La Suède défendra son titre

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C’est peut-être la finale avant l’heure. La Suède a remporté tous ses matchs jusque là. Les États-Unis n’ont perdu qu’un match contre la Finlande, et alignent le meilleur buteur et pointeur du tournoi, Patrick Kane.

Nilsson impérial

Dès l’engagement, Mika Zibanejad impose sa puissance et attaque déjà la cage de Kinkaid, qui repousse. La suite est plus fermée. Atkinson débloque le compteur de tirs américains d’un lancer du cercle, en profitant de l’écran du défenseur. Nilsson contrôle.

Les États-Unis prennent petit à petit possession du palet et se créent deux chances de près par Lee, hors cadre, puis Bonino, qui manque de puissance.

Malgré un tir en solitaire d’Arvidsson, la Suède recule. Le palet circule bien côté américain. Kane sert ainsi Colin White en retrait et le portier nordique ne bloque pas du gant. Nilsson fait bien peu après, lorsque Gaudreau reprend de volée un tir contré de Bonino. Un déplacement rapide, qui maintient le score à 0-0.

Un surnombre accentue la pression. Une déviation de Lee sur un centre de Kane reste cependant la seule vraie occasion, et la Suède s’en sort.

Les Bleus campent dans la zone suédoise, avec une série d’occasions – Kane, Coleman, Martinez – mais la Suède manque de peu d’ouvrir le score en contre. Exploitant un changement de ligne, elle envoie Janmark seul dans l’axe. Son tir bat Kinkaid, mais pas la barre transversale. Le portier des Devils capte ensuite de la mitaine un autre essai de Janmark.

Le volume de tirs augmente quasiment à sens unique. Martinez et Kane tentent encore leur chance, ce qui fait un cinglant 14-4 après douze minutes de jeu.

C’est à ce moment que la Suède commence à mieux développer son jeu. Et qu’elle surprend… Un tir de la bleue de Forsberg perturbe Kinkaid, malmené par De La Rose devant lui. Après un rebond, le palet passe entre ses jambes. Butcher est trop court, et Arvidsson traîne derrière lui, cage ouverte (1-0).

L’ailier des Predators frôle le doublé peu après, lorsqu’une longue passe levée l’envoie en échappée. Kinkaid, patient, étire la jambière. Un peu agacé sans doute, il concède ensuite deux minutes pour avoir fait trébucher l’attaquant en écran devant lui…

Derek Ryan et Dylan Larkin se chargent de tuer la pénalité et Nilsson doit capter de la mitaine une occasion en infériorité. Sur l’engagement, Coleman s’y met à son tour. La pénalité est tuée, sans tir cadré suédois – à peine une déviation de Rakell hors cadre. La Tre Kronor vire en tête, bien que les États-Unis aient assuré l’essentiel du jeu.

Trois minutes fatales

Ils poursuivent à la sortie du vestiaire, avec quelques jeux de passe en zone offensive, sans tir cadré. Il faut attendre trois minutes pour qu’une combinaison Gaudreau-Atkinson ne finisse par un arrêt de Nilsson.

McAvoy s’infiltre ensuite derrière le but et, au duel avec Adam Larsson, prend la crosse en plein visage : quatre minutes de supériorité. Les banderilles pleuvent – Kreider, Butcher… et Everberg en infériorité, seul devant Kinkaid après avoir mis en échec Atkinson. La première partie est effacée, reste une deuxième, qui débute par un tir de Kane. Le tout jeune Quinn Hugues trouve ensuite une déviation de Larkin, qui finit sur la botte de Nilsson.

Il reste vingt-sept secondes, lorsque Backlund vole un palet à la bleue. Il file en échappée et McAvoy le reprend de manère irrégulière. Kinkaid se couche et, dans la confusion, le palet est libre ligne de fond. Pääjärvi le bonifie sur la pénalité différée (2-0).

Blake Coleman relance la machine avec un nouvel essai de près, bloqué à quelques centimètres de la ligne par Klingberg. Un cinglage de frustration de Gaudreau vient retarder cette volonté de revenir rapidement. Klingberg trouve alors Arvidsson en profondeur, qui remise sur Hörnqvist dans l’enclave à une touche… 3-0, entre les jambes. Un jeu magnifique.

Sur l’engagement, les États-Unis se font aspirer sur le côté et McAvoy couvre mal son flanc. Pris de vitesse, il est dépassé par Janmark, qui bat Kinkaid entre les jambes (4-0). Temps mort américain, sonnés en trois minutes.

