Chaude ambiance dans la Santagiulia arena ! Finlandais et Suédois se livrent un derby souvent assez chaud – même si bon enfant. Les supporters sont venus en masse, et, comme d’habitude, ces deux groupes arrivent au dernier moment. La sécurité peine à gérer ce flux de dernière minute, mais au final, l’arena se peuple tranquillement de jaune et de blanc. Le vendredi à midi, c’est souvent le jour des scolaires : les balcons sont peuplés d’enfants qui découvrent sans doute le hockey sur glace pour la première fois.
Ce match a un parfum particulier, celui de la revanche. La dernière opposition en Italie remonte à la finale des Jeux olympiques de Turin en 2006, remportés par la Suède…
La Finlande modifie son alignement par rapport au premier match. Mikko Lehtonen sort de la défense, remplacé par Nikola Matinpalo, Joel Kiviranta laisse sa place à Oliver Kapanen. Joonas Korpisalo est le gardien remplaçant, à la place de Kevin Lankinen.
Gustavsson passe à travers
La première occasion revient à Adrian Kempe, qui lance un 2 contre 1. Juuse Saros lit bien le jeu et stoppe le tir sans rebond. Dès la deuxième minute, Erik Haula commet une charge avec la crosse. La défense se montre intraitable et ne concède qu’un seul tir.
Il ne faut pas autant d’occasions pour la Finlande. Nikola Matinpalo, pas aligné au premier match, répond de la plus belle des manières en expédiant un tir puissant du cercle gauche, qui surprend Filip Gustavsson en hauteur (1-0).
La Suède contrôle le jeu par la suite et une échauffourée devant Saros envoie Roope Hintz en prison pour crosse haute. Le jeu de puissance tourne autour de Rasmus Dahlin, pour une volée en force repoussée. Puis, William Nylander trouve Joel Eriksson Ek dans le slot, Saros s’impose encore.
L’incursion finlandaise qui suit crée le danger devant Gustavsson, et quelques échanges d’amabilités s’en suivent. Victor Hedman en sort avec deux minutes. La Suède sort les mises en échec – Elias Lindholm renverse ainsi Mikael Granlund – et le score ne change pas… jusqu’au moment précis où Hedman pose le pied sur la glace. Eetu Luostarinen récupère et lance du cercle gauche. Anton Lundell traîne dans le slot, avec Kaapo Kakko, et parvient à pousser ce palet bondissant dans le but. Les officiels consultent la vidéo afin de vérifier si la crosse a touché le palet au-dessus de la hauteur permise. Le but est finalement validé (2-0).
La Suède déjoue complètement et s’expose à des contres cinglants. Rantanen lance ainsi Hintz et Granlund, mais le capitaine ne cadre pas son tir face à un gardien en déséquilibre. L’intensité n’a pas faibli dans une rencontre où les mises en échec et les contacts spectaculaires sont légion. Chaque passage trop près du gardien aboutit à quelques regroupements peu amènes, y compris à la sirène… En attendant, la Finlande mène 2-0 à la pause.
Bouillie défensive
On ne change pas l’aspect physique du match à la reprise, et Granlund expédie Elias Pettersson sur le banc finlandais avec une mise en échec spectaculaire ! Dans la foulée, Mikko Rantanen se rend coupable d’un accrochage et la Suède installe son jeu de puissance. William Nylander fixe à gauche, et sert du revers en retrait Rasmus Dahlin. Le tir du défenseur, de volée en tête de cercle, est limpide et réduit le score (2-1).
Alors que les contacts ne baissent pas d’intensité, la Suède semble ensuite perdue dans sa zone défensive. A force de patiner dans le vide elle s’expose à la faute ; Joel Eriksson Ek en fait les frais, un cinglage sur la crosse de Rantanen. Hormis un lancer d’Esa Lindell, Gustavsson n’a pas de difficulté à effacer cette faute.
