Pour ce deuxième affrontement des Jeux olympiques, les Allemands croisent un adversaire qu’ils connaissent bien, les Lettons. L’avantage est du côté germanique, avec aucune défaite depuis la finale de la Deutschland Cup de 2020 (2-3 a.p.). L’Allemagne a fait un bon départ face au Danemark (4-1) et la Lettonie a sombré contre les États-Unis (1-5). Les grenat ont tout de même des renforts de poids dans l’équipe avec cinq joueurs de NHL, dont deux sont gardiens de but : Elvis Merzlikins (Blue Jackets de Columbus) et Artūrs Šilovs (Penguins de Pittsburgh), préféré ce soir après avoir remplacé son collègue en troisième période au premier match.
Harold Kreis, satisfait du premier match ne se repose pas sur ses lauriers. Tim Stützle précise même les enjeux : « Nous pourrions jouer plus direct et plus rapidement ; personnellement, et en tant qu’équipe, nous avons encore du potentiel pour nous améliorer dans ce domaine. Mais je suis sûr que nous trouverons notre rythme. »
Dès le coup d’envoi, l’Allemagne met la pression dans l’enclave adverse. Pourtant le vrai danger vient de Rūdolfs Balcers qui se projette à l’avant et tire dans les bottes de Philipp Grubauer (1’45). La réponse est donnée par Lukas Reichel qui capte le palet, traverse le rideau défensif et se présente face à Artūrs Šilovs. Le tir est tendu et précis (1-0, photo ci-dessous).
Sur une pénalité de Kristiāns Rubīns, le power-play allemand est toujours aussi rapide. Draisaitl tente même un surprenant flip qui retombe sur les épaules de Šilovs et passe au ras de la barre transversale (4’25). Pour le reste les Lettons restent solide en défense. Le jeu collectif allemand, bien organisé et fait de passes rapides, oblige les lettons à se regrouper à l’arrière. Les grenat peinent à conquérir la rondelle, mais leur jeu sans palet est efficace en verrouillant les espaces et dégageant les palets pouvant se révéler dangereux. La totalité du jeu est contrôlé par les Allemands, sans marquer toutefois.
C’est Zemgus Girgensons qui crée l’ouverture et la bascule. Il chipe le palet à Leon Draisaitl, dans la zone bleue du gardien letton, et s’échappe en dribble pour ramener le puck en zone offensive. Il alimente Sandis Vilmanis et Eduards Tralmaks conclut par un tir sur Grubauer. Ce jeu a le don de doper l’équipe balte. Le palet transite vers la zone défensive allemande et les grenats multiplient les tirs à la cage. Encore une fois c’est la chevauchée fantastique avec Vilmanis, cette fois accroché par Jonas Müller. Durant cet avantage numérique, une première alerte est à signaler avec le tir dans le trafic de Renārs Krastenbergs, dévié par Balcers devant Grubauer (15’44). Ensuite, c’est sur une mise au jeu gagnée que Girgensons transmet à Krastenbergs pour un jeu de passes rapides et Dans Ločmelis conclut au second poteau, totalement oublié (1-1, photo ci-dessous).
C’est la folie pour les centaines de supporters lettons. La pression continue avec un tir dans le trafic de Rubīns. Au même moment Girgensons envoie un coup de crosse dans le dos de Fabio Wagner et cela provoque la séance des bourre-pifs. Mais les arbitres dont le NHLer Gord Dwyer en a vu d’autres et ne siffle pas de pénalité. Comme quoi l’arbitrage international est plus large sur les gestes sans volonté de faire mal. Une leçon à retenir pour le corps arbitral dans son ensemble… La pression est cette fois sur les défenseurs lettons, la relance ratée pour dégager la zone revient à Frederik Tiffels dans l’enclave qui sert Lukas Kälble, seul, qui ajuste le tir (2-1). Fin de première période, et le match est sensationnel dans tous les sens du terme. À la fois à suspense et très émotionnel. Tout le monde repart y réfléchir au vestiaire.
La deuxième période débute par une pénalité de Stachowiak, suivi en prison par Oskars Batņa. Les deux systèmes défensifs qui se font face sont hermétiques et solides. Mais sur la pénalité suivante de Jonas Müller, obligé de retenir Vilmanis pour rattraper un mauvais choix de Wissmann, les Lettons remettent plus de vitesse en zone offensive. La rudesse allemande permet de bloquer l’installation d’un jeu de puissance. Tobi Rieder est pénalisé sur un accrochage avec la jambe, assez litigieux. Les grenat ne laissent pas passer l’occasion de cette double supériorité et le tir du poignet de Ločmelis, dans le cercle, trouve un infime espace au niveau de l’équerre de la cage, pourtant bien fermé par Grubauer (2-2).