La Suède attaque immédiatement la cage mais Arvidsson prend deux minutes. La défense prend le relais. Cela ne donne rien et la tentative de construction des États-Unis échoue en permanence. Il y a toujours une crosse pour couper une ligne de passe, un rebond défavorable… Les joueurs de Jeff Blashill ont percuté un mur dans ce tiers.

Une attaque en panne

La Suède presse haut en début de dernière période et il faut quelques présences aux États-Unis pour venir frapper à la porte de Nilsson. Atkinson obtient deux chances, le portier suédois repousse, encore et encore.

Une incursion suédoise coûte deux minutes. Nyquist percute Kinkaid sans chercher à l’éviter. Le jeu de puissance, maladroit, ne trouve qu’un tir de Butcher.

Le jeu reste à sens unique – aucun tir suédois. Un bon jeu de Lee et Kreider met encore le feu dans l’enclave… c’est encore repoussé, pour le trentième arrêt de Nilsson, à dix minutes de la fin. Jeff Blashill sort donc Kinkaid, alors qu’il reste plus de dix minutes… Peine perdue : un long dégagement dans la neutre et McAvoy est (encore) battu en vitesse. Arvidsson porte la marque à 5-0 dans la cage vide.

Le match est plié, et les États-Unis continuent de tourner dans la zone, de chercher des déviations, des rebonds… tous bloqués par un défenseur ou par un Nilsson au sommet, même couché au sol, même un palet qui flotte dans les airs… Une muraille. Lee, servi au cercle, échoue de même…

La Suède en revanche fait deux sur deux. Une action sur l’aile droite de Backlund se termine sur un centre à travers l’enclave. Le malheureux Butcher le bloque dans la zone bleue, un cadeau pour Adrian Kempe dans son dos (6-0).

La Suède s’impose donc, presque contre le cours du jeu. D’une efficacité offensive diabolique, elle a bénéficié d’un Anders Nilsson irréprochable pour frustrer les Américains. Ceux-ci sont alors sortis de leur match en quelques minutes, avant de voir l’écart au score trop grand pour revenir.

Désignés joueurs du match : Anders Nilsson (Suède) et Patrick Kane (États-Unis)

Trois meilleurs Suédois du tournoi selon leurs entraîneurs : Patrick Kane, Keith Kinkaid, Cam Atkinson.

Trois meilleurs Américains du tournoi selon leurs entraîneurs : Adam Larsson, Oliver Ekman-Larsson, Mikael Backlund.

Commentaires d’après-match :

Blake Coleman (attaquant des États-Unis) : « Ils ont été bien plus opportunistes. Quand on lance plus de quarante fois à la cage, il faut être plus dur sur le palet et capitaliser sur les chances. Il va falloir mettre ça derrière nous très vite pour le bronze demain. »

Chris Kreider (attaquant des États-Unis) : « Au deuxième, nous avons arrêté de suivre notre plan de jeu. Nous avons eu une bonne poussée au début et il y a fini par y avoir de la frustration. Nous avons perdu notre sang-froid, et commencé à perdre des palets. C’est plus de notre faute qu’à cause d’eux. À 0-4, il fallait tenter quelque chose, d’où la sortie du gardien, mais cela n’a pas marché. Pour le bronze, nous devrons être bien meilleurs car quel que soit le vainqueur de ce soir, nous aurons un adversaire de grande qualité. »

Gustav Nyquist (attaquant de la Suède) : « C’était un gros match pour nous et cet hymne à la fin était spécial. Ils nous ont bousculés en début de match et avaient la meilleure équipe, ils faisaient le jeu. Nilsson a fait des arrêts décisifs. Nous avons réussi à enchaîner par la suite, en nous montrant efficaces, avec un peu de chance aussi. Nilsson les a vraiment frustrés. L’ambiance était formidable, incroyable. Nous avons la chance d’avoir de la profondeur dans notre effectif, avec quatre lignes de valeur, ce qui nous aide. La finale sera un match plaisant à jouer, peu importe l’adversaire. Chaque année, nous voulons vivre quelque chose comme cela. »