Un peu après la mi-match, Nylander décoche un tir qui percute le poteau. Une pénalité est appelée contre Kakko qui a retenu Karlsson en zone neutre au début de l’action. La Suède pose son jeu et Nylander, intenable, lance. Son tir est dévié, mais Saros repousse d’un beau réflexe. Mais la Finlande ne lâche rien. Un long dégagement sur Gustavsson est mal géré et le gardien laisse un gros rebond vers sa droite. Haula fonce dessus et bloque le long de la bande… Inexplicablement, trois Suédois vont sur lui. C’est bien Haula qui parvient à sortir le palet droit sur Joel Armia. Jesper Bratt est bien trop loin pour le défendre, et Armia, seul devant Gustavsson, creuse l’écart en infériorité (3-1, photo ci-dessous).
On ne reconnait plus la Suède, brouillonne en défense, en retard sur les actions. Même une passe levée en profondeur pour envoyer Lucas Raymond seul devant Saros masque mal la domination finlandaise. Armia et Haula, notamment, font souffrir l’arrière-garde adverse par leur échec-avant agressif.
La frustration se lit dans le jeu suédois, maladroit et imprécis. L’image de Mika Zibanejad en lutte avec Miro Heiskanen dans le coin symbolise la situation. Les coups de crosse du joueur des Rangers l’expédient sur le banc des pénalités – ainsi que le défenseur de Dallas, pour l’avoir retenu initialement. La sirène retentit et les échanges de coups pleuvent : crosses, gants et casques jalonnent la glace…
Une Tre Kronor méconnaissable
Le jeu reprend avec six joueurs en prison, trois chacun… La Suède parait toujours aussi imprécise et déconnectée, mais obtient tout de même une belle chance. Après une lourde charge de Hintz sur Broberg, touché à l’épaule et qui rentre difficilement au banc, l’attaque combine et Rickard Rakell en profite pour se trouver seul dans l’enclave. Saros sauve, puis bloque le rebond.
Mais après trois minutes, une nouvelle pression finlandaise pousse Oliver Ekman-Larsson, pour une rare présence – il n’avait pas foulé la glace en ouverture – à commettre une charge avec la crosse. L’attaque nordique reste en panne. La chance tourne avec une faute de Lundell.
Dahlin, Kempe, Nylander, puis dans le deuxième groupe Landeskog s’y mettent, et Saros ne lâche rien. Le jeu revient au complet et la Suède appuie physiquement. Sur la même présence, Rantanen finit trois fois à terre, une fois pleine glace par Dahlin, où il glisse sur cinq mètres, puis deux fois le long de la bande par Hedman. Le retour au banc est douloureux…
La Suède continue de pousser. Dahlin tire de l’aile dans le trafic et le palet passe derrière Saros… Lundell réagit et dégage sur la ligne ! Juste après, Haula est puni pour avoir fait trébucher Dahlin en zone offensive.
Une nouvelle fois, la Tre Kronor campe dans la zone offensive et multiplie les tirs. Dahlin, Zibanejad, Kempe, Karlsson : rien à faire, la seule conséquence est le départ de Mikkola au vestiaire, touché en bloquant un tir.
Cet abordage profite un peu plus tard à Lundell, lancé en échappée. Gustavsson gagne son duel. La Finlande se contente de défendre dans les dernières minutes, bloquant le jeu au centre. La Suède sort son gardien à trois minutes de la fin et est contrainte de rester à la périphérie, sans angle de tir.
Finalement, Mikko Rantanen intercepte en haut de sa zone et achève les espoirs adverses dans la cage vide (4-1).
La Finlande se relance donc après sa défaite en ouverture contre la Slovaquie. Plus compact défensivement, elle a reçu une contribution solide de Juuse Saros. Elle a parfaitement repoussé le jeu suédois en périphérie. La Tre Kronor a péché dans tous les domaines. Un gardien en difficulté, une défense disjointe et un manque d’idées en attaque. Sam Hallam, déjà très critiqué au pays, va devoir trouver les clés dès le prochain match face à la Slovaquie.
La Finlande ne comptait que trois victoires olympiques en quatorze matchs face à la Suède, la dernière en 2022.
