Première de cette première Coupe des nations avec deux victoires, l’équipe de France finit son tournoi face à la Hongrie, dernière avec deux défaites. Après avoir testé son jeu défensif pour l’objectif olympique, le groupe de Yorick Treille retrouve ce soir un adversaire qui le prépare plutôt à ce qu’il adviendra ensuite au Mondial de division IA, quand il faudra faire le jeu sans la présence rassurante de Bellemare, qui aura pris sa retraite internationale dans l’intervalle.
D’ailleurs, le capitaine Bellemare est absent pour ce dernier match, comme ses assistants Auvitu et Treille. Les Bleus doivent donc montrer ce qu’ils valent sans le leadership des plus anciens. C’est donc le premier capitanat pour Jordann Perret. C’est aussi le deuxième match en équipe de France pour le gardien chamoniard Tom Aubrun après une défaite honorable en Lettonie il y a deux ans.
Ces absences ne sauraient servir d’excuses. La Hongrie a mis trois attaquants majeurs dont son capitaine au repos. Elle aligne même un gardien débutant, Levente Hegedüs (21 ans), qui ne joue que pour la réserve de Fehérvár.
Au début, la Hongrie n’arrive pas à passer le mur des trois attaquants français en zone neutre. Tout semble se déroulé comme prévu et les cinq premièrement minutes sont nettement colorées en bleu. Mais l’engagement dans les duels commence à faire défaut. Après huit minutes, Bendegúz Dobos reçoit un bon palet de Schlekmann et revient devant la cage dans le dos de Llorca, il peut tirer deux fois à bout portant sur Aubrun. Addamo gagne la mise au jeu qui suit mais le dégagement de Yohan Coulaud est bloqué. La Hongrie maintient donc la pression et ouvre le score sur un tir en pivot de Gergely Mattyasovszky (0-1).
La France retourne aussitôt en zone offensive… et Kaylian Leborgne y fait trébucher Kristof Nemeth. En infériorité, Tom Aubrun capte deux tirs faciles sans rebond. Mais en fin de compte, une tentative à mi-distance de Márkó Csollák, contrée par Aurélien Dair, rebondit vers la droite où János Hári a l’angle grand ouvert derrière Aubrun (0-2).
Suit une erreur individuelle. Jules Boscq se fait presser et perd le palet dans sa zone. Bendegúz Dobos rend la pareille à Márk Schlekmann en centrant pour sa déviation… du patin (0-3).
Yorick Treille appelle un temps mort. « Beaucoup, beaucoup de temps », martèle-t-il à ses « boys ». Il faut juste mieux gérer le palet. Un poteau de Guillaume Leclerc montre la voie. La récompense arrive en fin de premier tiers. Après une mise en jeu gagnée par Justin Addamo en zone offensive, Leclerc échange deux fois le palet avec Guebey et prend un tir lointain du poignet que Hegedüs, masqué, n’a aucune chance de voir arriver (1-3, photo ci-dessous).
L’équipe de France se tire deux balles dans le pied au deuxième tiers-temps par son indiscipline. D’abord, Flavian Dair charge violemment Alex Horváth contre la bande. En infériorité, Jordann Perret intercepte une passe de Bence Horváth en zone neutre et s’échappe seul, mais sans tromper Levente Hegedüs qui referme les jambières. Au contraire, c’est encore la Hongrie qui convertit en fin de pénalité, à quatre secondes de l’échéance, sur un puissant slap dans l’axe du défenseur Márkó Csollák (1-4).
Dix minutes plus tard, Pierre Crinon accroche Márk Schlekmann qui s’est infiltré entre lui et Guebey. Et c’est Schlekmann lui-même qui se fait justice, d’une puissante reprise entre les cercles après une très belle circulation de palet avec Dobos et Hári (1-5). Faisons le compte : trois pénalités françaises = trois buts encaissés. Dur pour le pauvre Tom Aubrun qui sort, remplacé par Julian Junca.
La France doit une meilleure sortie au public vosgien. Yorick Treille change ses lignes avant la dernière période. C’est maintenant Justin Addamo et non plus le jeune Bachelet qui prend place entre Perret et Fabre. Ce trio frappe à sa deuxième présence. Dylan Fabre prend de la vitesse, élimine Gabor Tornyai en un contre un sur sa lancée et met le palet dans les jambières du gardien pour un rebond gagnant de Jordann Perret (2-5).
Pendant une pénalité (mystérieuse) de Tornyai, le tir du cercle droit de Dylan Fabre frappe le masque de Hegedüs et le slap de Jules Boscq est repoussé par son bouclier. La France a maintenant le dynamisme offensif, elle multiplie les occasions. Le jeu est toutefois arrêté à dix minutes de la fin car le juge de ligne Hugo Maillard a pris dans le casque un palet envoyé en fond de zone via la balustrade par Bertrand. Sonné, il quitte prudemment la glace et laisse ses collègues officier à trois.

L’élan tricolore n’est pas coupé pour autant. Après un bon travail de Boscq et de Leclerc dans la bande, Floran Douay sert de derrière la cage Nicolas Ritz qui enchaîne deux tirs à mi-distance pour trouver la faille (3-5). On croit alors la France capable de revenir, mais la chance lui tourne le dos à 4 contre 5 après une obstruction de Matias Bachelet sur Bence Horváth : la passe de Bendegúz Dobos est déviée au fond des filets par le patin de Mattyasovszky – le deuxième but hongrois du patin ce soir (3-6).
