Brest – Caen (Division 1, 11e journée)

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À côté de la plaque 

Une éclaircie a fait son apparition dans le ciel brestois après deux victoires successives face aux Corsaires dunkerquois d’abord puis nantais ensuite. De quoi remonter un peu la pente et s’ancrer dans le top-8. On reste ce soir dans le domaine maritime avec la venue des Drakkars caennais, déjà rencontré à deux reprises cette saison pour autant de victoires. La recrue officielle Karel Richter joue son premier match à domicile sur le dernier bloc. Pas de trace en revanche d’un certain Jakub Schwarz, présent sur le programme du match mais pas sur la glace.

La presse brestoise titre « trois points, c’est tout » pour présenter cette rencontre. Caen n’a en effet sur le papier pas les mêmes arguments que leurs adversaires. Ils peuvent néanmoins compter sur un effectif certes jeune, mais motivé, dans lequel évolue le meilleur buteur de la division Michael Buonincontri. Le partenariat avec Rouen permet notamment d’avoir dans les cages Quentin Papillon, gardien réserviste en Ligue Magnus avec les Dragons.

La première dizaine de minutes est à sens unique. Tous les blocs brestois déferlent vague après vague sur le but de Papillon, y compris la dernière ligne qui semble sortir de sa torpeur habituelle avec l’arrivée de Richter. Mais tous cela est infructueux. Les tirs sont certes nombreux mais pas suffisamment dangereux pour tromper Papillon très serein dans son but.

Sur une énième action offensive bretonne, un palet mis en retrait se transforme en mise en orbite pour le joueur qu’il fallait absolument éviter : Michael Buonincontri. Trop content de cette offrande, le goléador de la Division 1 s’en va seul déjouer de manière imparable un Guillaume Duquenne peu sollicité jusqu’alors (0-1 à 13’36’’). Même Luc Chauvel ne niera pas qu’avec presque quatre fois moins de tirs que Brest (5 contre 19), c’est un véritable hold-up pour Caen de rentrer aux vestiaires avec un but d’avance.

Le contre d’Alexandre Palis en début de deuxième tiers (23’), bien stoppé par Duquenne, montre que le ton a changé. Les Drakkars sont cette fois bien à flots et les débats sont nettement plus équilibrés. Les deux équipes se répondent mais Brest ne rassure pas vraiment en gâchant un troisième jeu de puissance dans la partie (28’59’’) ponctué par de très mauvaises pertes de palet au niveau de la ligne bleue offensive.

C’est finalement une montée de palet de Jonathan Avenel, commencée par une belle mise en échec et ponctuée par une remise dans l’enclave pour Erwan Pain, qui permet d’égaliser. Le capitaine brestois, côté gauche, a intelligemment temporisé en attendant que Papillon bouge le premier afin de pouvoir le contourner et trouver son assistant capitaine bien placé devant le but pour glisser le palet dans la cage vide (1-1 à 29’57’’).

Les Albatros sont loin d’être à l’abri pour autant. Gabriel O’Connor, omniprésent sur ce match, le leur fait bien comprendre avec un gros rush qui manque de peu d’aboutir (31’20’’). Alex Dulude met beaucoup d’énergie dans ce match et il est davantage en évidence sur la glace après un début de saison discret. Il commet néanmoins une crosse haute sanctionnée (33’32’’). Il est bientôt rejoint sur le banc des pénalités par Alan Dana qui prend une pénalité stupide après avoir empêché Camil Durant de récupérer sa crosse tombée par terre (34’14’’). Le Brestois lui propose même de jeter les gants, mais le défenseur blanc ne tombe pas dans le panneau. À trois contre cinq pendant 1’18’’, les Albatros s’en tirent à bon compte grâce à un très grand Duquenne.

Egalité à la fin du tiers, mais cette fois ce sont les Bretons qui peuvent s’estimer heureux tant leur jeu s’est étiolé au fil de la période. Brest temporise trop face à un adversaire qui patine davantage avec un jeu basé sur le pressing et la vivacité. Cela donne un jeu local pas assez vif et parfois « à la reculade » qui aboutit à d’innombrables erreurs défensives.

Et le troisième tiers ne fait que confirmer ce sentiment. Les cadres des blancs répondent présents et ceux des noirs et gris sont étonnamment absents ce soir. Mal marqué à la culotte devant Duquenne, Buonincontri signe un doublé en déviant le centre-tir de son compatriote O’Connor (1-2 à 42’49’’).