Commentaires d’après-match
Sebastian Aho (attaquant de la Finlande) : « Nous avons vraiment travaillé dur. Le match était hyper compétitif, dans l’émotion. Deux bonnes équipes qui s’engagent à fond. C’était fun. On aime jouer ces matchs, et nous sommes contents d’en sortir avec la victoire. La manière qu’on a eu de travailler les uns pour les autres était importante. Vous ne savez jamais vraiment comment l’intensité sera avant le match, mais en entrant dans la patinoire on savait que ce serait un gros match. »
Alexander Wennberg (attaquant de la Suède) : « Il y a des parties du match où nous avons bien joué, mais d’autres où il en manquait un peu. C’est toujours le début de tournoi. Nous voulons nous améliorer match après match. Là, nous avons bougé, joué physique, obtenu du momentum, mais notre début de match était compliqué. Il va falloir en trier les leçons, car la Finlande a été plus efficace, puis ils ont joué intelligemment et ne nous ont pas laissé grand chose. Nous avons trop joué sur les extérieurs. »

Finlande – Suède 4-1 (2-0, 1-1, 1-0)
Vendredi 13 février 2026 à 12h10 à Milano Santagiulia. 11 336 spectateurs.
Arbitres : Gord Dwyer (CAN) et Chris Rooney (USA) assistés de Scott Cherrey (CAN) et Jake Davis (USA).
Pénalités : Finlande 18’ (4’, 10’, 4’) ; Suède 14’ (4’, 8’, 2’).
Tirs : Finlande 24 (9, 9, 6) ; Suède 35 (10, 8, 17).
Récapitulatif du score
1-0 à 07’44” : Matinpalo assisté de Kakko et Määttä
2-0 à 15’26” : Lundell assisté de Luostarinen et Mikkola
2-1 à 24’39” : Dahlin assisté de W. Nylander et Raymond (sup. num.)
3-1 à 32’47” : Armia assisté de Erik Haula et Lindell (inf. num.)
4-1 à 59’25” : Rantanen assisté de Mi. Granlund et Hintz
Finlande
Attaquants :
Mikael Granlund (C, +1) – Roope Hintz (+1, 2’) – Mikko Rantanen (A, +1, 2’)
Artturi Lehkonen – Sebastian Aho (A) – Teuvo Teräväinen
Eetu Luostarinen (+2) – Anton Lundell (+2, 2’) – Kaapo Kakko (+2, 2’)
Eeli Tolvanen – Erik Haula (+1, 4’) – Joel Armia (+1)
Défenseurs :
Esa Lindell (+1) – Miro Heiskanen (2’)
Niko Mikkola (+2, 2’) – Rasmus Ristolainen (+3, 2’)
Olli Määttä (+1) – Nikolas Matinpalo (+1)
Henri Jokiharju
Gardien :
Juuse Saros
Remplaçants : Joonas Korpisalo (G), Oliver Kapanen (A). En réserve : Kevin Lankinen (G), Mikko Lehtonen (D), Joel Kiviranta (A)
Suède
Attaquants :
Jesper Bratt (-2) – Elias Lindholm (-2) – Lucas Raymond (-1, 2’)
Adrian Kempe (2’) – Joel Eriksson Ek (-1, 4’) – William Nylander
Rickard Rakell (-2) – Elias Pettersson (-1) – Mika Zibanejad (-2, 2’)
Pontus Holmberg – Alexander Wennberg (-1) – Gabriel Landeskog (C, -1)
Filip Forsberg (-1)
Défenseurs :
Philip Broberg – Erik Karlsson (A, -2)
Gustav Forsling (-1) – Rasmus Dahlin
Victor Hedman (A, -2, 2’) – Rasmus Andersson (-2)
Oliver Ekman-Larsson (2’)
Gardien :
Filip Gustavsson [sorti à 57’50”]
Remplaçant : Jacob Markström (G). En réserve : Jesper Wallstedt (G), Hampus Lindholm (D), Marcus Johansson (A)











































