Les Brûleurs de Loups ont bien terminé l’année 2018 avec des victoires difficiles mais importantes face à Gap (5-3) puis à Lyon (4-3) lors de deux derbys serrés et gagnés aux forceps. Cela leur permet d’enchaîner cinq victoires de rang et d’en viser une sixième pour bien commencer 2019 et maintenir la pression sur Rouen qui possède toujours une confortable avance en tête de la Ligue Magnus.
Les Boxers restent pour leur part sur une défaite à Rouen suivie d’une victoire contre Nice sur le même score (5-2). À la lutte pour une place qualificative en play-offs, ils se présentent sur la glace de Pôle Sud avec une attaque décimée par les absences de Sauvé, Lessard, Barbero et Terrier au point que le néo-retraité Julien Desrosiers a dû rechausser les patins depuis 4 matchs pour venir en aide à son club. Difficile donc pour eux d’espérer reproduire la performance du 12 octobre où ils étaient venus s’imposer à Pôle Sud (2-1) avant que Grenoble ne prenne une éclatante revanche à Bordeaux (6-2) en novembre.

Tanner Glass reçoit la première pénalité pour une grosse charge contre la bande sur Tartari. Les Brûleurs de Loups installent leur power-play et après une bonne circulation du palet, un lancer dans le trafic de Fleury est repoussé par Fouquerel mais Champagne pousse le palet au fond (1-0, 07’06).

Le momentum grenoblois est interrompu lorsque Baylacq se fait sanctionner pour avoir mis la crosse dans le visage de Guillaume alors que Grenoble évoluait en zone offensive. Bien installés, les Bordelais laissent partir Rohat en contre mais ce dernier ne cadre pas son tir. Le boxplay grenoblois réalise un gros travail pour tuer la pénalité. Alors que Bordeaux a encore une bonne opportunité avec Hughesman et Johnston, Fleury obtient une belle opportunité : il sert en retrait Rohat dont le lancer est contré par Gallet. Les Brûleurs de Loups ont de nouveau une grosse opportunité avec Latendresse qui récupère un palet perdu dans la zone bordelaise. Il se décale pour lancer à la cage mais Fouquerel a encore une fois très bien fermé son angle pour repousser le palet en deux temps. Malgré de grosses opportunités de faire gonfler le score, les Brûleurs de Loups ne mènent que d’un but à la première pause.

Les Brûleurs de Loups essaient de réagir mais Rohat ne cadre pas son tir alors qu’il se présentait démarqué face à la cage bordelaise. Grenoble garde le contrôle du palet mais n’arrive pas à conclure, à l’image d’un tir de Fleury non cadré. Petit à petit, les Boxers prennent confiance et arrivent à imposer à leurs adversaires des longues séquences en zone offensive.

Les Boxers continuent de maintenir la pression sur Bonvalot avec des lancers cadrés. Mais contre le cours du jeu et sur une de leurs rares actions offensives dans ce tiers, les Brûleurs de Loups surprennent Fouquerel : après un lancer non cadré de Munoz, Hardowa récupère le palet, revient vers la cage et lance dans les patins du gardien bordelais qui marque involontairement dans ses propres buts (2-1, 34’22). Ce but casquette permet aux Isérois de reprendre l’avantage au tableau d’affichage et de mener à la fin du deuxième tiers-temps sans pour autant avoir forcé leur talent.

Les Brûleurs de Loups continuent de pousser avec un tir en pivot de Kearney bien capté de la mitaine par Fouquerel. Prudents défensivement, les Grenoblois semblent se contenter de gérer leur avance d’un but en contenant les Boxers dans leur zone. Un jeu dangereux car Bordeaux n’a pas abdiqué. Alors qu’il reste dix minutes à jouer, une bonne opportunité survient en contre sur un jeu parfaitement exécuté : Johnston remonte le palet, sert Hughesman qui parvient à passer à Hugo Gallet passé entre Hardowa et Tartari. Le défenseur bordelais remet intelligemment à Julien Guillaume, libre de tout marquage sur la droite de la cage pour catapulter le palet au fond des filets (2-2, 51’43).

Place donc à la prolongation à trois contre trois avec un premier lancer de Gallet bien bloqué par Bonvalot. Kearney lui répond avec une action similaire ponctuée par un arrêt de Fouquerel sans rebond. Sur l’action suivante, Kearney remet à Fleury qui passe dans un trou de souris entre Desrosiers et Baazzi pour servir Kearney qui pousse le palet au fond (3-2, 60’58). Grenoble s’impose sur le fil sur une belle action qui vient faire en partie oublier un match bien terne.

Comme face à Gap, les Grenoblois ont joué à fond vingt minutes avant de progressivement s’éteindre, proposant un jeu stérile pendant quarante minutes (avec neuf tirs cadrés seulement !) et se faisant logiquement rejoindre au score. Heureusement, il y a eu cet éclair en prolongations du duo Fleury-Kearney qui a fait la différence. Mais il en faudra beaucoup plus vendredi pour battre Amiens, l’équipe en forme du moment en Ligue Magnus.

