Rouen – Grenoble (Ligue Magnus, 10e journée)

Grenoble consolide sa place de leader !

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Grenoble consolide sa place de leader ! 

Dans ce duel au sommet entre les deux finalistes de la saison dernière, 1er et 3e au classement actuel, le résultat final s’est décidé aux tirs aux buts, et ce sont les Grenoblois qui se sont imposés (3-4), dans l’antre des Dragons, pour la cinquième fois en un an ! Rouen, au complet mais dans le dur actuellement, restait sur deux défaites, dont une à domicile, durant les trois derniers matches, au moment d’accueillir le champion de France en mode CHL (il y a trois jours, les Brûleurs de Loups étaient encore à Berne où ils ont subi leur quatrième défaite dans la compétition européenne).

Les ultra-favoris à leur propre succession ont pourtant été menés au score pendant presque la moitié du match après les buts de la jeune garde normande, Vincent Nesa (deux buts !) et Bastien Maïa. Même sans les Canadiens Legault et Sauve, blessés, les Isérois ont su trouver les ressources nécessaires, grâce notamment à un Peter Valier en feu, leur réalisme, au tir au but de Bisaillon, sans oublier un Horak assez malin, pour rafler la mise et conserver la première place de ligue Magnus face à une belle opposition.

Les deux équipes s’appuient sur leur fondamentaux. À savoir, les jeux de transitions et les duels à la conquête du palet. Force est de constater qu’au début de match, ce sont bien les hommes d’Edo Terglav qui ont été bousculés dans leurs certitudes. Incapables de marquer sur leurs premières occasions (Aleardi à 3’23, Koudri à 4’28, et Fleury à 5’44, Matija Pintaric ayant clairement dit non sur deux des trois), les visiteurs encaissent l’ouverture du score. Sur un revirement, la sortie de zone des locaux est parfaite entre Koivisto et Bedin. En outre, ils attirent Christophe Tartari à l’opposé de sa position « normale », surpris en abandon de poste lorsque Nesa, que Manavian n’a su couper, réceptionne, à l’oreille droite, la bonne passe de son ailier gauche, et trouve le filet à ras la glace sur la gauche d’Horak étourdi (1-0 à 6’11).

Moins de trois minutes plus tard, pas dans son assiette, Christophe Tartari, à cause d’une passe imprécise, met en difficulté Manavian. Sur le reculoir, pressée par le premier trio rouennais très agressif dans la bande, la défensive en mousse du bloc de Fleury ne met pas les ingrédients pour relancer correctement. Vincent Nesa hérite d’un palet, assez extraordinaire, offert par Koivisto du revers en retrait à partir du bureau de Wayne Gretzky, Le natif de Saint-Cyr-l’École, très inspiré, inscrit un doublé. Il soulève le palet dans la lucarne gauche d’Horak impuissant (2-0 à 9’01). Nesa ouvre ainsi d’un doublé son compteur de but cette année.

Là, Grenoble n’y est pas. Champagne (9’40), puis Valier (11’28) sont conduits en prison. Les Dragons n’en profitent pas. Pire, ils sont menacés ! Il faut les retours défensifs de Deschamps (11’34) et Langlais (12’59) pour conserver le score acquis. Un peu plus tard, les BDL, nonchalants, attaquent sur la gauche sur un faux rythme. Après une passe du revers de Peter Valier entré en zone, Champagne, plus prompt que Chakiachvili, prend un tir dans le cercle qui trouve la barre. En retombant dans le dos de Matija Pintaric pantois, le puck est poussé par Valier au four et au moulin sur ce mouvement offensif (2-1 à 14’32). C’est le premier but de la saison du néo-Grenoblois.

Cette fois, c’est au tour du RHE d’être en dehors du coup. Il manque de sang-froid. Nesa (faute offensive inutile) et Crinon (qui, se faisant plaisir, risque une charge superflue en plus d’être dangereuse) font preuve d’indiscipline coupable. Ce Grenoble-là n’avait pourtant pas besoin de tels cadeaux. À cinq contre trois, les vautours de Skellefteå en CHL égalisent à 10 secondes de la fin de leur 1’18 de double supériorité par Denny Kearney. Seul au second poteau, l’Américain exploite adroitement sans réception une mini passe chirurgicale, entre Mäkinen et Pintaric, adressée par McEachen en fixation au poteau droit (2-2 à 17’53). Avec ce filet, Denny Kearney devient le meilleur buteur grenoblois.