Les Allemands remettent la machine en route avec des échappées ultra rapides de Draisaitl puis Peterka mais Šilovs se révèle solide et bien en place. Sur une mise au jeu en zone neutre, Marc Michaelis s’infiltre et délivre le palet à Lukas Kälble qui tire, mais au même moment Michaelis est accroché. Encore une fois les Lettons sont solides en infériorité, mais Tim Stützle trouve le poteau sur son tir (33’10).
Les deux équipes bloquent tout avec un repli défensif ultra rapide. Personne ne lâche rien et on entre dans une phase de conquête permanente de la rondelle associée à une prestation impeccable des deux gardiens. On en termine sur cette phase d’interceptions où aucun espace ne s’ouvre. Les gardiens ont le travail facilité avec peu d’écran pour boucher la vue sur les tirs.
En troisième période, Teodors Blugers bloque une attaque allemande en 2 contre 1 en se jetant au sol crosse en avant et bloque la passe (40’47). Les Allemands sont encore entreprenants avec une mise au jeu remportée en zone défensive et sortie à grande vitesse. Tobi Rieder hérite du palet et va défier Artūrs Šilovs mais le portier tire le rideau (42’15). La partie se joue à grande vitesse, des deux côtés. Tim Stützle tire dans l’enclave et prend son propre rebond, mais il est envoyé au sol par Krastenbergs. Leon Draisaitl est victime d’une charge avec la crosse et l’Allemagne peut réengager en supériorité numérique. En réaction, les Lettons déménagent tout ce qui gêne devant la cage comme Josh Samanski qui ne peut pas rabattre le palet en cage vide. L’énorme forchecking permet à la Lettonie de sortir sans encombre de cette pénalité.

Au retour à cinq, Eduards Tralmaks déborde côté droit à une vitesse folle et lève le palet devant Philipp Grubauer (2-3). Krastenbergs enfonce le clou trois minutes plus tard avec une reprise, genou au sol (2-4). Ce quatrième but fait très mal !
La situation pour l’Allemagne est maintenant compliquée, mais la Lettonie, loin d’attendre, renforce encore plus l’échec-avant et l’agressivité sur le porteur du palet. Les Allemands s’emploient et n’amusent pas la galerie en remontant le palet en zone offensive à l’aide d’un patinage ultra rapide. Mais quand ce n’est pas Šilovs qui capte les tirs, c’est la défense qui nettoie la zone et évacue le palet.
Le temps passe à grande vitesse et on arrive déjà en fin de partie. Le staff allemand est obligé de faire sortir le gardien. Le jeu à six contre cinq est engagé rapidement et les passes-laser tournent autour de la cage, conclues par des tirs. Šilovs est impeccable et ne laisse aucun rebond. Les Allemands poussent encore plus et c’est en force, dans une forêt de joueurs, que Tim Stützle conclut un jeu de billard dans l’enclave. Le palet se lève et retombe dans la cage à travers ce brouillon de joueurs devant le gardien (3-4, photo ci-dessous). Le public allemand exulte !
Rien n’est joué, Philipp Grubauer sort de nouveau et l’Allemagne stationne dans la zone offensive en obtenant des mises au jeu après des tirs captés par Šilovs. Lukas Reichel, juste à côté de la cage, a le palet du but et repousse la rondelle vers la cage ouverte, mais le palet frappe le poteau (58’13). Les Allemands donnent tout et maintiennent les Lettons regroupés devant leur cage. Sur un puissant tir de Moritz Seider dans le trafic, le palet part dans les airs (58’33). La pression est infernale. La Lettonie s’accroche par les ongles et les Allemands poussent encore avec une déviation de Lukas Reichel, mais le palet frappe le patin de Oskars Cibuļskis avant que Šilovs ne ferme la cage avec la botte au dernier moment. La Lettonie plie mais tient encore le choc. Harry Kreis prend son temps mort pour reposer le premier bloc qui y retourne, mais sans succès. Les Lettons arrachent une victoire importante et impressionnante.
On a vécu un match d’une haute intensité et d’une qualité exceptionnelle, tant les détails et les gestes ont été exécutés à très grandes vitesse. L’Allemagne s’est retrouvé bloquée face à un groupe letton solidaire, rapide et capable de fermer tous les espaces pour récupérer les palets. Le repli défensif a été de très haut niveau associé à la capacité de gagner des duels et créer des revirements rapides.
