Quatre jours après s’être rencontrées lors de la phase préliminaire, Finlandaises et Suissesses se retrouvent en quart de finale des Jeux olympiques de Milan-Cortina. C’est la première fois que ces deux nations se retrouvent à ce stade de la compétition aux JO, mais plusieurs fois aux Mondiaux dont un quart remporté 3-1 par la Finlande à Utica en 2024.
C’est sur ce même score que les Naisleijonat se sont imposées cette semaine, l’avantage psychologique leur revient. Cependant, la fraîcheur est une donnée qui risque de faire grandement la différence. La Frauen Nati a disposé de deux jours supplémentaires de repos, les Finlandaises ayant dû disputer entre-temps leur match reporté contre le Canada.
L’autre élément qui aura son incidence concerne l’alignement. Si la Suisse et son entraîneur Colin Müller peuvent se réjouir de retrouver la capitaine Lara Stalder, à l’inverse la Finlande doit faire un trait sur sa capitaine Jenni Hiirikoski. Blessée contre le Canada, cette véritable icône du hockey finlandais voit, à 38 ans, ses derniers JO se terminer sur une note terriblement douloureuse.

Favorite de cette rencontre, la Finlande veut prendre les choses en mains, une bonne frappe de Suoranta permet un rebond dont ne profite pas Karvinen. La gardienne helvète Andrea Brändli est rapidement dans le bain avec plusieurs tirs finlandais, mais elle affiche beaucoup de solidité, comme souvent. Une bonne chose car son équipe se montre peu dangereuse. Stalder et Vallario ont de bonnes positions de tir mais le rempart finlandais Sanni Ahola est peu inquiétée.
À la 16e minute, la Finlande dispose de sa première grosse opportunité lorsque Elisa Holopainen s’infiltre dans la défense plein champ, son tir du revers passe à quelques centimètres du but alors que Brändli était battue. Nieminen et Holopainen tenteront également leur chance, mais le score est toujours de 0-0.
Au début du deuxième tiers-temps, la Suisse obtient un jeu de puissance, la Frauen Nati tente de s’installer, et Lara Stalder tape le poteau. Passée cette frayeur, la Finlande se remet à l’ouvrage mais se montre imprécise dans le dernier geste. À l’image de l’expérimentée Michelle Karvinen qui manque de conclure un 3-1, puis de profiter d’un rebond favorable. Un comble pour la meilleure marqueuse de l’histoire de la sélection finlandaise aux championnats du monde.
La fébrilité gagne alors la Finlande. Yrjölä loupe son contrôle en zone neutre et laisse partir dans son dos Stalder, Ahola bloque sa tentative en papillon. Ensuite, alors que les Naisleijonat évoluent en supériorité, un nouveau cafouillage oblige Ahola à faire une sortie et à intervenir dans les jambes de Marti. Ces avertissements ont finalement précédé le but de la Suisse : Alina Müller gagne l’engagement en zone offensive, Lara Stalder lui redonne, Müller est alors démarquée et peut déjouer Sanni Ahola après cette belle combinaison, comme à l’entraînement (0-1).
La Suisse mène au score et elle va verrouiller en troisième période, sécurisée par une toujours impeccable Brändli. Elle ne se laisse pas surprendre par une passe lobée de Karvinen, et à un quart d’heure de la fin elle réalise un brillant sauvetage alors que Nuutinen et Kuoppala menaçaient son but. La Finlande poursuit ses efforts et une nette domination mais la méthode est brouillonne. Et les Suissesses nettoient tout dans leur camp, les essais de Karvinen et Nylund ne parviennent pas à les surprendre.
Dans les cinq dernières minutes, les Finlandaises vont obtenir des supériorités numériques. D’abord lorsque Zimmermann touche avec sa palette le visage de Suoranta, mais ni Vainikka ni Karvinen ne parviennent à faire la différence. La pénalité est tuée mais Wey concède une nouvelle pénalité à la Suisse à la 59e minute : Ahola sort pour créer un double avantage numérique. Mais malgré cette situation, l’impact offensif suomi est faible, le tout manque d’automatismes et, pour couronner le tout, une faute bête de Tulus sur Baechler pendant l’engagement met fin à cette configuration. Immense gâchis. À 34 secondes de la fin, Vainikka reprend de volée mais sa tentative est trop haute et couverte par Brändli ; et à 2 secondes (!) Nieminen seule poteau opposé ne trouve pas non plus la cible.

