Dans trois mois et deux jours, l’équipe de Suisse ouvrira son tournoi olympique contre la France. Et après une bonne entame en Finlande, le moins qu’on puisse dire est que son week-end a été décevant avec deux nettes défaites de 5 et de 4 buts. Circonstance aggravante, elle a subi la loi des Tchèques, qui seront également dans le même groupe à Milan (avec le Canada et les Bleus).
Les Tchèques s’étaient d’ailleurs eux-mêmes déguisés en… bleu pour ce match, couleur très inhabituelle de leur nouvelle variante de maillot. Et dès le début, on n’y a vu que du bleu. Dès la deuxième minute, Jáchym Kondelík marque en utilisant son défenseur comme écran, mais le but est annulé après vidéo car la cage suisse a bougé. Mais dans les quatre minutes suivantes, Filip Chlapík, capitaine du Sparta Prague pas mal critiqué ces derniers temps pour les contre-performances de son club, inscrit deux buts, le premier en dribblant Giancarlo Chanton en entrée de zone pour un tir croisé sous le bras de Reto Berra, le second en s’approchant pour tirer sous la barre transversale.
Le temps mort déjà pris par Patrick Fischer semble sans effet. En 10 minutes, les Tchèques ont déjà autant de tirs cadrés qu’en 40 minutes contre la Suède ou la Finlande ! En fin de premier tiers, Radim Zohorna reste commotionné après une vilaine charge du jeune Nicolas Baechler, logiquement expulsé. Les deux équipes tourneront donc alors à trois centres et quatre paires d’ailiers.
Les Tchèques profitent des cinq minutes d’avantage numérique pour accroître leur avance à la reprise par un one-timer du cercle gauche de Matěj Stránský, aussi puissant que précis, visant le poteau opposé. Puis, dix secondes après la fin d’une pénalité de Chanton, le quatrième but de Marian Adámek à mi-distance finit par provoquer la sortie de Reto Berra et l’entrée de Sandro Aeschlimann (qui se rassurera un peu en préservant ses filets après avoir pris 7 buts la veille).
Un 4-0 acquis en une moitié de match puis conservé, c’est une belle récompense pour Dominik Kubalík, choisi comme capitaine le jour où il atteint les 100 sélections. Tout aussi heureux, le gardien Josef Kořenář compte désormais 3 blanchissages sur ses 4 dernières sorties internationales. Ce n’était pas le plus difficile, il a fait face à 13 tirs suisses seulement.
Kořenář sait déjà qu’il ne sera pas aux JO où les Tchèques n’auront que des gardiens de NHL, en revanche il y a des places à prendre en défense. C’est en cela que la performance est positive pour les arrières du jour, alignés par défaut. Déjà privée de Daniel Gazda et Jiří Ticháček, titulaires aux derniers Mondiaux mais blessés, la défense a perdu au cours du tournoi Tomáš Cibulka (sorti en boîtant au milieu du premier match) puis Michal Kempný, pour un motif plus heureux puisqu’il est rentré chez lui pour l’accouchement de sa femme. Le grand gagnant de la situation est Jan Košťálek, qui avait quitté l’équipe tchèque avant les derniers Mondiaux pour rejoindre sa famille plutôt que d’être le huitième défenseur réserviste. Le sélectionneur Rulík lui a pardonné (« Nous n’avons pas du tout aimé, mais nous avons respecté sa décision personnelle. Il joue au sommet de sa forme cette saison et il s’est excusé auprès de nous. ») et Košťálek a même inscrit 2 points en bonus. Lui aussi voit la vie en… bleu.
Dans le camp suisse, la mine est plus noire. Les joueurs n’ont franchement pas marqué de points. Heureusement que les six attaquants suisses de NHL (les cadres de l’équipe nationale Kevin Fiala, Timo Meier, Nico Hischier et Nino Niederreiter mais aussi Philipp Kurashev et Pius Suter) ont tous mis au moins 9 points en maximum 16 parties. Ils seront encore attendus en sauveurs de la patrie, mais le fond de jeu affiché par la Nati interroge.
Désignés joueurs du match : Filip Chlapík pour la Tchéquie et Tim Berni pour la Suisse.

