Rouen – Chamonix (Ligue Magnus, 29e journée)

Chaos sur l’île Lacroix !

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Chaos sur l’île Lacroix !

Rouen et Chamonix, qui s’affrontaient après leurs derniers matches de l’année 2018 à vite oublier pour cause de défaites frustrantes, voulaient commencer la nouvelle année sur une autre dynamique, malgré les nombreux absents de part et d’autre.

Très clairement, les puristes et autres techniciens n’auront pas aimé du tout le contenu. Même s’ils ont raison, qu’ils aillent écouter le dernier « Macca » (Egypt Station). Erreurs individuelles, pléthore d’approximations, mauvais choix à profusion, attaques à cinq indigentes et déstructuration globale ont apportés le chaos dans cette rencontre. Il fallait lire le match au premier degré, comme un VIP élevé aux frites grasses et à la bière chaude servie dans un gobelet. Il nécessitait surtout de « kiffer » des attaques surnuméraires, des échappées, une course-poursuite, un super-héros, Mugnier, un contre la montre de 6’25, des « Ho » et des « Ah », David contre Goliath, Higby contre le reste du monde, une histoire d’amour entre la foule et ses Dragons, la méthode Coué, un scénario simple, sans méchant, mais efficace pour ceux qui savaient l’apprécier, atmosphère des lendemains de fêtes et happy end (normand), aidant.

Du match… Que disons-nous ? Plutôt de la tornade de palets et de crosses, pulsée par les contre-attaques, embrasée par les arrêts et réflexes des deux gardiens et transcendée par sept buts, tous spectaculaires. Du hockey de chaos presque une caricature de « pizza cup », on retiendra un premier tiers assez rapide, où les coéquipiers de Mathieu Roy affichaient une volonté d’abordage, pied au plancher (Thinel à 3’17), sans réussir à concrétiser, même en supériorité. Les Pionniers ont bien défendu et aussi prévenu, qu’en infériorité, ils seraient dangereux (Higby à 7’16 et D’Arrisso à 7’26), avant d’attendre l’affaiblissement local puis de faire jeu égal en deuxième moitié du premier vingt.

Les hommes de Fabrice Lhenry avaient encore de bonnes résolutions en remontant sur la glace, mais pas toujours la lucidité et de bonnes jambes. Pourtant, ce sont eux qui ouvrent le score. À 2 contre 0, grâce à une merveille de longue passe dans l’axe de Chad Langlais, Nicolas Deschamps, après un relais de Joris Bedin, ouvre le score du revers (1-0 à 24’50) Notre photo ci-dessus.

Avec le momentum, Rouen bourdonne (Koivisto à 26’41). Mais le RHE76, alors en avantage d’un homme, laisse Erik Higby sortir pour la troisième fois du capharnaüm en échappée. Cette fois, c’est la bonne impulsion. Après la barre et la mitaine de Matija Pintaric, le joueur de centre trouve le filet à mi-hauteur (1-1 à 31’06) Notre photo ci-dessous

Même si Michel Miklik sonne la révolte (32’38), Rouen sombre dans le minime, jusqu’à devoir subir une double infériorité de 30 secondes, d’où les Seino-marins se sortent, grâce au trio Mäkinen-Ritz-Brodeur, puis résistant aux assauts chamoniards (Higby à 36’22, Coulaud à 37’28 et D’Arrisso à 38’30) jusqu’au second surfaçage.

Dans le dernier tiers, le RHE va exceller dans l’art de se mettre en danger, tout en assumant son statut d’icône du hockey français. D’abord, il encaisse un nouveau but en breakaway, toujours d’Erik Higby, qui inscrit là un doublé malgré le retour de Mathieu Roy (1-2 à  40’31). Après, il fait briller le gardien adverse (Aleardi à 40’59, Bedin à 45’29), et reste muet sur trois power-play dont 26 secondes à cinq contre trois face à un très solide Lucas Mugnier soutenu par le trio Higby-Kloz-D’Arrisso. Ensuite, il excite son public, le frustrant en touchant un poteau (Miklik à 47’57). Enfin, Rouen accumule un nouveau filet quand Scot Jacklin peut reprendre un rebond dans une cage ouverte car en infériorité, il abandonne Matija Pintaric à son propre sort (1-3 à 53’35).

Il reste moins de 7 minutes et nous ne voyons vraiment pas comment, avec deux buts d’écart et le niveau de jeu des Dragons, cette fois, ils peuvent (encore) s’en sortir. Surtout que jusqu’ici, le CHE, sans être irrésistible, fait un bon match. Il s’est toujours assez bien défendu avec caractère et émotion.

