Russie B – Slovaquie (Deutschland Cup, 2e journée)

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Ján Pardavý, l’ancien Strasbourgeois fraîchement nommé assistant de Craig Ramsay sur le banc slovaque, résumait avec lucidité après l’entraînement de vendredi la difficulté qui attendait ses ouailles contre la Sbornaïa : « Les enseignements du premier match sont clairs. Il faut jouer 60 minutes. Nous allons être confrontés aux Russes, si bien que nous devrons être forts dans chaque détail, des supériorités numériques aux infériorités en passant par les mises en jeu. Nous aussi nous avons de la vitesse. Nous aussi nous savons être opiniâtres. Alors il faut s’appuyer là-dessus pour tenter de gagner. Les Russes circulent parfaitement en zone offensive, ils sont appliqués dans leurs replis, ils sont bien organisés, leur jeu de puissance est exemplaire… À nous donc d’éliminer tout ça. »

Le match est lancé sur les chapeaux de roues, sans round d’observation, et les premières secondes sont le théâtre de deux actions déjà dangereuses, Róbert Lantosi (00’40) répliquant à Nikolai Prokhorkin (00’14). Mislav Rosandič teste à son tour les réflexes du gardien en haut du rond gauche. Mais la première véritable opportunité de but est à mettre à l’actif du capitaine russe qui insiste par trois fois mais Jaroslav Janus, reconduit devant la cage slovaque, bondit et repousse à chaque fois (3’51).

La Double-Croix n’est pas en reste. Mário Lunter remonte la bande droite avant de repiquer mais sa tentative est repoussée par… la lucarne gauche de Vasili Demchenko ; les bleus héritent toutefois d’un jeu de puissance, Damir Sharipzyanov entravant le geste de l’attaquant de Slovan (5’33). Le palet circule bien mieux que lors de la rencontre contre les Suisses et la Slovaquie n’est pas loin de faire mouche dans l’enclave sur une puissante frappe de Martin Chovan déviée de l’épaule par le portier russe. Une première supériorité numérique très encourageante qui montre que la Double-Croix a bien retenu la leçon.

Les hommes de Craig Ramsay poursuivent sur leur lancée à cinq contre cinq et l’ouverture du score vient récompenser la très bonne séquence slovaque : Juraj Mikuš, au fond de sa zone, sert Andrej Kudrna qui file depuis la « bleue » ouvrir le score en récupérant le rebond de sa première salve (0-1, 8’10).

JANUS Jaroslav 130506 020

Mais les Russes accélèrent d’un coup d’un seul. La pression blanche est intense mais Janus sauve encore son équipe par des interventions pleines de sérénité. Il ne peut rien, en revanche, sur le tir de Nikita Mikhailov, bien servi par Artyom Manukyan, qui loge la rondelle sous son bras droit à hauteur du poteau gauche (1-1, 13’50). Il aura fallu aux Russes de simplement hausser le rythme pour rapidement égaliser.

La Slovaquie est moins sereine depuis le but russe et commence à être dépassée par la vitesse de son adversaire. La fin de période est d’autant plus compliquée que Tomáš Malec cingle Artur Kayumov et file en prison. La réserve russe n’apporte que peu de soins sur son power-play, bien contenue il est vrai par la défense « bleue » en entrée de zone. Malgré tout, Janus est sollicité sur un puissant slap de Nikolai Demidov (18’43). La sirène résonne dans une patinoire remplie et animée sur un score de parité logique.

Domination stérile des Russes

Le deuxième tiers-temps est parti sur les bases du premier, le puck passant d’un camp à l’autre sur un rythme élevé. La Slovaquie obtient une nouvelle supériorité numérique, Mikhail Maltsev retenant Lunter : le mouvement est bon mais les bleus tergiversent trop au moment d’armer, ce qui permet aux Russes d’intervenir. La déviation de Radovan Puliš devant la cage, en toute fin de power-play, passe de justesse à côté.

