Bowns n’a pas suffi

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Dans une patinoire sonore et tout acquise à leur cause, les Britanniques affrontent les Etats-Unis pour la première fois depuis 1962 : lors des Championnats du monde à Colorado Springs, les Etats-Unis avaient gagné 12-5.

Après la déroute contre le Danemark, l’objectif est de reprendre confiance défensivement, afin de préparer au mieux le match contre la France lundi 20 mai… Les Etats-Unis, eux, cherchent simplement à régler les automatismes et à prendre trois points attendus dans la course aux quarts. Zach Werenski, le défenseur de Columbus, sera un sérieux renfort en défense, mais il n’est pas encore arrivé en Slovaquie.

Surprise

Et le début de match britannique est plutôt bon, avec une grosse chance de Robert Farmer au cercle droit. Demko laisse un rebond, bloque ce deuxième tir et le palet est dégagé.

Les Etats-Unis ne sont pas vraiment entrés dans la partie, mais manquent de peu d’ouvrir le score lors d’un gros travail de la première ligne. Martinez, à la pointe, envoie vers la cage avec Larkin et DeBrincat dans l’enclave, Kane récupère le rebond sur le côté avec Bowns au sol, cherche son coéquipier de Chicago sans réussite, avant un tir au cercle gauche, contré. Une grosse séquence, qui montre l’aisance américaine une fois installé en zone offensive.

Après un tir menaçant d’O’Connor sur Demko à travers la foule, la Grande-Bretagne va, comme prévu, subir, et jouer en contre : Hammond déborde à droite et son lancer heurte la plaque de Demko, directement sur Davies… qui reprend « façon base-ball », en plein sur le gardien de Vancouver. Un essai bien trouvé !

Les minutes défilent avec une équipe américaine en mode « diesel » et une Grande-Bretagne accrocheuse. Un peu trop : pénalité de Hammond, sanction immédiate. Kane reçoit le palet au cercle droit et tire sur le poteau. Le disque retombe dans la zone bleue et James van Riemsdyk bataille pour ouvrir le score (1-0).

Un but historique : Kane, avec cette assistance, compte désormais 34 pts en 21 matchs aux Mondiaux, éclipsant le record de Mark Johnson (33 en 63 matchs), le héros du « miracle sur glace » de 1980.

Derrière, le jeu s’ouvre. Un tir de Farmer de l’aile gauche côté britannique, une échappée de DeBrincat sauvé par Bowns de l’autre.

Globalement, on ne sent pas les Etats-Unis dans le coup. Ils commettent des erreurs faciles, et, sur l’une d’entre elles, Hammond récupère et attaque la cage. Demko laisse un rebond que le joueur de Manchester convertit dans une explosion du public qui touche même les journalistes britanniques en tribune de presse, sans parler du coach (1-1).

Un but qui vexe les Etats-Unis, partis dans une longue séquence de possession stérile et périphérique du duo Eichel-Gaudreau. Puis, le prodige Jack Hughes, débarrassé la veille de la grille des moins de 18 ans – un anniversaire particulièrement suivi ! – slalome dans le slot et trouve le poteau…

La dernière chance revient à Martinez de la bleue et Bowns permet à son équipe de rentrer au vestiaire sur le score inattendu de 1-1, malgré un 18-13 au tir pour les joueurs de Blashill.

Bowns repousse l’échéance

La reprise est du même calibre. Une bonne présence de Kreider et Keller permet de multiplier les tirs, sans réussite. Puis, le trio de van Riemsdyk attaque la cage et s’efforce de gratter le palet dans l’enclave : les Britanniques se dégagent. Le compteur de tirs grimpe…

A 13 minutes de la pause, une nouvelle présence américaine fait reculer les Britanniques. Larkin et Kane combinent, et l’attaquant de Chicago, servi à la pointe, expédie un missile de volée qui termine en lucarne. Les Lions contestent et réclament une crosse haute de Larkin, qui est finalement confirmée après arbitrage vidéo.

Une faute de Hammond replace des Etats-Unis empruntés en avantage. Après quelques tirs non cadrés qui les sortent à chaque fois de la zone, une longue passe envoie Keller en échappée dans le dos de la défense. L’attaquant d’Arizona replace les Aigles devant (2-1).

Le but débloque un peu une attaque et le trentième tir est le bon : servi par Eichel derrière le but, Kreider porte la marque à 3-1 dans l’enclave.

Peut-être trop faciles, les Etats-Unis se mettent en danger à cinq minutes de la pause. Une percée de Davies vient désorganiser la défense, qui tourne dans le vide et n’aide pas vraiment Demko. Le gardien, stoppe un tir du cercle, puis, allongé sur la glace, est finalement secouru par une pile de joueurs sur lui. Sur l’engagement, un nouveau tir de près vient passer tout proche de son poteau droit.

Cette frayeur ne fait pas trembler les Etats-Unis. Une passe de Kane de derrière le but revient sur Ryan qui, dos à la cage, pousse le palet jusqu’à DeBrincat : le sniper ne rate pas souvent ce genre d’aubaine (4-1).

Trop facile, c’est le mot du jour, et lorsque la Grande-Bretagne s’infiltre en attaque, le retour défensif de Kane se transforme en passe décisive pour Perlini, qui, seul devant Demko, fait se lever la foule (4-2). Pas le bon Perlini pour Kane, qui joue à Chicago avec Brandon, pas le grand frère Brett ! Six secondes plus tard, les Etats-Unis rentrent au vestiaire après deux périodes assez faiblardes, mais avec un score de 4-2 qui colle au score de 44 tirs à 22.