Désignés joueurs du match : Joël Champagne (Grenoble) et Clément Fouquerel (Bordeaux)
(Photos Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Un match dur, il manquait de l’énergie, on n’était pas bon sur notre forecheck. Bordeaux qui joue chaque match pour chercher les points pour gagner leur place en play-off, ils étaient très bons sur le forecheck alors qu’on n’arrivait pas à trouver notre rythme. Ce mois-là on joue treize matchs, c’est le premier match sur ce mois de janvier… Des matchs comme ça vont arriver, la forme va être moins haute, il va y avoir un peu de fatigue, c’est à nous de bien gérer ces moments-là…. Aujourd’hui, malgré la difficulté, on a trouvé une manière de gagner et c’est positif. On a vu une quatrième ligne avec Julien Munoz, Dylan Fabre et Latendresse qui était probablement notre meilleure ligne aujourd’hui, ils ont mis beaucoup d’énergie. Ils ont mis Bordeaux en difficulté, ça c’est positif… C’est ce qu’on est, une équipe qui ne compte pas toujours sur le même joueur. Certains matchs, nos meilleurs joueurs sont les meilleurs, et d’autres matchs, ce sont les joueurs dont on ne parle pas beaucoup qui font la différence. En deuxième période, on n’était pas bien et c’est cette quatrième ligne qui est allée chercher un momentum pour marquer ce deuxième but. Et on est revenu dans le match grâce à eux… Je demande souvent aux meilleurs joueurs de montrer l’exemple. Ce n’est pas que faire les points et marquer les buts, c’est faire les petites choses bien, prendre les bonnes décisions sur la glace. Quand tu as Bisaillon, Fleury et Kearney sur la glace à la fin, à trois contre trois ils ont plus d’espace, on a senti qu’ils avaient faim et c’était notre chance d’aller chercher ce but-là et ils ont fait la différence. Amiens, depuis 15-20 matchs, est probablement la meilleure équipe du championnat… C’est une équipe qui joue à quatre blocs, qui a beaucoup d’énergie, qui patine beaucoup. Chez eux c’est toujours dur de jouer, il faut être prêt pour gagner les duels, être présents dans la zone offensive, devant leur cage… Ce sont les petites choses qui vont compter au fur et à mesure qu’on se rapproche de la fin de la saison. Ça va être plus dur, c’est à nous d’être prudents, de ne pas tomber dans les pièges, de ne pas être dans une zone de confort, d’aller jouer un cran au-dessus. Ça va être un gros test pour nous vendredi. »

Teddy Da Costa (attaquant de Grenoble) : « C’est une victoire importante mentalement. Je trouve qu’on n’était pas au top physiquement mais on trouve le moyen de gagner, c’est ça qui est le plus important. Ils étaient bien en place, ils ont bien défendu, on n’a peut-être pas assez shooté par rapport à d’habitude mais on n’a pas eu beaucoup de power-play non plus… C’était un match serré, un beau match et on a fait le job. Physiquement, on manquait un peu de jambes, c’est vrai qu’on peut plier un peu le match au premier tiers, on ne le fait pas et après on cherche des solutions, on se complique un peu la vie et ça change le jeu mais au final on gagne et c’est le plus important. On est au moins de janvier, c’est costaud comme programme, il faut savoir prendre soin de son corps, bien récupérer et jouer. On est professionnel, il faut faire avec. »
Grenoble – Bordeaux 3-2 après prolongation (1-0, 1-1, 0-1, 1-0)
Mercredi 2 janvier 2019 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Cregut et Alexandre Bourreau assistés de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly.
Pénalités : Grenoble 18’ (2’, 4’+10’, 2’, 0’), Bordeaux 14’ (2’+10’, 0’, 2’, 0’).
Tirs : Grenoble 25 (14, 5, 4, 2), Bordeaux 25 (8, 8, 8, 1).
Évolution du score :
1-0 à 07’06 : Champagne assisté de Fleury et Manavian (sup. num.)
1-1 à 25’19 : Desrosiers assisté de Baazzi et Mulle (sup. num.)
2-1 à 34’22 : Hardowa assisté de Munoz et Kearney
2-2 à 51’43 : Guillaume assisté de Gallet et Hughesman
3-2 à 60’58 : Kearney assisté de Fleury et Bisaillon
Grenoble
Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc
Vincent Kara – Sébastien Rohat – Damien Fleury (A)
Julien Baylacq (2’) – Teddy Da Costa – Matthias Arnaud
Dylan Fabre – Olivier Latendresse – Julien Munoz
Défenseurs :
Patrick McEachen – Aleksandar Magovac
Christophe Tartari (A) (2’) – Antonin Manavian (2’+10’)
Dominik Kramar – Sébastien Bisaillon (2’)
Connor Hardowa
Gardien :
Antoine Bonvalot
Remplaçants : Lukáš Horák (G), Lauric Convert. Absents : Teddy Trabichet (épaule), Boštjan Goličič (poignet), Maxime Legault (adducteurs), Lucien Onno.
Bordeaux
Attaquants :
Adam Hughesman – Andrew Johnston – Teemu Loizeau
Alexandre Mulle – Julien Desrosiers (2’) – Peter Valier
Aina Rambelo – Tanner Glass (A) (2’+10’)– Julien Guillaume
Tanguy Auger – François Paquin – Vince Tartari
Défenseurs :
Hugo Gallet – Maxime Moisand (C)
Oldrich Horak – Jakub Melisko
Aziz Baazzi – Jonathan Janil (A)
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Julian Junca (G). Absents : Maxime Sauvé (fin de carrière après plusieurs commotions), Victor Barbero (« bas du corps »), Jonathan Lessard, Matthias Terrier.









