De retour de prison, Maltsev slalome dans l’axe se défaisant de trois adversaires et Janus bloque difficilement du haut de l’épaule gauche (26’01). Kytnár, sur une mise en jeu dans son camp, bloque son vis-à-vis et va à son tour purger sa peine. Les blancs ne sont pas plus inspirés sur leur deuxième infériorité, aucune combinaison ne permet de prendre la mesure de la défense slovaque.

La rencontre est plaisante. Il y a du mouvement, de très bonnes intentions et de l’implication physique. Mário Grman et Andrei Svetlakov en viennent aux mains après que ce dernier, en retard sur son freinage, a envoyé valdinguer le premier d’un coup d’épaule. Le public a de quoi donc se délecter mais les deux formations pèchent cependant par manque de précision dans la dernière passe.

Mikuš accroche Aleksei Kruchinin sur la bande et on en est quitte pour un nouveau jeu de puissance russe. Pour autant, la Sbornaïa ne saute toujours pas sur l’aubaine car la Slovaquie désorganise bien ses transmissions. Marek Ďaloga s’échappe même mais manque de force en bout de course pour mieux faire devant Demchenko (31’07). Si les blancs laissent encore filer une opportunité de prendre les devants, ce sont eux désormais qui font le jeu, les Slovaques reculant de plus en plus et n’agissant plus qu’en contres. Ce qui n’est pas loin de leur sourire sur un tour de cage de Dávid Šoltés (33’32). Kudrna, seul dans l’axe, a du temps pour ajuster mais sa tentative est déviée par le gardien (35’42).

Les Russes exercent une domination stérile. Ils percent certes facilement la défense bleue mais balbutient toujours devant Janus. Les situations dangereuses sont nombreuses, les franches occasions de marquer le sont moins. Rushan Rafikov, seul en attaque, envoie un puissant tir dans le cercle droit mais Janus, toujours vigilant, dévie du bras opposé. Le score ne bougera plus avant le deuxième retour aux vestiaires mais la nouvelle faute de Mikuš (39’06) permettra aux joueurs d’Oleg Bratash d’entamer l’ultime opus en supériorité.

La Slovaquie se réveille trop tard

Et justement… La Russie débloque enfin son compteur en power-play lorsqu’à la reprise Konstantin Okulov arrive en pleine vitesse sur la gauche et enfile l’aiguille dans la lucarne droite (2-1, 41’05). La pression offensive russe est maintenue, Janus ne contrôle pas un rebond d’un puissant tir de Sharizpanyov et un acolyte menace immédiatement (43’34). Demidov zigzague avec brio depuis la bande droite et arme dans sa chute dans l’enclave : le palet frôle le poteau gauche alors que Janus, trop avancé, était battu (43’45). La Slovaquie souffre.

DALOGA Marek 130503 264Pourtant, le rouleau-compresseur s’enraie bêtement à cause d’une faute offensive de Vladimir Tkachyov qui retient Chovan dans le coin gauche (47’24). Les Slovaques vont-ils en profiter ? Sur la mise en jeu qui suit, Lunter accroche à son tour et remet immédiatement les deux formations à armes égales (47’31).

Ce match avance par à-coups. Bien qu’il soit très rythmé, les chaudes alertes interviennent par vagues et des deux côtés en même temps. Aussi, après que Michal Krištof a profité d’un mauvais contrôle de Sharizpanyov pour dégainer, la relance russe oblige le portier slovaque à sauver sur sa ligne (49’53). Maxim Kazakov, parfaitement servi par Daniil Ilyin, arrive en pleine vitesse mais vise à côté alors que la moitié de la cage était libre de surveillance (50’44).

Roman Abrosimov perd son casque dans la lutte et le bref surnombre slovaque marque le début d’un temps fort de la Double-Croix, Radovan Puliš puis Šoltés se trouvant en position très favorable devant Demchenko (52’06). C’est ensuite Ďaloga, d’un missile envoyé sur la « bleue », qui pousse le portier du Traktor à réagir de la mitaine (53’07). Les Slovaques font le siège de la zone russe et obtiennent une pénalité (cinglage de Manukyan). La déviation de Kudrna est presque payante (54’00).