Le Lettonie fait un pas vers la deuxième place du groupe, à confirmer demain soir face au Danemark. Elle pourrait dans ce cas affronter en barrages… l’équipe de France, pour une place en quart de finale, comme une revanche de la qualification olympique.
Commentaires d’après match :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « C’est une victoire remplie de travail et désintéressée. Tout le monde s’est battu ici. Chacun investit sa part dans cette victoire. Je pense que le match était très regardable – rapide, physique, avec beaucoup de technique et d’émotions. Comme nous étions visiteurs, nous avons formé deux options de premier trio, avec Girgensons et Blugers. Comme nous l’avons vu, les Allemands ont d’abord accepté le modèle d’opposer Girgensons à Draisaitl. Finalement, ils s’en sont éloignés, et Blugers a dû prendre le relais. Au troisième tiers, Draisaitl a été combiné avec Stützle, passant à trois lignes. Nous avons fait pareil [avec Dzierkals à la place de Bukarts, NDLR]. Les gars ont dit qu’ils tiendraient. La priorité était de mettre Girgensons contre Draisaitl, avec Blugers comme seconde option. »

Allemagne – Lettonie 3-4 (2-1, 0-1, 1-2)
Samedi 14 février 2026 à 12h10 à Milano Rho. 4033 spectateurs.
Arbitres : Gord Dwyer (CAN) et Sean MacFarlane (USA) assistés de Scott Cherrey (CAN) et Onni Hautamäki (FIN).
Pénalités : Allemagne 8’ (2’, 6’, 0’) ; Lettonie 8’ (2’, 4’, 2’).
Tirs : Allemagne 29 (7, 13, 9) ; Lettonie 22 (11, 7, 4).
Évolution du score :
1-0 à 02’06” : Reichel assisté de Kahun et Kälble
1-1 à 15’48” : Ločmelis assisté de Girgensons et Krastenbergs (sup. num.)
2-1 à 16’56” : Kälble assisté de Tiffels
2-2 à 28’02” : Ločmelis assisté de Balcers et Balinskis (double sup. num.)
2-3 à 48’32” : Tralmaks assisté de Girgensons et Jaks
2-4 à 51’37” : Krastenbergs assisté de Daugaviņš et Šmits
3-4 à 57’41” : Stützle assisté de Draisaitl et Peterka
Allemagne
Attaquants :
Josh Samanski – Leon Draisaitl (C, +2) – Frederik Tiffels
John Jason Peterka (+1) – Tim Stützle (A, +1) – Wojciech Stachowiak (+1, 2’)
Lukas Reichel (+1) – Marc Michaelis (+1) – Dominik Kahun
Tobias Rieder (-1, 2’) – Nico Sturm (-1) – Alexander Ehl
Défenseurs :
Fabio Wagner – Moritz Seider (A, +1)
Jonas Müller (-1, 4’) – Kai Wissmann (-1)
Lukas Kälble (+1) – Leon Gawanke (+1)
Moritz Müller
Gardien :
Philipp Grubauer [sorti de 57’06” à 57’41” et de 57’50 à 60’00”]
Remplaçant : Maximilian Franzreb (G). En réserve : Matthias Niederberger (G), Korbinian Geibel (D), Parker Tuomie, Justin Schütz (A).
Lettonie
Attaquants :
Sandis Vilmanis – Zemgus Girgensons – Eduards Tralmaks (+1)
Renārs Krastenbergs – Teodors Blugers – Kaspars Daugaviņš (C, -1)
Rihards Bukarts – Dans Ločmelis (-1) – Rūdolfs Balcers (-1)
Anri Ravinskis – Oskars Batņa (2’) – Mārtiņš Dzierkals
Roberts Bukarts (-1)
Défenseurs :
Kristiāns Rubīns (+1, 2’) – Uvis Jānis Balinskis
Kristaps Zīle (-2, 2’) – Jānis Jaks
Roberts Mamčics (2’) – Alberts Šmits (-1)
Oskars Cibulskis
Gardien :
Artūrs Šilovs
Remplaçant : Elvis Merzļikins (G). En réserve : Kristers Gudļevskis (G), Ralfs Freibergs (D), Haralds Egle (A).













