Un dernier tiers animé

Une minute de jeu à peine en troisième tiers, et Patrick Kane porte le score à 5-2 en s’y reprenant à trois fois, avec l’aide de Kreider dans l’enclave. Les Britanniques réclament la révision vidéo, qui confirme cependant que Kreider a été poussé sur Bowns par un coup de crosse dans le dos (5-2).

Une crosse haute de Myers entame un jeu de puissance entièrement passé dans le camp britannique, durant lequel Eichel et Kane, stationnés chacun au milieu d’un cercle, se renvoient la politesse par des renversements. Finalement, le premier trouve la barre et le second Bowns, pour le 55e tir américain du match – à douze minutes du terme.

De retour à cinq contre cinq, la Grande-Bretagne laisse Derek Ryan s’emparer d’un rebond dans l’enclave, pour un but du revers (6-2).

Les minutes défilent sans vraiment d’occasion. Lorsqu’une rare incursion britannique se termine par une faute de Davies sur le gardien Demko, le jeu de puissance américain se réinstalle. Larkin trouve la botte de Bowns, puis les tirs pleuvent, dont un lancer de Keller. Arrivés à 63 tirs, les Etats-Unis perdent un palet qui profite à Davies sorti de prison. L’ailier s’avance seul devant Demko et le bat en pleine lucarne (6-3).

Les Etats-Unis manquent de peu le septième en fin de rencontre. Un beau mouvement contraint Bowns à un arrêt difficile. Jack Hughes prend le rebond, et marque du revers… non ! la mitaine du gardien au sol prive le jeune espoir d’un cadeau d’anniversaire.

Les Etats-Unis font donc le service minimum, face à une formation valeureuse mais combative. Cependant, la Grande-Bretagne parviendra-t-elle vraiment à survivre en concédant soixante tirs par match ?

Désignés joueurs du match : Patrick Kane (Etats-Unis) et Ben Bowns (Grande-Bretagne).

Commentaires d’après-match :
Derek Ryan (attaquant des Etats-Unis) : « Jouer ce type d’équipe c’est difficile. Nous avons joué un bon deuxième tiers. Ils ont eu beaucoup d’occasions en première, leur gardien a été très bon. Ils ont de bons joueurs, ont eu des bonnes opportunités. Nous devons maintenant mieux jouer pour le prochain match. J’ai joué beaucoup de matchs internationaux et c’est la première fois que je les joue. Ils ont bataillé dur, c’était un match amusant à jouer et ce sont des gars sympas avec qui discuter. » (propos recueillis par Brice Voirin)

Etats-Unis – Grande-Bretagne 6-3 (1-1, 3-1, 2-1)
Mardi 15 mai 2019, 16h15. Steel Arena de Kosice, Slovaquie. 5510 spectateurs.
Arbitrage de Tobias Bjork (SUE) et Manuel Nikolic (AUT) assistés de Miroslav Lhotsky (TCH) et Andreas Malmqvist (SUE)
Pénalités : Etats-Unis 0′ (0′, 0′, 0′), Grande-Bretagne 10′ (2′, 2′, 6′)
Tirs : Etats-Unis 65 (18, 26, 21), Grande-Bretagne 26 (13, 9, 4)

Récapitulatif du score
1-0 à 12’17 : van Riemsdyk assisté de Kane et Suter (sup. num.)
1-1 à 15’08 : Hammond assisté de Phillips
2-1 à 29’07 : Keller assisté de Q. Hughes et Demko (sup. num.)
3-1 à 31’20 : Kreider assisté de Eichel et Suter
4-1 à 37’54 : DeBrincat assisté de Ryan et Kane
4-2 à 39’54 : Perlini
5-2 à 41’00 : Kane assisté de Kreider et Hanifin
6-2 à 49’10 : Ryan assisté de Glendening et Hanifin
6-3 à 56’28 : Davies assisté de Lachowicz à Billingsley

Etats-Unis
Attaquants
Alex DeBrincat – Dylan Larkin (A, -1) – Patrick Kane (C, -1)
Johnny Gaudreau (+1) – Jack Eichel (+1) – Chris Kreider (+2)
James Van Riemsdyk (-1) – Jack Hughes – Clayton Keller
Derek Ryan (+2) – Frank Vatrano (+1) – Colin White (-1)
Luke Glendening (+1)
Défenseurs
Ryan Suter (A, +1) – Alec Martinez (-2)
Brady Skjei (+2) – Noah Hanifin (+2)
Quinn Hughes (+1) – Adam Fox (-1)
Christian Wolanin (-1)
Gardiens : Cory Schneider
Remplaçant : Thatcher Demko

Grande-Bretagne
Attaquants
Ben Lake – Brett Perlini – Colin Shields (-1)
Robert Farmer (-1) – Mike Hammond (4′, -1) – Robert Dowd (A)
Robert Lachowicz (+1) – Ben Davies (2′, +1) – Oliver Betteridge (+1)
Luke Ferrara (-1) – Matthew Myers (2′, -1) – Jonathan Phillips (C, -1)
Défenseurs
Ben O’Connor (+1) – David Phillips (-1)
Mark Richardson (A, -1) – Stephen Lee (-1)
Paul Swindlehurst (-1) – Tim Billingsley (+1)
Dallas Ehrhardt – Evan Mosey
Gardien : Ben Bowns
Remplaçant : Jackson Whistle
Réserviste : Thomas Murdy (G), Liam Kirk (A), Joseph Lewis (A)

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