrouver son ennemi juré. Quelle équipe de Washington aurons-nous alors sur la glace ? Celle de la saison régulière, à la défensive très permissive, ce qui serait fatal face aux Pens, ou celle ajustée de ce premier tour ? Michal Kempny a fait beaucoup de bien aux côtés de John Carlson mais la 3e paire sera à la merci de la profondeur des Pens, surtout à l’extérieur. Carlson qui mène les Caps avec 9 points, alors que Ovechkin, Bäckström et Kuznetsov en ont chacun 8.

Pittsburgh est donc sorti vainqueur de la bataille de la Pennsylvanie. Non pas que ce soit une surprise, mais ils en sont en tout cas sortis vivants… mais pas sans blessés. Malkin et Hagelin rateront le premier match de la série… Comme d’habitude, l’affrontement a tourné au cirque mais la puissance offensive des doubles champions a eu le dessus. Dans le jeu, les Pens ont rarement tremblé, dominant les Flyers avec près de 55% des tirs et des buts anticipés. Et, pour une fois, ils s’avancent face aux Caps en position de favoris. L’historique récent parle pour eux et ils ont plus à perdre que Washington dans cet affrontement. Sur la saison, Pittsburgh a beaucoup plus produit de tirs et buts anticipés offensivement et a aussi accordé moins de choses défensivement. Ils prennent moins de pénalités et surtout, leur powerplay est une arme de destruction massive. Seul point d’interrogation, Matt Murray tiendra-t-il le choc face aux meilleurs éléments adverses ? Passé son blanchissage initial, les cinq matchs suivants ne furent pas joli-joli.

Quoi qu’il en soit, la force et la profondeur des Penguins parlent pour eux. Et si Washington a l’avantage de la glace, Normandy donne quand même Pittsburgh vainqueur à 51,5%.

Le point de vue de Nicolas Leborgne : Les stats et l’histoire parlent pour les Penguins, mais leur fragilité défensive au premier tour pose question. Washington a des stats globales très moyennes cette année, et passe grâce à Holtby et le pourcentage au tir d’Ovechkin… Pas sûr que ça suffira, mais, après des années à dominer dans le jeu sans résultat, c’est l’année ou jamais. Washington en 7.

Le point de vue de Germain Fanchtein : Alex Ovechkin va battre Sidney Crosby en séries pour la première fois. Même s’ils ne sont pas aussi dominants que par le passé, les Capitals sont efficaces. Et en playoffs, c’est très important. La discipline des deux équipes va être un facteur important. Les deux power play sont létaux. Washington en 6.

 

Nashville vs Winnipeg

Le duel, THE AFFICHE. Tout le monde la voulait, tout le monde l’aura. Et ce face-à-face risque de n’être qu’une première édition d’une longue rivalité tant ces deux équipes sont appelées à dominer la ligue pour quelques années. Les affrontements en fin de saison régulière ont été des spectacles dignes du Cirque du soleil et on n’en attend pas moins pour cette demi-finale qui a des allures de grande finale avant l’heure.

Nashville a dû se faire un peu mal pour écarter Colorado, balbutiant un peu au démarrage pour finir d’une main de maître au match 6. Ça suffit les bêtises. Winnipeg a semblé plus facile face au Wild, hormis un match 3 loupé. Les jeunes sont au rendez-vous, comme Connor Hellebuyck. Chez les Preds, les stars sont en forme et montent en régime. Bref, tout est au rendez-vous pour offrir un spectacle du feu de dieu.

Offensivement, c’est kif-kif. Nashville produit habituellement un peu plus de tirs mais les buts anticipés sont les mêmes. Les deux équipes sont d’ailleurs celles qui ont le plus lancé au but de ce premier tour… Défensivement, Winnipeg prend un petit avantage. Les Jets ont toujours défendu consciencieusement et laissent moins le jeu ouvert que les Preds. Cela pourrait être embêtant pour Nashville si leurs attaquants n’arrivent pas à s’approcher suffisamment des cages de Hellebuyck. Nashville a également trop l’habitude de visiter la prison mais leurs unités spéciales sont meilleures. Enfin, dans les cages, Pekka Rinne offre peut-être davantage de sérénité que son homologue d’en face mais la marge est fine.