Commentaires d’après-match :
Radim Rulík (entraîneur de la Tchéquie) : « L’objectif principal était de corriger le match précédent raté. Un dernier match à midi dépend toujours de la préparation mentale. Nous avons obtenu une excellente entrée. Nous ne voulions pas quitter le tournoi sans gagner un seul match. Une motivation énorme pour tous les joueurs. Nous voulions beaucoup plus de simplicité et de vitesse d’exécution, nous y sommes arrivés progressivement. […] Lukáš Sedlák joue régulièrement plus de 20 minutes à Pardubice. Kuba Flek a aussi un gros temps de glace à Brno. J’ai vu qu’ils étaient très occupés dans leurs clubs, je ne voulais pas leur donner un troisième match. […] Non seulement Filip Chlapík a été productif, ce dont nous avons besoin, mais en même temps il a eu des occasions avec un bon mouvement, du patinage. J’espère qu’il continuera comme ça au Sparta. […] On garde un œil sur la situation en NHL, certains joueurs sont blessés, certains ne jouent pas ou très peu, hormis les cadres stables tels que Pastrňák, Nečas, Hertl, Zacha et Hronek. Nous serons aidés par Marek Židlický, qui est en Amérique et est proche de l’information et des joueurs. Tout sera progressivement rassemblé. Ce que je pense dans ma tête, je ne le dirai à personne. »
Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) : « Notre réaction au début n’était clairement pas bonne. Comme hier contre la Suède, nous avons pris des pénalités bêtes, commis des revirements évitables, et nous nous sommes retrouvés en difficulté. Nous avons laissé filer le match dès le début. Nous n’avons pas baissé les bras, mais c’était inutile. Au hockey, l’entame de match est cruciale, et nous avons perdu deux palets dans notre propre zone dès le début. Tous les juniors élite savent que ce n’est pas bon. Certains joueurs ont tout simplement été submergés par le rythme auquel ils n’étaient pas habitués. »
Tchéquie – Suisse 4-0 (2-0, 2-0, 0-0)
Dimanche 9 novembre 2025 à 13h00 à la Nokia Arena de Tampere. 1933 spectateurs.
Arbitres : Riku Brander et Janne Wuorenheimo assistés de Daniel Lindblom et Luka Mäkinen (tous FIN)
Pénalités : Tchéquie 2’ (0’, 0’, 2’) ; Suisse 31’ (2’+5’+20’, 4’, 0’).
Tirs : Tchéquie 25 (11, 11, 3) ; Suisse 13 (4, 4, 5).
Évolution du score :
1-0 à 03’45” : Chlapík assisté de Košťálek et Šimek
2-0 à 05’46” : Chlapík assisté de Reichel et Kantner
3-0 à 23’35” : Stránský assisté de Košťálek et Kubalík (sup. num.)
4-0 à 27’13” : Adamek assisté de Chlapík et Kondelík
Tchéquie
Attaquants :
Dominik Kubalík (C) – Radim Zohorna – Matěj Stránský
Filip Chlapík (+3) – Kristian Reichel (+2) – Matyáš Kantner (+2)
Jakub Lauko – Jáchym Kondelík (A, +1) – Ondřej Beránek (+2)
Luboš Horký – Jiří Černoch – Daniel Kurovský
Défenseurs :
Radim Šimek (A, +1) – Jan Košťálek (+2)
Libor Hájek – Jan Ščotka (2’)
Filip Pyrochta – Marian Adámek (+1)
Radek Kučeřík – Libor Zábranský (+1)
Gardien :
Josef Kořenář
Remplaçant : Petr Kváča (G). En réserve : Pavel Čajan (G), Lukáš Sedlák, Jakub Flek, Ondřej Kovařčík (A). Repartis : Michal Kempný (naissance), Tomáš Cibulka (ischio-jambiers).
Suisse (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Sandro Schmid (-1) – Tyler Moy – Christoph Bertschy (C, -1)
Fabrice Herzog – Nicolas Baechler (5’+20’) – Dario Rohrbach
Simon Knak (-2) – Ken Jäger (-2) – Dario Simion (A, -1)
Valentin Nussbaumer – Justin Sigrist – Tino Kessler (-1)
Défenseurs :
Tim Berni (-1) – Fabian Heldner (-1)
Sven Jung (A, -1) – Giancarlo Chanton (-3, 2’)
Tobias Geisser – Nico Gross (-1, 2’)
Gardien :
Reto Berra (12/16) puis à 29’40” Sandro Aeschlimann (9/9)
Absents : Lukas Frick, Michael Fora (D), Attilio Biasca (A, malade), Calvin Thürkauf (A, lésion tendineuse au coude).










































