Certains appellent déjà ce match « The Groenland derby » en raison des tensions internationales et des demandes du président américain, Donald Trump. Un conflit géopolitique qui échappe aux joueurs, mais on aperçoit tout de même un drapeau groenlandais en tribunes…
Une arena aux couleurs… américaines. C’est inattendu, car les Américains se déplacent peu aux Championnats du monde, mais pour ces Jeux olympiques avec stars NHL, ce n’est pas la même chose. Mike Sullivan laisse encore Clayton Keller, Jackson LaCombe et Jake Oettinger en tribunes, lançant Jeremy Swayman dans le but. En face, Frederik Andersen a une journée de repos avant un match important contre la Lettonie. Anders Koch et Mathias Bau sont les autres joueurs écartés.
Le Danemark a certes perdu son match d’ouverture contre les Allemands, mais n’oublie pas qu’il a battu le Canada au Mondial et atteint les demi-finales. Jouer un « gros » ne l’effraie donc pas.
Un but gag
Et ils le montrent très vite. Après 1’40, Oscar Moelgaard envoie un palet vers le but depuis la bande. Le marquage défensif est inexistant tant Werenski est loin de sa cage et il ne reste donc que Nick Olesen tout seul, qui dévie le disque sous Swayman – avec l’aide involontaire de Werenski (0-1). On se souvient qu’il avait marqué le but gagnant contre le Canada au printemps dernier.
Un but qui n’affole pas les États-Unis. Ils égalisent rapidement sur un exploit individuel de Matthew Boldy. L’attaquant du Wild du Minnesota déborde à gauche et décale Mats Søgaard bien loin de son poteau. Le gardien fait l’arrêt, l’ailier récupère et, bien aidé par son gabarit, contourne la cage avant la défense (1-1, photo ci-dessous).
Une faute de Dylan Larkin offre une chance aux Danois de reprendre la main. Le jeu de puissance ne porte aucun danger et dès le retour au complet, Jack et Quinn Hughes mettent du rythme, le défenseur trouvant la mitaine d’un lancer de loin.
Les joueurs de Mikael Gath verrouillent bien la neutre, gênant la relance adverse. Il n’y a donc pas beaucoup d’installation continue en zone offensive de la part du favori. Le danger ? le duo Jack Hughes – Brock Nelson, comme au premier match. Le premier déniche le deuxième dans l’enclave et Sogaard sort la reprise.
À la onzième minute, Nicholas B. Jensen envoie le palet au fond pour changer de ligne. Il est alors situé le long de la bande, vers sa ligne bleue et son tir est cadré… Swayman se troue complètement – peut-être piégé par une légère déviation de Boldy (1-2). On ne peut pas dire que le buteur soit un habitué du pointage (1 but, 4 pts en 56 matchs aux Mondiaux, 4 au total amicaux compris)… Cela fait tache, et ramène des mémoires du but de Vladimir Kopat (Biélorussie) contre Tommy Salo en quart de finale des Jeux olympiques 2002.
La réaction vient encore de Jack Hughes, qui accélère à droite et cherche du monde dans le slot… Ce n’est pas repris. Cela a le mérite de donner de l’élan et les autres lignes enchaînent. Tage Thompson veut imposer son gabarit, Larkin sa vitesse. Cela reste poussif, et le Danemark s’enhardit, bien aidé par une défense en retard. Patrick Russell se heurte ainsi à Swayman en reprenant un palet qui traîne. Dans les derniers instants, Eichel et les frères Tkachuk tentent plusieurs tirs en angle fermé, cherchant des rebonds dans l’enclave. La sirène retentit et le duo se chauffe avec la défense… Surprise : après 20 minutes, États-Unis 1-2 Danemark !

Retour à la normale… ou presque
On tente de mettre de l’énergie dès la reprise. Matthew Tkachuk lance les hostilités avec une solide mise en échec qui envoie un Danois sur le banc. Jack Hughes suit et son tir touche le poteau. Russell puni pour cinglage, l’équipe spéciale se met en place. On cherche Tage Thompson entre les cercles, le premier tir est hors cadre, le deuxième sauvé, et il n’y a pas d’autre occasion par la suite.
Les États-Unis pataugent, avec un jeu de passe approximatif, du déchet… et s’en remettent à l’un des rares en vue : Brady Tkachuk. Mise au jeu gagnée par Eichel, reprise du capitaine d’Ottawa avec un joli pétard en pleine lucarne (2-2).
Deux minutes plus tard, même configuration : Tkachuk bloqué, c’est Werenski qui tente sa chance. Søgaard arrête, mais donne une nouvelle mise au jeu. Eichel gagne la mise au jeu, la passe de Matthew Tkachuk est contrée et revient sur Eichel, qui fusille le gardien (3-2).
Le Danemark explose juste après : Noah Hanifin récupère et lance, et son tir touche le poteau, glisse derrière la ligne avant d’être dégagé, trop tard (4-2).
On frôle le cinquième à une minute de la pause, lorsque Boldy, derrière le but, envoie une passe du revers à travers la zone bleue. Matthews reprend et se heurte à la botte de Søgaard. Les États-Unis semblent en contrôle… mais à 2.4 secondes de la sirène, à la suite d’une mise au jeu gagnée, Philipp Bruggisser lève sa crosse avant d’asséner un slap au-dessus de l’épaule de Swayman, pourtant pas vraiment masqué (4-3). On a donc un match plus serré que prévu malgré 15 tirs à 4 dans cette période…
Fin des débats
Deux tiers poussifs et approximatifs : les États-Unis n’ont pas vraiment brillé et seules quelques individualités ont surnagé, et ont suffi à donner une avance. Ce n’est pas vraiment mieux en début de troisième tiers, avec de rares incursions – Guentzel en retrait pour Matthew Tkachuk par exemple, pour un arrêt de Søgaard. Pour autant, les présences suivies et connectées ne sont pas légions, et le manque de précision au tir criant.