Mais les héros sont des héros (méthode Coué), surtout de série B. Alors, cinq secondes après le troisième but chamoniard, Alex Aleardi s’échappe à la ligne bleue et remporte son duel seul face à Lucas Mugnier en le feintant (2-3 à 53’40). Moins de trois minutes plus tard, Kevin Dusseau, inspiré à force de côtoyer Chad Langlais, se prend à chalouper. L’arrière perfore la ligne défensive adverse puis parvient à reprendre le long rebond de son propre petit lancer afin d’égaliser dans une cage ouverte et rafle à lui seul une prolongation inespérée.

Les Pionniers, rassasiés par le point gagné, jouent sur les talons. Là, les Dragons ne plaisantent plus. Ils jouent juste pendant 52 secondes. Jusqu’à une passe de Marc-André Thinel, lors d’un jeu à deux-contre-un, reprise, sur réception, par Loïc Lampérier dans le haut des filets (4-3 à 60’52). The (happy) End (made in Normandie).

Étoiles du match : Erik Higby *** (Chamonix), Nicolas Deschamps ** (Rouen) et Chad Langlais * (Rouen).

Commentaires (dans Paris-Normandie) :

Romain Farruggia (entraîneur-adjoint de Rouen): « Je pense qu’on a livré ce soir le match le moins consistant de notre saison. On s’est compliqué la tâche du début à la fin de la rencontre. On n’a pas fait les bons choix, on a essayé des choses trop compliquées, et, face à une équipe de Chamonix et à un gardien qui ont fait un bon match, ça a donné un match difficile. On ne peut pas se satisfaire de ce genre de prestation. Il faut vite qu’on réagisse, qu’on prenne le match de vendredi à Strasbourg autrement, car ce genre de matches, on ne les gagnera pas à chaque fois. Surtout que là, si on est honnête, on ne peut que reconnaître qu’il nous a fallu une grosse part de chance en fin de match pour aller chercher la victoire. »

Rouen – Chamonix 4-3 après prolongation (0-0, 1-1, 2-2, 1-0)
Mercredi 2 janvier 2018 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs.
Arbitres : MM. Laurent Garbay et Pierre Dehaen assistés de MM. Clément Goncalves et Charles-Édouard Salmon.
Pénalités : Rouen 10′ (2′, 6′, 2′, 0′) ; Chamonix 34′ (6′, 2′, 6’+10’+10′, 0).
Tirs : Rouen 33 (13, 9, 17, 2) ; Chamonix 41 (5, 15, 13, 0).
Supériorités : Rouen 0/7, Chamonix 1/5.

Évolution du score :
1-0 à 24’50 : Deschamps assisté de Bedin et Langlais
1-1 à 31’06 : Higby assisté de D’Arrisso et Selan (inf.num.)
1-2 à 40’31 : Higby
1-3 à 53’35 : Jacklin assisté de Lagarde et Kazarine (sup.num.)
2-3 à 53’40 : Aleardi assiste de Deschamps
3-3 à 56’57 : Dusseau
4-3 à 60’52 : Lampérier assisté de Thinel

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel (A)
Joris Bedin – Nicolas Deschamps – Alexander Aleardi
Vincent Nesa – Juha Koivisto – Michel Miklik
Joran Reynaud – Fabien Colotti – Julien Msumbu

Défenseurs :
Kévin Dusseau – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Chad Langlais – Thomas Carminati

Gardien :
Matija Pintaric (30 arrêts)

Remplaçants : Gaétan Richard (G), Mathieu Mony et Robin Rabl. Absents : Enzo Cantagallo, Joël Caron, Florian Chakiachvili et Anthony Guttig (blessés).

Chamonix

Attaquants :
Quentin Fauchon – Erik Higby – Perry D’Arrisso
Benjamin Lagarde – Scott Jacklin (A) – Henric Andersén (A)
Maxence Leroux  – Mathieu Briand – Fabien Kazarine
Adrien Glévéau – Julien Laplace – Loïc Coulaud

Défenseurs :
Vojtech Kloz – Geoff Fortman
Jérémie Penz – Numa Besson (C)
Jiri Klimicek – Maks Selan

Gardien :
Lucas Mugnier (37 arrêts)

Remplaçants : Richard Sabol (G) et Clément Mermoux. Absents : Andrei Pervyshin (non conservé), Colin Sullivan et Cody Freeman (?).

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