La Russie refait jouer des jeunes

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Être à la fois sélectionneur national et entraîneur de club confère des avantages qui peuvent s’adapter selon les circonstances : d’un côté on peut favoriser ses propres joueurs, de l’autre on peut aussi parfois les ménager au bon moment. Pour la troisième manche de l’Euro Hockey Tour, placée peu de temps avant les play-offs, Ilya Vorobiev n’a ainsi sélectionné qu’un seul joueur de « son » SKA Saint-Pétersbourg, le défenseur Artyom Zub. Ceci dit, il n’a pas pioché non plus outre mesure chez le grand rival pour le titre, le CSKA Moscou, qui ne compte que deux sélectionnés (Svetlakov et Okulov).

Accusée de devenir l’équipe de deux clubs, la Russie offre ainsi un visage plus varié. Cela n’empêche pas de compter sur des joueurs talentueux et expérimentés en attaque, à l’instar du centre Vadim Shipachyov, dont le grand retour illustre « l’objectivité des choix de l’équipe nationale » selon le staff. C’est dans les cages que le renouvellement est le plus patent. La mise au repos du duo Sorokin/Shestyorkin permet enfin de tester de nouvelles têtes. Le gardien Ilya Konovalov fait ainsi ses débuts internationaux… dans la patinoire où il a grandi.

La Sbornaïa se produit en effet à Yaroslavl, pôle important du hockey russe. Six joueurs de la sélection proviennent en effet du Lokomotiv, dont la paire défensive Rafikov-Elesin mais aussi Grigory Denisenko. À seulement 18 ans, c’est le plus jeune joueur intégré à l’équipe nationale depuis Nichushkin aux JO de Sotchi (ce dernier jouait alors déjà en NHL mais cela n’a pas vraiment servi la suite de sa carrière).

Pour un gardien débutant, il n’y a rien de pire que d’encaisser un but après moins de trente secondes. C’est pourtant ce qui arrive à Konovalov face à Niko Ojamäki, l’ailier de Tappara qui dévie un tir anodin et marque son premier but en équipe nationale pour sa 14e sélection. La Russie réagit après seulement quatre minutes de jeu. Shumakov envoie un palet dans l’angle de la cage depuis la bande. Zernov le cueille près du but pour l’offrir en retrait à Ilya Mikheev qui arrive complètement seul pour égaliser à bout portant.

Les Russes ont ensuite largement de quoi passer devant, pendant trois supériorités numériques consécutives. Mais ils se montrent peu efficaces. Un peu nerveux, ils se laissent parfois piégés par leurs émotions et font souvent la passe de trop au lieu de tenter leur chance. C’est ensuite la Finlande qui joue quatre fois en avantage numérique, à la fin du tiers puis en deuxième période, pour aussi peu de résultat. C’est même Kadeikin qui signe deux contre-attaques dangereuses en infériorité.

Mikheev est donc parti pour devenir le héros du match quand il déboule sur l’aile gauche au troisième tiers. Les défenseurs finlandais coupent toutes les possibilités de passe, mais l’ailier russe repique à la cage et parvient à placer le palet sous les bottes du gardien. Néanmoins, la Finlande sort son gardien Vehviläinen en fin de match et profite du sixième homme pour mettre du trafic devant la cage. Konovalov est masqué et ne peut rien sur le but égalisateur du défenseur Mikko Lehtonen.

La Russie laisse encore passer sa chance en prolongation, même si Ilya Vorobiev y demande un temps mort après une pénalité finlandaise pour surnombre. Le match finit donc par une séance de tirs au buts qui ne rentrera pas dans les annales. Si elle est interminable, c’est surtout parce que nombre de tentatives sont mal exécutées… sauf celles de Dmitri Kagarlitsky qui marque trois fois sur quatre et finit par faire pencher la balance. Sans grande expérience de l’exercice qu’il n’avait connu qu’une fois dans sa vie, le gardien local Konovalov en sort donc vainqueur en arrêtant le neuvième tir adverse de Tyrväinen, et il est alors élu joueur du match devant son public.

