Un but-gag achève l’équipe des millionnaires
Saint-Pétersbourg n’a plus connu de demi-finale depuis 1994, et n’est plus qu’à un pas. La ville est en effervescence, et oublie le football au moins pour quelques semaines. Il faut dire que la moitié des joueurs du « Zénith » sont dans les tribunes, de même que la tenniswoman Elena Dementieva, pour encourager leurs collègues hockeyeurs. Le public est mobilisé comme rarement.

L’élan s’est-il inversé ? Ou a-t-il été brisé à la fin du dernier match lorsqu’une rude charge – légale ? – d’Evgeni Artyukhin a failli avoir raison de la star adverse Sergei Mozyakin avec une charge genou en avant derrière la cuisse. Longtemps incertain, Mozyakin est bien présent, et se crée la première occasion sur une erreur de Denisov. Qu’Artyukhin dépasse parfois la limite est cependant indéniable, telle cette nouvelle charge en plein élan contre un joueur déjà mis en échec (images de droite). Plus intimidant que jamais dans ces play-offs où l’impact physique s’est élevé d’un cran, Artyukhin est cependant en passe de devenir le nouveau héros du SKA quand il intercepte le palet à la bleue, part en 2 contre 1, et se retrouve seul face au gardien car le défenseur ne couvre que la passe. Konstantin Barulin ferme alors la porte entre ses jambières.

Les Pétersbourgeois repartent à l’attaque de plus belle en deuxième période, ils mettent leur adversaire sous pression dans sa zone, mais le gardien Konstantin Barulin arrête tout, même à bout portant. Il est battu une fois, sur un tir du cercle droit de l’intenable Rybin qui tape la barre, retombe devant la ligne et part vers la balustrade… À l’arrêt de jeu suivant, le ralenti vidéo révèle que le palet a tapé derrière la transversale : but !

Deux minutes plus tard, Petr Prucha est au sol, le visage en sang, et Nepryaev est exclu pour une charge à la tête. Cinq minutes de supériorité numérique, dont deux en prolongation. Une opportunité non exploitée. Barulin tient toujours, et fait preuve d’un beau réflexe de l’épaule droite sur un slap surpuissant en entrée de zone de Johan Fransson. C’est finalement l’Atlant qui porte le coup fatal : Jaroslav Obsut lance dans l’axe, et Dmitri Bykov marque le rebond en cage vide (image de gauche).

Fin décembre, l’assistant-coach Darius Kasparaitis avait claqué la porte du SKA avec fracas : il expliquait que les nouveaux entraîneurs tchèques avaient pris le pouvoir, que les deux hommes n’écoutaient plus les entraîneurs russes comme lui, et il citait le départ de Nabokov, évincé par Stepanek, comme preuve des privilèges faits aux Tchèques. À l’époque, ses propos aigris résonnaient dans le vide car le SKA s’était remis à gagner. Mais l’erreur fatale de Stepanek risque de raviver les règlements de comptes alors que cette équipe de vedettes avait fini par s’unir depuis quelques mois.
Commentaires d’après-match
Vaclav Sykora (entraîneur du SKA Saint-Pétersbourg) : « Il m’a semblé que ce septième match a peut-être notre meilleur dans ces play-offs, mais hélas, nous n’avons pas eu de chance, alors que nous méritions de gagner. Je ne vois pas le sens de blâmer Stepanek pour une erreur fatale. Il était prêt à jouer, il nous a sauvés, et a été victime d’un accident. Comme toute l’équipe. […] Et pourquoi aurions-nous dû garder Nabokov ? N’a-t-il pas eu sa chance ? »
Milos Riha (entraîneur de l’Atlant Mytishchi) : « Merci aux joueurs qui ont joué comme de vrais hommes et ont cru en eux-mêmes. Merci au management qui nous a soutenus durant ce voyage à Saint-Pétersbourg. Merci à ceux qui ont oublié leurs blessures et leurs souffrances en montant sur la glace. Merci à mes assistants, sans les conseils desquels j’aurais perdu foi moi-même dans la victoire finale. Pour être franc, la victoire n’est pas seulement notre mérite. J’ai le sentiment que les Pétersbourgeois ont perdu par leurs propres erreurs. S’ils n’avaient joué qu’au hockey, j’ai peur que nous ayons écrasés, piétinés et compactés dans la glace. Mais ils ont essayer de nous tuer, de nous blesser. Ils chassaient Mozyakin, Irgl et Bulis avec des yeux exorbités. Ils ont oublié le hockey. C’était notre chance, et nous l’avons utilisée. […] J’ai rencontré deux fois Yaroslavl en play-offs, j’ai perdu deux fois. J’ai rencontré deux fois [l’entraîneur] Vujtek dans les play-offs tchèques, j’ai perdu deux fois. J’ai confiance de pouvoir prendre une grande revanche. »
SKA Saint-Pétersbourg – Atlant Mytishchi 2-3 après prolongation (1-1, 1-0, 0-1, 0-1)
Dimanche 20 mars 2011 à 17h00 au Palais des glaces de Saint-Pétersbourg. 11500 spectateurs.
Arbitrage d’Anatoli Zakharov et Sergei Karabanov (Moscou) assistés de Dmitri Sivov et Sergei Shelyanin (Moscou).
Pénalités : SKA 8′ (2′, 4′, 0′, 2′) ; Atlant 33′ (0′, 6′, 2’+5’+20′, 0′).
Tirs : SKA 35 (13, 12, 6, 4) ; Atlant 22 (6, 6, 5, 5).
Évolution du score :
1-0 à 06’31 » : Rybin assisté de Brylin
1-1 à 12’00 » : Gorokhov assisté de Marek (sup. num.)
2-1 à 30’11 » : Rybin assisté de Brylin
2-2 à 55’07 » : Nesterov
2-3 à 69’52 » : Bykov assisté d’Obsut (sup. num.)
SKA Saint-Pétersbourg
Gardien : Jakub Stepanek (TCH).
Défenseurs : Denis Denisov – Denis Grebeshkov ; Johan Fransson (SUE) – Anton Semenov ; Vitali Vishnevski – Sergei Gusev.
Attaquants : Anton But – Petr Cajanek (TCH) – Maksim Sushinsky (C) ; Petr Prucha (TCH) – Tony Mårtensson (SUE) – Matthias Weinhandl (SUE) ; Evgeni Artyukhin – Artyom Kryukov – Maksim Afinogenov ; Konstantin Panov – Sergei Brylin – Maksim Rybin.
Remplaçants : Maksim Sokolov (G), Georgi Berdyukov. Absents : Sergei Zubov (cuisse), Aleksei Yashin (genou), Daniil Markov (choix du coach).
Atlant Mytishchi
Gardien : Konstantin Barulin.
Défenseurs : Anton Semenov – Dmitri Bykov ; Jaroslav Obsut (SVK) – Pavel Trakhanov ; Ilya Gorokhov – Vadim Khomitsky.
Attaquants : Sergei Mozyakin – Ilya Kablukov – Oleg Petrov ; Jan Marek (TCH) – Jan Bulis (TCH) – Zbynek Irgl (TCH) ; Eduard Lewandowski (ALL) – Dmitri Upper (KAZ) – Fedor Fedorov ; Ivan Nepryaev – Aleksei Glukhov – Aleksandr Nesterov.
Remplaçants : Ilya Andryukhov (G), Oleg Li. Absents : Vitali Koval (aine), Vadim Epanchintsev (choix du coach).







































