Le scénario est finalement assez simple dans ce groupe B. La Slovaquie a battu la Finlande 4-1. La Finlande a battu la Suède 4-1. Par conséquent, la Suède doit gagner de plus de trois buts pour prendre la première place, directement qualificative en quart de finale.
On est content pour le spectacle que l’enjeu soit dans ce sens-là. Cela va obliger les Suédois, parfois déprimants d’attentisme, à forcer leur nature. Ils affrontent en effet une équipe slovaque qui est au contraire enthousiasmante de dynamisme.
En attendant de voir si son équipe a changé d’état d’esprit, Sam Hallam a au moins changé de gardien. À défaut du jeune portier en forme Wallstedt, c’est Jacob Markström qui est titularisé à la place de Gustavsson, dont on se demande pourquoi il a eu le droit de jouer deux rencontres pleines malgré ses prestations décevantes. Brusquement, c’est le grand chambardement : le défenseur Rasmus Andersson et le centre Elias Lindholm en font les frais et iront voir le match en tribune ! Jesper Bratt cire le banc et aura le temps de bien le faire briller.
La Suède est bien obligée d’attaquer, avec un poteau d’Erik Karlsson et un face-à-face entre Wennberg et Hlavaj, mais cet élan initial est arrêté par un surnombre. Néanmoins, c’est en infériorité numérique que Mario Kempe vient s’échapper jusque sur la cage adverse et que Joel Eriksson Ek ouvre le score en ayant bien suivi (1-0, photo ci-dessus). La Slovaquie réagit immédiatement avec un tir d’Oliver Okuliar… sur le poteau. Markström est tout content de voir ce palet revenir entre ses jambes dans son dos !
Un joueur est particulièrement vexé de s’être fait complètement feinter sur le premier but : il s’appelle Juraj Slafkovský. Sur une action installée, l’attaquant des Canadiens de Montréal fait une reprise de volée magistrale dans un angle très fermé : poteau rentrant à mi-hauteur (1-1). Cela fait 10 buts en 10 rencontres olympiques pour le prodige !
Tomáš Tatar fait trébucher Joel Eriksson Ek mais les Slovaques tuent la pénalité devant un très solide Samuel Hlavaj. Dahlin retient Kelemen à un peu plus de deux minutes de la pause. La pression slovaque est forte en avantage numérique. Dalibor Dvorský n’arrive pas à lever le palet dans la cage ouverte. Peu après l’échéance de la pénalité, un tir de Regenda retombe derrière Markström qui repose le gant sur le palet au moment où il franchit la ligne… L’arbitre signale le but de prime abord. Cela se joue au millimètre, les ralentis diffusés sur les écrans de la patinoire semblent donner des impressions différentes selon les angles. Le doute profitera-t-il à Regenda ? Non, les arbitres renversent leur décision et annulent le but. La Slovaquie rentre au vestiaire frustrée.
Le deuxième tiers-temps n’a pas repris depuis trente secondes que Lucas Raymond prend déjà une pénalité en accrochant Slafkovský. On appréciera la bonne intervention défensive en infériorité d’Elias Pettersson pour sauver une cage vide promise à Hudáček.
Une pénalité est sifflée aussi contre Regenda pour un coup de genou pas très violent. Il y a beaucoup plus de vitesse en revanche dans la manière dont la Suède exécute la sentence : Lucas Raymond gagne l’engagement et Rasmus Dahlin décale idéalement Adrian Kempe (2-1).
Dans la minute qui suit, c’est au tour de William Nylander de chauffer le banc des punitions pour une crosse haute. La pénalité vient de se terminer quand un lancer de Čerešňák bloqué par la jambe de Pettersson revient sur Martin Gernát qui reprend très bien la rondelle comme elle vient pour battre Markström, avec Regenda en écran (2-2).
La Suède ne désarme pas et prend l’avantage une troisième fois sur une superbe action de Filip Forsberg, qui a enfin obtenu un poste régulier (en troisième ligne). Il entre en zone dans l’axe, fixe la défense et fait une passe sous la crosse de Šimon Nemec pour Elias Pettersson qui conclut entre les jambières de Hlavaj (3-2).
En fin de période, Nemec fait trébucher Holmberg derrière la cage mais la Slovaquie tue la pénalité avec encore un énorme arrêt de Samuel Hlavaj.
On imagine que Vladimir Országh doit parler d’éviter les pénalités dans le vestiaire slovaque, mais les paroles ne se traduisent toujours pas en actes. Martin Marinčin retient Pettersson dès la deuxième minute du dernier tiers. La Suède doit accélérer, et justement, sa seconde unité de powerplay bouge le palet plus vite que la première. Landeskog attaque la cage et le palet frôle le poteau dans la mêlée (photo ci-dessus), puis Hlavaj vient fermer de la botte la cage ouverte visée par Zibanejad.
Le jeu, équilibré pendant 40 minutes, est désormais entièrement suédois. Ce sont peut-être les Slovaques qui protègent inconsciemment le score et jouent contre-nature en reculant un peu trop. Lucas Raymond passe derrière la cage, s’éloigne du but… et trouve une passe géniale pour Elias Pettersson qui s’est fait oublier derrière la défense au poteau opposé (4-2).
Ce but est logique car la Suède a dominé 13 tirs à 1 en dix minutes. Le momentum est là et semble difficile à arrêter. Lucas Raymond, encore lui, réussit une action fabuleuse : il fait passer le palet entre ses jambes pour dribbler Nemec, puis l’envoie entre les bottes du gardien par un mouvement très rapide près de la cage (5-2, photo ci-dessous).