Malgré tout, les joueurs de Fabrice Lhenry ont bien amorcé le début du deuxième acte. Bastien Maïa (22’06), Ritz (22’32) et Bouvet (23’06) ont buté sur un Horak ressuscité. Ensuite, Grenoble a été assez impressionnant parce qu’il s’astreignait à un « échec-avant » qu’il n’avait pas usité au premier vingt. Par contre, c’était sans parvenir à trouver les filets, soit par la faute de Matija Pintaric (Kara à 23’43 et Aleardi à 24’17), soit par maladresse (Dair à 26’24 et Hardy à 28’04).

Même si Nicolas Ritz hérite d’une énorme chance, dans l’enclave, dont le tir frappé sans réception, après une passe en retrait du revers de Thinel, a été paradé par Horak (29’40), ça bourdonne toujours fort autour du but de Pintaric, et depuis un bon moment à cause  de relances médiocres. Mäkinen et Crinon sont à la peine aussi parce que leurs attaquants leur offre des solutions compliquées. Alex Aleardi a été mal (ou bien) inspiré de manquer une interception, qui semblait pourtant accessible, d’une relance bien moisie de Crinon, qui se transforme finalement en bonne sortie de zone pour Deschamps. L’ailier gauche pousse jusqu’à prendre un tir, en haut du slot, entre McEachen et Trabichet qui, mal inspirés dans leur positionnement, sont faibles sur le long retour de tir accordé par Horak. Le Québécois reprend alors son propre rebond. Horak donne un nouveau ricochet sur lequel, à gauche, saute Maïa qui enfile, dans la cage ouverte, son troisième but de la saison (3-2 à 31’55).

Si Rouen a pris l’avantage contre le cours du jeu, les équipes feront à peu près jeu égal dans la deuxième partie du tiers médian. Les deux équipes sont efficaces en killing-play et obtiennent des chances plutôt à cinq contre cinq. Kévin Dusseau (32’24) et le duo Caron-Thinel à deux contre zéro (39’02) ainsi que Valier en duel (32’51), puis en échappée (38’51) et enfin Aleardi qui ne cherche pas la feinte de près (35’27) sont les plus dangereux.

Après deux occasions (Thinel à 46’20 & Valier à 42’00), la deuxième partie de la dernière période sera hachée par de nombreuses prisons. Comme au tiers précédent, même s’ils font parfois le gros dos (Guttig à 49’40 & Treille à 52’35), les carrés défensifs des deux équipes sont intransigeants.

Grenoble est même productif en infériorité numérique. Sur une erreur de contrôle à la pointe de Florian Chakiachvili, Valier part en contre sur la gauche. Mathieu Roy n’est pas vigilent lors de son repli – malgré les informations données par Deschamps – sur Fleury, qui passe le capitaine rouennais dans son dos. L’ex-Bordelais a aperçu son ainé et rompt son rythme afin de lui adresser une belle transversale. L’international, reconverti au centre cette saison, ne tremble pas et égalise en lucarne côté mitaine (3-3 à 49’27). Les dernières minutes furent à suspense car le niveau des deux équipes et leur condition physique ont été finalement assez proches. Le scénario a été haletant et l’issue est resté incertaine. Avec énergie et conviction, les deux équipes ont résisté au coup de boutoir de l’adversaire. Les minutes, avec des chances de Roy (54’36), Aleardi (53’51) et Hardy (58’57), et les supériorités infructueuses s’enchaînaient jusqu’à la prolongation.

Les Brûleurs de Loups sont les premiers à tirer dangereusement dans le sur-temps. Fleury (60’45) et Treille (61’28) sont frustrés par Pintaric. Lukas Horak sera solide sur des tentatives de Chakiachvili (61’41), Langlais (62’51) et Deschamps (63’20). Finalement, les tirs aux buts devront départager les deux équipes rivales.

Lukas Horak est malin lorsqu’il fait un arrêt mécanique à son stand et que Treille s’improvise mécanicien, alors que Langlais doit s’élancer pour, une balle de match, un décisif quatrième lancer rouennais, alors que les coéquipiers de Champagne sont menés d’un tir, réussi par Maïa juste avant. La cassure d’élan a réussi. Chad Langlais ne peut transformer son tir alors qu’Hardy égalise ! Ensuite, Rouen aura trois autres « balles de match », c’est finalement Sébastien Bisaillon qui règle l’addition au 17e tir au but. Le 18e, le second de Deschamps, n’est pas réussi. C’est le sixième but de Bisaillon cette saison.

