La création de la Coupe des Nations a été saluée par ses deux participants scandinaves. Morten Green, directeur général de la fédération danoise, a été positif : « Cette European Cup of Nations est là pour créer une véritable compétition et pas juste des matchs. C’est une opportunité d’augmenter le niveau et de donner du sens aux pauses internationales. »
Même son de cloche à la fédération norvégienne. Petter Salsten a répondu aux médias de son pays que, bien sûr, il y aurait une promotion/relégation entre les groupes et donc une vraie compétition même si la première année était un peu hybride. La Norvège a joué le jeu en convoquant sa meilleure équipe. Seuls les trois internationaux de Storhamar (Andreas Martinsen, Jacob Berglund et Martin Rønnild) n’ont pas été convoqués à dessein pour laisser le club champion de Norvège préparer son huitième de finale de CHL. Son gardien Markus Stensrud a finalement été appelé pour pallier une défection, mais il n’a joué aucun match et ne se sera pas fatigué.
La perspective de monter (que la Norvège a laissé passer en perdant contre la France) n’est néanmoins pas garantie et dépend du bon vouloir de la fédération allemande qui se réserve la décision finale. Si le but était d’accroître l’attention médiatique, c’est raté. Le responsable du hockey à la télévision norvégienne TV2, Jonas Bariås, s’est même franchement énervé selon ses propos rapportés par nitten.no : « Ils ont sorti un nouveau format se coupe sans vraiment donner d’information sur les tenants et les aboutissants. C’est aussi ce que nous allons montrer aux gens. C’était un démarrage désastreux. »
Le motif de sa colère n’est pas seulement le format encore embryonnaire de l’IIHF, mais aussi la production télé. Depuis deux mois, la principale chaîne de télévision norvégienne privée TV2 partait du principe qu’un signal en qualité télé (9 caméras) serait fourni depuis Épinal pour que chaque match de la Norvège sur son canal sportif (TV2 Sport 2) : « Nous avons rappelé l’information sur le signal depuis plusieurs semaines et dit que sans réponse nous ne pourrions pas montrer les matchs. Ce n’est que mardi qu’on nous a dit que la production en 9 caméras ne s’appliquerait qu’aux matches de la France, et que jeudi et samedi, ce serait une production avec 1 caméra animée par intelligence artificielle. Ce n’est pas assez bon pour diffuser sur la TV. Ce qu’ils ont réussi à délivrer est si amateur que je n’ai jamais vu une chose pareille où que ce soit. C’est au-delà de toute critique. Bien sûr, c’est très triste pour nous. Il y a beaucoup d’enthousiasme autour de l’équipe nationale en ce moment avec l’arrivée d’une nouvelle équipe d’entraîneurs, mais aussi un intérêt croissant en général. »
Néanmoins, Bariås ne dit pas tout. La réponse faite par la FFHG est que son obligation vis-à-vis de l’IIHF était de fournir un signal en qualité streaming (que la fédération internationale reprend elle-même), mais qu’elle avait proposé à son homologue norvégienne et à TV2 de financer les surcoûts de production, ce qui a été refusé. La fédération norvégienne, qui est si désargentée qu’elle avait mis ses équipes nationales en pause plusieurs mois voici quelques années, n’a pas mis la main à la poche et Petter Salsten a juste servi d’intermédiaire pour que TV2 diffuse les autres rencontres sur son site internet.

C’est donc en streaming que les passionnés de hockey norvégiens les plus acharnés ont assisté au dernier match, avec deux commentateurs de TV2 tout de même. Un match où leur équipe les a déçus dans un premier temps, pas plus efficace que contre la France devant et un peu anémique derrière sur le premier but, survenu en infériorité numérique (Krogdahl ayant utilisé sa crosse pour se tracter sur Blichfeld après une mise au jeu dans sa zone). Après un tir rasant de Makus Lauridsen, ce sont les Danois qui prennent le premier rebond (Aagaard), puis le second, par Nick Olesen qui ajuste son tir du revers à mi-hauteur côté plaque (1-0).
Néanmoins, la Norvège répond par son meilleur tiers-temps de tout le tournoi. Mattias Nørstebø, clairement le défenseur le plus apte à la construction offensive de son équipe, voit que le mauvais placement défensif danois a laissé Thomas Berg Paulsen tout seul au poteau droit, et celui-ci a le temps de contrôler la passe puis de contourner la jambière du jeune gardien Grubak (1-1). Cinq minutes plus tard, Patrick Elvsveen remonte la glace et décale côté gauche Eirik Salsten qui sert une cage ouverte à Samuel Solem au poteau droit (2-1). Les Norvégiens se voient même refuser deux buts, l’un pour une gêne sur le gardien et l’autre, inscrit par Martin Johnsen au rebond d’un tir de Thomas Olsen, parce que la sirène de fin de tiers vient de retentir.