Commentaires d’après-match

Ilya Vorobyov (entraîneur de la Russie) : « Nous avons beaucoup de débutants, donc nous avons commis des erreurs. Nous les avons décomposées, mais je ne dirai pas spécifiquement ce dont il s’agit. Je ne veux pas laver notre linge sale en public. Nos débutants ont essayé et se sont bien montrés. Le principal est de gagner en expérience. L’effet était hollywoodien. Nous avons vu leurs yeux briller. »

Russie – Finlande 2-2 (1-1, 0-0, 1-1, 0-0) / 4-3 aux tirs au but
Jeudi 7 février 2019 à 18h30 à la Lokomotiv Arena-2000 de Yaroslavl. 9046 spectateurs.
Pénalités : Russie 8′ (2′, 6′, 0′, 0′) ; Finlande 8′ (6′, 0′, 0′, 2′).
Tirs : Russie 30 (11, 6, 6, 7) ; Finlande 23 (8, 11, 4, 0).

Évolution du score :
0-1 à 00’28 : Ojamäki assisté de Junttila et Lehtonen
1-1 à 04’06 : Mikheev assisté de Zernov et Shumakov
2-1 à 44’05 : Mikheev
2-2 à 59’52 : Lehtonen assisté de Nättinen et Eronen

Tirs au but :
Finlande : Pesonen (arrêté), Ojamäki (arrêté), Tyrväinen (réussi), Kalapudas (arrêté), Leskinen (arrêté).
Russie : Mikheev (arrêté), Kagarlitsky (réussi), Shipachyov (arrêté), Shumakov (arrêté), Okulov (arrêté).
Tirs supplémentaires :
Russie : Kagarlitsky (réussi), Kagarlitsky (arrêté), Mikheev (réussi), Kagarlitsky (réussi).
Finlande : Kaski (réussi), Nättinen (arrêté), Kaski (réussi), Tyrväinen (arrêté).

Russie

Attaquants :
Dmitri Kagarlitsky (-1) – Vadim Shipachyov (C, -1, 2′) – Anatoly Nikontsev (-1)
Sergei Shumakov (+1) – Denis Zernov (+1) – Ilya Mikheev (+1)
Andrei Kuzmenko – Andrei Svetlakov (2′) – Konstantin Okulov
Grigori Denisenko – Aleksandr Kadeikin – Anton Burdasov
Denis Alekseev

Défenseurs :
Zakhar Arzamatsev (-1, 2′) – Aleksei Vasilevski (-1)
Rushan Rafikov (+2, 2′) – Aleksandr Elesin (+2)
Aleksei Bereglazov – Artyom Zub
Andrei Mironov (-1) – Evgeni Kulik (-1)

Gardien :
Ilya Konovalov

Remplaçant : Igor Bobkov (G). En réserve : Aleksandr Samsonov (G), Ivan Mishchenko, Aleksei Kruchinin, Kirill Slepets.

Finlande (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Julius Junttila (+1) – Mikael Ruohomaa – Niko Ojamäki (+1)
Janne Pesonen (C) – Antti Kalapudas (-1) – Ville Leskinen (-1)
Anrei Hakulinen (-1) – Juhani Tyrväinen (+1, 2′) – Joonas Nättinen (+1)
Jere Sallinen – Hannes Björninen – Eetu Luostarinen

Défenseurs :
Mikko Lehtonen (+2) – Oliwer Kaski (+1)
Teemu Eronen – Kristian Näkyvä (-1)
Jesse Virtanen (-1, 2′) – Otto Leskinen (-1)
Niklas Friman – Oskari Laaksonen (2′)

Gardien :
Veini Vehviläinen [sorti de 58’38 à 59’52]

Remplaçant : Rasmus Tirronen (G).

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