Une crosse haute de Rosandič sur ce même Manukyan (57’48), qui saigne sur l’action, met à mal les espoirs slovaques d’accrocher la prolongation. La faute de Malec, qui met longtemps à être sifflée (Demchenko sort même quelques dizaines de secondes), permet aux Russes de valider définitivement ce succès étriqué. Dommage pour la Double-Croix, qui échoue de peu après un match séduisant. Avec deux défaites, elle n’a plus aucune chance de remporter cette Deutschland Cup, à l’inverse des Russes, toujours en lice pour doubler la mise en Allemagne demain dans une « finale » programmée contre la Suisse en fin de matinée.

Désignés joueurs du match : Konstantin Okulov (Russie) et Marek Ďaloga (Slovaquie).

Commentaires d’après-match

Craig Ramsay (entraîneur de la Slovaquie) : « On a eu un excellent départ et réalisé une bonne première période. On a très bien joué, on a été agressifs, rapides et on a de nouveau mené au score. Dans le deuxième tiers-temps, on a commis des fautes, ce qui a changé le cours du match et c’est devenu difficile pour nous. On en parle sans arrêt pourtant, qu’il ne faut pas faire de fautes… En troisième période, on a des occasions extraordinaires, une par Svitana, une autre par Krištof. On aurait pu égaliser, mais on n’a pas marqué. Demain, les joueurs de Slovan Bratislava ne joueront pas, j’espère donc que l’on aura suffisamment de joueurs pour la rencontre. »

Rastislav Špirko (attaquant et capitaine de la Slovaquie) : « La rencontre était équilibrée au début, nous étions actifs. Malheureusement, les Russes ont pris l’initiative en deuxième période et, grâce à nos pénalités qui ont été nombreuses, on a cessé de sortir le palet de notre zone. On a permis aux Russes d’augmenter leur pression par nos erreurs. »

 

Russie B – Slovaquie 2-1 (1-1, 0-0, 1-0)
Samedi 10 novembre 2018 à 17h00 au Königpalast de Krefeld.
Arbitrage de Sirko Hunnius et Daniel Kannengieser (ALL) assistés de Wayne Gerth et Patrick Laguzov (ALL).
Pénalités : Russie 8′ (2′, 2′, 4′) ; Slovaquie 14′ (2′, 6′, 6′)
Tirs : Russie 29 (10, 10, 9) ; Slovaquie 24 (10, 6, 8)

Évolution du score :
0-1 à 08’10 : Kudrna assisté de Mikuš
1-1 à 13’50 : Mikhailov assisté de Manukyan et Maltsev
2-1 à 41’05 : Okulov assisté de Svetlakov et Demidov (sup. num.)

Russie

Attaquants :
Nikolai Prokhorkin (C, -1) – Andrei Chibisov (-1) – Aleksei Kruchinin (-1)
Andrei Svetlakov (A) – Vladimir Tkachyov (2′) – Konstantin Okulov
Artur Kayumov – Daniil Ilyin – Maksim Kazakov
Artyon Manukyan (2′, +1) – Mikhail Maltsev (2′, +1) – Nikita Mikhailov (+1)

Défenseurs :
Roman Rukavishnikov (A, -1) – Artyom Zemchyonok
Nikolai Demidov – Damir Sharipzyanov (2′)
Dmitri Yudin – Rushan Rafikov
Roman Abrosimov – Igor Isayev (+1)

Gardien :
Vasili Demchenko

Remplaçant : Nikita Serebryakov (G).

Slovaquie

Attaquants :
Dávid Bondra – Matúš Sukeľ – Róbert Lantoši
Radovan Puliš – Michal Krištof (A) – Dávid Šoltés
Andrej Kudrna – Milan Kytnár (A, 2′, -1) – Branislav Rapáč
Mário Lunter (2′) – Rastislav Špirko (C, +1) – Patrik Svitana

Défenseurs :
Marek Ďaloga – Peter Čerešňák
Mislav Rosandič (2′) – Martin Chovan
Tomáš Malec (2’+2′) – Juraj Mikuš (2’+2′)
Mário Grman – Martin Gernát

Gardien :
Jaroslav Janus

Remplaçant : Andrej Košarišťan (G).

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