Battus d’entrée de jeu samedi aux Vernets, les Biennois doivent réagir devant leur public sous peine de laisser Genève-Servette prendre le large dans cette série finale. Les pensionnaires de la Tissot Arena pourront compter sur le retour à la bande d’Antti Törmanen et sur celui de Luca Cunti dans l’alignement.
Côté grenat, comme redouté, Sami Vatanen est absent ce soir. Il est évalué au « jour le jour » selon la communication du club (tout comme Vincent Praplan), ce qui suggère un possible retour durant cette finale. Pour pallier l’absence de Vatanen, c’est l’international tricolore Yohann Auvitu qui fait son retour dans l’effectif, lui qui a joué 17 matchs avec les Aigles cette saison mais seulement 1 match en playoffs (contre Lugano au premier tour).
Il ne fallait pas arriver en retard à la patinoire pour cet acte II. Après à peine une minute de jeu, Maurer manque sa relance pour Karrer, Olofsson intercepte et trouve Haas. Le capitaine seelandais évite la charge de Maurer, repique vers le but et décale Hofer pour l’ouverture du score (1-0, 1’17 »). Les Genevois sont sonnés. Le jeu a à peine repris que Cunti et Künzle travaillent bien dans la bande derrière le but de Mayer. Künzle résiste à une mise en échec de Le Coultre et parvient à remettre devant la cage à Cunti qui délivre une merveille de passe dans le dos à Brunner qui n’a plus qu’à pousser le palet dans le filet (2-0, 1’48 »). Efficacité maximale pour Bienne : deux minutes de jeu, deux tirs et deux buts !
Touchés mais pas coulés, les Grenats vont réagir rapidement. Karrer trouve Filppula sur une longue passe en entrée de zone offensive. Le Finlandais contrôle, temporise, fixe les défenseurs et passe à Miranda qui loge le palet au dessus de l’épaule de Säteri d’une subtile reprise de volée (2-1, 2’55 »).
Après ce début de match en fanfare, les occasions se font plus rares. Un tir d’Hofer flirte avec la transversale puis ce même Hofer déclenche un bon et oblige Mayer à faire l’arrêt. Cantonnée à des tâches défensives lors de la demi-finale face à Zoug (en annihilant la ligne de parade zougoise composée d’Hofmann, Kovář et Simion), la ligne Winnink – Filppula – Miranda est plus entreprenante offensivement depuis le début de la finale. Les trois joueurs effectuent une longue présence en territoire offensif mais finissent par égarer le palet, ce qui donne un 2 contre 1 pour Bienne. Il faut un excellent back-check de Maurer et toute la vigilance de Mayer pour éviter le 3-1.
Menés au score, les Grenats se doivent de revenir au score. Filppula cherche la déviation de Tömmernes mais la tentative du Suédois passe juste à côté du but de Säteri. Puis Maurer est pénalisé pour une obstruction sur Olofsson. Servette défend bien et empêche le jeu de puissance biennois de s’installer. Mais les Genevois vont être piégés par leur propre indiscipline en concédant pas moins de trois pénalités sur la première partie de la deuxième période ! Sur la dernière, Richard frôle même le ridicule : dépossédé de sa canne, il vole la crosse de Kessler dans les mains de ce dernier et sous les yeux de l’arbitre !
Bienne ne profite pas de ces jeux de puissance pour accroître son avance. Le 3e but est toutefois proche lorsque Rajala ajuste le poteau après un arrêt de Mayer consécutif à un tir Sällinen à bout portant. Ce même Rajala oubliera même de servir Yakovenko totalement démarqué au second poteau lors du dernier powerplay.
Condamnés à défendre à court d’un homme pendant de longues minutes, les Grenats ont laissé beaucoup d’énergie en box-play et ont du mal à s’approcher de la cage de Säteri. En revanche, ils continuent d’être appliqués en défense en contrant (selon les statistiques officielles) 7 des 9 derniers tirs de Bienne.
Dès le début de la dernière période, Bienne tente de répliquer les recettes qui ont fait son succès. Une longue relance depuis son propre camp de défense de Forster aboutit à Tanner qui décoche un plomb qui vient s’écraser sur le montant de la cage et ressort entre les jambières de Mayer. Dans la foulée de cette action, une descente en surnombre procure une bonne chance à Hartikainen mais son lancer court ne trompe pas Säteri. Servette pousse et bénéficie d’un jeu de puissance, mais le portier biennois résiste aux assauts de Filppula et Le Coultre. Dominé, Bienne passe pourtant près du 3-1 à la 47e minute lorsque Haas intercepte un palet contre la bande et relaie à Rajala qui s’est infiltré entre les deux défenseurs. Mais Mayer pare du casque à la tentative du top-scorer biennois.
À force de presser, les efforts de Genève vont finir par être récompensés. Karrer et Richard se font de petites passes à la ligne rouge. Le défenseur s’appuie sur Bertaggia et se porte en attaque. L’ancien Luganais ajuste une passe millimétrée que Karrer transforme en lancer victorieux dans lucarne de Säteri (2-2, 56’05 »).
Alors qu’on semble se diriger vers les prolongations et qu’il ne reste plus qu’une poignées de secondes à jouer, la défense de Genève laisse Yakovenko prendre de la vitesse pour relancer depuis l’arrière de son but. Le joueur russe effectue une passe le long de la bande que Cunti peut reprendre en étant lui-même lancé (car mal couvert par Bertaggia). L’attaquant adresse un centre tendu en direction de la cage que Brunner parvient à dévier victorieusement au-dessus de l’épaule de Mayer (3-2, 59’53 »). Le staff des Aigles tentera le tout pour le tout en demandant un coach challenge pour un possible hors-jeu mais la révision vidéo valide le but. Bienne arrache la victoire dans les derniers instants.