Mais à sept minutes de la fin, Eirik Salsten dégage un palet par-dessus les plexis. C’est la deuxième vraie supériorité numérique pour le Danemark (hormis deux séquences partielles)… et le deuxième but. Le lancer excentré de Mathias From de la droite ricoche sur le bouclier du gardien Haukeland… puis sur le malheureux Johannes Johanessen qui revient défendre dans l’axe. 2-2, contre son camp.
La prolongation tourne court, 19 secondes à peine. Eirik Salsten remporte la mise au jeu, Mattias Nørstebø remonte la glace, Salsten dirige la possession et le tir rasant de Nørstebø est dévié de près par Patrick Elvsveen qui a foncé au but (2-3). La Norvège remporte l’enjeu de ce match, c’est-à-dire la deuxième place de cette Coupe des Nations. Celle dont on est sûr qu’elle ne donne droit à aucune promotion, quelle que soit la formule.
Désignés joueurs du match : Morten Poulsen pour le Danemark et Patrick Elvsveen pour la Norvège.

Commentaires d’après-match :
Mikael Gath (entraîneur du Danemark) : « Nous quittons la France avec un bon sentiment. Notre tournoi, c’était dui 50/50 pour nous. Nous avons eu cinq bonnes périodes, prenons ça avec nous. Mais nous avons aussi eu quelques séquences qui n’étaient tout simplement pas assez bonnes. Nous avons livré notre meilleure performance contre la Norvège. C’est une équipe forte avec un bon effectif, et nous avons été bons dans l’ensemble, même si nous avons perdu à la fin. Nos deux gardiens ont joué à haut niveau et David Grubak – qui a disputé ses premiers matchs internationaux – ne peut absolument pas être blâmé pour nos deux défaites contre la France et la Norvège. Un certain nombre d’autres joueurs ont aussi bien joué par moments. Dans les mois à venir, je vais regarder beaucoup de matchs de nos joueurs pour suivre leur développement. Nous devons aussi assembler les dernières pièces de l’équipe. Nous avons probablement 85 à 90% de l’effectif en place, sauf blessures. J’espère donc que tout le monde mettra son énergie en club pour montrer qu’il est en lice sont en jeu pour les dernières places ouvertes de l’équipe olympique. À eux de jouer. »
Danemark – Norvège 2-3 après prolongation (0-1, 1-1, 1-0, 0-1)
Samedi 8 novembre 2025 à 15h00 à la patinoire Poissompré d’Épinal.
Arbitres : Rayan Bernoussi et Maxime Laboulais assistés de Maxime Suzzarini et Achille Lefevre (tous FRA).
Pénalités : Danemark 12’ (2’, 4’, 6’, 0’) ; Norvège 16’ (4’, 6’, 6’, 0’).
Tirs : Danemark 33 (12, 14, 7, 0) ; Norvège 30 (11, 9, 9, 1).
Évolution du score :
0-1 à 17’26” : Olesen assisté d’Aagaard et M. Lauridsen (sup. num.)
1-1 à 25’15” : Berg Paulsen assisté de Nørstebø
1-2 à 29’34” : Solem assisté de E. Salsten et Elvsveen
2-2 à 53’44” : From assisté de Bau Hansen et M. Lauridsen (sup. num.)
2-3 à 60’19” : Elvsveen assisté de Nørstebø et E. Salsten
Danemark
Attaquants :
Nick Olesen (-2, 2’) – Alexander True – Joachim Blichfeld
Mikkel Aagaard (A) – Christian Wejse (A, -1, 4’) – Mathias From
Morten Poulsen (-1) – Nikolaj Krag Christensen (-1) – Mathias Bau Hansen (-1)
Felix Scheel – David Madsen (-1, 2’) – Philip Schultz (-1, 2’)
Daniel Olsson
Défenseurs :
Markus Lauridsen (-2) – Jesper Jensen Aabo (C, -2)
Malte Setkov – Nicholas B. Jensen
Anders Koch (-1) – Oliver Lauridsen (2’)
Daniel Baastrup
Gardien :
David Grubak
Remplaçant : Mathias Seldrup (G).
Norvège
Attaquants :
Noah Steen – Håvard Østrem Salsten (A, 2’) – Martin Johnsen
Tinius Luc Koblar – Eskild Bakke Olsen (2’) – Thomas Olsen
Thomas Berg Paulsen (+1) – Markus Vikingstad (+1) – Philip Granath (+1)
Patrick Elvsveen (+2) – Eirik Salsten (+2, 2’) – Samuel Solem (+1)
Défenseurs :
Mattias Nørstebø (A, +2, 4’) – Max Krogdahl (C, +2, 4’)
Sverre Rønningen – Johannes Johannesen
Sander Hurrød (+1) – Isak Hansen (2’)
Kristian Østby
Gardien :
Henrik Haukeland
Remplaçants : Markus Stensrud (G), Petter Vesterheim. En réserve : Emilio Pettersen (A).









































