La diffusion en clair sur la chaîne l’Équipe donne une rare visibilité au hockey sur glace ce soir. La patinoire Poissompré est à guichets fermés, ce qui n’était pas totalement le cas hier. Les deux équipes qui ont gagné le premier jour s’affrontent pour la finale du tournoi avant la lettre, ce qui peut permettre au vainqueur de se faire inviter au niveau supérieur (la Deutschland Cup) l’an prochain. Elles ont toutes deux changé de gardien et alignent un jeune espoir dans les cages. C’est la deuxième sélection de Markus Stensrud (21 ans) pour la Norvège, la troisième au total pour Martin Neckar (20 ans) et sa deuxième titularisation après sa victoire à Cergy en avril… contre la Norvège !
L’équipe de France ne réussit pas du tout la même entame qu’hier. Après exactement une minute, Floran Douay fait trébucher Tinius Luc Koblar, l’espoir norvégien drafté en NHL qui a débuté en sélection par un doublé hier. Le lancer du cercle gauche d’Emilio Pettersen est trop centré dans la poitrine de Neckar, celui d’Eskil Bakke Olsen et contré par Ritz. Les Bleus tuent cette pénalité précoce mais restent en dedans. Ils sont battus dans l’intensité par des Norvégiens solides et engagés dans les duels. Heureusement que Martin Neckar remporte son face-à-face avec Markus Vikingstad, parti seul dans le dos d’Auvitu et Perret pour recevoir une belle passe en profondeur (7’30”).
Eirik Salsten prend la première pénalité norvégienne (accrocher), mais après une bonne action d’Addamo qui cherche la déviation de Dair dans le slot, le jeu de puissance tricolore ne voit pas le palet pendant plus de trente secondes et se signale surtout par deux glissades. Toujours pas la moindre occasion bleue, sauf une pour Flavian Dair sur un palet gagné en zone adverse. Les Scandinaves continuent de dominer cette première période. Après une pénalité différée (pour un accrocage de Leclerc), ils passent même toute la dernière minute à 6 contre 5 face à des joueurs épuisés dans la zone française ! Seul point positif de ces vingt minutes : le score est toujours de 0-0.

L’équipe de France commence donc le deuxième tiers-temps en infériorité. Pierre-Édouard Bellemare montre la voie en remportant la mise au jeu, Jordann Perret poursuit le travail de sape et tous ses coéquipiers l’imitent, jusqu’à Florian Chakiachvili qui se couche devant la dernière position de tir. Aucun lancer subi en deux minutes à 4 contre 5, cela regonfle le moral. Les Bleus se portent un peu mieux. Après sept minutes, Leclerc retourne en prison quand il revient empêcher un tir de Martin Johnsen qui a dribblé jusqu’à la cage… et cela fait alors deux pénalités tuées à la perfection sans rien concéder ! Il faudrait maintenant faire fructifier ce bel effort en portant enfin la menace dans le camp norvégien, mais les Bleus ont toujours un petit temps de retard sur le palet.
Sur une séquence installée de la Norvège, Emilio Pettersen lève la crosse au visage d’Enzo Guebey lors de la bataille du slot. La France est à 5 contre 4. Quand le petit Fabre arrête le géant Sverre Rønningen sur une relance des Scandinaves dans leur zone, cela envoie Jordann Perret et Sacha Treille à 2 contre 0. Le revers de Perret est renvoyé par le gardien… et Perret se fait pénaliser sur le rebond car il accroche la main de Steen en voulant soulever sa crosse. La pénalité finit donc par s’inverser… mais Flavian Dair file en contre pendant que les blancs changent de lignes et est fait trébucher par le capitaine Krogdahl. La supériorité numérique se retourne donc une fois de plus, une minute plus tard. Markus Stensrud perd sa crosse en détournant du bouclier un gros lancer de Yohann Auvitu.
Il y a eu du mieux pour l’équipe de France pendant ces vingt minutes, même si elle n’a pas évité quelques séquences un peu trop longues dans sa zone avec l’éloignement des bancs.