Très réalistes – à l’image de leur entame et fin de match – les Biennois parviennent à niveler le score dans la série. Les hommes d’Antti Törmannen ont livré une partie semblable à celles qu’ils ont déjà pu vivre lors des précédentes série face à Berne et à Zürich, c’est à dire en étant capables de gagner même en subissant globalement le jeu comme ce soir (seulement 16 tirs cadrés contre 25 à Genève-Servette). La ligne des « Zürichois » de Bienne (Künzle – Cunti – Brunner), aussi surnommée « Art on Ice » pour sa capacité à produire de beaux jeux, aura été décisive en comptant sur deux des trois buts. Les Seelandais ont été très réalistes et peut-être même un peu chanceux sur le troisième but. Mais comme se plait à le rappeler l’ancien arbitre et consultant de la chaîne MySports Stéphane Rochette : « parfois, il vaut mieux être chanceux que bon ».
Commentaires d’après-match :
Gaëtan Haas (attaquant, Bienne) : « Pourvu que ça dure ! J’ai répondu à une interview avant le début de la série où j’ai dit qu’on ne voulait pas aller en prolongation. Sur la dernière action j’espérais que ce soit but… et puis tout d’un coup c’est dedans. Tant mieux pour nous ! Le premier match on n’avait pas trop mal commencé puis ensuite on s’est un peu perdus. Aujourd’hui on a commencé avec du vrai Bienne sur la glace. Après, quand tu mènes 2-1, tu deviens un peu passif. Il faudrait qu’on évite ça. (…). Ensuite on a trouvé les ressources pour mettre le dernier but… et tant mieux parce qu’à 1-1 c’est mieux que 2-0 (sic). Ça va être des matchs serrés, ça va être une bataille jusqu’à la fin. Aucun des gars ne lâche, on met tout ce qu’on a sur la glace. À la fin le meilleur gagnera ».
Yohann Auvitu (défenseur, Genève-Servette) : « Je crois qu’on avait fait le plus dur en revenant à 2-2. On le fait à 3 minutes de la fin. Après on lâche dans les dernières secondes. Ça va être une longue série. Il nous faut continuer. Toutes les finales ne se jouent pas à grand chose. Ce soir on paie notre mauvais début de match. Maintenant c’est à nous de corriger ça parce que dans l’ensemble on fait un bon match ce soir. C’était difficile [de revenir au jeu] au début, je ne vais pas vous mentir. Après, je m’y attendais. Il faut que je me remette dans le rythme, que je me réhabitue à la vitesse. Ce n’est pas facile mais c’est comme ça. Ça fait partie d’une équipe, c’est des aléas et il faut être prêt à chaque moment ».
Illustrations de Pierre Maillard
Bienne – Genève-Servette 3-2 (2-1, 0-0, 1-1)
Dimanche 16 avril 2023 à 20h00 à la Tissot Arena. 6 562 spectateurs (guichets fermés)
Arbitrage de Daniel Stricker et Michael Tcherrig assisté de Thomas Wolf et Aurélien Urfer
Pénalités : Bienne 4’ (2’, 0’, 2’) ; Genève-Servette 10’ (0’, 8’, 2’)
Tirs : Bienne 16 (9, 4, 3) ; Genève-Servette 40 (8, 6, 11)
Évolution du score :
1-0 à 01’16 » : Hofer assisté de Häas et Olofsson
2-0 à 01’48 » : Brunner assisté de Cunti et Künzle
2-1 à 02’55 » : Miranda assisté de Filppula et Karrer
2-2 à 57’05 » : Karrer assisté de Bertaggia et Richard
3-2 à 59’53 » : Brunner assisté de Cunti et Yakovenko
EHC Biel-Bienne
Attaquants :
Jesper Olofsson – Gaëtan Haas (C) – Fabio Hofer
Toni Rajala – Jere Sallinen – Tino Kessler
Mike Künzle – Luca Cunti – Damien Brunner
Etienne Froidevaux – Elvis Schläpfer – Yanick Stampfli
Ramon Tanner
Défenseurs :
Viktor Lööv – Yannick Rathgeb
Robin Grossmann – Alexander Yakovenko
Beat Forster – Noah Schneeberger
Noah Delémont
Gardien :
Harri Säteri (23/25, 92,0%)
Remplaçant : Joren van Pottelberghe (G). Absents : Luca Hischier, Jérémie Bärtschi, Simon Ritz, Luca Christen et Riley Sheehan (surnuméraires)
Genève-Servette HC
Attaquants :
Daniel Winnik – Valtteri Filppula – Marco Miranda
Noah Rod (C) – Tanner Richard – Marc-Antoine Pouliot
Linus Omark – Josh Jooris – Teemu Hartikainen
Alessio Bertaggia – Deniss Smirnovs – Benjamin Antonietti
Défenseurs :
Henrik Tömmernes – Arnaud Jacquemet
Roger Karrer – Marco Maurer
Simon Le Coultre – Yohann Auvitu
Michael Völlmin
Gardien :
Robert Mayer (13/16, 81,3%), sorti de 59’53 » à 60’00 »
Remplaçants : Gauthier Descloux (G), Christophe Cavalleri. Absents : Giancarlo Chanton, Daniel Eigenmann, Sandis Smons (surnuméraires), Sami Vatanen, Vincent Praplan, Eliot Berthon (blessés)













