Les Bleus n’abandonnent pour autant. Qui d’autre que Jordann Perret pour surgir à grande vitesse du banc et prendre le palet qu’attend Donát Horváth derrière la cage. Il donne en retrait à Dylan Fabre qui profite de l’écran parfait d’Addamo (4-6). Cela permet de pimenter la fin de match en sortant le gardien.
Désignés joueurs du match : János Hári pour la Hongrie et Dylan Fabre pour la France.
Commentaires d’après-match :
Yorick Treille (entraîneur de la France) : « Aujourd’hui on a manqué de discipline, de sang-froid, de gestion du palet, surtout dans ce premier tiers. Au final on se retrouve à courir après le score et c’est toujours très délicat, on s’expose par moments un peu plus. Ce n’était pas un manque d’énergie, les gars avaient l’énergie nécessaire pour gagner ce match, ils n’ont pas abandonné. Pour valider une excellente semaine, on voulait sortir un match maîtrisé et ce n’est pas le cas. Ce soir ça ressemble plus à la configuration du Mondial D1A où on aura plus de possession de puck, où on est forcé à faire les jeux. C’est un type de match différent. »
Vincent Llorca (défenseur de la France) : « C’est pas de cette manière qu’on voulait finir le tournoi. On a très mal démarré. On a montré du caractère en troisième, on n’était pas loin de revenir, ce sixième but nous fait mal. On a encore des choses à corriger, mais on est monté crescendo, on a progressé dans ce qu’on voulait faire. Il manquait encore un petit truc, un peu d’énergie collective. »
Jordann Perret (capitaine de la France) : « C’est pas une excuse, on a l’effectif qu’il faut même avec les joueurs qui ne sont pas là. C’est juste qu’au premier tiers, on n’était pas présent, on n’a pas respecté les consignes, on n’a pas mis les ingrédients qu’il fallait. Eux l’ont fait. Si seulement on avait joué comme le troisième tiers, on a mis de l’envie, du coeur et nos valeurs sur la glace. D’un côté, c’est frustrant de commencer comme ça. Mais de l’autre côté on a bien fini, on va retenir ça pour la site. On va rentrer dans nos clubs avec une pensée pour les Jeux olympiques. »

France – Hongrie 4-6 (1-3, 0-2, 3-1)
Samedi 8 novembre 2025 à 19h30 à la patinoire Poissompré d’Épinal. 2000 spectateurs.
Arbitres : Leevan Thiebault et Florian Baudry assistés de Thomas Simon et Hugo Maillard (tous FRA).
Pénalités : France 8’ (2’, 4’, 2’) ; Hongrie 2’ (0’, 0’, 2’).
Tirs : France 25 (5, 6, 14) ; Hongrie 18 (10, 6, 2).
Évolution du score :
0-1 à 07’25” : Mattyasovszky assisté de Csollák et Ravasz
0-2 à 09’41” : Hári assisté de Csollák (sup. num.)
0-3 à 11’43” : Schlekmann assisté de Dobos
1-3 à 18’18” : Leclerc assisté de Guebey
1-4 à 24’28” : Csollák assisté de Hári (sup. num.)
1-5 à 33’51” : Schlekmann assisté de Hári et Dobos (sup. num.)
2-5 à 43’35” : Perret assisté de Fabre
3-5 à 51’30” : Ritz assisté de Douay et Leclerc
3-6 à 52’15” : Mattyasovszky assisté de Dobos et Csollák (sup. num.)
4-6 à 57’07” : Fabre assisté de Perret
France
Attaquants :
Dylan Fabre (+1) – Matias Bachelet (2’) [puis Addamo à 40’] – Jordann Perret (C, +2)
Floran Douay (+1) – Justin Addamo (A, +1) [puis Ritz à 40’] – Guillaume Leclerc
Anthony Rech – Nicolas Ritz (+1) [puis Bachelet à 40’] – Charles Bertrand
Flavian Dair (2’) – Kaylian Leborgne (2’) – Aurélien Dair
Défenseurs :
Jules Boscq (A, +1) – Vincent Llorca
Pierre Crinon (+1, 2’) – Enzo Guebey (+2)
Florian Chakiachvili – Charles Schmitt (+1)
Yohan Coulaud (-1)
Gardien :
Tom Aubrun (9/14) puis à 33’51” Julian Junca (3/4) [sorti à 57’33”]
En réserve : Martin Neckar (G), Yohann Auvitu (D), Pierre-Édouard Bellemare, Sacha Treille (A).
Hongrie
Attaquants :
András Mihalik (-1) – Bence Horváth (A) – István Terbócs (C, -1)
Mihály Bendegúz Dobos – János Hári (A) – Márk Schlekmann
Gergely Mattyasovszky (+1) – Csanád Ravasz (+1) – Dávid Molnár (+1)
Maxim Szabó Rácz (-1) – Kristof Németh (-2) – Domán Szongoth (-1)
Défenseurs :
Olivér Farkas (-2) – Tamás Ortenszky
Márkó Csollák (+1) – Donát Horváth (+1)
Roland Kiss (-1) – Alex Horváth (-2)
Simon Szathmary – Gabor Tornyai (-1, 2’)
Gardien :
Levente Hegedüs
Remplaçant : Kristóf Nagy (G). En réserve : Bence Bálizs (G), Bence Stipsicz, Nandor Fejes (D), Vilmos Galló, Balázs Sebök, Gergő Ambrus (A).














































