Même à domicile, même à quinze jours de dévoiler les 25 noms de la sélection olympique avec un enjeu maximal pour tous les joueurs, l’histoire se répète pour une équipe de Suisse qui a accumulé une cinquième défaite consécutive.
Son occupation favorite pour se consoler, c’est de citer les clubs suisses dans lesquels évoluent les étrangers qui marquent contre elle. C’est ainsi que Jesse Puljujärvi (Genève) a dévié le lancer lointain de Henrik Borgström (Fribourg) sur l’ouverture du score. Une minute plus tard, Jere Sallinen part en prison pour une charge avec le coude et le jeu de puissance déploie un beau mouvement collectif sur lequel Dominik Egli décale Sven Andrighetto. Après avoir trouvé le poteau en angle fermé à la douzième minute, Markus Nurmi profite finalement d’une pénalité de Glauser pour faire repasser la Finlande devant à huit secondes de la sirène en plaçant sa crosse, bien trouvée par Julius Nättinen, le maître passeur d’Ajoie. Désolé : Nurmi, lui, ne joue même pas en Suisse, mais à Luleå…
Au deuxième tiers, Grégory Hofmann se fait expulser (5’+20′) pour un cross-check au visage de Mikko Lehtonen qui lui avait chatouillé le dos. Un morceau de dent cassé, une lèvre ouverte et une faute bête et méchante qui anéantit certainement les derniers espoirs olympiques de Hofmann… Sami Niku (Lausanne) en profite pour donner une avance de 1-3 à la Finlande par sa précision de tir. La Suisse, elle aussi, a recours à une supériorité numérique pour se relancer : Dario Simion dévie un tir de Damien Riat. Ces deux joueurs figurent parmi les gagnants du week-end qui ont peut-être décroché leur place.
En troisième période, Dario Rohrbach échoue pour la deuxième fois du jour sur le gardien finlandais Emil Larmi. Mais à deux minutes de la fin, Gaëtan Haas, bien servi par Kukan et qui voit l’ouverture précise entre le poteau et Emil Larmi, qui se tient le visage et se sent coupable de cette égalisation après son bon match.
Lors de la prolongation, Damien Riat rate le but de la victoire après un beau mouvement avec Andrighetto et Dominik Egli, mais sur la contre-attaque, ce même Egli se fait déborder par Jesse Puljujärvi. Il peut dire adieu à son rêve olympique, où Patrick Fischer aura bien assez de défenseurs offensifs avec Josi en incontournable et Kukan ou Moser en alternative. Pour la même raison, on peut interpréter ses propos d’après-match (voir plus bas) comme un couperet pour Romain Loeffel, superflu.
Malgré quelques défauts de marquage passagers dans ce dernier match Tim Berni a sans doute marqué des points pour la sélection pour Milan, et Andrea Glauser a sans doute gardé sa place si l’on passe outre des pénalités évitables. Les habitués Marti et Fora devraient compléter la défense. Dans les cages, Stéphane Charlin n’a joué que ce dernier match mais sa jeunesse est l’argument principal de sa candidature pour vivre l’expérience olympique dans un rôle de numéro 3 (derrière Genoni et Akira Schmid) plutôt que d’appeler un vétéran comme Berra.
Cette cinquième défaite d’affilée a en tout cas rappelé combien la Suisse reste dépendante de ses joueurs-clés de NHL – y compris le défenseur Jonas Siegenthaler en infériorité numérique. Si l’on considère les six attaquants NHL et le duo Malgin-Andrighetto qui en a toujours eu le niveau, cela laisse peu de places disponibles en attaque. Calvin Thürkauf devrait être choisi par sa polyvalence, de même que Bertschy tout indiqué pour une quatrième ligne où son coéquipier fribourgeois Sandro Schmid – valeur montante – pourrait l’accompagner. N’oublions pas que les joueurs de Davos ne sont pas convoqués en décembre pour cause de Coupe Spengler, et que l’un d’eux, Simon Knak, convient bien comme ailier intense. On a cité Simion et Riat, cela ne laisserait plus de places… Tyler Moy aura en tout cas fait par son travail et son attitude ce week-end pour convaincre le sélectionneur et bouleverser les cartes. Théo Rochette paraît encore un peu jeune malgré sa belle saison avec Lausanne, tandis que la blessure de son coéquipier Ken Jäger est vraiment survenue au mauvais moment.