Après deux minutes au troisième tiers, alors que les Norvégiens sont installés en zone offensive, le défenseur Kristian Østby rate une passe d’un bon mètre. Le palet rebondit dans la bande et Anthony Rech essaie de mettre Guillaume Leclerc sur orbite, mais celui-ci n’arrive pas à déborder totalement Østby et son tir est repoussé par Stensrud. Cette erreur norvégienne n’a pas eu de conséquence, mais la suivante se paiera cash. La passe en zone neutre du capitaine Max Krogdahl est interceptée par Jordann Perret du bout de la crosse. C’est un 2 contre 1 et Krogdahl, couché, perd son bâton en essayant de contrer le palet dans la crosse de Perret. Celui-ci a alors toute la latitude de servir Pierre-Édouard Bellemare pour une reprise imparable (0-1, 48’24”). Qu’on explique juste comment on peut annoncer une seconde assist (Schmitt) sur cette action…
La première ligne continue sur sa lancée et se crée les meilleures occasions françaises, avec une percée de Dylan Fabre avec l’aide du défenseur Coulaud puis un bel échange entre Bellemare et Perret quand le trio revient sur la glace. Ce temps fort des Bleus est interrompu par un cinglage de Sacha Treille (53’29”). Martin Johnsen s’avance et fixe Llorca pour un dangereux tir du poignet, que Martin Neckar capte sans rebond. Un dernier engagement gagné en zone défensive, et la pénalité est tuée. La France tient bien le match en mains et n’a plus l’intention de le lâcher. Le dispositif de Yorick Treille est bien en place, Ritz provoque un hors-jeu norvégien et ses ailiers Rech et Leclerc poursuivent cette bonne présnece par un pressing constant sur les blancs. Le trio des « gros » laisse certes les adversaire entrer en zone, mais les maintient dans le périmètre.
Il reste à peine plus d’une minute et Robert Sjur Nilsen sort son gardien pour jouer à 6 contre 5. Koblar fait office de « bumper » dans le slot et redonne en retrait pour la reprise du numéro 18 Thomas Olsen, que Neckar pare de la botte droite. Enzo Guebey part chercher le palet dans le coin et fait un dégagement en louche qui traverse toute la glace. Le palet touche la base du filet à l’intérieur du poteau et est sans doute déjà entré, mais Aurélien Dair se jette crosse en avant pour assurer ce but dans la cage déserte (0-2, 59’25”). Là encore, si on tient à une seconde assist, seul le gardien Neckar pourrait la recevoir.

Si les récompenses des meilleurs joueurs avaient été oubliées hier soir, elles ne le sont pas ce soir et Martin Neckar reçoit un trophée mérité, le deuxième en deux départs avec les Bleus. Cette fois, il y ajoute même un blanchissage. La Norvège lui réussit décidément bien !
Bien sûr, la France n’a pas été flamboyante en attaque. On pourra aussi arguer que ses arguments offensifs se limitent un peu trop au trio Fabre-Bellemare-Perret, mais ça, on s’en doutait déjà. Les Bleus se savent limités en talent mais ils ont travaillé fort défensivement à cinq, ce qu’il sera nécessaire de faire aux JO. Les séquences en infériorité numérique, et pour protéger le score après le but, serviront de référence pour la marche à suivre aux JO. En attendant ce défi d’une autre ampleur, le tournoi d’Épinal est d’ores et déjà gagné pour la France, avant même la dernière journée qui la verra opposée à des Hongrois certains de terminer derniers.
Désignés joueurs du match : Eirik Salsten pour la Norvège et Martin Neckar pour la France.