Jeff Blashill (entraîneur des États-Unis) : « Nous sommes bien rentrés dans le match, avec plusieurs occasions. Nous ressortons du tiers à 0-1, c’est la vie… La différence s’est faite en équipes spéciales. Nous avons quatre minutes de supériorité et nous prenons un but, puis ils marquent en avantage numérique immédiatement. Le troisième était bon, mais sans but. Le cinglage de Gaudreau était une mauvaise pénalité, il le sait et tout le monde le sait. Mais je le prend à n’importe quel moment dans mon équipe. L’effort n’est pas en cause ce soir, même si nous avons perdu notre sang-froid en deuxième. Il faudra travailler le jeu de puissance pour demain, mais il y a eu des bonnes choses en général dans ce match. Le bronze est important. Nous n’avons pas gagné beaucoup de médailles aux Mondiaux dans notre histoire. Nous devons continuer à travailler pour rendre ce tournoi important pour les joueurs. La profondeur de joueurs talentueux augmente et Jim Johannson [ancien manager décédé en janvier] a fait tellement de travail pour cela. Nous avons eu quelques bons tournois ces dernières années. Et nous devons faire en sorte que les joueurs disent oui, qu’ils pensent que l’on a une chance de gagner ici, même si c’est loin de chez eux. Je crois les joueurs l’ont compris , et apprécient leur séjour ici. Nous allons continuer à travailler cela, pour que de plus en plus de joueurs acceptent de venir. »

Rikard Grönborg (entraîneur de la Suède) : « Nous savions que cela serait difficile, qu’ils avaient une grosse puissance de feu. En première, les États-Unis étaient meilleurs, avec un bon jeu de transition et leur vitesse dans la neutre nous a gêné. Nous avons ajusté cela à la pause et en deuxième, nous avons fait un bon travail en infériorité. Nous marquons quoi, trois buts sur trois présences de suite ? Anders Nilsson a été grand ce soir, et le sacrifice des joueurs devant lui aussi. Nilsson a eu trois semaines de vacances avant le Mondial, c’est pour cela que nous avons utilisé Hellberg au début du tournoi. Nous voulions le faire entrer en jeu progressivement. Nilsson rassure vraiment la défense. Adam Larsson ? Il a prouvé qu’il était bien plus qu’un défenseur pur. Il a joué des minutes difficiles, face aux meilleurs trios adverses. »

 

Suède – États-Unis (1-0, 3-0, 2-0)
Samedi 19 mai 2018, 15h15. Royal Arena de Copenhague. 12490 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Oliver Gouin (CAN) assistés de Dustin McCrank (CAN) et Nathan Vanoosten (CAN)
Pénalités : Suède 14′ (2′, 6′, 6′), États-Unis 6′ (2′, 2′, 2′)
Tirs : Suède 20 (8, 8, 4), États-Unis 41 (16, 5, 20)

Récapitulatif du score
1-0 à 14’43 : Arvidsson assisté de De La Rose et Forsberg
2-0 à 27’09 : Pääjarvi assisté de Backlund (inf. num.)
3-0 à 30’05 : Hörnqvist assisté de Backlund et Klingberg (sup. num.)
4-0 à 30’16 : Janmark assisté de Rakell
5-0 à 51’07 : Arvidsson assisté de Zibanejad (cage vide)
6-0 à 57’01 : Kempe assisté de Backlund

Suède

Attaquants :
Rickard Rakell (+1) – Mika Zibanejad (+2) – Mattias Janmark (+1)
Patrick Hörnqvist (+1) – Mikael Backlund (C, 2′, +2) – Gustav Nyquist (2′)
Filip Forsberg (+2) – Adrian Kempe (2′, +1) – Viktor Arvidsson (2′, +2)
Magnus Pääjärvi (+1) – Johan Larsson – Jacob de la Rose (+1)
Dennis Everberg
Lias Andersson [2 présences]

Défenseurs :
Oliver Ekman-Larsson (A, +2) – Adam Larsson (4′, +2)
Hampus Lindholm (+3) – John Klingberg (A, +2)
Mattias Ekholm (+1) – Mikael Wikstrand

Gardien :
Anders Nilsson

Remplaçant : Magnus Hellberg (G). Réservistes : Filip Gustavsson (G), Erik Gustafsson (D, fracture du pouce), Elias Pettersson (A, fracture du pouce aussi)

États-Unis

Attaquants :
Alex DeBrincat (-2) – Colin White – Patrick Kane (C, -3)
Cam Atkinson (-3) – Nick Bonino (-2) – Johnny Gaudreau (2′, -2)
Anders Lee (-3) – Dylan Larkin (A, 2′) – Chris Kreider
Blake Coleman – Derek Ryan (-2) – Tage Thompson
Sonny Milano

Défenseurs :
Alec Martinez (-1) – Connor Murphy (A)
Will Butcher (-2) – Charlie McAvoy (-4)
Nick Jensen (-2) – Neal Pionk
Quinn Hughes

Gardien :
Keith Kinkaid [sorti de 50’48 à 51’07]

Remplaçant : Scott Darling (G). Réservistes : Charlie Lindgren (G), Jordan Oesterle (D), Brian Gibbons (A)

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