L’Italie mérite le respect

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0 but marqué, 17 buts encaissés et son meilleur joueur blessé : voilà le bilan lapidaire du week-end pour le retour des Italiens dans l’élite mondiale. Au moins ont-ils eu un jour de repos pour s’en remettre. Il fallait bien cela. Leur championnat du monde comme aujourd’hui en essayant d’accrocher la Lettonie pour rendre plus crédible la lutte pour le maintien.

Le sentiment que laisse le début de match est plutôt encourageant pour les Italiens. On ne sent en effet pas la Lettonie se donner à fond. Le rythme auquel elle joue semble tout à fait tolérable par leurs adversaires. La finesse technique d’un Miks Indrasis, dribblant Armin Hofer en lui glissant le palet entre les jambes, est sans danger car l’autre défenseur italien Stefano Marchetti se couche ensuite pour empêcher son centre. Cette recherche du jeu parfait se ressent aussi pendant deux supériorités numériques baltes assez mollassonnes. À ce tempo, l’Italie peut couper les solutions de passe au milieu et tuer les pénalités.

Les statistiques, qui affichent 21 tirs à 2, peuvent suggérer une Italie à l’agonie. Ce n’est pas l’impression que l’on a sur la glace. La possession de palet, à 60%/40%, est d’ailleurs moins déséquilibrée. Ces lancers sont majoritairement sans trafic, sans pression, non suivis au rebond. La seule fois où le danger de but est franchement imminent, c’est sur un coup de chance : un lancer de Roberts Bukarts frappe le fond de la balustrade et lui revient dessus, mais il rate le cadre sur le rebond alors que la cage était en partie ouverte. La chance, la Lettonie l’a trop peu provoquée. Elle se la joue facile, et le score vierge à la pause n’est pas volé. Le hold-up aurait même pu être parfait quand un tir anodin de Diego Kostner ricoche sur le genou de Galvins et piège le gardien Gudļevskis. La réjouissance italienne est prématurée : Bob Hartley utilise son « challenge » et le ralenti démontre qu’Angelo Miceli, patin arrière levé au moment de l’entrée en zone, était hors-jeu, contrairement à l’indication du juge de ligne sur le moment.

L’autre indice positif pour l’Italie, c’est la performance de son gardien Andreas Bernard, qui était peu à son avantage lors du match de préparation en France et samedi contre la Suisse. Sa saison chez la lanterne rouge de Liiga finlandaise (Ässät) s’était terminée en février et il manquait certainement de compétition, même s’il est entretenu quelque temps à Mannheim avec un contrat provisoire de doublure. Quand la Lettonie intensifie sa pression en début de deuxième période comme on pouvait s’y attendre, Bernard se montre de plus en plus autoritaire en gelant rapidement les palets. Cela aide son équipe à souffler et à tenir le choc. Mais juste avant la mi-match, un tir de Rihards Bukarts est contré au départ par une crosse italienne, et le palet se dirige alors vers le côté de la cage où surgit Roberts Bukarts qui marque en angle du revers, un 37e tir (!) que Bernard touche mais laisse s’infiltrer entre son coude et sa jambière. Pour les Lettons, c’est le but de la délivrance.

L’enjeu pour l’Italie est dès lors de générer de l’offensive sans trop se découvrir, ce qu’elle avait eu beaucoup de mal à faire ce week-end. Elle attaque, certes, mais laisse déjà une première brèche. Servi à la bleue par une belle longue passe croisée de Balinskis, Teodors Blugers offre à Rihards Marenis une déviation à bout portant, qu’Andreas Bernard pare de la botte droite.

L’Italie ne pense même plus à attaquer car la fin de deuxième tiers devient franchement très difficile. La rondelle commence à échapper à Andreas Bernard comme un insecte, qu’il écarte du bouclier : elle retombe devant Rihards Bukarts seul devant la cage vide : il tire à côté… On commence à croire à une malédiction quand Roberts Bukarts tire sur le poteau extérieur malgré un angle ouvert. Mais quand un palet contré arrive sur Marenis dans le cercle droit, il ne manque pas cette seconde chance : il signe un tir parfait dans le haut du filet. Une belle consécration que ce but pour celui qui était treizième attaquant et doit son temps de jeu à la blessure d’Ābols. Après avoir écarté d’un réflexe du bras le 52e tir letton (!), Andreas Bernard s’étire le dos lorsque la sirène retentit dans un geste qui en dit long : il a tout donné musculairement.