Du coup, Sullivan semble changer ses lignes. Il insère Jack Hughes avec Auston Matthews et Jake Guentzel et le trio martyrise la défense pendant une présence interminable, soutenue par Werenski et Slavin. Plusieurs essais, dont Hughes à bout portant, des récupérations, du mouvement, des décalages. Enfin ! et Cela paie : Matthews, ligne de fond, piège une défense en souffrance en trouvant Guentzel entre les cercles. La reprise du buteur de Tampa est imparable (5-3).
Il y a de la tension par la suite dans le slot et Matthews s’énerve : il est puni de deux minutes pour un mauvais geste, réponse à un coup de crosse subi et non sifflé. Le Danemark n’arrive pas à réellement menacer Swayman, qui écarte facilement deux palets qui lui arrivent dessus.
À neuf minutes de la fin, Søgaard, sentant une gêne après un arrêt en grand écart (photo ci-dessus), est remplacé par Frederik Dichow. Le portier se met en valeur très vite, sur un contre de Kyle Connor, qui ouvre vers Dylan Larkin dans l’intervalle. Un autre revirement profite à Jack Hughes, lancé par Brock Nelson, qui s’avance en un-contre-un avec Jensen Aabo. Il le fixe et force Dichow à se déporter, avant de glisser le palet en roublard dans le but avec l’aide du patin du gardien (6-3).
Ce n’est pas fini : présence dangereuse du duo Boldy-Matthews, avec une occasion et… une pénalité provoquée, Wejse accrochant le capitaine de Toronto. La défense en revanche reste en travaux. À deux minutes de la fin, une énième perte de palet offre un généreux 2 contre 0 à deux pas de Swayman. Lars Eller trouve Joachim Blichfeld qui feinte le gardien mais glisse le palet à côté ! Peu après, Boldy prend deux minutes, et le Danemark finit le match en supériorité. Swayman résiste bien à l’ultime essai danois : victoire américaine bien poussive, mais 6-3.
La victoire n’est pas vraiment satisfaisante, car elle n’aide pas la différence de buts par rapport au Canada. Si elle semble déjà assurer une place en quarts aux États-Unis, il faudra capitaliser face à l’Allemagne pour rattraper le Canada et éviter un pays comme la Suède dès les quarts…

États-Unis – Danemark 6-3 (1-2, 3-1, 2-0)
Samedi 14 février 2026 à 21h10 à Milano Rho. 11 480 spectateurs.
Arbitres : Mikael Holm (SUE) et Dan O’Rourke (CAN) assistés de Ryan Daisy (USA) et Tarrington Wyonzek (CAN).
Pénalités : États-Unis 6′ (2′, 0′, 4′) ; Danemark 4′ (0′, 2′, 2′).
Tirs : États-Unis 47 (13, 15, 19) ; Danemark 21 (7, 4, 10).
Évolution du score :
0-1 à 01’40” : Olesen assisté de Mølgaard
1-1 à 03’35” : Boldy assisté de Q. Hughes et Slavin
1-2 à 11’16” : N.B. Jensen assisté de Setkov
2-2 à 29’26” : B. Tkachuk assisté d’Eichel
3-2 à 30’23” : Eichel assisté de M. Tkachuk
4-2 à 37’23” : Hanifin assisté de Trocheck et Faber
4-3 à 39’57” : Bruggisser assisté d’Ehlers et True
5-3 à 47’24” : Guentzel assisté de Matthews
6-3 à 54’27” : J. Hughes assisté de Nelson
États-Unis
Attaquants :
Brady Tkachuk (+3) – Jack Eichel (+2) – Matthew Tkachuk (A, +2)
Jake Guentzel (+1) – Auston Matthews (C, +1, 2’) – Matt Boldy (2’)
Kyle Connor (-1) – Dylan Larkin (2’) – Tage Thompson
J.T. Miller (-1) – Brock Nelson – Jack Hughes (+2)
Vincent Trocheck
Défenseurs :
Quinn Hughes (+2) – Charlie McAvoy (A, +1)
Jaccob Slavin (+1) – Brock Faber (+2)
Zach Werenski (+2) – Jake Sanderson (-2)
Noah Hanifin
Gardien :
Jeremy Swayman
Remplaçant : Connor Hellebuyck (G). En réserve : Jake Oettinger (G), Jackson LaCombe (D), Clayton Keller (A)
Danemark
Attaquantes :
Oliver Bjorkstrand – Alexander True (+2) – Nikolaj Ehlers (+1)
Nicklas Jensen – Lars Eller (-2) – Joachim Blichfeld (-1)
Nick Olesen – Oscar Fisker Mølgaard (-1) – Mikkel Aagaard
Frederik Storm (-3) – Christian Wejse (-2) – Patrick Russell (A, -3)
Morten Poulsen [3 présences]
Défenseures :
Jesper Jensen Aabo (C, -2) – Markus Lauridsen (-2)
Malte Setkov (-1) – Nicholas B. Jensen (-3)
Oliver Lauridsen (A) – Philllip Bruggisser (+2)
Matias Lassen [2 présences]
Gardien :
Mads Søgaard (32/37) puis à 51’07” Frederik Dichow (9/10)
En réserve : Frederik Andersen (G), Anders Koch (D), Mathias Bau Hansen (A)













































