Première victoire pour Bozon

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Deux matchs, deux défaites : les débuts de Philippe Bozon et de son nouveau système de jeu sont compliqués. Pour ce troisième et dernier match du tournoi, l’opposition contre la Slovénie, battue elle aussi à deux reprises, offre l’occasion de terminer sur une bonne note.

De bonnes intentions

Les intentions sont plutôt bonnes dès la première présence. Une longue passe envoie Anthony Rech en un-contre-un et son tir voit le cadre se dérober. Valentin Claireaux enchaîne avec une action près du but, Jordann Perret par un tir sur une mise au jeu gagnée par les Bleus.

Cet accent offensif coûte malgré tout une contre-attaque, où la Slovénie manque de peu d’ouvrir le score face à Henri-Corentin Buysse, un peu en difficulté sur le rebond.

Le jeu s’équilibre rapidement, les deux formations parvenant à bien couper les lignes de passe ou de tir. À la cinquième minute, une pénalité slovène offre à la France la chance de menacer la défense adverse. Le jeu de puissance ne donne pas grand chose, avec plusieurs pertes de possession dans la neutre en remontée de palet, notamment de Charles Bertrand.

Les tirs se font rares dans ce match fermé. Les Bleus s’efforcent de tenter leur chance de loin, avec des slaps de Hugo Gallet puis Sacha Treille, pendant que Damien Fleury chasse les rebonds près du but. En face, la Slovénie attaque surtout sur son aile droite, avec une chance de Nik Simsic suite à une série de contres favorables.

En dépit d’une certaine possession, les Tricolores peinent à se montrer dangereux, faute de cadrer leurs tirs. La Slovénie, plus incisive en contre, crée quelques cafouillages dans le slot, sans être beaucoup plus menaçante. Les minutes défilent donc sans beaucoup d’occasions, ou alors bien trop lointaines, à l’image de ce tir de Bertrand plein axe à six minutes de la pause. Son trio, avec Claireaux et Rech, semble cependant bien fonctionner et pose le jeu en zone offensive un peu plus tard sur une longue séquence dénuée de tir.

À trois minutes de la sirène, une longue transversale tricolore est interceptée dans la neutre par Stebin. Ce revirement aboutit à un tir puissant que Buysse ne peut que repousser sur Kuralt, esseulé, qui ne manque pas l’aubaine (0-1). Une passe risquée et trop téléphonée, qui coûte donc bien cher…

La réaction est immédiate avec un tir de Teddy Da Costa en tête de cercle, mais Sacha Treille ne peut s’emparer du rebond. Claireaux n’a pas plus de réussite sur la présence suivante. La Slovénie vire en tête après vingt minutes où la domination française fut particulièrement stérile, trop axée sur des tirs lointains rarement cadrés.

L’attaque concrétise enfin

La tactique reste la même à la reprise, avec un tour de cage de Fleury et du trafic devant le gardien pour un tir de Thiry. L’excès d’engagement coûte cependant deux minutes à Rech, coupable d’un contact avec Zan Us sur la présence suivante. La Slovénie s’installe et accentue la pression, sans cadrer. Le jeu reste périphérique, et, même si les Bleus n’ont pas réussi à se dégager, ils finissent par revenir au complet sans dommage.

Une longue relance envoie Treille sur l’aile droite, et son tir sollicite la jambière d’Us. Le vétéran français obtient une autre occasion à bout portant peu après. Le trio Perret-Bouvet-Leclerc met ensuite le feu dans le slot, et la défense slovène doit concéder un dégagement interdit. L’engagement est gagné et Kuralt déboule en un-contre-un, pour un bel arrêt de Buysse.

La possession reste française, et inoffensive. À la mi-match, Ronan Quémener remplace Henri-Corentin Buysse dans le but français. La pression française monte d’un cran avec un tir de Maia entre les cercles, bien bloqué par le gardien slovène. Puis, une bonne entrée de Fleury décale Treille en retrait, mais le tir n’est pas cadré.

Cet élan français se brise à cause d’une pénalité. L’équipe spéciale effectue un bon travail pour repousser le jeu sur les côtés et gagne le temps nécessaire au retour du puni. Les deux équipes ouvrent un peu les vannes, avec des occasions de part et d’autres, de Rech ou Ograjensek par exemple. Perret perfore ensuite la défense et Us reste solide sur sa ligne. Du moins en apparence : après une révision vidéo interminable, le but est validé et attribué à Perret (1-1).

La France pousse dans ces derniers instants : Teddy Da Costa, puis Fleury en angle fermé, sollicitent Us, soudain plus fébrile. Cette pression pousse la Slovénie à la faute : la pénalité se poursuivra 1’55 dans la dernière période.

Un manque de maîtrise

Les Bleus exploitent rapidement cet avantage numérique. Teddy Da Costa, parti de son camp, découpe la défense en morceaux, élimine un dernier défenseur et fixe le gardien. Sa passe pour Damien Fleury lui laisse une cage déserte (2-1).

Un Fleury qui frôle le doublé sur un contre favorable, mais ne cadre pas son duel face au gardien. Le jeu tricolore prend confiance, avec du mouvement et du soutien et un jeu de passe un peu plus précis.

Les joueurs de Philippe Bozon contrôlent la partie, sans concéder grand chose à une attaque slovène anémique. Offensivement, la recherche d’espaces et d’explosivité en contre-attaque est réelle, sans que ces bonnes intentions ne menacent réellement Us.

Faute de concrétiser cette domination, les Bleus se font punir à neuf minutes du terme sur un exploit individuel de Cimzar, qui déborde à droite, attaque la cage et marque en deux temps (2-2).