Faut-il rappeler la mauvaise nouvelle à Bernard et aux Italiens ? Désolé, il reste vingt minutes. Et maintenant que l’espoir est mort avec deux buts de retard, elles s’annoncent longues. Dans la même situation, après avoir à peu près tenu pendant deux périodes, les hommes de Clayton Beddoes en avaient pris six au dernier tiers-temps face aux Suédois. Ce qu’il ne faut pas faire : donner un coup de poing dans une mêlée devant la cage adverse comme Peter Hochkofler. Une pénalité stupide qui oblige à des efforts inutiles dès le début de tiers. Mais la Lettonie n’achève pas sa proie fatiguée. L’Italie reste donc active, elle presse même par moments en zone offensive. Elle peut donc se permettre très légitimement de sortir son gardien en fin de match, même si Teodors Bļugers en profite logiquement pour aller marquer en cage vide.

Dire que l’Italie, après avoir tant sué, doit se coltiner la Russie demain ! C’est rude, le haut niveau mondial. Après 65 tirs subis, Andreas Bernard laissera volontiers la place à un de ses collègues… Néanmoins, ce match a été plutôt rassurant pour les Italiens, par leurs efforts défensifs plus convaincants et par la bonne performance de Bernard. La Norvège et l’Autriche, qui ont moins de potentiel offensif que la Lettonie, ne pourront pas se permettre de les prendre à la légère. Un minimum de respect sera dû, sous peine de payer très cher.

Désignés joueurs du match : Andreas Bernard pour l’Italie et Roberts Bukarts pour la Lettonie.

Italie – Lettonie 0-3 (0-0, 0-2, 0-1)
Mardi 14 mai 2019 à 16h15 à la Ondrej Nepela Arena de Bratislava. 5532 spectateurs.
Arbitrage de Stephen Reneau (USA) et Gordon Schukies (ALL) assistés de Andrew Dalton (GBR) et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Italie 6′ (4′, 0′, 2′), Lettonie 2′ (0′, 0′, 2′).
Tirs : Italie 15 (2, 6, 7), Lettonie 65 (21, 31, 13).

Évolution du score :
0-1 à 29’11 : Ro. Bukarts assisté de Ri. Bukarts et Meija
0-2 à 38’14 : Marenis assisté de Ģēģeris et Freibergs
0-3 à 59’04 : Bļugers assisté de Balcers et Ķēniņš (cage vide)

Italie

Attaquants :
Ivan De Luca (-1) – Raphael Andergassen – Markus Gander
Simon Kostner – Alex Lambacher – Peter Hochkofler (2′)
Angelo Miceli (-2) – Diego Kostner (-2) – Marco Insam (A, -2)
Joachim Ramoser (-1) – Marco Rosa (-1, 4′) – Anthony Bardaro (-1)

Défenseurs :
Jan Pavlu – Alex Trivellato (C, -1)
Armin Helfer (A) – Sean McMonagle (-1)
Stefano Marchetti (-1) – Armin Hofer (-2)
Luca Zanatta (-1) – Ivan Tauferer

Gardien :
Andreas Bernard [sorti de 58’41 à 59’04]

Remplaçant : Marco De Filippo Roia (G). En réserve : Gianluca Vallini (G). Blessé : Giovanni Morini (rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche).

Lettonie

Attaquants :
Lauris Dārziņš (C) – Miks Indrašis – Mārtiņš Dzierkals
Rūdolfs Balcers (+1) – Teodors Bļugers (+1) – Ronalds Ķēniņš (+1)
Roberts Bukarts (+1) – Gints Meija (+1) – Rihards Bukarts (A, +1, 2′)
Emīls Ģēģeris (+1) – Oskars Batņa ou Māris Bičevskis (+1) – Rihards Marenis (+1)

Défenseurs :
Artūrs Kulda (+2) – Oskars Cibuļskis (+2)
Ralfs Freibergs (+1) – Kristaps Sotnieks (A, +1)
Guntis Galviņš – Uvis Balinskis
Kristaps Zīle [une présence]

Gardien :
Kristers Gudļevskis

Remplaçant : Elvis Merzļikins (G). En réserve : Gustavs Grigals (G). Blessé : Rodrigo Ābols.

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