Les États-Unis condamnent le pays hôte

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Les États-Unis sont l’ennemi à abattre pour la Slovaquie qui peut espérer se qualifier en cas de double échec de la bannière étoilée sur ses deux dernières sorties du groupe. Si bien que, le temps d’un match, l’Allemagne, qui avait pourtant frustré le pays hôte mercredi, évolue presque à domicile, la Steel Aréna toute entière encourageant avec ferveur toute offensive des aigles et sifflant à l’inverse les incursions américaines. De quoi se regonfler le moral après une cuisante défaite la veille contre le Canada.

Les deux équipes verrouillent l’entrée dans leur camp et les quatre premières minutes voient le jeu essentiellement en zone neutre. L’Allemagne tente quelques banderilles puis la partie prend un rythme plus soutenu, la rondelle passant d’un côté à l’autre.

Photo Nicolas Leborgne

La grande carcasse de Frank Mauer fait écran devant Cory Schneider et l’attaquant ne parvient pas à pousser au fond. Les Allemands pressent de plus en plus, ils obtiennent un premier power-play après une charge avec la crosse de Jack Eichel (8’40). Les Américains s’en sortent en agressant systématiquement le porteur du palet.

Mais l’Allemagne poursuit sur sa lancée. Frederik Tiffels, démarqué en haut du rond droit, transforme la passe de Leon Draisaitl envoyée sous un flot de crosses, l’ouverture du score étant accueuillie par un immense hourra de la patinoire (1-0, 11’55).

L’Oncle Sam ne s’en laisse pas conter. Une mise en jeu dans le cercle droit permet à Clayton Keller de se mettre en position de lancer sur la bleu ; la trajectoire du palet est parfaitement déviée au vol entre les jambières de Niederberger par James van Riemsdyk (1-1, 13’47). Tout de suite après l’égalisation, le gardien allemand sauve la maison blanche en écartant du bras la reprise de Chris Kreider dans le slot.

Les États-Unis intensifient leur présence en zone adverse et Niederberger a du pain sur la planche. Mais les espaces se libèrent à l’arrière et l’Allemagne joue bien sa carte en contre. Il manque toutefois aux attaquants allemands une pointe de vitesse suffisante pour éviter le retour des tuniques bleues. Denis Reul, dans l’axe, rate le cadre en fin de période.

Photo Nicolas Leborgne

Les hommes de Toni Söderholm repartent pied au plancher dans le deuxième tiers. Schneider est décisif devant Matthias Plachta dans le slot tout comme sur le tir de Lean Bergmann à droite. Les États-Unis ne sont pas en reste : Eichel, missionné par Jack Hughes, se présente seul devant Niederberger mais tricote trop avant d’ajuster sa frappe, contenue de la botte par le portier. Dans la foulée, Colin White sert vers l’avant Patrick Kane, à la lutte au poteau droit avec le gardien qui aura le dernier mot.

Les Américains montent en puissance. En fond de zone, Plachta adresse une passe que Van Riemsdyk intercepte pour servir immédiatement Dylan Larkin qui attend devant le gardien mais sa déviation ne fait que raser le poteau gauche. On retrouve le centre des Detroit Red Wings sur une percée dans le slot mais il manque de précision sur son revers. Entre-temps, Marc Michaelis a perdu son face-à-face avec Schneider qui a bien anticipé le danger.

Les derniers instants avant la pause sont allemands. La ligne Tiffels-Draisaitl-Kahun réalise un bon shift mais leurs deux tentatives sont bloquées par la défense américaine. Juste avant la sirène, Plachta bombarde sur la bleue mais Schneider a les bons réflexes. La rencontre, qui alterne temps forts des deux formations, est équilibrée même si les Américains sont meilleurs patineurs et techniciens. Les défenses sont disciplinées, les franches occasions ne sont pas légion.

Photo Nicolas Leborgne

En début de troisième acte, Keller, après un rapide tour de cage, centre pour Van Riemsdyk, seul dans le slot, qui loupe à son tour la finition en tirant au-dessus. L’Allemagne réagit de suite avec un lancer dévié de Korbinian Holzer puis un travail au corps-à-corps de Marcel Noebels au poteau droit.

Stefan Loibl est au rebond entre les deux cercles d’un missile de Reul mais là encore la précision fait défaut alors que Schneider n’était pas bien repositionné. Même constat pour Draisaitl, auteur d’un très beau slalom dans la défense bleue mais qui rate une incroyable occasion de remettre l’Allemagne en tête à douze minutes de la fin.

Les États-Unis ont laissé passer l’orage. Sur une relance vite menée depuis leur camp, Van Riemsdyk, posté sur la bande droite, adresse une longue passe transversale à Larkin qui loge sa reprise sous la barre de Niederberger (1-2, 50’03). Difficile à dire qui des joueurs allemands ou du public slovaque est le plus refroidi.