À cet instant, Finlande, Suède et Slovaquie sont à égalité en différence de buts. Au plus grand nombre de buts marqués dans les confrontations particulières, les deux adversaires du jour devancent la Finlande, qui se retrouve troisième de poule en bon dindon de la farce. Mais le match n’est pas fini. Les joueurs ne calculent pas… et certains ont même laissé leur cerveau au vestiaire.
L’indiscipline dans ce match est lamentable et doit laisser les entraîneurs dépités. On n’arrête pas de se chamailler, des joueurs sont donc envoyés en prison de part et d’autre… mais Cernak en rajoute tellement qu’il met son équipe en infériorité. Le tir du poignet lointain de Filip Forsberg fait résonner le poteau et la rondelle traverse dans le dos de Hlavaj sans entrer. Avertissement sans frais.
Au concours de bêtise, à 2’38 de la fin, c’est Lucas Raymond qui gâche tout ce qu’il a construit dans ce troisième tiers par un geste revanchard inutile. Alors qu’il est assis sur la glace, il donne un coup de crosse dans la jambe de Tatar. Malgré le temps mort d’Országh, le powerplay slovaque peine à remettre le moteur en route. Mais voilà un slap de Slafkovsky, si puissant que le palet transperce Markström et glisse derrière lui, poussé ensuite au fond par Dvorsky (5-3).

Hallam peut prendre son temps mort et sortir son gardien pour ajouter le but qui manque, c’est trop tard. Les Slovaques peuvent exulter comme jamais après une défaite : ils sont premiers de poule et en quart de finale (enfin, sauf si Jukka Jalonen bat sa Finlande avec l’Italie, mais personne n’y pense vraiment à cette heure).
La Suède, à courant alternatif, va payer en revanche le prix de ses nombreuses inconséquences indignes de son potentiel technique. Elle sera meilleure troisième, donc septième du tableau final. Elle jouera en barrage le meilleur dernier, pour l’instant l’Italie à la différence de buts mais le Danemark notamment peut passer devant. Cela devrait passer, mais il y a ensuite un quart de finale face au deuxième de la phase de poules. Il devrait s’agir des États-Unis (ou sinon du Canada), qui ne pardonneront certainement pas que les Suédois se contentent de patiner à moitié…

Suède – Slovaquie 5-3 (1-1, 2-1, 2-1)
Samedi 14 février 2026 à 12h10 à Milano Santagiulia. 11 332 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Kyle Rehman (USA) assistés de Daniel Hynek et Libor Suchánek (TCH).
Pénalités : Suède 14’ (4’, 4’, 6’) ; Slovaquie 14’ (2’, 4’, 8’).
Tirs : Suède 51 (13, 16, 22) ; Slovaquie 32 (13, 12, 7).
Évolution du score :
1-0 à 07’17” : Eriksson Ek assisté de Kempe (inf. num.)
1-1 à 08’59” : Slafkovský assisté de Nemec et Gernát
2-1 à 27’06” : Kempe assisté de Dahlin et Raymond (sup. num.)
2-2 à 29’48” : Gernát assisté de Čerešňák et Ružička
3-2 à 34’29” : Pettersson assisté de Forsberg et Hedman
4-2 à 47’57” : Pettersson assisté de Raymond et Karlsson
5-2 à 51’38” : Raymond assisté de Zibanejad et Karlsson
5-3 à 59’21” : Dvorský assisté de Slafkovský et Čerešňák (sup. num.)
Suède (2’ pour surnombre)
Attaquants :
Adrian Kempe (+1, 2’) – Joel Eriksson Ek (+1) – William Nylander (-1, 4’)
Gabriel Landeskog (C, +2) – Mika Zibanejad – Lucas Raymond (+2, 4’)
Marcus Johansson – Elias Pettersson (+1) – Filip Forsberg (+1)
Pontus Holmberg – Alexander Wennberg (-1) – Rickard Rakell (-1)
Défenseurs :
Victor Hedman (A, +1) – Oliver Ekman-Larsson
Gustav Forsling – Rasmus Dahlin (+1, 2’)
Philip Broberg – Erik Karlsson (A, +2)
Gardien :
Jacob Markström [sorti à 59’31”]
Remplaçants : Jesper Wallstedt (G), Hampus Lindholm (D), Jesper Bratt (A). En réserve : Filip Gustavsson (G), Rasmus Andersson (D), Elias Lindholm (A).
Slovaquie
Attaquants :
Juraj Slafkovský (-2) – Adam Ružička – Tomáš Tatar (C, -1, 2’)
Miloš Kelemen (-1, 2’) – Lukáš Cingel (-1) – Pavol Regenda (-1, 2’)
Oliver Okuliar (+1) – Dalibor Dvorský (-1) – Libor Hudáček (-1)
Peter Cehlárik – Matúš Sukeľ – Adam Liška
Samuel Takáč
Défenseurs :
Martin Fehérváry (A, -2) – Šimon Nemec (-2, 2’)
Martin Gernát (+2) – Erik Černák (A, -1, 2’)
Martin Marinčin (-1, 2’) – Peter Čerešňák (+1)
Patrik Koch (2’)
Gardien :
Samuel Hlavaj
Remplaçant : Stanislav Škorvánek (G). En réserve : Adam Gajan (G), Michal Ivan (D), Martin Pospíšil (A).














































