Présentation du championnat allemand 2019/20

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Le hockey allemand connaît actuellement une embellie. Ses trois représentants en CHL dominent tous leur sujet et n’ont perdu aucun match dans le temps réglementaire après les quatre premières journées. Si le classement des ligues (pondéré sur quatre ans) s’arrêtait ce jour, la DEL passerait de la cinquième à la deuxième place, et l’Allemagne aurait donc 5 clubs qualifiés au lieu de 3 ! Cette réussite maximale sera peut-être corrigée, mais obtenir au moins un quatrième qualifié semble déjà certain.

Cette progression européenne est concomitante au retour des jeunes. Certains râlent que des joueurs plus âgés aient perdu leur place, se recasant en DEL2, mais l’Allemagne ne fait que redécouvrir ce qui est une normalité dans les autres championnats, le développement des jeunes. L’an passé, 1 joueur de moins de 23 ans était imposé sur une feuille de match de 19 joueurs ; il pouvait donc rester en réserve comme treizième attaquant ou septième défenseur. Le quota passe à 2 cette année et les U23 vont donc forcément jouer. Ils le méritent. L’étonnante sixième place de draft NHL de Moritz Seider est un premier signe : de beaux talents allemands arrivent dans les nouvelles générations.

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Une révolution culturelle discrète est en train se produire avec pour théâtre la DEL2. Jusqu’ici, les patinoires allemandes se caractérisaient par la prédominance des places debout, où s’est développée la culture colorée, active et chantante des supporters. Même les bâtiments récents ont été conçus en respectant cette préférence. Mais l’attrait pour les sièges y est de plus en plus marqué. Bien qu’il ait différencié les prix pour augmenter ceux de la tribune centrale, le tenant du titre Ravensburg a dû arrêter la vente des abonnements « assis » car 1080 des 1150 places étaient attribuées : il fallait garder le reste disponible ne serait-ce que pour les représentants des clubs visiteurs ou de la ligue. Constatant qu’il ne restait souvent plus de places assises à vendre aux guichets, Kaufbeuren a pour sa part rajouté une rangée de sièges cet été aux dépens de gradins debout (ce qui diminue donc la capacité totale). Les supporters sont « vent debout » – c’est le cas de le dire – contre cette décision et expliquent si les places debout derrière le but se vendent moins bien, c’est en raison d’un manque de visibilité comparable à celui qui avait fait scandale il y a quelques années à Augsbourg (où il avait fallu reconstruire les tribunes). C’est le premier signe de mécontentement dans un club qui a tout bien fait depuis trois ans.

La DEL2 vient d’instaurer pour sa part sa propre réglementation sur les jeunes joueurs : elle concerne les U21 et se veut complémentaire de celle de la DEL2 sur les U23. Elle vise en effet non pas les tout meilleurs talents, mais les joueurs qui peinent à entrer dans le hockey pro en sortant de l’âge junior. Il ne s’agit pas « juste » d’un quota de deux joueurs sur la feuille de match (ramenée de 20 à 19 joueurs par alignement avec la DEL) : les joueurs concernés doivent bénéficier d’un vrai contrat de 24 mois avec un salaire réglementé. Un investissement de presque 20 000 euros par an et par joueur que les clubs devraient chercher à rentabiliser, en s’occupant de ces jeunes y compris lors de la préparation hors saison.

Deux ans, c’est le temps qu’il reste avant la ré-institution de la promotion en DEL au printemps 2021. La capitale économique Francfort est attendue au tournant. La ville a bénéficié d’une attention internationale du monde du hockey cet été quand le site de l’IIHF a publié un article sur la nouvelle ère des « méga-arénas », qu’illustrerait les projets de patinoires de 23 000 places à Saint-Pétersbourg et à Francfort. En réalité, les deux cas n’ont rien de comparables. En Russie, le projet conçu pour le Mondial 2023 a évidemment le plein soutien des autorités. En Allemagne, il s’agit d’un projet très contesté car jugé surdimensionné. L’argument développé selon lequel le club de hockey résident ne paierait pas de location mais serait au contraire payé par la direction de l’aréna doit être compris dans le contexte de la campagne de publicité des investisseurs canadiens pour faire passer coûte que coûte leur projet, mal vu des collectivités locales. Le club est d’ailleurs plus discret sur le sujet.

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