Pour la troisième fois lors des quatre dernières olympiades, la Suisse se qualifie pour le dernier carré. Opportuniste, en mode verrouillage en troisième période et avec une Andrea Brändli imperturbable (40 arrêts !), la Frauen Nati n’a pas démérité. En demi-finale, la Suisse affrontera le Canada mais évidemment elle lorgnera surtout sur la médaille de bronze, plus accessible, afin de rééditer la performance de Sotchi 2014. L’autre demi-finale opposera les États-Unis à la Suède.
En revanche, c’est un échec total pour la Finlande, dominatrice en possession mais qui n’a été réellement dangereuse que dans les derniers instants de la rencontre. La fatigue et l’absence de Hiirikoski ne peuvent pas justifier cette contre-performance, ni même le norovirus en début de compétition. Sur 14 des 15 périodes disputées dans ce tournoi, les Finlandaises n’auront marqué aucun but. Maladresse et manque d’audace ont caractérisé cette équipe jusqu’à ce quart de finale.
Et dire qu’en mai 2025, la Fédération finlandaise avait décidé de remplacer l’entraîneur Juuso Toivola, dont le contrat courait jusqu’en 2026, par Tero Lehterä avec l’objectif défini de viser une finale olympique. Cette équipe en était loin, elle est tombée de très haut. Sonné par cet échec, Lehterä a évoqué après ce match auprès de la presse finlandaise son avenir incertain avec l’équipe nationale. Tout ça pour ça.
Finlande – Suisse 0-1 (0-0, 0-1, 0-0)
Samedi 14 février 2026 à 21h10 à Milano Rho. 3686 spectateurs.
Arbitres : Samantha Hiller (USA) et Elizabeth Mantha (CAN) assistées d’Alexandra Clarke et Laura Gutauskas (CAN).
Pénalités : Finlande 6′ (2′, 2′, 2′), Suisse 6′ (0′, 2′, 4′).
Tirs : Finlande 40 (14, 10, 16), Suisse 14 (7, 5, 2).
Évolution du score :
0-1 à 34’17” : Müller assistée d’Enzler et Stalder
Finlande
Attaquantes :
Michelle Karvinen (C) – Petra Nieminen – Susanna Tapani (2′)
Viivi Vainikka – Noora Tulus (2′) – Emma Nuutinen
Julia Schalin (-1, 2′) – Sanni Vanhanen – Elisa Holopainen
Julia Liikala – Jenniina Nylund (-1) – Emilia Vesa (-1)
Ida Kuoppala
Défenseures :
Nelli Laitinen (A) – Sanni Rantala
Elli Suoranta – Ronja Savolainen (A, -1)
Siiri Yrjölä – Sini Karjalainen (-1)
Gardienne :
Sanni Ahola [sortie de 58’06” à 58’49” puis à 59’06”]
Remplaçante : Anni Keisala (G). En réserve : Emilia Kyrkkö (G), Jenni Hiirikoski (blessée).
Suisse
Attaquantes :
Rahel Enzler (+1) – Alina Müller (A, +1) – Lara Stalder (C, +1)
Sinja Leemann – Ivana Wey (2′) – Alina Marti
Lena-Marie Lutz – Naemi Herzig – Laura Zimmermann (2′)
Vanessa Schaefer – Lisa Rüedi – Kaleigh Quennec (A)
Leoni Balzer
Défenseures :
Alessia Baechler (+1) – Lara Christen (+1)
Laure Mériguet – Nicole Vallario
Stefanie Wetli (2′) – Shannon Sigrist
Annic Büchi
Gardienne :
Andrea Brändli
Remplaçantes : Saskia Maurer (G). En réserve : Monja Wagner (G).









