Probablement les deux. Les vivas sont moins forts et l’Allemagne subit une nouvelle vague américaine. Eichel est au rebond devant le gardien mais oublie sa dextérité habituelle. Les blancs n’y sont plus, ils encaissent une pénalité pour surnombre (54’21). Une longue série de passes américains fait monter la pression avant le verdict final : Eichel décoche dans le rond gauche et Niederberger est de nouveau battu (1-3, 56’15).

L’Allemagne tente de dramatiser la fin de match. Elle profite d’un accrocher de Derek Ryan pour utiliser son temps-mort et sortir son gardien (58’02). Mais deux éléments de plus sur la glace ne suffiront pas à déstabiliser le score, malgré un slap rageur de Marco Nowak dans les dix dernières secondes de la rencontre. Les États-Unis compostent leur billet pour les quarts de finale. La Slovaquie, quant à elle, jouera donc pour du beurre lundi contre le Danemark.

Désignés joueurs du match : Korbinian Holzer (Allemagne) et Alec Martinez (États-Unis)

Photo Nicolas Leborgne

Réactions d’après-match

Korbinian Holzer (attaquant de l’Allemagne) : « Nous avons contrôlé la zone neutre. C’est ce qu’il faut faire contre un tel adversaire. Les Canadiens nous ont eus hier. Il est clair qu’une réaction était nécessaire. Nous avons fait notre meilleure performance du tournoi pendant 60 minutes pleines. Dommage de perdre sur un but parfaitement construit, contre lequel il était extrêmement difficile de défendre. Nous avons vu comment nous devons jouer. Si nous sommes encore un peu plus directs à la conclusion, ce sera encore mieux. »

Leon Draisaitl (attaquant de l’Allemagne) : « Nous avons fait un bon match, même si nous n’avons pas réussi à pousser comme nous le voulions à la fin. Nous avons bataillé dur. Nous sommes restés nous-mêmes, maintenant le classement n’est plus entre nos mains et nous verrons ce qui se passe dans les deux derniers jours. »

Noah Hanifin (défenseur des États-Unis) : « Contents d’être en quarts, maintenant il reste le match contre le Canada, qui sera décisif. Nous voulons une place dans les deux premiers, c’est très important. L’Allemagne a fait un gros match ce soir. À 1-1 après deux périodes, il fallait rester concentrés et unis. Dylan Larkin marque un gros but, qui fait la différence. »

Photo Nicolas Leborgne

Allemagne – États-Unis 1-3 (1-1, 0-0, 0-2)
Dimanche 19 mai 2019 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 6293 spectateurs.
Arbitrage de Linus Öhlund (SUE) et Peter Stano (SVK) assistés de Hannu Sormunen (FIN) et Nathan Vanoosten (CAN)
Pénalités : Allemagne 2′ (0′, 0′, 2′) ; États-Unis 4′ (2′, 0′, 2′)
Tirs : Allemagne 25 (7, 11, 7) ; États-Unis 29 (10, 11, 8)

Évolution du score :
1-0 à 11’55 : Tiffels assisté de Draisaitl
1-1 à 13’47 : Van Riemsdyk assisté de Keller et Martinez
1-2 à 50’03 : Larkin assisté de Van Riemsdyk et Martinez
1-3 à 56’15 : Eichel assisté de Kane et Suter (sup. num.)

Allemagne (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Frederik Tiffels (-1) – Leon Draisaitl (A, -1) – Dominik Kahun (-1)
Yasin Ehliz – Patrick Hager (A) – Frank Mauer
Matthias Plachta – Marc Michaelis – Markus Eisenschmid
Lean Bergmann – Marcel Noebels – Stefan Loibl

Défenseurs :
Moritz Müller (C) – Korbinian Holzer
Yannic Seidenberg (-1) – Marco Nowak (-1)
Benedikt Schopper – Denis Reul
Jonas Müller

Gardien :
Mathias Niederberger [sorti à 58’02]

Remplaçants : Niklas Treutle (G), Gerrit Fauser (A). En réserve : Philipp Grubauer (G, muscles du ventre), Moritz Seider (D, commotion), Leo Pföderl (A).

États-Unis

Attaquants :
Alex DeBrincat (-1) – Colin White – Patrick Kane (C)
James van Riemsdyk (+2) – Dylan Larkin (A, +2) – Clayton Keller (+1)
Jack Hughes (-1) – Jack Eichel (2′) – Chris Kreider
Frank Vatrano – Luke Glendening – Derek Ryan (2′)
Luke Kunin

Défenseurs :
Ryan Suter (A, +1) – Alec Martinez (+1)
Noah Hanifin – Brady Skjei
Quinn Hughes – Adam Fox

Gardien :
Cory Schneider

Remplaçants : Thatcher Demko (G), Christian Wolanin (D). En réserve : Johnny Gaudreau (petite torsion à la jambe, ménagé).

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