Commentaires d’après-match :
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « C’était un match assez haché, on n’a pas réussi à vraiment mettre en place ce qu’on voulait. On fait un très mauvais premier tiers pour être honnête, le deuxième tiers était un peu mieux. Par contre, dans le troisième tiers, on a vraiment fait ce qu’on voulait faire et on a été récompensé. Une belle performance de notre gardien, un bon jeu défensif. On sait ce qu’on prépare aujourd’hui, le niveau va monter, on veut continuer à peaufiner ce jeu défensif qui va être important pour la suite. C’est positif, les gars donnent tout et ça doit continuer. »
Pierre-Édouard Bellemare (capitaine de la France) : « C’est ce genre de match qu’on va devoir jouer dans quelques mois. Là, techniquement, c’était le match d’hier tard, la nuit courte, qui a fait qu’on n’avait pas les mêmes jambes que pendant le match d’hier. Mais dans quelques mois, ça va être des nations qui ont un niveau tellement élevé qu’on va se sentir comme ça à plier, à plier, et il ne va pas falloir qu’on casse. Techniquement, je vois de grandes similarités. Après, c’est une équipe qui est un cran au-dessus aussi, on ne va pas leur enlever. On n’avait pas les jambes et la vitesse d’exécution d’hier, mais on joue une nation qui nous forçait à ne pas l’avoir. »
Martin Neckar (gardien de la France) : « C’est mon premier blanchissage en équipe de France. Une énorme fierté, un énorme honneur. Sans l’aide des gars, cela n’aurait pas été possible. […] Les spectateurs nous ont poussés tout le match, ils ont été derrière nous et cela nous a aidés pour la victoire. On prend tous les bons points qu’on a vus aujourd’hui, on va régler les petits détails pour demain et on va chercher la troisième victoire contre la Hongrie. »

Norvège – France 0-2 (0-0, 0-0, 0-2)
Vendredi 7 novembre 2025 à 20h45 à la patinoire Poissompré d’Épinal. 2516 spectateurs.
Arbitres : Leevan Thiebault et Rayan Bernoussi assistés de Thomas Simon et Maxime Suzzarini (tous FRA).
Pénalités : Norvège 8’ (2’, 4’, 2’) ; France 12’ (2’, 6’, 4’).
Tirs : Norvège 19 (8, 7, 4) ; France 20 (5, 5, 10).
Évolution du score :
0-1 à 48’24” : Bellemare assisté de Perret
0-2 à 59’25” : Dair assisté de Guebey et Neckar (cage vide)
Norvège
Attaquants :
Petter Vesterheim – Håvard Østrem Salsten (A, 2’) – Emilio Pettersen (2’)
Tinius Luc Koblar (-2) – Eskild Bakke Olsen (-2, 2’) – Thomas Olsen (-2)
Noah Steen – Markus Vikingstad – Martin Johnsen (-1)
Patrick Elvsveen – Eirik Salsten (2’) – Samuel Solem
Défenseurs :
Mattias Nørstebø (A, -2) – Max Krogdahl (C, -1, 2’)
Sverre Rønningen – Johannes Johannesen (-1)
Kristian Østby – Sander Hurrød
Isak Hansen
Gardien :
Markus Stensrud
Remplaçants : Henrik Haukeland (G), Philip Granath (A). En réserve : Thomas Berg Paulsen (A).
France
Attaquants :
Dylan Fabre (+1) – Pierre-Édouard Bellemare (+1) – Jordann Perret (+1, 2’)
Floran Douay (2’) – Justin Addamo – Sacha Treille (A, 2’)
Guillaume Leclerc (4’) – Nicolas Ritz (+1) – Anthony Rech
Flavian Dair (+1) – Kaylian Leborgne – Aurélien Dair (+1)
Défenseurs :
Yohann Auvitu (A, +1) – Enzo Guebey (+1)
Jules Boscq – Vincent Llorca
Florian Chakiachvili (+1) – Charles Schmitt (+1)
Pierre Crinon (2’) – Yohan Coulaud
Gardien :
Martin Neckar
Remplaçant : Tom Aubrun (G). En réserve : Julian Junca (G), Matias Bachelet, Charles Bertrand (A).











