Brest a des occasions mais tout cela reste brouillon ou bien contenu par l’adversaire. Naît alors une impression de tourner en rond à essayer de faire et refaire les mêmes schémas de jeu en vain pendant toute une soirée. La plus belle illustration est le dernier jeu de puissance obtenu (53’) qui est un festival de palets balancés le long de la bande et qui n’aboutit qu’à un seul tir sur Papillon.

Ce qui frappe surtout, c’est un certain manque de rigueur provoquant d’inconcevables erreurs défensives, y compris du bloc Gréverend-Doyle qui est pourtant la pierre angulaire défensive de l’équipe depuis le début de saison. La boulette de trop est pour Gréverend Jonathan Avenel. Posté derrière son but, il tente une passe suicidaire vers l’axe. Elle est interceptée par le capitaine Ménard qui décale à sa droite pour Buonincontri qui s’offre un coup du chapeau (1-3 à 57’01’’).

Guillaume Duquenne (qui a joué les pompiers de service une grande partie de la soirée pour éteindre les feux en défense allumés par les bourdes devant lui) est fou de rage et manque de casser sa crosse après ce but qui sonne le glas de son équipe. Sa sortie à 58’30’’ offre en cage vide un quatrième but aux Drakkars qui empochent logiquement les trois points (1-4 à 59’55’’).

Luc Chauvel peut être satisfait. Comme cela est arrivé plusieurs fois ces dernières saisons face à Brest, il a su utiliser les qualités d’un groupe pourtant moins « affûté » que l’adversaire en terme de technique individuelle mais cohérent et collectif. L’apport de Quentin Papillon est un plus, mais tous les joueurs de champ ont bien travaillé devant lui. Chacun a rempli son rôle : les cadres étrangers ont construit et marqué les buts, les jeunes Français ont amené du pressing et du patinage. Six points en deux matchs, voilà de quoi se relancer dans la course aux play-off.

Pour Brest c’est un non-match tout simplement. Malgré un bon début, les blocs ont vu leur jeu collectif s’étioler au fur et à mesure que le chrono défilait, surtout après le premier but pris qui fait mal au moral. Ensuite c’est une accumulation d’erreurs, syndrome d’un gros manque de rigueur. Cela ne sert à rien de tirer sur l’ambulance, les premiers déçus sont les joueurs eux-mêmes bien conscients de leur très mauvaise performance du soir. Il faut maintenant en tirer les enseignements pour repartir du bon patin et que tout cela ne soit qu’un mauvais souvenir.

Brest – Caen 1-4 (0-1, 1-0, 0-3)
Samedi 12 novembre 2016 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 662 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Cregut assisté de Leevan Thiebault et Vincent Villard
Pénalités : Brest 8′ (0’, 4’, 4’), Caen 20′ (4’, 2’, 4‘+10’).
Tirs : Brest 34 (19, 11, 4), Caen  24 (5, 11, 8)

Évolution du score :
0-1 à 13’36’’ : Buonincontri
1-1 à 29’57’’ : Pain assisté de J. Avenel
1-2 à 42’49’’ : Buonincontri assisté de O’Connor et Undershute
1-3 à 57’01’’ : Buonincontri assisté de Menard
1-4 à 59’55’’ : Simontaival assisté de Minarik et Ropert (cage vide)

Brest

Attaquants :
Jonathan Avenel (C) – Erwan Pain (A) – Graham Avenel
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Benjamin Power
Alex Dulude – Jessyko Bernard – Karel Richter
 
Défenseurs :
Vadim Gyesbreghs – Aleksi Laine
Aurélien Gréverend (A) – Charlie Doyle
Gaëtan Cannizzo – Alan Dana

Gardien :
Guillaume Duquenne (sorti de 58’30 » à 59’55 »)
 
Remplaçants : Sébastien Dubé-Rochon (G), Thibaut Chatellard, Bastien Lardière, Jérémy Cormier.

Caen

Attaquants :
Kevin Undershute – André Menard (C) – Michael Buonincontri
David Minarik – Fabien Colotti – Matias Simontaival
Jeremy Delbaere – Joran Reynaud – Alexandre Palis (A)
Matthieu Joegger – Théophile Miquelot – Yoann Robert

Défenseurs :
Gabriel O’Connor (A) – Camil Durand
Martin Ropert – Niko Suoraniemi
Igor Zubov – Thibaut Colombin

Gardien :
Quentin Papillon

Remplaçant : Quentin Kello (G). Absents : Vincent Nesa, Thomas Dubourg, Alexandre Ferey, Joshua Davenel, Jean-Yves Barnes.

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