Grenoble reste plus que jamais leader de la compétition, avec quatre unités d’avance sur Amiens, son virtuel poursuivant, le prochain adversaire des Rouennais. Les Dragons, en progrès dans le jeu, manquant d’un soupçon de spontanéité et de réglage de détai,l doivent encore travailler leurs défauts  qui semblent être, sur ce match, l’indiscipline, leurs jeux de puissances et le dernier geste. Les Normands, qui vacillent pour la seconde fois à domicile de la saison, pourraient avoir des regrets car les champions de France étaient abordables ce soir, mais les hommes de Fabrice Lhenry auront laissé entrevoir certaines promesses pour la suite de la compétition.

Commentaires (dans Paris-Normandie) :

Joël Caron (attaquant de Rouen) : «On est déçu car c’est un match qui aurait très bien pu tourner de notre côté. Cela s’est joué à rien. Aux tirs au but. On a livré un bon match. Il faut construire là-dessus. Il faut que ça nous débloque. On a travaillé fort ce soir. Ce qu’il nous a manqué, c’est un peu plus de réussite en unité spéciale. Eux, ils ont compté en power-play et même en infériorité numérique, pas nous. Il faut absolument qu’on améliore ça et qu’on évite aussi de faire quelques erreurs, de prendre des shoots qu’on ne devrait pas prendre ou de faire des actions qu’on devrait jouer autrement. Si on continue à travailler comme ce soir, ça va tourner. Avec Amiens et Angers, de gros matches nous attendent. À nous de les faire tourner dans notre sens.»

 

Rouen – Grenoble 3-3 (2-2, 1-0, 0-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Vendredi 11 octobre 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2747 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : MM. Laurent Garbay et Julien Peyre assistés de MM. Salmon et Yssambourg.
Pénalités : Rouen 12′ (4′, 4′, 4′, 0′) ; Grenoble 24′ (4′, 2’+10′, 8’, 0’).
Tirs : Rouen 33 (9, 12, 9, 3) ; Grenoble 39 (14, 9, 11, 5).
Supériorités : Rouen 0/6, Grenoble 1/5.
Chances : Rouen 13 (1, 6, 3, 3) ; Grenoble 16 (3, 7, 4, 2).

Évolution du score :
1-0 à 06’11 : Nesa assisté de Bedin et Koivisto
2-0 à 09’01 : Nesa assisté de Koivisto
2-1 à 14’32 : Valier assisté de Champagne
2-2 à 17’53 : Kearney assisté de McEachen et Manavian (double sup.num.)
3-2 à 31’55 : Maïa assisté de Deschamps et Crinon
3-3 à 49’27 : Fleury assisté de Valier (inf. num.)

Tirs aux buts :
Rouen : Caron (manqué), Deschamps (manqué), Maïa (réussi), Langlais (manqué), Bedin (manqué), Ritz (manqué), Maïa (manqué), Thinel (manqué) et Deschamps (manqué).
Grenoble : Treille (manqué), Valier (manqué), Fleury (manqué), Hardy (réussi), Champagne (manqué), Aleardi (manqué), Hardy (manqué), Kearney (manqué) et Bisaillon (réussi).

Rouen

Attaquants :
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig (A) – Bastien Maïa
Marc-André Thinel – Nicolas Ritz – Joël Caron
Loïc Lampérier (A) – Maurin Bouvet – Julien Msumbu

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Pierre Crinon – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau – Chad Langlais

Gardien :
Matija Pintaric (33 arrêts)

Remplaçant : Gaétan Richard (G). Absent : –

Grenoble

Attaquants :
Sacha Treille – Damien Fleury (A) – Vincent Kara
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Alexander Aleardi
Adel Koudri – Sébastien Rohat – Peter Valier
Dylan Fabre – Julien Baylacq – Aurélien Dair

Défenseurs :
Christophe Tartari (A) – Antonin Manavian
Kyle Hardy [10’00] – Sébastien Bisaillon
Teddy Trabichet – Patrick McEachen

Gardien :
Lukas Horak (30 arrêts)

Remplaçant : Maxime Makeev (G). Absents : Sébastien Raibon, Yann Sauvé et Maxime Legault (blessés).

 

 

 

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