Et dans le camp finlandais ? Les places seront très chères pour les JO et les résultats du tournoi n’auront pas changé la donne, encore moins pour le malheureux Sakari Manninen qui s’y est blessé. Même si son staff l’a désigné joueur du match, Jesse Puljujärvi a toujours peu de chances d’intégrer l’équipe olympique car il y a une vingtaine de concurrents en NHL pour les lignes offensives. S’il y a un attaquant finlandais qui a une chance, c’est le moustachu Hannes Björninen comme centre de la quatrième ligne. Mais les propos de Pennanen le rappellent, les deux joueurs présents à Zurich qui ont le plus de chances d’aller à Milan sont le gardien Emil Larmi et surtout le défenseur Mikko Lehtonen, comme d’habitude très bon.
Commentaires d’après-match :
Patrick Fischer (sélectionneur de la Suisse) : « On ne doit presque pas dire ça, mais aujourd’hui nous n’étions simplement pas prêts. Soudain, à 1-3, nous avons tout fait pour gagner. Mais cela devrait être le cas dès le début. Contre la Suède, nous étions la moins bonne équipe et nous avons pris un point. Hier [contre les Tchèques] nous étions clairement meilleurs et aujourd’hui c’était équilibré. Néanmoins nous avons perdu trois fois, heureusement que c’est de la préparation. Certains joueurs m’ont confirmé qu’ils font partie de l’effectif olympique. Mais il y en a d’autres qui n’ont pas eu un si bon tournoi. L’important est que les joueurs puissent tenir l’intensité. En fin de compte, sur petite glace, tout va un peu plus vite. Chez les défenseurs, on cherche des joueurs qui peuvent faire un stop. C’est-à-dire ceux qui peuvent tenir le palet et l’adversaire dans les coins. »
Antti Pennanen (sélectionneur de la Finlande) : « Super performance ! Contre des doubles finalistes des championnats du monde et candidats olympiques. Nous avons eu une semaine difficile, avec les voyages et tout le reste. Les deux gardiens étaient bons, et Mikko Lehtonen est toujours un joueur de premier plan dans l’équipe nationale. L’objectif maintenant est de m’entretenir avec les joueurs sélectionnés et de définir le jeu et l’alignement. »
Suisse – Finlande 3-4 après prolongation (1-2, 1-1, 1-0, 0-1)
Dimanche 14 décembre 2025 à 16h45 à la Swiss Life Arena de Zurich. 5422 spectateurs.
Arbitres : Jakub Zeliska et Luděk Pilný (TCH) assistés de Michael Stalder et Aurélien Ufer (TCH).
Pénalités : Suisse 29’ (4’, 5’+20’, 0’, 0’) ; Finlande 10’ (4’, 6’, 0’, 0’).
Tirs : Suisse 39 (11, 15, 13, 0) ; Finlande 23 (10, 5, 7, 1).
Évolution du score :
0-1 à 04’21” : Puljujärvi assisté de Borgström
1-1 à 07’01” : Andrighetto assisté d’Egli et Simion (sup. num.)
1-2 à 19’51” : Nurmi assisté de Nättinen et Saarijärvi (sup. num.)
1-3 à 26’40” : Niku assisté de Kuokkanen (sup. num.)
2-3 à 39’53” : Simion assisté de Riat et Andrighetto (sup. num.)
3-3 à 57’46” : Haas assisté de Kukan
3-4 à 60’58” : Puljujärvi
Suisse
Attaquants :
Gregory Hofmann (5’+20’) – Calvin Thürkauf (A) – Damien Riat
Sven Andrighetto (A) – Gaëtan Haas (+1) – Dario Simion
Attilio Biasca (-1) – Tyler Moy – Théo Rochette
Willy Riedi – Lorenzo Canonica (2’) – Dario Rohrbach
Défenseurs :
Dean Kukan (+1) – Andrea Glauser (C, 2’)
Tim Berni (-1) – Dominik Egli (-1)
Simon Le Coultre – David Aebischer (+1)
Romain Loeffel (2’)
Gardien :
Stéphane Charlin
Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Christian Marti (D), Denis Malgin (A). Parti : Jonas Taibel (blessé au pied contre la Suède).
Finlande
Attaquants :
Jere Innala – Arttu Ruotsalainen – Ahti Oksanen
Julius Nättinen (+1) – Henrik Borgström (+1, 4’) – Jesse Puljujärvi (+1)
Patrik Puistola (-1) – Janne Kuokkanen (-1) – Markus Nurmi (-1)
Saku Mäenalanen – Hannes Björninen – Jere Sallinen (2’)
Lauri Pajuniemi
Défenseurs :
Mikko Lehtonen (C) – Vili Saarijärvi (2’)
Robin Salo – Juuso Riikola (2’)
Sami Niku – Topi Niemelä
Eemil Viro
Gardien :
Emil Larmi
Remplaçant : Waltteri Ignatjew (G). En réserve : Santeri Hatakka, Sakari Manninen (blessés).










