Au final, l’avantage de la glace fait pencher la balance selon Normandy en faveur des Preds, à tout juste 50,8%. C’est-à-dire que sur terrain neutre, Winnipeg aurait eu le dessus. Winnipeg qui fait également partie du top3 de notre Cup score, donc serait un candidat sérieux pour la coupe, au contraire de Nashville… C’est pourquoi personnellement je mets une pièce sur les Jets.

Le point de vue de Nicolas Leborgne : Miam, quelle série en vue ! deux équipes qui ont dominé leur sujet toute l’année, deux publics dingues. Une finale avant l’heure ! Nashville a l’avantage en défense, et reste sur une finale. On ne sait pas trop ce que donneront les Jets sous la pression, notamment Hellebuyck. Predators en 7, mais c’est du pile ou face.

Le point de vue de Germain Fanchtein : La série va être disputée mais l’expérience de Nashville va faire la différence. Le duel Hellebyuck-Rinne va être excellent. L’opposition des joueurs de centre va également valoir la peine. La défensive des Preds, comme bien souvent, sera trop difficile à contenir. Nashville en 6.

 

Las Vegas vs San José

La victoire des Knights sur Los Angeles n’était pas une vraie surprise. Le faire en 4 matchs et de façon aussi nette l’était certes davantage. Nette car sans Jonathan Quick, qui a signé le plus haut pourcentage d’arrêts de l’histoire pour une équipe balayée, les scores auraient été bien plus sévères. Vegas a obtenu 58,5% des buts anticipés à 5 contre 5 dans cette série. Seules Winnipeg et Tampa ont fait mieux lors de ce premier tour… L’affrontement risque, par contre, d’être plus corsé contre San José. Les Sharks constituent l’une de cartes cachées de ces playoffs et le bon niveau de jeu proposé cette saison a été minimisé par une absence de réussite assez effarante. Les choses semblent toutefois rentrer dans l’ordre. L’arrivée d’Evander Kane a produit son effet en attaque et Martin Jones a retrouvé son niveau dans les cages.

Offensivement, San José était l’une des équipes les plus productives cette saison, 5e de la ligue pour les tirs tentés et 6e pour les buts anticipés obtenus. Une bonne longueur devant Vegas qui renvoie l’ascenseur défensivement. Les Knights sont plus efficaces dans leur propre zone et l’affrontement de style pourrait faire des étincelles. La jeune défense des Knights contre les tireurs en série des Sharks, en attendant que la vitesse de Marchessault and co en contre ne profite des ouvertures de la défensive californienne. San José a tout de même une corde supplémentaire à son arc avec ses unités spéciales. Leur infériorité numérique était parmi les toutes meilleures cette saison et le Power play est actuellement en feu.

Dans les cages, Marc-André Fleury était simplement imbattable au premier tour mais nul gardien ne peut prétendre garder un taux d’arrêt de 97,7% très longtemps. Mais si le retour sur terre ressemble à sa saison, Vegas n’a pas à s’en faire. Normandy leur donne l’avantage à 51,6%. San José fera-t-il mentir le modèle comme au premier tour ? Pour une fois, les Sharks semblent en plein contrôle au mois d’avril.

Le point de vue de Nicolas Leborgne : Une série avec deux équipes aux qualités de vitesse remarquable. Les Sharks semblent disposer de très bons atouts : des équipes spéciales efficaces, un gardien en forme et une finale il y a 2 ans. Toute la saison ils ont su jouer au niveau de leur adversaire (en bien ou en mal) et je pense qu’ils ont une meilleure profondeur de banc que Vegas. San Jose en 6.

Le point de vue de Germain Fanchtein : Les Sharks vont passer au travers des Golden Knights grâce à une attaque du tonnerre. Fleury va se sentir seul par moments. Il tiendra le fort, mais Martin Jones aura le dessus. San José en 7.

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