La France, vexée, repart au combat, avec un tir de Bertrand en hauteur qui échappe à la mitaine du gardien. Quemener doit pour sa part sauver un tir de Hebar consécutif à une grossière erreur de Baazzi derrière son but.

Bozon modifie quelque peu ses alignements dans les dernières minutes, à la recherche du déclic. Le palet ne quitte plus guère les crosses françaises. Bertrand profite d’un bon échec-avant de Rech pour trouver Fleury devant le but, sans réussite. Après un temps mort, un contre slovène contraint Quemener à un grand-écart sur un tour de cage. Ce sera la dernière occasion : prolongation.

Vidéo favorable

Cinq minutes à trois-contre-trois, de l’espace… Tim Bozon réussit un bel exploit individuel et traverse toute la défense, pour un duel perdu contre le gardien. En face, Baazzi perd un palet bêtement et il faut un arrêt difficile de Quemener pour repousser l’échappée qui suit. La France repart à l’attaque, mais pulvérise Hebar dans un contact et Sacha Treille est puni de deux minutes. Le joueur slovène doit être aidé pour rentrer au banc…

Le jeu de puissance slovène ne tarde pas à capitaliser. Le jeu de passe précis fait bouger Quemener de droite et de gauche, libérant une volée lointaine de Pretnar déviée dans une cage ouverte. Les joueurs se congratulent, mais les officiels se dirigent vers la vidéo, laissant tout le monde en attente : le but est refusé, marqué d’une crosse haute.

Tout se décidera donc lors d’une séance de fusillade.
Fleury débute et son tir échoue sur le plastron du gardien.
Ograjensek patiente, patiente, mais Quemener résiste.
Rech feinte superbement, met le gardien et sol et marque du revers. 1-0
Kuralt ne parvient pas à déjouer Quemener, très patient.
Bertrand tente de piéger Us à contre-pied, sans succès.
Cimzar tente le tir, mais Quemener repousse de la plaque.
Leclerc cherche lui aussi le tir, sans réussite.
Hebar parvient à mettre le gardien au sol mais voit son tir percuter la barre.
Teddy Da Costa approche lentement et son revers est au dessus.
Magovac tire mi-hauteur et Quemener offre la victoire à la France.

Philippe Bozon remporte donc son premier match en tant que sélectionneur, et voit son équipe prendre la troisième place de ce tournoi des Quatre Nations. Un succès plutôt mérité au vu du déroulement de cette partie. Les Bleus, appliqués, ont dominé la possession de palet et obtenu quelques bonnes occasions. On peut saluer la volonté de faire le jeu. Cependant, la plupart des chances sont venues de loin, et quelques grossières erreurs de relance ont maintenu la Slovénie dans le match. La prestation globale est encourageante : sans aucun doute le meilleur des trois matchs sur le plan défensif, et Buysse comme Quemener ont réalisé une bonne partie. Il faudra confirmer cela lors du prochain regroupement.

 

France – Slovénie 3-2 après tirs au but (0-1, 1-0, 1-1, 0-0)
Samedi 10 novembre 2018 à 15h30 à la Chizhovka Arena. 100 spectateurs.
Arbitrage de Vasily Koleda assisté de Dmitry Golyak et Artem Labzov
Pénalités : France 6′ (0′, 4′, 0′, 2′), Slovénie 4′ (2′, 2′, 0′, 0′).
Tirs : France 37 (11, 10, 12, 3), Lettonie 37 (10, 16, 6, 5).

Évolution du score :
0-1 à 17’52 : Kuralt assisté de Stebin
1-1 à 38’19 : Perret assisté de Leclerc et Thiry
2-1 à 40’32 : S. Treille assisté de Da Costa et Fleury (sup. num.)
2-2 à 51’34 : Cimzar assisté de Planko
Tirs au but :
France : Fleury (arrêt), Rech (but), Bertrand (arrêt), Leclerc (arrêt), T. Da Costa (arrêt)
Slovénie : Ograjensek (arrêt), Kuralt (arrêt), Cimzar (arrêt), Hebar (arrêt), Magovac (arrêt)

France

Attaquants :
Damien Fleury – Teddy Da Costa – Sacha Treille
Anthony Rech (-1) – Valentin Claireaux (-1) – Charles Bertrand
Guillaume Leclerc – Maurin Bouvet (+1) – Jordann Perret (+1)
Eliot Berthon (-1) – Sébastien Rohat (-1) – Tim Bozon (-1)
Bastien Maia

Défenseurs :
Aurélien Dorey – Kevin Hecquefeuille
Thomas Thiry (-1) – Aziz Baazi (-1)
Hugo Gallet – Vincent Llorca
Simon Barbero

Gardien :
Henri-Corentin Buysse puis Ronan Quemener à 29’44’. En réserve : Antonin Manavian, Stéphane Da Costa, Floran Douay.

Lettonie

Attaquants :
Anze Kuralt (+1) – Nik Simsic (+1) – Ken Ograjensek (+1)
Andrej Hebar (-1) – Anze Ropret (-1) – Ziga Pance (-1)
Miha Zajc (+1) – Tadej Cimzar (+1) – Gregor Koblar (+1)
Luka Basic – Blaz Tomazevic – Nik Pem
Luka Kalan

Défenseurs :
Aleksadar Magovac (-1) – Liha Logar (-1)
Miha Stebin (+1) – David Planko (+1)
Maks Selan (+1) – Kleman Pretnar (+1)

Gardien :
Zan Us

Remplaçant : Janez Orenek (G)

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